Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Archive for août 2008

Avis à tous et à toutes

Publié par Reactionism Watch le 29 août, 2008

Il est à noter que l’adresse courriel du site Reactionism Watch à été effacée. Pour toutes correspondances, menaces de morts ou éloges, vous pouvez nous envoyer un courriel à l’adresse presserouge@yahoo.fr. Merci et bonne fin de semaine à tous.

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Citation de la semaine

Publié par quebecsocialiste le 29 août, 2008

"Alors, si vous voulez être pauvre, opprimé, et éventuellement désintégré dans une guerre nucléaire, votez Républicain."

Citation de Paul Craig Roberts, ex-membre de l’administration Reagan. Vous avez bien lu: Ronald Reagan! Disons que ce n’est pas une très bonne pub pour nos "copains" d’antagoniste…

Pour le texte complet et très éclairé, c’est ici:

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7029

Néo-cons, il est temps que vous débarrassiez le plancher!

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Combien d’émeutes est-ce que ça va prendre ?

Publié par L'Agitateur le 28 août, 2008

Voici un texte d’Alexandre Popovic publié sur le site web du Centre des médias alternatifs du Québec concernant l’affaire autour de la récente émeute de Montréal-Nord. Ce texte est très lourd en terme de longueur étant donné le nombre de références utilisées. En voici un extrait :

Une bavure d’une ampleur jamais vu, suivie d’une émeute sans précédent. Voilà comment on pourrait résumer les événements à la fois tragiques et mouvementés qui se déroulèrent à Montréal-Nord, à environ vingt-quatre heures d’intervalle, les 9 et 10 août dernier.

Bien entendu, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) n’en n’est pas à sa première bavure, tout comme le territoire métropolitain n’en n’est pas à sa première émeute. Cela étant, c’est la première fois qu’une bavure policière est immédiatement suivie d’une émeute.

De même, si les bavures policières sont toutes choquantes à leur façon, il reste que celle qui coûta la vie au jeune Fredy Villanueva est particulièrement scandaleuse.

Après tout, nous avons affaire à un policier qui s’est permis d’ouvrir le feu sur des jeunes gens, dont Fredy, qui se trouvaient à côté d’un parc bondé de monde. Des jeunes gens désarmés qui ne faisait rien d’autre que de jouer aux dés.

Il ne fait aucun doute que la plupart des jeunes vivant dans ce secteur malfamé de la ville ont vécu au moins une mésaventure avec la police. En apprenant la mort violente de Fredy, une bonne partie d’entre eux se sont sûrement dit: "Ça aurait pu être moi."

Pour lire la suite, veuillez cliquer ici.

Publié dans Bourgeoisie, Canada, Manifestation, Montréal, Opinion, Pauvreté, Police, Répression, Violence | 27 Comments »

Le mythe du progrès

Publié par L'Agitateur le 28 août, 2008

Capitalisme + écologie = catastrophe

Capitalisme + écologie = catastrophe

Supposons que nous sommes sur un train du progrès, roulant en avant toute selon la méthode approuvée, alimenté par la croissance rapace et l’épuisement des ressources et encouragé par des économistes grassement récompensés. Et si nous découvrons alors que nous nous dirigeons vers le désastre certain d’une chute brutale à seulement quelques kilomètres de la fin des rails, devant un gouffre infranchissable ? Accepterons nous le conseil des économistes de mettre plus de carburant dans les moteurs pour continuer à une vitesse toujours plus élevée, probablement dans l’espoir de produire une pression assez forte pour nous faire atterrir sans danger de l’autre côté du gouffre ; ou nous précipiterons nous sur les freins pour stopper le train aussi rapidement que possible en faisant grincer les roues et tomber les bagages ?

Le progrès est le mythe qui nous assure que "en avant toute" n’a jamais tort. L’écologie est la discipline qui nous enseigne que c’est un désastre.

Pour télécharger la brochure: http://www.non-fides.fr/spip.php?article51

Publié dans Analyse, Bourgeoisie, Capitalisme, Environnement, Ingérence | 21 Comments »

Des sanctions contre la Fédération de Russie?

Publié par sylvainguillemette le 28 août, 2008

http://www.aquitaine-corso.com/img/produits-crepon-fete/zoom-drapeaux-pavillons-union-europeene.jpg

Dans une contradiction des plus loufoques, l’Union Européenne envisagerait de mener des sanctions contre la Fédération de Russie pour ses attaques envers la Géorgie et pour son appui à l’indépendance des deux États indépendants, indépendants depuis les années 1990. Or, l’Union Européenne, comme nous le disait récemment Salim Lamrani dans un texte* bien structuré et bien fourni en argumentaire, ne possède surtout pas l’autorité morale pour mener de telles sanctions, et encore faudrait-il que l’U-E agisse de la même façon face aux autres Empires.

Devrons-nous aussi rappeler à l’U-E que les États-Unis d’Amérique ont ignoré les avertissements de l’O.N.U. et de la population mondiale vis-à-vis l’invasion illégale et illégitime de l’Irak en 2003? L’U-E a-t-elle adopté des sanctions face à Washington pour cette odieuse guerre déclenchée sur des arguments mensongers et ayant fait plus d’un million de morts et encore plus de mutilés?

N’étant moi-même pas pro-Russie, je condamne, bien entendu, l’intervention musclée ayant fait des victimes du côté civil de la Géorgie, mais rappelons tout de même les faits. C’est bel et bien la Géorgie qui a attaqué la première l’Ossétie du sud, non pas l’inverse. Et la Géorgie en a aussi tué, des civils! Et la C.I.A., cette organisation terroriste, était aussi de la partie. C’est donc un mouvement de troupes sanctionné par Washington, encore une fois!

Bref, je propose que des sanctions semblables soient appliquées sur le champ à tous les pays faisant les mêmes actes que la Fédération de Russie. Donc tous les pays qui sont en Irak ou en Afghanistan, devraient être couverts de sanctions punitives, pour n’avoir pas respecté l’intégrité du territoire afghan, ou irakien, pour avoir utilisé des Armes de Destruction Massive (Ce qui est confirmé du côté du Canada et États-Unis d’Amérique.), pour avoir tué des civils « impunément », pour avoir installé une dictature en Afghanistan, pour avoir soutenu par le passé le terrorisme en Afghanistan et en Irak, pour avoir financé Al-Qeada, pour avoir pillé les ressources humaines et naturelles, pour avoir utilisé la torture, pour avoir exécuté sommairement des prisonniers afghans ou irakiens, pour avoir laissé les soldats et les policiers afghans violer des enfants sans rien faire, etc..

Je propose donc que Washington soit jugée pour ses crimes de guerre, pour ses crimes contre l’humanité, pour le terrorisme qu’elle a longtemps pratiqué et qu’elle pratique encore, pour la torture qu’elle ordonne, pour les frappes dites « chirurgicales » qui tuent des tonnes de civils (Impunément! Quel pays du dit « Axe du Mal » pourrait en faire autant sans subir les foudres de l’O.N.U., ou même de l’O.T.A.N.?), pour avoir installée bon nombre de dictatures, pour avoir utilisé l’arme atomique contre des civils japonais en 1945 à deux reprises, pour avoir financé des paramilitaires distincts par leur immunité face aux « crimes de guerre », pour avoir collaboré avec des terroristes et j’en passe…

Je propose donc aussi, à l’U-E, de se regarder le nombril avant de commettre l’irréparable, puisque la Fédération de Russie n’est peut-être plus celle qu’ils imaginent et qu’un conflit majeur pourrait en naître. Et sinon, que l’Union Européenne adopte des mesures punitives envers tous les fautifs, dont certains de ses membres! Non à la double-mesure!

Note au lecteur : (Je ne suis pas pro-Russie, je ne fais que rappeler que les crimes de la Russie sont exactement les mêmes que ceux des États-Unis et qu’il serait donc de mise, que les deux États voyous soient punis de la même façon. Mais encore faudrait-il que l’U-E ait cette autorité morale pour le faire, ce qui n’est pas le cas.)

· http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Salim_Lamrani.290608.htm

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L’écologie sans la justice n’est pas l’écologie

Publié par sylvainguillemette le 27 août, 2008

Par Françoise David

1) Sommes-nous tous-tes écolos?

C’est si facile de se dire écolo! Tous les politiciens, les entrepreneurs, les représentants-es de la société civile…on ne peut plus se soustraire à l’obligation de l’écologie. Le film de Desjardins (L’erreur boréale), l’extinction de la morue dans le St-Laurent, les catastrophes écologistes (comme la déforestation de l’Amazonie ou la fonte des glaciers dans l’Arctique), la dernière crise alimentaire mondiale, le smog sur Montréal, le film d’Al Gore…tous les jours l’actualité nous rappelle que la planète souffre des décisions humaines. Il devient donc gênant de ne pas s’en préoccuper…Ça paraît mal! Surtout auprès d’un public jeune qui est désormais extrêmement conscient de vivre dans un monde fragile. C’est trop facile. J’ose prétendre qu’il n’est pas si simple de défendre un véritable discours écologiste. Et de proposer des gestes conséquents. Pourquoi? Parce que les actions que nous devons poser impliquent des changements profonds, non seulement au niveau des mentalités, mais aussi à celui des décisions politiques et économiques. Être écologiste, signifie, à mes yeux, se préoccuper aussi bien de l’environnement que de la répartition des richesses. Cela implique de travailler à la prévention et à la résolution pacifique des conflits entre pays. Cela veut dire remettre en question le rôle et les pouvoirs de ceux qui ont les moyens financiers et industriels (et souvent militaires) de détruire la planète sous prétexte de croissance économique.
Tout un programme!

2) Commençons par le commencement, Hervé Kempf est journaliste en matière d’environnement au journal le Monde. Il est venu à l’école d’été de l’INM l’an dernier. Il a publié en 2007 « Comment les riches détruisent la planète » aux éditions du Seuil. Le livre est clair et accessible. Monsieur Kempf expose de façon éclairante le lien nécessaire entre vision écologiste et justice sociale. Voilà quelques données tirées de son livre :

-L’augmentation de la température moyenne prévue à la fin du XX1e siècle se situe entre 1,4 degré et 5.8 degrés. Si on allait vers le 5 ou 6 degrés additionnels, les conséquences seraient les suivantes : fonte des régions arctique et antarctique, donc élévation importante du niveau de la mer et inondations de plusieurs régions du monde, fonte du pergélisol (c’est déjà commencé dans le nord québécois et canadien), sécheresse accrue dans plusieurs pays…

-On vit déjà une crise de la biodiversité : sur 40,000 espèces étudiées par l’Union internationale pour la conservation de la nature, 16,000 sont menacées. -On observe une pollution généralisée : les océans se détériorent, il y a surexploitation des stocks de poisson, on retrouve des quantités de déchets dans les océans (dans le centre du Pacifique, 3 kilos de déchets pour 500 grammes de plancton). On sait que la pollution de l’air est importante, non seulement dans les pays occidentaux mais de plus en plus en Inde et en Chine, pour ne nommer que ces pays. Les conséquences de ces problèmes sont-elles les mêmes pour tous-tes les êtres humains? Dans certains cas, probablement.

À cause des milliers de produits chimiques présents dans notre alimentation ou dans des produits nettoyants, une recherche allemande a démontré que l’on retrouvait 350 types de polluants dans le lait maternel des femmes de ce pays. On observe une montée des troubles de la reproduction. On discute de plus en plus des liens entre la pollution et l’augmentation des cancers. Lorsque des catastrophes dites « naturelles » se produisent (tremblements de terre, inondations, tsunamis, cyclones, crise du verglas), il est évident qu’elles auront des conséquences sur toutes les personnes qui habitent les lieux concernés. Si toute une ville est touchée par le smog, l’ensemble de la population en souffrira.

Si des espèces disparaissent (comme des poissons), personne ne peut plus en manger. Si une guerre éclate entre deux pays à cause d’une dispute à propos de la propriété d’un cours d’eau essentiel à la vie et à l’agriculture, tout le monde est touché. De même si un pays entier disparaît sous l’eau. Mais l’égalité s’arrête là. En fait, les peuples ne sont pas égaux devant les problèmes environnementaux et leurs conséquences, et, à l’intérieur d’une population donnée, les individus ne sont pas égaux non plus. Il y aurait de multiples exemples.

Contentons-nous de ceux-ci, un peu en vrac :

-lorsque l’on construit une autoroute, il est plutôt rare que ce soit dans les quartiers huppés des villes. La transformation de la rue Notre-Dame, à Montréal, en autoroute, se fait littéralement dans un des quartiers les plus pauvres de la ville. On voit déjà des problèmes d’asthme et de bronchite chez les enfants. Le projet d’autoroute est donc dénoncé par la Direction de la santé publique de Montréal.

-Qui a été le plus affecté par la crise du verglas? On sait, par exemple, que ce sont souvent les personnes pauvres qui se sont retrouvées dans des lieux d’hébergement…

-Qui peut se payer l’alimentation biologique? -Le smog et la chaleur accablante à Montréal : c’est bien pire dans les vieux quartiers pauvres qu’autour de la montagne (on observe différence de 8 degrés de chaleur) -Les journaux d’hier nous annoncent que 20,000 Canadiens seront tués par la pollution atmosphérique cette année. Ce seront surtout des personnes âgées. Lesquelles?

-Ailleurs : qui a le plus souffert de l’ouragan Katrina? Des tremblements de terre récents en Chine? Qui meurt des épidémies et dans les pays pauvres, qui manque de soins médicaux? Quelles personnes âgées (10,000) sont mortes au cours de la canicule à l’été 2003 en France? Qui boit de l’eau polluée dans le monde et n’a pas les moyens de s’acheter des bouteilles d’eau? Qui subit la déforestation? Qui, à Naples, habite à côté des amoncellements d’ordures, sans compter les populations des pays pauvres qui survivent en fouillant dans les ordures…? -Qui seront les réfugiés climatiques de demain? Des paysans sans terre, de pauvres pêcheurs privés de leur subsistance, des populations privées d’eau, etc. Aussi : nous ne sommes pas égaux dans notre capacité à revendiquer un milieu de vie et de travail respectueux de l’environnement. Ceux et celles qui disposent d’outils scientifiques, de ressources financières, de contacts en haut lieu…sont mieux équipés…

3) Nous ne sommes pas égaux devant les problèmes environnementaux, et pas égaux du tout!

Pendant que nous débattons de tout cela, les inégalités augmentent au Québec, au Canada et dans le monde. Au Canada, entre 1997 et 2004, le 20% de familles les plus riches ont vu leur revenu annuel augmenter de 36,000. Pour les familles les plus pauvres, aucune augmentation ou presque (un peu au Québec grâce à hausse des allocations familiales). Les baisses d’impôt profitent aux mieux nantis. Par exemple, un couple canadien gagnant 175,000 $ voit ses impôts diminuer de 2000$ par année. Un couple qui gagne 60,000$ paie 110$ de moins en impôt. Et pendant ce temps, le salaire minimum augmente au compte goutte au Québec (8.50$ actuellement) et les prestations à l’aide sociale sont à demi-indexées pour les personnes dites aptes au travail (elles reçoivent en ce moment autour de 575$ par mois). On sait bien aussi que les tarifs montent : électricité, essence, téléphone, soins médicaux, dentiste, loyers…et voilà pourquoi il y a tant d’inégalités au Québec et au Canada.

Une minorité s’enrichit, une majorité s’appauvrit. La précarité du travail augmente, on ne sait plus combien de temps on va pouvoir travailler chez le même employeur. Sans parler des conditions de travail souvent difficiles, entre autres, pour les travailleuses et travailleurs non syndiqués.

Pendant ce temps, l’État s’appauvrit aussi en diminuant les impôts des particuliers bien nantis et des entreprises. À Ottawa, les surplus semblent fondre mais on augmente de façon indécente les dépenses militaires. Pendant ce temps, l’État canadien ne met plus un sou dans le logement social. Au Québec où monsieur Charest a diminué les impôts des particuliers et des entreprises à hauteur d’un milliard de dollars en 2006-07, on manque d’argent pour la santé, l’éducation, la lutte à la pauvreté…et l’environnement.

Dans le monde : Des chiffres un peu encourageants sur la diminution de la pauvreté absolue (les gens qui vivent avec moins de 1$ par jour) : on est passé de 28% de la population mondiale en 1990 à 21% aujourd’hui (2007). L’importance de la Chine et aussi de l’Inde pèse beaucoup sur cette évolution. Par ex : la part de la population vivant avec moins de 1$ par jour est tombée de 66% en Chine en 1980 à 17% en 2001. MAIS à l’échelle mondiale, des situations dramatiques perdurent. Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement): un milliard de personnes survit dans la pauvreté absolue (surtout dans les zones rurales) et un autre milliard avec moins de 2$ par jour. 1.1 milliard d’humains ne disposent pas d’eau potable et d’équipements sanitaires adéquats et cela entraîne des maladies graves comme le paludisme, le choléra, la typhoïde, les maladies gastro-intestinales, etc. 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim et deux milliards souffrent de carences alimentaires. Attention : il y aurait à manger pour tout le monde. Mais la mauvaise répartition de la richesse, les inégalités observées dans le développement de l’agriculture et les ententes commerciales inéquitables entre pays, privent des milliards de personnes d’une alimentation suffisante et saine.

L’accroissement des inégalités est observable non seulement dans notre pays mais presque partout au monde, y inclus dans les pays pauvres. On sait, par exemple, qu’il y a maintenant des millionnaires en Chine et en Inde alors qu’une grande partie de ces populations sont pauvres. Entre pays, c’est la même chose : « En 1990, l’Américain moyen était 38 fois plus riche que le Tanzanien. Aujourd’hui, il est 61 fois plus riche ».

J’aimerais ajouter que la pauvreté ne se limite pas à l’insuffisance des revenus. Lorsque dans un pays d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie, des populations entières ne sont pas soignées, lorsque les enfants vont à l’école seulement quelques années, lorsqu’il n’y a pas de services d’enlèvement des déchets, lorsque les services sociaux sont inexistants, lorsqu’un large pourcentage de jeunes sont au chômage sans indemnité, lorsque l’on vit dans un bidonville où les égouts sont à ciel ouvert, peut-on vraiment parler de dignité humaine? Je pourrais en dire beaucoup plus sur la situation des peuples du monde. Je n’ai pas parlé des guerres et des carences nombreuses dans les systèmes démocratiques. Je n’ai pas mentionné l’augmentation de la violence dans les quartiers pauvres des grandes villes, ni de ces nombreux jeunes qui tentent de fuir un sort misérable sur des radeaux de fortune de l’Afrique à l’Europe. J’en ai dit assez, je crois, pour que nous réalisions que nous sommes loin, très loin, d’un véritable « développement durable » pour toutes et pour tous.

4) Qu’est-ce que le développement durable?

Pour en parler, retournons à un texte souvent cité : le rapport Brundtland, du nom d’une ancienne Première ministre de la Norvège qui a dirigé la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, un comité mis sur pied par les Nations Unies. Le rapport Bruntland a été rendu public en 1987 et a inspiré la conférence mondiale de Rio sur l’environnement en 1992. Ce qui est fascinant : ce rapport des Nations Unies ne prône pas une vision écologiste radicale. Cependant, il contient des affirmations puissantes qui devraient nous inspirer encore aujourd’hui. En voici quelques extraits : « Nombre d’entre nous vivons au-dessus des moyens écologiques de la planète, notamment en ce qui concerne notre consommation d’énergie ». (Ce texte est écrit en 1987! note de la rédactrice)

« Au strict minimum, le développement durable signifie ne pas mettre en danger les systèmes naturels qui nous font vivre : l’atmosphère, l’eau, les sols et les êtres vivants ».

« Même au sens le plus étroit du terme, le développement durable présuppose un souci d’équité sociale entre les générations, souci qui doit s’étendre, en toute logique, à l’intérieur d’une même génération ».

« Développement et croissance économique sont compatibles à condition que le contenu de celle-ci (la croissance, ndlr) respecte les principes que sont la durabilité et la non-exploitation d’autrui ».

« Il existe un fil conducteur dans cette stratégie du développement durable : la nécessité d’intégrer les préoccupations économiques et écologiques dans la prise de décision… Mais la compatibilité entre ces deux types de considérations se perd souvent dans la poursuite d’avantages individuels ou collectifs où l’on ne tient pas compte des conséquences et où l’on fait une confiance aveugle en la science… » Donc, si l’on veut parler sérieusement de développement durable, on doit se préoccuper de dignité humaine, de justice sociale, de prise en considération des besoins fondamentaux des humains et de la nature aujourd’hui et pour les générations futures.

Les professeurs François Blais et Marcel Filion, de l’université Laval, écrivent en 2001 : « Dans un monde (…) marqué par des menaces écologiques plus prégnantes que jamais, il est devenu impératif de considérer l’accès aux ressources de la terre de même que la sécurité environnementale comme relevant de la justice, au même titre que la redistribution des avantages économiques ».

À mon avis, cette vision à la fois écologiste et sociale du développement durable impose de prendre des décisions politiques et économiques courageuses, audacieuses, qui tranchent avec la conception actuelle de l’économie. Quelle est cette conception? Celle qui domine en ce moment, (au-delà des discours de circonstance sur le respect de l’environnement) est celle d’une croissance économique soutenue comme préalable absolu pour rencontrer les besoins des consommateurs. Le citoyen, la citoyenne, sont des consommateurs avant tout, des gens qui achètent et font tourner la roue économique. Sans réflexion sur cette consommation frénétique qui pose des problèmes majeurs à la planète. Il faut dire que les très riches donnent l’exemple. Vous lirez Hervé Kempf! Ils ont tellement d’argent, qu’ils ne savent plus quoi inventer pour le dépenser. Ces gens n’ont aucune conscience écologiste ou sociale. Mais ils ont une très haute opinion d’eux-mêmes et ne comprennent tout simplement pas que des gouvernements veuillent leur faire payer leur juste part d’impôt ou leur imposer des règles environnementales ou sociales. Ils ont d’ailleurs des amis bien placés dans les milieux gouvernementaux. Vous avez peut-être vu le documentaire sur Monsanto, une entreprise qui veut, paraît-il, du bien aux agriculteurs (!).

Un cas patent de collusion entre une multinationale et des dirigeants politiques qui vont jusqu’à congédier des scientifiques parce que ceux-ci expriment des réserves envers les OGM. Les dirigeants économiques, dans les mondes de la finance, de la spéculation, des services privés et de la production de biens, nous incitent donc à intégrer leur discours sur la croissance, à acheter inlassablement, à demander à nos gouvernements de payer le moins d’impôt possible, à nous adapter (comme ils disent…) à une mondialisation des échanges commerciaux censée nous apporter le bonheur et la prospérité.

Pourtant, cette vision comporte des effets pervers et des conséquences graves : Voyez les problèmes des Américains moyens qui n’ont plus les moyens d’habiter leur maison! Sachez que 40% des habitants des États -Unis ne bénéficient d’aucune assurance-maladie, cela dans le pays le plus riche de la planète Voyez le développement rapide d’une médecine à deux vitesses, ici-même, au Québec! Considérez l’endettement moyen des Québécois-es, un endettement qui rend beaucoup de personnes extrêmement anxieuses, qui provoque des faillites et du désespoir. Observez les délocalisations d’emplois vers des pays où l’on paie les travailleurs et les travailleuses une bouchée de pain, les pertes d’emploi dans une forêt dont on n’a pas pris soin, les suicides d’agriculteurs sur-endettés, ici au Québec!!! C’est ça le bonheur? On nous a dit que la croissance sans limite allait générer des emplois, qui assureraient des revenus décents aux humains, qui leur permettraient de consommer librement et de satisfaire tous leurs besoins.

On sait maintenant, (rappelez-vous mes chiffres du début sur la situation des humains sur la planète) que c’est seulement en partie vrai. On ne crée pas assez d’emplois pour satisfaire les besoins de tous les demandeurs d’emploi; les travailleuses et travailleurs sont très souvent mal payés et vivent à crédit; des millions de paysans quittent les campagnes en raison surtout de l’impossibilité pour eux de vivre de l’agriculture. Enfin, cette croissance effrénée est la cause de nombreux désastres sociaux et environnementaux connus. Il faut donc changer radicalement de cap. Ce sera difficile et exigeant. Mais aussi mobilisant.

5) Changer de cap

Il y a plusieurs manières de changer le monde. Tous les gestes comptent y compris celui de recycler ses déchets et de composter. Mais vous comprenez qu’à l’échelle de la planète et des désastres environnementaux et sociaux présents et à venir, il faut bien plus que cela. Les réponses à l’arrogance des décideurs puissants et organisés, c’est la mobilisation des peuples aux échelles locales, nationales et internationales. Et c’est commencé!

Des exemples :

-Les nombreuses entreprises d’économie sociale, par exemple, les coopératives, au Québec et ailleurs qui remettent en question la finalité de l’économie (le profit), impliquent les travailleurs-euses dans la gestion et respectent l’environnement.

-Au Québec, l’agriculture soutenue par la communauté qui met en contact habitants-es des villes et producteurs-trices agricoles. Ces projets favorisent les achats locaux. Leurs buts : éliminer les transports polluants et soutenir des producteurs qui en arrachent. On travaille en parallèle des distributeurs alimentaires qui sont maintenant des monopoles (il en reste 2 au Québec). On fournit des aliments frais dont on connaît l’origine.

-Des groupes qui prônent la simplicité volontaire, une façon de remettre en question le modèle de consommation existant. À l’intérieur de ces groupes, on réfléchit sur la notion de besoins essentiels : a-t-on vraiment besoin de tout ce que l’on achète?

-Des comités de citoyennes et citoyens, partout au Québec, qui se mobilisent contre des projets d’autoroute, d’agrandissement de dépotoirs, de vente de parcs nationaux, de mise en place de ports méthaniers. On ne gagne pas tout le temps mais les préoccupations écologistes gagnent du terrain. Les décideurs doivent en tenir compte.

-Des organismes sociaux et écologistes qui prônent le commerce équitable; divers produits sont maintenant accessibles aux citoyennes et citoyens québécois : café, chocolat, bananes, vêtements, produits artisanaux, etc. On s’assure ainsi que ceux qui produisent des biens reçoivent leur juste part de rémunération. Un nouveau monde est donc déjà en marche grâce à des actions parfois modestes, parfois de grande envergure. Mais allons plus loin. Une réflexion s’impose sur le modèle de société dans lequel nous voulons vivre. Jusqu’ici, le capitalisme néolibéral tolère nos manifestations de mauvaise humeur et doit parfois s’incliner devant la mobilisation populaire. Il nous laisse commercialiser certains produits équitables car nous ne sommes pas très menaçants, pour l’instant. Pendant ce temps, il continue cependant d’imposer son pouvoir partout dans le monde.

Soyons clairs, si nous voulons changer les règles du jeu, si nous voulons maintenant et dans les générations futures, assurer le bien-être de toutes les populations, et ce, dans le respect de l’environnement, nous devons nous tourner vers un projet politique et démocratique mobilisant les peuples, solidairement, à l’échelle de la planète. Nous ne pourrons nous contenter de « verdir » l’économie, lui imposer quelques règles (que l’entreprise trouvera souvent le moyen de contourner) et chercher, par des moyens technologiques à effacer l’empreinte humaine sur la nature. Il y a des limites à ce que la terre, l’eau, l’air, peuvent supporter.

Verdir l’économie veut nous dispenser d’une réflexion plus profonde sur nos rapports entre humains et avec la nature. Par exemple, certains ont cru qu’en remplaçant l’essence, en tout ou en partie, par l’éthanol, on polluerait moins la planète. On sait maintenant que la production d’éthanol à partir du maïs a des conséquences effrayantes sur la sécurité alimentaire des peuples. Des agriculteurs sont subventionnés pour cultiver des champs de maïs sur d’immenses surfaces afin de produire de l’éthanol. Il y a donc moins de maïs pour nourrir les gens. C’est l’une des causes de la crise alimentaire du printemps dernier. Tout cela parce que l’on ne veut pas se poser la vraie question : pourrait-on se passer largement de l’automobile? Ne devrait-on pas utiliser des fonds publics en quantité importante pour mettre en place des systèmes de transport collectifs efficaces et inciter vigoureusement les gens à s’en servir? Voilà une vraie question qui interpelle le rôle des États et nos comportements citoyens.

En matière d’énergie, il y a comme ça, des questions à l’infini. Pourquoi ne pas nationaliser le nouveau développement de l’éolien? René Lévesque l’avait fait avec l’hydro-électricité, pourquoi ne pas continuer en si bon chemin? Pourquoi faire profiter des investisseurs étrangers des retombées économiques de l’éolien plutôt que de les redistribuer à toute la population québécoise, en commençant par les communautés locales concernées? Pourquoi ne pas se donner le droit de devenir collectivement propriétaires d’outils économiques importants? Pourquoi la construction d’un port méthanier à Lévis, alors que des agriculteurs, des groupes écologistes, de simples citoyennes et citoyens, des médecins, des scientifiques, s’y opposent? A-t-on vraiment besoin d’un gaz naturel importé de Russie? Est-ce que ce port vaut la destruction d’un paysage idyllique et de terres agricoles fertiles ainsi que la peur de l’accident, toujours présente? Pourquoi ne pas développer des énergies plus vertes et offrir ainsi des emplois partout dans les régions du Québec? Pourquoi continue-t-on de subventionner largement notre agriculture industrielle, négligeant le nécessaire soutien aux productrices et producteurs biologiques et du terroir? Il s’agit de décisions politiques. Ces décisions sont prises par des gens qui sont les amis des grands investisseurs, au nom d’une théorie économique de moins en moins convaincante.

Comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001 : »Le fondamentalisme néolibéral est une doctrine politique au service d’intérêts privés » C’est démocratiquement que nous arriverons à changer le « désordre des choses » (comme le dit souvent Lorraine Guay, grande militante du communautaire).

Voici quelques perspectives possibles, en plus des alternatives déjà mentionnées :

-Nous devons exiger des gouvernements des mesures fiscales et sociales poursuivant l’objectif atteignable de l’élimination de la pauvreté, ici et ailleurs. Il faut des plans globaux, à court et long terme. Mais j’insiste : c’est faisable. Moins de dépenses militaires au Canada et dans le monde, plus de moyens pour éradiquer la pauvreté!

-La poursuite du combat pour des services de santé accessibles également à tous et toutes s’impose. Non à la privatisation! Nous devons en même temps exiger des mesures environnementales pour réduire la pollution atmosphérique, l’intoxication alimentaire, les cancers dus à des produits chimiques. Etc…

-Nous devons continuer de nous battre pour une éducation gratuite à tous les niveaux et de qualité. Pourquoi est-ce si important? Non seulement pour acquérir des qualifications professionnelles, mais pour devenir des citoyennes et citoyens équipés et critiques face aux mensonges dont nous sommes abreuvés tous les jours. Pour avoir des outils qui nous permettent de mener des luttes efficaces et de marquer des points.

-Il nous faut développer des stratégies internationales de solidarité entre les peuples face aux problèmes sociaux et environnementaux. C’est déjà en marche dans les forums sociaux mondiaux et dans toutes sortes de réseaux qui se parlent grâce à internet, sur toute la planète.

-Et finalement, il est important d’élire des gouvernements libres de toute attache avec les lobbys économiques puissants. Élire des politiciennes et politiciens intègres, écologistes et de gauche. Les surveiller, agir en citoyennes et citoyens vigilants, participer aux débats publics, exiger d’être consultés. Contribuer au développement de partis politiques à la fois écologistes et de gauche. VOTER! Nous pouvons changer le monde, pas à pas.

Faisons-le!

http://www.pcq.qc.ca/
http://www.quebecsolidaire.net/

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Exemple tragique de double-mesure occidentale

Publié par quebecsocialiste le 26 août, 2008

"L’enquête de l’ONU en Afghanistan a recueilli des preuves, fondées sur des témoignages, de la mort de 90 civils, dont 60 enfants, 15 femmes et 15 hommes." Selon Kai Eide, rapporteur de l’ONU. Cet évènement affreux est survenu la semaine dernière…

Le monde occidental en entier fustige la Russie pour avoir osé reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Indépendances confirmées par deux référendums victorieux en passant. En se rappellant de ce qui est arrivé à la Palestine, nous sommes aussi en droit de dire que la supposée "communautée internationale" se fiche royalement de la démocratie! Quasiment pas un mot des ministères étrangers ou des mass médias sur ce massacre! Honte à l’OTAN! Honte à nos gouvernements! Un exemple de "Deux poids, deux mesures" dans un contexte des plus atroces. "Vive la presse libre!" C’est ça ouais…

Encore des morts inutiles d’innocents anonymes, alors que nos médias s’émerveillent encore du spectacle de Céline sur les Plaines. C’est ben l’fun pour l’image, mais à un moment donné, il y a des choses plus importantes dont il faudrait informer la population. Un travail que les mass médias semblent incapables de remplir… nous nous chargeons donc de le rappeller: À part des soldats occidentaux et des talibans, des civils meurent encore dans ce conflit pourri! Conflit maintenu au nom du "Ô capital" et des ressources naturelles de ce pays dévasté que l’OTAN est fort occupée à piller sans le moindre remord, en plus d’y défendre une dictature obscurantiste "alliée". Des belles "valeurs"! J’imagine qu’ils (le peuple afghan) doivent nous aimer comme ça se peut pas! N’est-ce pas chers drètistes?

Le peuple afghan souffre le martyr à cause du complexe militaro-industriel immoral et d’une poignée de profiteurs issus de "l’élite". Où sont ces fameuses "frappes chirurgicales" dont ils nous parlent sans arrêt? Où est le supposé "professionalisme" des troupes états-uniennes et occidentales? De la barbarie! Voilà comment j’appelle ça! Au fond, l’OTAN impérialiste n’est pas mieux que les talibans obscurantistes. Les deux camps tuent de sang froid. Ils ont beau nous sortir leurs belles histoires, mais quand une… une boucherie pareille se produit et que ce sont les bombardiers U.S. qui en sont la cause, je vous dis que le concept de "mission humanitaire" prend le bord assez vite! Sans doute que c’est pour cette raison que les mass médias n’en parlent pas ou presque pas. Le peuple afghan est sans doute très, TRÈS loin de se sentir en sécurité avec nos avions mlitaires qui peuvent leur larguer des missiles à l’aveuglette pour deux ou trois talibans présents dans leur quartier…

Nous appellons le gouvernement canadien à se retirer d’Afghanistan IMMÉDIATEMENT. Nous condamnons les crimes de guerre sous toutes leurs formes, peu importe par quel camp ils sont commis et peu importe pourquoi! Il n’y a aucune cause, AUCUNE qui puissent justifier de tels massacres! Les responsables de ces crimes devraient être jugés pour ces actes odieux! Si c’est pour le futur que tant d’enfants et d’innocents meurent, alors quel genre de futur est-ce donc? Il n’y aura pas de futur pour ceux qui sont morts…

Un monde forgé dans le sang et les conquêtes ne peut que mener à plus de guerres.

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Si les doubles-mesures étaient abolies…

Publié par sylvainguillemette le 22 août, 2008

Imaginez un instant vivre dans un monde où les doubles-mesures sont totalement abolies. Dans un monde où, ce qui est bien pour l’un, l‘est pour l’autre. Où ce qui serait mal pour l’un, le serait également pour les autres. Fini les sanctions à sens unique! Ouf, ce que ce serait paradisiaque…

Dans tel monde, les riches devraient payer leurs amendes, mais cela, en proportion de leur salaire. Fini les grosses bagnoles qui dépassent la limite de vitesse permise par la Loi, celles qui coursent sur nos voies publiques et qui chaque année, commettent l’irréparable chez plusieurs camarades méritants de leur droit de vivre.

Mais fini aussi la diabolisation du terrorisme des uns sans punir celui des autres. Fini les invasions de territoire pour répandre l’empire des « Nos valeurs! », quand de plus, leurs valeurs n’ont même pas été votées démocratiquement ici et ne sont pas nécessairement les miennes. Fini l’impunité envers les grosses puissances internationales « versus » les marées de sanctions contre les pays de l’Axe du Mal pour des crimes commis par les deux! Fini le droit de posséder des Armes de Destruction Massive et de les utiliser contre des civils sans être taxé de terrorisme! Fini de déployer des boucliers anti-missiles tout en tenant des discours de paix envers ses ennemis! Fini de soutenir des entités terroristes sans en payer le prix!

Prenons l’exemple actuel qui oppose les deux grandes puissances d’autrefois, des empires aujourd’hui puissants comme autrefois. L’un est embourbé dans deux conflits qu’il a déclenchés, l’autre se sent cerné par le premier. La guerre en Irak semble s’être calmée, mais cela s’explique du fait que la puissante milice chiite de Sad’r, grande de près de 50 000 hommes en arme, a décidé de prendre une pause café hypocritement, attendant le bon moment pour frapper, décidément le retrait des états-uniens d’Irak.

Peu importe, la défense russe en Géorgie n’est rien à côté de l’attaque impérialiste des États-Unis en Irak et en Afghanistan. Coups d’État, suivis de dictatures à leur solde, privatisation des ressources naturelles, etc.. Mais qui est-ce que les médias condamnent? Seulement la Fédération de Russie! Personne ne demande le retrait de Washington des pays qu’il occupe illégalement. Personne ne demande à Washington de payer le prix du terrorisme dont elle a usé dans ces pays. Washington n’a aucun compte à rendre à la communauté internationale.

http://www.planetenonviolence.org/photo/542252-662402.jpgPareil pour Tel-Aviv qui, rappelons-le, détient des ADM! Et oui! Tel-Aviv détient des armes chimiques, bactériologiques et nucléaires! Ces dernières n’ont jamais été déclarées à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique! Imaginez! Téhéran doit rendre des comptes pour de simples présomptions, alors que Tel-Aviv en détient et que cela, ne suscite aucun bouleversement dans la communauté internationale, et même si Tel-Aviv a commis des attaques terroristes contre les civils libanais en 2006, ne tuant pas moins de 1100 d’entre eux!

http://www.uruknet.de/pic.php?f=du-baby15.jpg

L’Irak a été envahi sur la question des ADM en passant, et pourtant, qui en possède le plus, mis à part la Russie? Les États-Unis, et elles ne risquent pas de disparaître si l’A.I.E.A. décide d’aller fouiller les installations états-uniennes! Et devinez quoi! Oui, oui! Y a que Washington qui a utilisé l’arme atomique contre ses ennemis dans toute l’histoire de l’humanité et alors qu’elle le faisait, les deux villes anéanties par les armes atomiques états-uniennes étaient peuplées, non pas de soldats, mais bien de civils! Difficile de trouver meilleurs exemple de terrorisme!

Alors je le dis et redis, NON À LA DOUBLE-MESURE! QUE LES FAUTIFS PAIENT LEURS POUR LEURS CRIMES!

J’insiste donc pour que des sanctions soient attribuées à Washington et ses alliés idéologiques ayant participé aux crimes de Washington. Donc oui, Ottawa doit aussi payer la note de la dictature installée en Afghanistan.

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Citation de la semaine

Publié par quebecsocialiste le 21 août, 2008

Jacques Lanctôt - Le voleur

"Quelqu’un a déjà dit: «Si tu veux vraiment devenir un voleur, il faut t’acheter une banque.» C’est-à-dire que voler une banque, ce n’est rien par rapport au fait d’en posséder une." – Jacques Lanctôt

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« La Havane n’a aucune leçon à recevoir »

Publié par sylvainguillemette le 20 août, 2008

http://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/Cuba_Double_morale.jpg

Nicolas Ethève

La Marseillaise

Salim Lamrani, le spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis, récuse dans son dernier livre la stigmatisation du régime castriste en matière de respect des droits de l’homme.

Enseignant, écrivain et journaliste, Salim Lamrani est un spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Après son livre intitulé Cuba face à l’Empire, l’auteur français a publié cette année un nouvel ouvrage consacré à l’analyse du rapport d’Amnesty International sur le respect des droits de l’homme dans le monde. Dans Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme, Salim Lamrani récuse sur le fond la légitimité des sanctions politiques et diplomatiques imposées à Cuba par l’Union européenne entre 2003 et 2005*. Entretien…

Dans votre dernier livre, vous affirmez, au vu du rapport annuel d’Amnesty International que Cuba est loin d’être le plus mauvais des élèves de la classe mondiale en matière de respect des droits de l’homme. Quel rang lui attribuez-vous ?

Amnesty International est sans nul doute l’organisation de défense des droits de l’homme la plus sérieuse et la plus prestigieuse au monde. Elle est extrêmement critique à l’égard du gouvernement de La Havane, à tel point que ce dernier a rompu les relations avec l’ONG en 1988. Néanmoins, d’après le rapport d’Amnesty sur les droits de l’homme, Cuba est le pays d’Amérique latine qui les viole le moins. Au niveau européen, 23 des 25 nations qui ont voté les sanctions politiques et diplomatiques contre Cuba en 2003 présentent une situation des droits des l’homme bien plus désastreuse que celle de Cuba. En un mot, La Havane n’a aucune leçon à recevoir de personne.

Quelles sont les différences notables entre la situation cubaine et celles des Nations latino-américaines et européennes ?

Commençons par l’Union européenne qui est censée être un havre de démocratie et de respect des droits de l’homme. Pour ce qui est de Cuba, Amnesty n’a rapporté aucun cas d’assassinat politique (contrairement au Royaume-Uni), de torture ou de traitement inhumain (Belgique, France, Grèce, Italie, etc.), d’utilisation de preuves obtenues sous la torture (Allemagne), de disparition (Estonie), d’enlèvement de personnes par les autorités (l’Italie), d’impunité suite à un crime commis par des agents de l’Etat (Autriche, Espagne, France, Grèce, etc.), de trafic d’êtres humains (Grèce), d’enfants privés d’accès à l’éducation en raison de leur origine ethnique (Grèce, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Lettonie, Slovénie), de stérilisation forcée de femmes issues de minorités (République tchèque, Slovaquie), d’incitation à la haine raciale et à la discrimination par les autorités (Hongrie, Lettonie).

Sur le continent américain, la situation est pire. Cuba se distingue aisément des autres nations. Amnesty n’a jamais rapporté à l’encontre de La Havane un cas d’assassinat et d’exécution extrajudiciaire commis par les forces de l’ordre (contrairement aux Bahamas, Brésil, Canada, Colombie, République dominicaine, Guatemala, Haïti, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Pérou, Porto Rico, Trinidad, Tobago, Venezuela, Etats-Unis), d’assassinat politique (Etats-Unis), d’assassinats d’enfants par les forces de l’ordre (Honduras), de viols commis par la police (Bahamas, Colombie), d’impunité pour des policiers ou des membres de l’armée ayant commis un crime (Chili, Colombie, Guatemala, Haïti, Etats-Unis, etc.), d’usage de la torture par les forces de l’ordre (Belize, Brésil, Colombie, Etats-Unis, etc.).

De la même manière, pour Cuba, Amnesty n’a évoqué aucun cas de mise en esclavage des populations indigènes y compris d’enfants (Bolivie), de travail forcé pour les enfants (Bolivie), d’exploitation économique d’enfants (Equateur, Paraguay etc.), d’exploitation sexuelle d’enfants (Equateur, Paraguay etc.), de trafic d’enfants (Bolivie), de torture d’enfants par les forces de l’ordre (Brésil), d’enfants en prison (Bolivie), de conscription militaire d’enfants (Paraguay), de présence d’escadrons de la mort composés de membres de la police (Brésil), de massacre de paysans (Brésil), d’utilisation d’esclaves (Brésil), d’ouvriers morts de fatigue (Brésil), d’assassinats de militants des droits de l’homme par les forces de l’ordre (Brésil, Colombie, Honduras), d’extorsion orchestré par les forces de l’ordre (Brésil), de kidnappings généralisés où les autorités sont impliquées (Colombie, Haïti), d’assassinats de syndicalistes (Colombie), d’assassinats de journalistes (Colombie, Haïti, Mexique), de criminalisation de l’homosexualité (Nicaragua), de torture et d’assassinat d’homosexuels (Equateur, Jamaïque, Mexique), ou de torture contre les indigènes (Equateur).  On voit bien que s’il y a une spécificité cubaine sur le continent américain, c’est que ce pays est celui qui respecte le mieux les droits de l’homme.

Malgré cette réalité bien contrastée, l’Union européenne s’est alignée en 2003 sur la position américaine en imposant à Cuba des sanctions légitimées par son irrespect des droits de l’homme. Pour vous, cette stigmatisation repose exclusivement sur le refus cubain de l’économie de marché ?

L’Union européenne est une puissance économique indéniable, mais un nabot politique et diplomatique incapable d’adopter une position constructive et indépendante de Washington dans ses relations avec Cuba. L’UE, en raison des nombreuses violations des droits de l’homme dont elle se rend coupable, ne dispose d’aucune autorité morale pour s’ériger en donneur de leçons et stigmatiser Cuba. La rhétorique officielle pour justifier les sanctions – les droits de l’homme – s’écroule dès qu’elle est confrontée à la réalité. Ce qui gène l’UE, c’est le système politique, économique et social cubain. Il est temps que Bruxelles se range du côté de la raison et elle a effectué un pas en ce sens en éliminant les sanctions politiques et diplomatiques illégitimes et arbitraires, le 20 juin 2008*. Il est désormais indispensable de supprimer la Position commune de 1996.

Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Préface de Gianni Miná. Paris, Editions Estrella, 2008. 123 pages. 10 euros. Pour commander l’ouvrage : lamranisalim@yahoo.fr

(*). Suspendues en 2005, ces sanctions (restriction des visites de haut niveau, réduction de la participation européenne aux événements culturels cubains et invitation de dissidents par les ambassades européennes) ont été définitivement levées le 20 juin dernier par l’Union européenne.

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