Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Archive for 9 mars 2008

Qui est Alvaro Uribe, l’actuel président de la Colombie?

Publié par sylvainguillemette le 9 mars, 2008

Le président actuel de la Colombie, Alvaro Uribe, est le fils d’un grand propriétaire terrien d’Antioquia.  Son père, notoirement lié au narcotrafic, est mort dans des circonstances mystérieuses, avant de devenir soit disant un «martyr» des FARC par la grâce de son fils.

À une certaine époque, plus jeune, Alvaro Uribe était directeur d’Aeronautica Civil, l’autorité aéroportuaire colombienne.  Cela se passait alors où celle-ci fermait allégrement les yeux sur le narcotrafic du cartel de Medellin. Il deviendra la suite le maire de la cité de Pablo Escobar en 1982, avant d’en devenir sénateur. En 1991, le Département d’État étasunien n’hésitera pas à qualifier Uribe de «collaborateur» et d’«ami intime» du fameux parrain de Medellin et de le classer dans la liste des cent principaux acteurs du narcotrafic colombien .Mais là ne s’arrête pas son histoire.  Avant de devenir président du pays, il côtoiera en effet avec le Gouvernorat d’Antioquia ; cela se passa de 1995 à 1997, et il soutiendra alors la création des milices paramilitaires Convivir.

Autant, il a pu  être à une certaine époque un des proches "collaborateurs" des narcotrafiquants, selon les dires mêmes des autorités américaines, autant il est aujourd’hui le plus important et le plus en vue de tous les hommes de main des E.U., en Amérique Latine.

Selon les déclarations de Juan Manuel Santos, le ministre de la Défense dans le gouvernement Uribe, l’armée aurait localisé le dirigeant des FARC-EP (ainsi que les guérilleros qui l’accompagnaient) grâce à «la combinaison d’intelligence humaine et technologique». Mais tout porte à croire que cette opération était en fait savamment planifiée depuis des semaines à la faveur d’un agent infiltré, si l’on en juge par les propos du commandant en chef de l’armée colombienne, Freddy Padilla, rapportés par un journal français, Le Parisien. Et tout cela avec la coopération étroite des États-Unis, s’il faut en croire d’autres sources.

"Vous pourrez bientôt annoncer  la mise hors de  combat  d’un membre  du  secrétariat" , avait d’ailleurs déclaré ce même Freddy Padilla à des journalistes français, dès la mi-février."

Les États-Unis subventionnent à coups de centaines de millions de dollars le gouvernement d’Alvaro Uribe.

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Lettre ouverte de Raul Reyes (2007)

Publié par sylvainguillemette le 9 mars, 2008

(Note : ce qui suit est une lettre ouverte du Commandant des FARC-EP, Raul Reyes, envoyée du fonds du maquis, en Colombie, il y a déjà quelques mois.  Cette lettre est datée de septembre 2007.  Avec le récent assassinat de Raul Reyes par l’armée colombienne, ce document prend d’autant plus d’importance.)

***

Du Commandant Raul Reyes,
Du fonds des montagnes de Colombie, septembre 2007

Recevez, messieurs les représentants du monde, notre salut bolivarien de la part des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie et de l’Armée du Peuple.

Dans les circonstances, nous nous adressons à tous les Présidents, Premier Ministre et Chefs d’État, avec l’objectif de vous inviter à contribuer à la construction de la paix avec justice sociale en Colombie, et ce, grâce à la reconnaissance de notre statut de belligérants que notre organisation de guérilla, les FARC-EP, avons conquis à travers plus de quarante ans de résistance et de lutte pour les droits du peuple colombien.

Nous croyons, comme les révolutionnaires que nous sommes, dans la possibilité d’obtenir une conclusion politique à cette guerre qui ensanglante la Colombie. De notre côté, je vous assure, nous sommes absolument disposées au dialogue et à la compréhension. Notre aspiration révolutionnaire nous convainc qu’avec la participation de tous les Colombien-ne-s nous voulons transformer notre patrie souffrante en un pays où fleurissent la cohabitation pacifique et la liberté.

Notre engagement à la paix se maintient même si nous sommes une organisation politico-militaire en armes contre le despotisme de ceux qui pensent que gouverner se réduit aux ignobles gestes de répression sauvage des expressions de désaccord qui surgissent inévitablement à cause de la faim et de la misère imposées à la majorité de la population. Nous sommes un peuple en armes; nous sommes l’armée de ce peuple inspirée par l’exemple du Libérateur Simon Bolivar qui s’est soulevé contre la violence de la classe dirigeante de  notre pays pour améliorer profondément la vie des Colombien-ne-s.

Mais notre volonté de paix pour la Colombie s’est heurtée plusieurs fois à l’obstacle d’une junte militaire incrustée au pouvoir.  Cette junte, appuyée financièrement et militairement par les États-Unis, a pour tête dirigeante aujourd’hui l’actuel président Alvaro Uribe Vélez, qui est allé jusqu’à l’extrême en légalisant les paramilitaires (assassins de milliers de Colombien-ne-s) avec l’objectif de se maintenir au pouvoir et de conserver les bénéfices économiques que cela lui rapporte (incluant naturellement le commerce de la drogue). C’est ce qu’on appelle le scandale du narco-trafic-politique maintenant à l’ordre du jour dans notre pays, et qui peut aller jusqu’à cet extrême que l’on entend raconter à propos d’un des plus grands assassins de Colombie, impuni, le chef paramilitaire Salvador Mancuso, réclamant les privilèges de la défense de l’État pour avoir commis ces atrocités. Et qui ne la sait pas : le paramilitarisme et le narcotrafic sont issus des entrailles mêmes de l’establishment et sont dans l’essence même de l’actuel gouvernement.

Ministre, militaires de hauts rangs – actifs ou retraités- législateurs, entrepreneurs, éleveurs, ambassadeurs, tous ont les mains tachés de sang innocent ; tous se placent en ligne d’attente où aboutissent profit personnel et pouvoir, unique horizon de leur labeur politique.

Il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, que tous les gouvernements du monde, d’après les principes de l’autodétermination et de la souveraineté nationale, prennent acte de ceci : nous, hommes et femmes qui formons les FARC-EP, nous fournissons quotidiennement tous ces efforts pour arriver à une solution politique de ce conflit. De même que tous les Colombien-ne-s qui luttent sans répit dans toutes les « tranchées » de la vie quotidienne pour la paix avec la justice sociale.

La participation de la communauté internationale dans la recherche d’une paix authentique pour la Colombie – une paix s’appuyant nécessairement sur la justice sociale – doit être, nous croyons, chaque fois plus décisive et plus ferme. Nous ne pouvons permette que triomphe l’unilatéralisme du gouvernement actuel étasunien. Nous ne pouvons permette que, dans son délire impérial Georges W. Bush et les seigneurs de la guerre, entraîne le monde dans une des crises les plus profonde qu’ait connu l’histoire de l’humanité. Nous ne pouvons permettre non plus que Georges W. Bush continue d’envoyer appui militaire et financier au gouvernement de Uribe et aux narco-paramilitaire dans notre pays. Il est nécessaire de prendre des mesures multilatérales pour éviter que se répètent des épisodes honteux pour l’humanité : de nouveaux holocaustes commis contre les peuples du monde au nom de la « démocratie occidentale ».

Il n’y a pas de démocratie là où est la misère, ni de paix là où il y a oppression. C’est aujourd’hui que la voix des peuples doit être entendue ; et la voix du peuple colombien ; et sa voix est claire et ferme : nous demandons la paix avec la justice sociale, nous ne voulons pas de guerre fratricide, sauvage ; nous ne voulons pas que l’impérialisme étasunien décide de ce que seul le peuple colombien peut décider.

C’est grâce à l’appui  des États-Unis, qui aujourd’hui soutiennent la politique répressive de Uribe, qui ont rendu possible la « Sécurité Démocratique » sous prétexte que la « démocratie » se trouve sous la menace du « terrorisme » en Colombie. Uribe et ses alliés occultent les véritables dimensions de conflit. Peut-être vaudrait-il la peine d’inverser la maxime des propagandistes du régime uribiste et ainsi nous tiendrions une explication plus valable pour expliquer la peur qui a conduit ce gouvernement à se faire chaque fois plus répressif et sanguinaire : c’est le terrorisme qui actuellement menace la démocratie. La vraie démocratie reste du côté de l’insurrection armée et du mouvement révolutionnaire et démocratique qui ont grandi en maturité tout en restant clandestins, ainsi que du côté du mouvement populaire de masse; au côté du terrorisme, le narco-paramilitaire reste près du pouvoir en exerçant un terrorisme d’État, provoquant une grande quantité d »effusions de sang chaque fois plus meurtrière pour notre peuple.

À cause de ça, messieurs les représentants des gouvernements du monde, nous croyons que, plus tôt que tard, les choses s’appelleront bien en retour par leur nom. Ce dénigrant et absurde objectif du « terrorisme », dont nous accuse aujourd’hui la Maison Blanche et le gouvernement de Uribe, sera renversé, avec toute la justice, contre quiconque aujourd’hui se défendent l’un et l’autre pour nier de manière fausse et absurde l’existence du conflit social et armé dans notre pays. Nous sommes une organisation politico-militaire, en armes, contre la violence officielle et à la recherche de transformations sociales et profondes que permettent la croissance économique, autant que dans le domaine politique et social, de notre peuple jusqu’à la Nouvelle Colombie, la Grande Patrie et le socialisme.

Ce caractère des forces révolutionnaires se profile comme une option de pouvoir, i.e. d’une force belligérante dont on a reconnu en plusieurs occasions – par la force des faits- chez différents gouvernements nationaux avec lesquels nous avons établi un dialogue ( le plus récent étant le gouvernement Pastrana, 1998 à 2002), également par ces gouvernements qui ont joué un rôle d’observateurs ou ayant facilité le processus. À tout moment, nous avons démontré que nous pouvons faire plus, selon les requêtes pour qu’on nous donne le statut de force belligérante.

Nous sommes une armée révolutionnaire avec une hiérarchie et un commandement stable et visible; avec un projet politique et révolutionnaire; nous nous présentons comme une option pour le pouvoir politique et, surtout, nous avons des propositions claires qui mèneraient à un processus de réconciliation entre les Colombiens et à la reconstruction de notre patrie avec la volonté populaire.

Nous sommes sûrs que votre collaboration pour la paix en Colombie sera un geste de portée historique pour la paix mondiale.

Nous vous remercions de votre attention et nous espérons avoir exprimé avec clarté nos idées. Recevez nos salutations respectueuses.

Bien à vous

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