Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Archive for mars 2011

Mon album de famille, par Mouammar Kadhafi (Voltaire)

Posted by sylvainguillemette le 28 mars, 2011

Les hypocrites ! Ils disent tous que j’ ai toujours été leur ennemi. Aucun ne se souvient de m’avoir connu et fréquenté. Et pourtant…

 

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Avec mon ami José Manuel Barroso, c’était « A la vie, à la mort ! »

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Avec le roi Juan Carlos d’Espagne

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Avec mon conseiller salarié Tony Blair
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Avec Pascal Lamy, à l’époque, il était commissaire européen, pas encore Directeur Général de l’Organisation Mondiale du Commerce
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Avec Romano Prodi, quand il présidait la Commission européenne.
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Avec José María Aznar, toujours un peu réservé

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Avec José Luis Zapatero

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ça, c’est Silvio Bercusconi. On était inséparables. Et on en a fait ensemble des coups pandables à Sarko !

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Nicolas Sarkozy. Après tout ce que j’ai fait pour lui, il a comploté pour me renverser. Je ne sais pas ce qu’il ne m’a pas pardonné : les Rafales ? les centrales nucléaires ? ou sa Cécilia ?
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Et Barack Obama, le petit nouveau.
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WTC 11 septembre 2001, un attentat contre un Bouclier Humain?

Posted by sylvainguillemette le 24 mars, 2011

En effet, puisqu’il est d’ores et déjà acquis pour l’OTAN, ses sbires et les médias occidentaux, que les civils libyens tués par les Armes de Destruction Massive larguées par la coalition le furent par un dessein machiavélique du Colonel Kadhafi, constituant avec eux, un Bouclier Humain, ne serait-il pas d’augure pour les sceptiques de la «version Bush» du 11 septembre 2001 de conclure que les pompiers dépêchés sur les lieux par la ville de New-York, ne furent en fait que la constitution d’un Bouclier Humain par Washington?

Je pose la question, parce qu’il n’est pas vérifiable de conclure des suppositions des spécialistes hâtés par l’OTAN dans divers médias complaisants de l’invasion illégitime de la Libye par les forces impérialistes Yankee.

Par exemple, Radio-Canada, notre société d’État canadienne, propose un éventail de spécialistes, plus souvent, des militaires canadiens à la retraite; Gilles Paradis comme référence, ou Rémy Landry, si ce ne sont pas de pseudo-spécialistes de la question du Moyen ou Proche Orient, teintés, évidemment, d’un penchant pour les valeurs de l’OTAN et la défense absolue d’une Israël sioniste à souhait. Sami Aoun n’est qu’un exemple frappant de ces incapacités des médias occidentaux à traiter dans une égalité, des crimes de même importance pourtant.

Il a donc été «affirmé»  par des gens probablement malhonnêtes que le Colonel Kadhafi avait précipité des civils sur les lieux de «bombardements terrorisants»…, mais ne serait-il pas plus aisé de se demander pourquoi les avions de l’OTAN ont tout de même fait feu, sachant avec assurance, une assurance soutenue médiatiquement, à nos frais d’ailleurs, qu’il s’y trouvait des civils non-armés, soit disant dépêchés de force?

Effectivement, s’il y a lieu de croire avec «assurance» les dires des spécialistes de notre société d’État canadienne, qu’il y avait des civils non-armés et forcés de siéger les lieux de bombardements prédéfinis par l’OTAN et sensibles au despote Kadhafi, résultant des «dommages collatéraux» inacceptables dont on a eu part -que l’on nomme «terroristes» lorsqu’ils sont perpétrés par «nos ennemis»-, il y a plutôt lieu en réalité, de se demander pourquoi la «coalition humanitaire» a tout de même fait feu!

Nous ne pouvons, avec l’appui des «spécialistes» de Radio-Canada, qu’en conclure qu’il s’agit là, d’actes de terrorisme de la part des pays membres de cette coalition, dite humanitaire, qu’est en fait l’OTAN.

Mais encore, si l’excuse du Bouclier Humain tient pour les forces de l’OTAN, celle-ci, avec l’appui maladroit des médias occidentaux, tel celui de Radio-Canada, elle pourrait tout aussi bien être reprise par les «kamikazes» des attentats du 11 septembre 2001, à New-York et sur le Pentagone.

Nous récoltons après tout, ce que nous semons. Et comme excuse bidon à des crimes perpétrés par un État, donc par un peuple, nous avons déjà vu mieux.

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4 terroristes canadiens bombardent, à l’aide de leur CF-18, des cibles libyennes

Posted by sylvainguillemette le 23 mars, 2011

En effet, pour la première fois lors du Coup d’État dénommé «l’Aube de l’Odyssée Africaine» orchestré par Washington via l’OTAN, les impérialistes canadiens utilisent leurs Armes de Destruction Massive (à uranium appauvri) sur des dépôts d’armes libyens. Les Canadiens n’y répertorient aucune victime collatérale, mais les informations fusantes des complices de l’Empire états-unien ne peuvent être que filtrées, comme les objectifs de cette «exclusion aérienne» le furent également.

Car là encore, la transparence fut partielle sur les réelles intentions de l’OTAN, s’étant caché derrière l’ONU pour accomplir un Coup d’État prévu longtemps d’avance, si l’on en croit les informations diffusées par Thierry Meyssan, de Voltaire.

Depuis, les alliés états-uniens des conservateurs canadiens ont lancé plus de 170 missiles Tomahawk depuis des vaisseaux de guerre. Les Tomahawk, précisément guidés, n’ont toutefois pas la capacité d’éviter les morts collatérales, ils sont donc considérés par l’OTAN elle-même, comme des ADM, des Armes de Destruction Massive…, du moins, elles sont ainsi nommées lorsque leurs ennemis les détiennent.

Ajoutons au compte de la terreur, que des mensonges furent répétés maintes fois par nos médias occidentaux, complaisants des plans machiavéliques de l’OTAN et de la bourgeoisie qu’elle sert. C’est Joseph Goebbels qui serait heureux de voir sa tactique à l’oeuvre.

Parions que nous assisterons prochainement au pillage des richesses de la Libye, au profit du FMI et des multinationales, assoiffées de faire des profits, encore des profits, au coup de sang, toujours plus de sang.

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Jean-Pierre Blackburn confirme le Coup d’État de l’OTAN sur les ondes de RDI

Posted by sylvainguillemette le 22 mars, 2011

En effet, Jean-Pierre Blackburn, le ministre conservateur des Anciens Combattants du Canada, a confirmé sur les ondes de RDI en entretien avec madame Dussault, mes premières impressions sur l’intervention à peine camouflée des pays de l’O.T.A.N. en Libye. Et comme mes premières impressions écrites l’affirmaient, il s’agissait effectivement d’un Coup d’État, visant à chasser le colonel Kadhafi du pouvoir, pour y mettre un dirigeant plus conciliant avec ses ressources naturelles et les pays de l’O.T.A.N..

Bien entendu, ce ne sera pas ce que vous entendrez de la part de monsieur Blackburn et de celle des membres conservateurs du gouvernement canadien, ni de l’opposition, qui affirment pour leur part, vouloir se débarrasser d’un homme «anormal», causant une situation «anormale». Arguant que le colonel Kadhafi ait tiré sur son peuple «pacifiste», le ministre conservateur affirme d’ailleurs l’empressement de le chasser du pouvoir et promet que le Canada demeurera en Libye jusqu’à ce que la mission soit accomplie.

Or, il faut préciser que le peuple libyen ne s’est pas levé contre Kadhafi et qu’une seule poignée de combattants, armés jusqu’aux dents, l’a effectivement attaqué. Il ne s’agit pas là donc, de dizaines milliers de combattants tentent de redonner une démocratie à leur peuple, comme les F.A.R.C. en Colombie, mais bien de poches de putchistes, soutenues par les gouvernements de l’Occident, soucieux d’y piller les richesses naturelles. Et pourtant, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie sont jugées «terroristes» par le gouvernement canadien, et le gouvernement antérieur d’Alvaro Uribe, lui, n’a pas chômé à attaquer véritablement, des gens sans arme, des syndicalistes, des membres de l’opposition et parfois, de simples manifestants critiquant sa pseudo-démocratie. Et là, le gouvernement conservateur y a fermé les yeux, serrant la main d’Uribe en guise de soutien idéologique à ses exactions, allant même jusqu’à parler de modèle en Amérique latine.

Sinon, il ne s’agit pas non plus, de victimes comme les Palestiniens, subissant l’hégémonie israélienne de la région, et l’occupation de leur pays. Or, là encore, les conservateurs canadiens y ferment les yeux, après pourtant des milliers de morts durant plusieurs décennies. Les conservateurs n’ont que faire des crimes de guerre de leurs alliés, du fait qu’Israël soit une puissance nucléaire non-avouée ou qu’ils emprisonnent des enfants et les torturent. Les conservateurs, durant leur mandat, ont soutenu l’invasion du Liban par les Israéliens et le meurtre de plus de 1100 de civils libanais, en plus de la destruction des infrastructures du pays. Ils ont aussi appuyé illicitement le largage de phosphore blanc offensif sur la bande de Gaza (crime de guerre), par les forces de Tsahal. Bref, les conservateurs ont appuyé ailleurs, ce qu’ils condamnent en Libye, ou dans les pays qui les émoustillent de leurs richesses naturelles.

Les conservateurs et monsieur Blackburn par conséquent, appuient donc un Coup d’État, pour ne pas dire qu’ils l’orchestrent cette fois, aux côtés des pays criminels de l’O.T.A.N.. Rappelez-vous d’ailleurs, qu’à contresens, les conservateurs canadiens avaient soutenu l’invasion de l’Irak par les forces meurtrières de George Walker Bush Jr., alors que les Canadiens refusaient ce crime, d’ailleurs condamné par la «communauté internationale», via l’O.N.U..

Jean-Pierre Blackburn n’a peut-être pas mesuré ses propos hier soir, à la télévision de l’État, mais il a clairement dit être en faveur d’un Coup d’État et a donc affirmé participer à ce Coup d’État orchestré par les forces occidentales en Libye. Et là encore, à sens inverse, ces pays n’ont rien fait au Yémen, au Barheïn, en Égypte ou en Tunisie, où les manifestations étaient véritablement grandioses à côté de celles de la Libye, où les caméras n’ont «jamais» montré de foule plus nombreuse que quelques milliers de gens, armés jusqu’aux dents. Et la réalité libyenne n’a que faire des prétentions conservatrices, les putchistes ne rêvent pas de démocratie, mais de prendre le pouvoir. Les putchistes sont extrêmement bien armés, et non pacifistes, comme l’affirmaient Lawrence Canon, et de suite, Jean-Pierre Blackburn.

Concrètement, on peut questionner l’authenticité du discours conservateur, mensonger à souhait. On peut également questionner le Coup d’État, puisque l’O.N.U. n’a jamais donné son aval à cette mission, orchestrée par la maison blanche, affaiblie celle-ci, par la chute de ses despotes en Égypte, en Tunisie et un peu partout dans cette région. Certes, la maison blanche a préservé un certain contrôle sur ces territoires, mais elle a senti le besoin de faire tomber un pion ennemi par la bande.

J’aurais donc une question pour monsieur Blackburn, ce putchiste mal déguisé.

Me soutiendrez-vous si je tente de changer le gouvernement états-unien, carabine à l’épaule et RPG à l’autre? Le gouvernement états-unien a fait mille fois plus de morts durant plus d’un siècle, il serait peut-être temps de s’en débarrasser, non?

Autre chose monsieur Blackburn, même si ces avions CF-18 décollent de votre patelin, ils n’en sont pas moins les acteurs d’un Coup d’État.

Dernière chose monsieur Blackburn, si quelqu’un prend les armes contre l’État canadien ou québécois, je compte sur vous pour que vous lui tiriez dessus, comme l’a fait monsieur Kadhafi sur ses propres putchistes, que vous soutenez visiblement. D’ailleurs, vous le feriez. Et les États-Unis d’Amérique le feraient également. En fait, aucun des pays acteurs du Coup d’État en Libye, ne tolèrerait que des hommes armés attaquent leur pouvoir, ils les réprimeraient dans le sang, avec tous les moyens disponibles pour contrer leur menace.

Monsieur Blackburn, vous n’êtes qu’un hypocrite et en tant que Québécois anti-putch, je ne me reconnais pas en vous, ni en les membres de l’opposition canadienne qui vous a appuyé, donc ni en le Bloc Québécois et monsieur Pierre Paquette de Joliette.

Sylvain Guillemette

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Le retour de Jean-Bertrand Aristide par Claude Ribbe*

Posted by sylvainguillemette le 18 mars, 2011

Jean-Bertrand Aristide fut élu par deux fois président constitutionnel d’Haïti (1991-96 et 2000-05). Cependant, il fut renversé par deux fois et fut donc empêché d’exercer pleinement ses deux mandats. Enlevé en 2004 par les Forces spéciales US, il avait finalement trouvé asile en Afrique du Sud. Il rentre aujourd’hui dans sa patrie. Claude Ribbe, qui l’accompagne, témoigne de ce moment historique.

 

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Jean-Bertrand Aristide rentre en Haïti dans un avion mis à sa disposition par l’Afrique du Sud.
© Amy Goodman / Democracy Now !
(En route de Johannesburg à Port-au-Prince) Plus de sept ans après avoir été enlevé en pleine nuit par un commando des forces spéciales de l’Amérique de George Bush, aux ordres de Luis Moreno, chef de la CIA à Port-au-Prince, Jean-Bertrand Aristide, premier président démocratiquement élu de l’histoire d’Haïti, rentre enfin au pays [1]. Il est pour le moins paradoxal de constater que les États-Unis d’Obama, par deux fois, ont adressé ces derniers jours des messages enjoignant à l’ancien président de différer son retour jusqu’au lendemain du second tour de l’élection présidentielle haïtienne, prévu dimanche 20 mars 2011. La diplomatie française — dirigée par le maire de Bordeaux, une ville qui a pesé lourd dans l’histoire d’Haïti — bien que très certainement invitée à relayer ces rodomontades, s’est contentée d’utiliser des termes beaucoup plus mesurés en rappelant que « rien ne doit détourner de la nécessaire mobilisation pour mener à bien le processus électoral en cours ».

C’est en tout cas porter beaucoup d’intérêt à un homme dont j’entends dire depuis sept ans qu’il ne compte plus. Si l’on peut espérer que la démocratie l’emporte en Haïti, en quoi les États-Unis auraient-ils plus le droit d’interférer dans les affaires haïtiennes que les Haïtiens dans les affaires états-uniennes ? Ces menaces du porte parole du département d’État sont en tout cas bien inutiles. Elles obligent par ailleurs les USA à veiller sur la sécurité d’Aristide car, s’il lui arrivait malheur — pendant son vol de retour ou après son arrivée à Port-au-Prince — il serait certainement difficile de ne pas évoquer les basses œuvres de Washington.

Ces mises en garde risquent par ailleurs de produire l’effet inverse de ce qui était attendu. En bravant le diktat états-unien, non seulement Jean-Bertrand Aristide adopte d’emblée la posture d’homme d’État qui était la sienne au moment de son enlèvement, mais il devient un modèle d’indépendance, de courage et de dignité, pour tous les pays du Sud. C’est vrai, Aristide n’a qu’à lever son chapeau et Port-au-Prince descendra dans la rue pour se mettre derrière lui, ce qui vaut bien une élection truquée. Et Washington peut le craindre. Cependant, le retour de l’ex-président n’est pas destiné, d’après ce que j’ai retenu de nos conversations, régulières pendant ces sept dernières années, à lui permettre de terminer un mandat, interrompu par la seule volonté des anciens pays colonisateurs, même si on peut se demander si ce ne serait pas légitime. Aristide a déjà indiqué qu’il rentrait pour se consacrer à l’éducation, comme il l’avait d’ailleurs entrepris depuis longtemps. Il est très certainement sincère. L’élection présidentielle, telle qu’elle se présente, n’a pour lui aucun intérêt. Elle n’intéresse d’ailleurs pas davantage les Haïtiens. Un rôle durable d’arbitre à l’autorité morale incontestée garantit à Aristide autant d’influence que s’il exerçait un éphémère mandat, harcelé par les anciens pays négriers. Cependant, combien de temps pense-t-on pouvoir empêcher les Haïtiens de choisir qui bon leur semble pour les gouverner ?

Le 20 mars 2011, un scrutin présenté comme démocratique doit en effet désigner le prochain président de la République d’Haïti. Ce président ne vaudra que ce que vaut l’élection. Sa légitimité est déjà en ruines, à mon avis, à l’image du palais présidentiel, qui n’a pas résisté au dernier tremblement de terre. Ce scrutin résulte en effet d’obscures tractations menées par un conseil électoral « provisoire » en place depuis sept ans sous la surveillance des anciens pays colonisateurs qui croient pouvoir agir à Port-au-Prince comme en pays conquis, à l’instar de ce qu’ils ont l’habitude de faire dans certains pays africains. Au premier tour, le CEP a purement et simplement interdit à plusieurs partis haïtiens, dont bien entendu celui de Jean-Bertrand Aristide, de participer au scrutin, sélectionnant ainsi les heureux élus admis à concourir. Comment peut-on imaginer un seul instant, dans ces conditions, que l’élection à la présidence d’Haïti, quel qu’en soit le résultat, et quel que soit le mérite personnel du vainqueur, puisse être respectée et respectable ?

Quant à l’Afrique du Sud, elle semble avoir fait fi des pressions subies depuis ces derniers jours de la part de Washington, puisqu’elle a mis à la disposition de l’exilé, qu’elle héberge et protège depuis sept ans, un avion privé lui permettant de rentrer, lui sa famille, et autorisé quelques amis proches, au nombre desquels j’ai l’honneur de figurer, de même que Danny Glover, à l’accompagner. Ce retour est l’œuvre de toutes celles et de tous ceux qui, malgré les menaces, les insultes et les persécutions, ont milité, pendant sept ans, non seulement pour que justice soit rendue à un homme qu’on a forcé à l’exil et tenté d’assassiner, et pas seulement par la calomnie, mais aussi pour que les choix politiques des Haïtiens soient respectés. On ne peut que féliciter René Préval, quelles que soient ses raisons, d’avoir tenu sa parole, même en fin de mandat, en permettant à son ancien allié de rentrer au pays.

S’il ne fait guère de doute que les Haïtiens se réjouissent du retour de « Titide », sa réapparition ne plaît pas à tout le monde. Une certaine presse qui, au moment du coup d’État, a relayé toutes les accusations montées dans les officines macoutes ou états-uniennes, devrait se faire plus discrète, car le moment est venu, certainement, de les montrer, ces preuves qu’on attend depuis sept ans, pour étayer ces accusations. Il est frappant de lire dans les dépêches non plus qu’Aristide aurait démissionné en 2004, ce qui est faux, mais qu’il a été chassé par un coup d’État et une insurrection armée, ce qui est presque vrai. Les journalistes oublient de dire que l’insurrection armée n’était que le fait d’une poignée de mercenaires et que le coup d’État a été perpétré par les anciens pays colonisateurs et accompagné d’un enlèvement. Cet enlèvement, principalement organisé par l’Amérique de Bush, a eu, hélas, des complices en France, ceux-là même qui gardaient dans leur manche un improbable joker : Duvalier fils, hébergé et protégé par la République pendant vingt cinq ans puis retourné à l’envoyeur.

Rappelons quelques noms (la liste n’est pas exhaustive et pourra être complétée au besoin). Dominique de Villepin, chantre des Békés de la Martinique, qui, malgré sa réputation de fier bonapartiste, attendait humblement les ordres de Colin Powell, tapi dans son bureau de ministre des Affaires étrangères (de style empire, bien entendu). Michèle Alliot-Marie, qui prêta forcément son concours à l’opération, en sa qualité de ministre de la Défense, notamment en pilotant avec Bongo l’opération peu glorieuse consistant à recevoir Jean-Bertrand Aristide en Centrafrique, où stationnaient des troupes françaises. Pour la CIA, Bangui était considéré comme une « prison française ». Mais Alliot-Marie, décidément bien mal renseignée, n’avait pas prévu que, dans cette « prison française », il était également au programme de faire assassiner Aristide, ce qui a bien failli arriver. Naturellement, la «  grande muette » aurait porté le chapeau. Thierry Burkard, aujourd’hui retraité en province et occupé à écrire des romans policiers, qui n’obtint ses épaulettes d’ambassadeur, depuis longtemps par lui convoitées, qu’à charge d’organiser la déstabilisation d’Haïti, avec le soutien d’Eric Bosc, « diplomate » chargé, à l’ambassade de France à Port-au-Prince, d’intoxiquer la presse en inepties, parfois racistes, sur Aristide et depuis expulsé du Togo pour ingérence.

Le plus étrange, c’est qu’il se soit trouvé des journalistes, et pas des moindres, pour recopier les « tuyaux » de Bosc. Régis Debray, le moustachu que Guevarra accusa, peu avant sa mort tragique, d’avoir été « trop bavard » [2]. En 2004, ce courageux auteur français, dressé sur ses ergots, plastronnait, en battle dress, entouré de gendarmes armés jusqu’aux dents, à la tête d’une commission, et aux côtés d’une bien romanesque jeune femme, présidente d’une mystérieuse association, «  Fraternité universelle », une jeune femme qui se faisait appeler Albanel, du nom de son mari, général, mais qui n’était autre que Véronique de Villepin, la propre sœur du ministre. Elle s’occuperait aujourd’hui de l’aumônerie de Sciences Po, et, bien sûr, de sa mystérieuse association, toujours très présente, paraît-il, dans les zones agitées de la planète. Régis Debray — ce qui n’étonnera personne — et Véronique de Villepin — ce qui est plus étrange pour une dame patronnesse — n’hésitèrent pas à aller menacer de mort Jean-Bertrand Aristide, au cas où il ne démissionnerait pas, utilisant textuellement l’expression « Auriez-vous une vocation de martyre ? » ce qui est formellement attesté, non seulement par le témoignage de Jean-Bertrand Aristide lui-même, mais également par un télégramme diplomatique rédigé par l’ambassadeur Burkard, pour se couvrir. Régis Debray, qui a toujours nié avoir été accompagné ce jour-là par Véronique Albanel, ne prouve qu’une chose, c’est qu’il est non seulement bavard, mais galant, pour ne pas dire menteur. Le guérillero galant et la Mata-Hari des bénitiers n’étaient pas seuls.

Voici la liste des membres de leur commission, dont le but réel n’était pas de réfléchir sur l’avenir des relations franco-haïtiennes, mais de renverser ce petit nègre effronté qui avait osé rappeler à la France qu’elle avait une dette de 21 milliards de dollars à l’égard de son ancienne colonie, sans parler des réparations pour 150 années d’esclavage, suivies d’un début de génocide. Marcel Dorigny, professeur à Paris VIII — pour la caution historique et communiste — Yvon Chotard, ex adjoint au maire de Nantes depuis rallié à l’UMP — pour la caution socialiste — le dominicain Serge Danroc — pour bénir l’opération — Serge Robert, président de la banque des Antilles françaises, l’indispensable financier, proche évidemment des Békés, sans oublier Jacky Dahomay, l’oncle Tom de cette fine équipe, le protégé de la conseillère Blandine Kriegel, ex-prof de philo mao au lycée Buffon, devenue avec l’âge grande prêtresse de la chiraquie. Plus insignifiants : Myriam Cottias, Florence Alexis, Gérard Barthélémy, François Blancpain. Ajoutons l’ambassadeur Philippe Selz et François Marchand, du quai d’Orsay, qui, eux, exécutaient les ordres sans états d’âmes et avaient au moins le mérite d’être des professionnels.

J’allais oublier Christophe Wargny, qui a fait sa carrière à la faveur de ses reniements. L’auteur de Haïti n’existe pas (tout un programme !) ne faisait pas partie de la commission, mais il s’est toujours montré prêt à accourir devant les micros, et zélé, quand on le sifflait, pour venir mordre la main qui l’avait nourri. Et aussi Charles Najman, journaliste autoproclamé « cinéaste » et spécialiste d’Haïti qui, en toute objectivité, a réalisé Le temps des chimères, du nom méprisant donné aux partisans d’Aristide.

C’est dans ce vivier de macoutes français qu’on choisira probablement ceux qui, au pays des droits de l’homme, auront le droit de parler d’Aristide ces jours prochains et seront présentés par la presse aux ordres comme des spécialistes incontournables de la négritude. Comme d’habitude, sans la moindre preuve, ils accuseront Aristide d’avoir été un dictateur, un trafiquant de drogue et de s’en être mis plein les poches. Ils s’apitoieront sur la « malédiction » qui frappe Haïti. Malédiction dont le retour du président ne sera pour eux, évidemment, après le tremblement de terre et le choléra, qu’un nouvel épisode. Ils demanderont une fois de plus la mise sous tutelle de l’ « homme blanc » de cette « pupille de l’humanité ».

Pour tous ces gens, le retour d’Aristide, c’est certain, n’est pas une bonne nouvelle. On serait tenté d’en sourire si la répression qui s’est abattue sur Haïti après l’enlèvement de Jean-Bertrand Aristide n’avait fait plus de dix mille morts. On lit aujourd’hui qu’Aristide serait encore « très populaire » auprès des Haïtiens les plus pauvres. C’est vrai que ceux-là ne votent pas et qu’une certaine France aimerait bien, comme en 1802 (après avoir adopté les orphelins…) les jeter aux chiens. Mais ils constituent quand même 99 % de la population.

 

Claude Ribbe

 

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Proche-Orient : la contre-révolution d’Obama par Thierry Meyssan

Posted by sylvainguillemette le 18 mars, 2011

Après avoir hésité sur la conduite à tenir face aux révolutions arabes, l’administration Obama a choisi la manière forte pour sauver ceux de ses vassaux qui peuvent l’être encore. Comme par le passé, c’est l’Arabie saoudite qui a été chargée de mener la contre-révolution. Riyad a réussi à faire reconnaître ses pions libyens par la communauté internationale au détriment des insurgés et vient d’envahir le Bahreïn, écrasant dans le sang la révolte populaire.

 

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A la demande du roi Hamad ibn Isa Al-Khalifa et avec le soutien des Etats-Unis, les troupes saoudiennes entrent dans Bahreïn pour y écraser la révolte (14 mars 2011)
A l’issue d’une réunion au palais de l’Elysée avec trois émissaires de la rébellion, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, le jeudi 10 mars 2011, que la France ne reconnaissait plus le régime du colonel Khadafi comme représentant la Libye, mais le Conseil national libyen de transition (CNLT).

Il s’agit là d’un acte contraire à toute la tradition diplomatique française qui, jusqu’à présent, ne reconnaissait pas des gouvernements, mais des Etats. Cette décision fait suite à une autre par laquelle, le 4 décembre 2010, la France a reconnu Alassane Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire en remplacement de Laurent Gbagbo.

Paris, qui a été suivi par la majorité de la Communauté internationale dans le cas ivoirien, espère l’être aussi dans le cas libyen. Il n’échappe cependant à personne que les décisions du président Nicolas Sarkozy n’ont pas été prises dans l’intérêt de la France —dont les entreprises sont chassées de Côte d’Ivoire et ne tarderont pas à l’être de Libye—, mais à la demande expresse des administrations Obama et Netanyahu.

Deux opérations se jouent simultanément : le déplacement du dispositif militaire US du Proche-Orient vers l’Afrique, et le sauvetage des régimes arabes fantoches.

Faire entrer les troupes impériales en Afrique

Ainsi que je n’ai cessé de l’expliquer depuis quatre ans et demi, la victoire de la Résistance libanaise face à Israël à l’été 2006 a mis fin à la stratégie états-unienne de remodelage du « Proche-Orient élargi » (Greater Middle East) [1]. Malgré diverses tentatives, dont la « main tendue » par Barack Obama lors de son discours du Caire [2], Washington n’est pas parvenu à élaborer de stratégie de remplacement. Apparemment tout continue comme avant, mais en réalité les États-Unis se désinvestissent lentement de cette région. Au demeurant, les réserves pétrolières du Proche-Orient étant en déclin alors qu’un investissement militaire massif et coûteux ne rapporte qu’à long terme, Washington a tourné son regard dans d’autres directions.

Après avoir envisagé de se concentrer sur les Caraïbes, c’est sur l’Afrique que l’Empire a jeté son dévolu. Il faut faire vite, car en 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux États-Unis proviendra du continent noir. Définitivement convaincu par les travaux du think tank israélien Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS), Washington a accéléré la création de l’AfriCom. Le véritable pouvoir qui gouverne les États-Unis depuis le coup d’État du 11 septembre 2001 a alors hissé Barack Obama à la Maison-Blanche et le général William E. Ward à l’AfriCom.

On se souvient que le sénateur d’origine kenyanne Barack Obama a travaillé activement à la création de ce dispositif et a entrepris une tournée spéciale en Afrique en août 2006 qui se termina par un débriefing au siège de l’AfriCom à Stuttgart. Il s’était particulièrement occupé des intérêts des firmes pharmaceutiques sur le continent noir et de la préparation de la partition du Soudan [3]. Le général Ward, quand à lui, n’est pas seulement un noir américain, il est aussi l’ancien responsable de l’assistance sécuritaire US à l’Autorité palestinienne, c’est-à-dire le coordinateur de sécurité entre Mahmoud Abbas et Ariel Sharon. Il fut chargé de la mise en œuvre de la « Feuille de route » et du retrait unilatéral des forces israéliennes de Gaza, préalable à la construction du Mur de séparation, à la séparation des Territoires palestiniens en deux (Gaza et la Cisjordanie) et à leur transformation en « bantoustans » distincts.

Le conflit de Côte d’Ivoire, qui oppose Laurent Gbagbo (élu par la majorité des Ivoiriens) à Alessane Ouattara (soutenu par une minorité d’Ivoiriens et par les immigrés burkinabés) amorce le plan de « remodelage de l’Afrique ». Encore faut-il trouver une porte d’entrée pour les troupes impériales, alors que tous les États africains se sont officiellement opposés au déploiement de l’AfriCom sur leur territoire. C’est là que le soulèvement libyen intervient.

La vague de révolte contre l’impérialisme qui agite le monde arabe depuis décembre 2010 a fait tomber le gouvernement de Saad Hariri au Liban, a provoqué la fuite de Zine el-Abbidine Ben Ali hors de Tunisie, la chute d’Hosni Moubarak en Égypte, des troubles au Yémen, à Bahrein et en Arabie saoudite, et des affrontements en Libye. Dans ce pays, le colonel Mouammar Khadafi s’appuie sur les Kadhafa (tribu du Centre) et la majorité des Makarha (tribu de l’Ouest). Il doit faire face à une vaste coalition qui, outre les Warfala (tribu de l’Est), compte aussi bien des monarchistes pro-occidentaux et des intégristes wahhabites que des révolutionnaires communistes ou khomeinistes. Washington a transformé cette insurrection en guerre civile : les mercenaires africains de la société israélienne CST Global sont venus sauver Khadafi [4], tandis que les mercenaires afghans des services secrets saoudiens sont venus appuyer les monarchistes et des groupes islamistes labellisés « Al-Qaeda ».
Outre les combats, la situation provoque une crise humanitaire internationale : en deux semaines, 230 000 immigrés ont fuit le pays (118 000 vers la Tunisie, 107 000 vers l’Égypte, 2 000 vers le Niger, et 4 300 vers l’Algérie).
Cette situation cruelle justifie une nouvelle « guerre humanitaire », selon la terminologie éculée de la communication atlantique.

Le 27 février, les insurgés fondent le Conseil national libyen de transition (CNLT). De son côté, le ministre de la Justice Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil, qui était l’interlocuteur privilégié de l’Empire au sein du gouvernement Kadhafi, se rallie à la révolution et créé un Gouvernement provisoire. Les deux structures fusionnent le 2 mars : l’étiquette CNLT est conservée, mais le Conseil est désormais présidé par Aboud al-Djeleil. En d’autres termes, Washington a réussi à placer son pion à la tête de l’insurrection.

Les premiers débats du CNLT nouvelle formule donnent lieu à de vifs échanges. Les pro-US proposent de faire faire appel à l’ONU pour empêcher les bombardements de l’armée loyaliste, ce que la majorité refuse. Le 5 mars, un diplomate britannique et une escorte de commandos des SAS débarquent par hélicoptère à Benghazi. Ils tentent de rencontrer le CNLT et de le persuader de faire appel au Conseil de sécurité, mais les insurgés refusent toute ingérence étrangère et les expulsent.

Coup de théâtre : Aboud al-Djeleil, qui ne parvient pas à faire évoluer la position du CNLT, le convainc d’instituer un Comité de crise présidé par Mahmoud Djebril. Ce dernier prend position en faveur de la zone d’exclusion aérienne.

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Mahmoud Djebril (ministre de la planification) et Ali Essaoui (ambassadeur en Inde) ont rejoint les insurgés et ont été choisis par les Occidentaux pour représenter la Libye de l’après-Khadafi.

Les agences de presse occidentales s’efforcent de présenter Mahmoud Djebril comme « un intellectuel démocrate » qui réfléchissait depuis longtemps à l’évolution du pays et avait rédigé un projet intitulé Vision libyenne. En réalité, il siégeait aux côtés de son ami al-Djeleil dans le gouvernement Khadafi où il était ministre de la Planification. A l’instar de ce qui s’est passé dans les premiers jours des révolutions tunisienne et égyptienne, des cadres du régime tentent de se désolidariser du dictateur pour rester au pouvoir. Ils croient y parvenir en détournant le processus révolutionnaire et en servant les intérêts impériaux. Les voici maintenant qui agitent le drapeau rouge-noir-vert à l’étoile et au croissant du roi Idriss [5], tandis que Mohammed el-Senoussi, le prétendant au trône, déclare depuis Londres aux chaînes de télévisions saoudiennes qu’« Il est prêt à servir Son peuple ».

Le 7 mars, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, « demande au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye, dont l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne ». Cette déclaration saugrenue dévie le débat du Conseil de sécurité qui, depuis la résolution 1970 [6], cherchait à faire entendre raison au colonel Khadafi en limitant ses déplacements et en gelant ses avoirs. Le CCG reprend au niveau étatique la proposition émise par l’ambassadeur de Libye à l’ONU, déjà rallié au CNLT.

Prétendument à l’initiative de députés, Mahmoud Djebril se rend à Strasbourg pour informer le Parlement européen de la situation dans son pays. Son transport est organisé par l’armée française. Sous l’impulsion du libéral belge Guy Verhofsdat et de l’écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, le Parlement adopte une résolution appelant à une intervention internationale [7].

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy adressent une lettre en sept points au président de l’Union européenne Herman van Rompuy [8]. Ils souhaitent que le Conseil européen extraordinaire reconnaisse le CNLT, soutienne une mise en accusation de Khadafi par le Tribunal pénal international et approuve une intervention militaire internationale. Cependant, leurs demandes sont rejetées [9]. L’Allemagne refuse de s’engager sur un terrain mouvant, tandis que la Bulgarie récuse le CNLT et accuse son président —Aboud al-Djeleil— d’être un criminel impliqué dans les tortures des infirmières bulgares longuement détenues par le régime.

Simultanément, les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent à Bruxelles pour préparer une possible zone d’exclusion aérienne [10].

Le CNTL —que la France a reconnu le 10 mars— remet le 12 mars une lettre au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Le texte reprend la position saoudienne : il demande de « mettre fin à l’effusion de sang par le biais d’une décision imposant une zone d’exclusion aérienne en Libye et en reconnaissant le Conseil national de transition comme représentant de la Libye ». Immédiatement réunis à huis clos au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe récusent la délégation officielle libyenne et reconnaissent le CNTL comme nouvel interlocuteur, puis ils satisfont à sa demande et saisissent le Conseil de sécurité des Nations Unies pour établir la « zone de non-survol ».

Cette décision doit être comprise pour ce qu’elle est : les régimes arabes fantoches, mis en place par les États-Unis et Israël font appel à leurs suzerains pour se maintenir. Le Conseil de sécurité peut décréter une zone d’exclusion aérienne, mais il ne peut pas la faire respecter. La mise en œuvre reviendra à l’OTAN. Ce sont donc les forces impériales, déguisées avec des casques bleus, qui cloueront au sol l’aviation libyenne en bombardant ses aéroports et ses installations fixes et mobiles de missiles sol-air, puis éventuellement, en abattant ses appareils en vol.

La Ligue arabe n’a pas indiqué le détail du vote. Sur 22 États membres, seuls 2 ont voté non : l’Algérie, qui craint la présence de l’OTAN sur sa frontière Est, et la Syrie, qui persiste seule contre tous à résister à l’hégémonie états-unienne et au sionisme. Il est probable que le Liban et d’autres se sont abstenus.

Contrairement à ce que laissent entendre les responsables occidentaux, l’Union africaine n’a jamais souhaité une intervention militaire étrangère. Au contraire, elle l’a explicitement rejetée le 10 mars [11]. Et pour cause : il est clair pour chacun de ses membres que le drame libyen est volontairement amplifié pour servir de prétexte au débarquement massif des forces armées états-uniennes en Afrique.

Sauver les monarchies du Golfe

Dans le Golfe, l’Arabie saoudite est le centre du dispositif impérial. Au début du XXe siècle, cet État a été créé par la famille des Saoud avec l’appui des Britanniques, à l’issue de guerres de conquête extrêmement meurtrières. Avec ses réserves pétrolières —les plus importantes du monde—, il est tombé dans l’orbite états-unienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’accord du Quincy, conclu entre le roi Ibn Saoud et le président Roosevelt, fait obligation aux Saoud d’approvisionner en pétrole les États-Unis et fait obligation aux États-Unis de protéger la famille régnante (et non le pays).

L’Arabie saoudite n’est pas à proprement parler un État et n’a pas de nom, c’est juste la partie d’Arabie appartenant aux Saoud. Ceux-ci la gèrent dans leur intérêt personnel (et celui des États-Unis) et mènent ostensiblement une vie de débauche bien éloignée de l’austérité wahhabite dont ils se réclament. Le roi Ibn Saoud ayant eu 32 épouses et 53 fils, il a été convenu pour limiter les conflits familiaux que la couronne ne se transmettrait pas de père en fils, mais de frère à frère. Son fils aîné étant mort de maladie, c’est son fils cadet, alors âgé de 51 ans, qui lui succéda en 1953. Puis son troisième fils, alors âgé de 60 ans, en 1964, et ainsi de suite. Le roi actuel est âgé de 87 ans, il a récemment subi de lourdes opérations et n’en a probablement plus pour longtemps à vivre. Son frère Sultan, qui devrait lui succéder, est atteint de la maladie d’Alzheimer.

De tout cela, il résulte un régime impopulaire et fragile, qui a déjà failli s’effondrer en 1979. C’est pourquoi aussi bien Riyad que Washington observent avec crainte les insurrections arabes qui le cernent, au Yémen et au Bahreïn.

L’armée saoudienne est déjà présente au Yémen. Avec l’aide de la CIA, elle espère aider le président Ali Abdullah Saleh à mater la révolte. Reste Bahreïn.

Bahreïn est une petite île de la taille de la Micronésie ou de l’île de Man. Au XVIIIe siècle, elle a été prise à la Perse par les Al-Khalifa (des cousins de la famille régnante au Koweït). La monarchie est donc sunnite alors que la population d’origine est arabe chiite. À la différence des autres monarchie du Golfe, son économie n’est pas centrée sur la rente pétrolière. Il y a cependant une forte immigration (environ 40 % de la population totale), principalement venue d’Iran et d’Inde.

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Ian Henderson, tortionnaire au service de Sa Majestée Elizabeth II, a maintenu l’ordre à Bahreïn durant quarante ans.

En 1923, le Bahreïn est tombé dans l’orbite britannique. Londres a déposé l’émir et placé son fils, plus conciliant, sur le trône. Durant les années 50 et 60, nationalistes arabes et communistes tentèrent de libérer le pays. Le Royaume-Uni répondit en dépêchant ses meilleurs spécialistes en répression, dont Ian Henderson, désormais connu comme le « boucher de Bahreïn ». En définitive, le pays retrouva son indépendance en 1971, mais ce fut pour tomber dans l’orbite des États-Unis qui y installèrent leur base militaire navale régionale et y attachèrent la Ve flotte. Les années 80 furent le théâtre de nouveaux troubles, inspirés par l’exemple de la Révolution iranienne. Dans les années 90, l’ensemble des forces d’oppositions s’unirent —à la fois marxistes, nationalistes arabes et khomeinistes— durant une longue intifada.

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Alain Bauer, conseiller de sécurité de Nicolas Sarkozy, a été chargé de réorganiser la police de Bahreïn.

Le calme ne revint qu’en 1999 avec la montée sur le trône du roi Ahmad. Despote éclairé, il institua une Assemblée consultative élue et favorisa l’accès des femmes aux postes à responsabilité, ce qui lui concilia son opposition historique, mais lui aliéna les extrémistes de la minorité sunnite sur laquelle repose son régime.

Depuis le 14 février 2011, des manifestations se succèdent dans l’île. Initialement organisées par le Wefaq, le parti khomeiniste, elles dénonçaient la corruption et le système policier. Il s’agissait de réformer la monarchie et non de l’abolir. Cependant, le succès populaire du mouvement et la brutalité de la répression ont conduit à une rapide radicalisation, malgré une timide tentative d’ouverture du prince héritier [12].

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Le prince Khalil bin Ahmad bin Muhammad Al Khalifa, ministre des Affaires étrangères du royaume de Bahreïn (au centre) et ses amis de l’American Jewish Committee.

La monarchie a perdu sa légitimité après les révélations du resserrement de ses liens avec le mouvement sioniste. Depuis 2007, les Khalifa ont tissé des liens avec l’American Jewish Committee. Selon l’opposition bahreïnie, ils ont été noués par l’entremise d’Alain Bauer, le conseiller du président français chargé de la refonte du système policier bahreïni.

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Le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, est venu le 13 mars 2011 à Manama rencontrer le roi de Bahreïn pour lui apporter le soutien des Etats-Unis. Le lendemain, l’armée saoudienne est entrée dans le royaume pour écraser la rébellion.

Désormais, la plupart des manifestants luttent pour le renversement de la monarchie ; ce qui constitue la ligne rouge à ne pas franchir aux yeux des autres monarchies du Golfe et de leur protecteur états-unien. C’est pourquoi le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, s’est rendu le 13 mars à Manama. Officiellement, il a invité le roi à prendre en compte les réclamations de son peuple et à trouver une issue paisible au conflit. Bien sûr, ce type de conseil ne ressort pas d’un secrétaire à la Défense, mais d’un secrétaire d’État. En réalité, M. Gates est venu conclure le volet politique d’une opération militaire déjà prête.

Le lendemain 14 mars, les cinq autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe ont donné leur accord pour l’activation du « Bouclier de la péninsule », une force d’intervention commune, prévue de longue date pour contenir la possible expansion de la Révolution khomeiniste. Le soir même, 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis sont entrés à Bahreïn.

L’état d’urgence a été décrété pour trois mois. Le peu de libertés qui étaient tolérées ont été suspendues. Le 16 mars à l’aurore, les forces des monarchies coalisées, armées et encadrées par les États-Unis, ont délogé les manifestants des lieux où ils campaient, utilisant des gaz de combat à la place de gaz lacrymogènes, et des tirs à balles réelles. Les autorités reconnaissent plus de 1 000 blessés graves, dont plusieurs centaines par balles, mais uniquement 5 morts, ce qui est un ratio peu crédible.

La Doctrine Obama

Washington a donc tranché. Après avoir tenu un discours lénifiant sur les Droits de l’homme et avoir salué avec un enthousiasme forcé le « printemps arabe », l’administration Obama a choisi la force pour sauver ce qui peut l’être encore.

Comme lorsque les communistes renversèrent la monarchie afghane, c’est le vassal saoudien qui a été chargé par Washington de conduire la contre-révolution. Il a armé une faction de l’opposition libyenne, et a substitué au débat onusien sur des sanctions contre la Libye, le débat sur la création d’une zone d’exclusion aérienne, c’est-à-dire sur l’intervention militaire. Il est intervenu militairement à Bahreïn.

Rien ne distingue la « doctrine Obama » de la « doctrine Brejnev ». En 1968, les chars du Pacte de Varsovie mettaient fin au « printemps de Prague » pour préserver l’Empire soviétique vacillant. En 2011, les blindés saoudiens écrasent le peuple bahreïni pour préserver l’Empire anglo-saxon.

L’opération a été conduite dans le silence assourdissant des médias occidentaux, hypnotisés par les catastrophes naturelles et nucléaires qui frappent le Japon au même moment.

La Révolution française avait dû faire face à l’invasion des monarchies coalisées. La Révolution russe a dû affronter les armées blanches. La Révolution iranienne a dû résister à l’invasion irakienne. La Révolution arabe doit désormais vaincre l’armée saoudienne.

Thierry Meyssan
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Terrorisme international, l’ONU s’active et orchestre un Coup d’État contre Kadhafi

Posted by sylvainguillemette le 18 mars, 2011

Ça y est, l’O.N.U., cette organisation nullement utile (avec ses vétos et ses règles installées par les privilégiés de; tuer, de posséder des ADM, dont des Armes Nucléaire, d’envahir des pays souverains et d’y pratiquer le terrorisme colonial et impérialiste…, les  Coups d’États, les occupations, la torture et la mise en place de dictatures pro-OTAN, etc..), a décidé de frapper la Libye, un pays souverain, et d’y soutenir une faction tribale pour les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise, enfin, ceux des intéressés qui financent toute cette mascarade qu’est l’O.N.U., imposture d’une véritable démocratie internationale potentielle, même en cette ère.

Rappelons que le «Colonel Kadhafi» est soumis à un embargo contre son exportation des armes à travers le monde, alors que deux des pays vendant le plus d’armes à travers le monde siègent au conseil de sécurité de l’O.N.U., dont un (États-Unis d’Amérique) condamne la «méchante Libye» de faire finalement, ce qu’il fait lui-même quotidiennement.

Et certes, les putchs contre son État furent nombreux à l’essai, mais là encore, la plupart, sinon la quasi-totalité, fut orchestrée par les pays membres du Conseil de Sécurité de l’O.N.U., ayant droit de Veto contre des actions similaires prises à l’encontre de leurs propres sbires, dont les fameux régimes de Mubarak et Ben Ali. Bref, les médias traditionnellement conciliants des minorités bourgeoises, dont notre société d’État Radio-Canada, font totalement fi des accusations faites à l’endroit des despotes (Ben Ali, Mubarak, Santos, etc..) alliés aux pays de l’OTAN, dont les États-Unis d’Amérique, et le Canada, comme par hasard. Quand Israël est condamné par toute la planète, Washington use de son droit de Véto pour sauver l’État voyou détenteur d’armes nucléaires, des sanctions promises par la majorité.

«À qui profite le crime?», aurions-nous dû nous poser comme question, il y a de cela belle lurette. Et là, les médias conciliants, et les anciens membres de l’administration George Walker Bush Jr, témoignent sur les ondes de Radio-Canada dans un pseudo-documentaire érigé dans les bureaux de la maison blanche avec des vedettes de l’ancienne administration Bush Jr, que Kadhafi y trouvait intérêt. Étrangement, le bonhomme est le moindre mal historique de l’histoire africaine. C’est le moindre terrifiant des despotes, et les autres, les pires, furent les sbires et comparses des États-Unis d’Amérique, et des autres hypocrites siégeant au Conseil de Sécurité de l’O.N.U., dont heureusement, le Canada n’a pas obtenu siège! Ce torchon plutôt idéologique, que Radio-Canada présentait, accuse Kadhafi de supporter le terrorisme, alors que Washington l’a supporté à travers le monde, et y a même participé plus que les autres nations en le finançant et en entraînant des «Al-Qeada» ici et là à travers le monde. Washington n’a aucune leçon d’humanité à donner, elle a plutôt des comptes à rendre à celle-ci.

On a accusé Kadhafi de devoir vendre son pétrole pour se financer, alors que précisément, les États-Unis d’Amérique ont financé leur impérialisme avec cette merde noire et qu’ils l’ont caché dans les fonds de l’océan quand il devenait gênant (BP-Golfe du Mexique).

On dit également qu’il a besoin de soutien diplomatique, ce méchant Kadhafi, mais qui n’en a pas besoin, contre l’impérialisme des États-Unis d’Amérique?

L’accusation la plus grave à son endroit est certainement celle d’avoir soutenu le terrorisme d’extrême gauche, mais Washington a financé celui de l’extrême droite sans s’en faire accuser et continue de le faire dans les multiples pays de l’Amérique latine, de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, encore là, sans que qui que ce soit n’intervienne contre eux. Les États-Unis d’Amérique ont soutenu le terrorisme, l’ont pratiqué et continueront de le faire tant qu’ils seront maîtres du jeu militaire terrien, ce qui risque de durer quelques années encore, jusqu’à les pays émergeants les renvoient à leur tour, au bas de la pyramide sociale et économique qu’impose le capitalisme.

Bref, l’O.N.U. va aujourd’hui punir Kadhafi pour des crimes que Washington commet tous les ans et que ses comparses commettent également. Israël a massacré plus de 1100 civils libanais en 2006, et plus de 1600 autres, palestiniens ceux-là, en 2008. Israël possède un arsenal nucléaire non déclaré à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, et cela ne semble pas déranger l’O.N.U., ni l’AIEA, qui ferment évidemment les yeux sur les alliés de l’Empire états-unien.

Nous assistons donc, encore une fois, à cette double-mesure, à cette mascarade. Mais cette fois, sous les conservateurs de Stephen Harper au Canada, nous, Canadiens, serons des patents complices de ce Coup d’État et du terrorisme qu’il en découlera. Nos six terroristes pilotes de CF-18, iront appuyer le Coup d’État, du haut des airs, en larguant des armes de destruction massive, des ADM! Et de plus, 150 autres terroristes, des militaires non-précisés (probablement logistiques, ou de terre…), iront appuyer le Coup d’État orchestré par les anglo-saxons, en Libye.

Et contrairement aux attentes de l’électorat canadien, les partis d’opposition appuieront l’intervention canadienne en ce pays souverain, tout en demeurant muet sur les sévices imposés par les États-Unis d’Amérique ou leurs égaux. Ainsi, le terrorisme de l’OTAN ne sera pas puni, ni celui de l’O.N.U., représenté en réalité, par quelques pays élites y siégeant en maîtres.

Et, malgré le mandat de l’O.N.U., clairement spécifiant une zone d’exclusion aérienne, il semble que les pays de l’O.T.A.N. vont aller plus loin que cela, attaquant donc, les troupes au sol de Kadhafi. Bref, les États voyous ne respecteront pas leurs propres règles, comme trop souvent.

Et le pire, selon moi bien entendu, c’est que les médias, dont Radio-Canada, accuse l’O.N.U. d’avoir retardé son intervention illégitime. Or, cette même société d’État fut totalement muette ce genre de répression, contre les États-Unis d’Amérique, qui n’ont pas respecté l’ordre de l’O.N.U., de ne pas envahir l’Irak.

Finalement, nous ne pouvons que conclure que, les règles du jeu international n’ont pas à être respectées de toutes et tous, certains en sont immunisés!

 

Bonne chance Kadhafi! Bonne chance aussi, aux révolutionnaires!

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Le Canada condamne en Libye, ce qu’il soutient ailleurs…

Posted by sylvainguillemette le 16 mars, 2011

Lawrence Canon prévoit participer au Coup d’État en Libye, en parfaite cohérence avec les valeurs qu’il défend depuis qu’il est en poste. En effet, le ministre des affaires étrangères canadiennes a affirmé il y a 24 h, que le Canada pourrait possiblement participer à la restriction aérienne sur la Libye, orchestrée par l’OTAN.

Le valet des affaires étrangères de Stephen Harper, affirmes donc, ni plus ni moins, que le Canada pourrait, faute de n’avoir pu le faire en Irak, participer à l’invasion de la Libye et à son occupation aérienne, voire, à son bombardement.

Mais où était Lawrence Canon et ses hargnes contre les despotes lorsque l’Égypte s’embrasa? Où était-il lorsque les Tunisiens prirent d’assaut les rues de Tunis, repoussant le régime Ben Ali,  poing levé? Les rues, dans les deux cas, étaient bondées à pleine capacité, il y avait des dizaines et des centaines de milliers de manifestants, une lourde différence indéniable avec la clique de Benghazi, écrivant ses promesses de renversement du Colonel Kadhafi, en anglais… En réalité, la complicité de l’État canadien aux despotes Mubarak et Ben Ali devait être une assurance, pour que ceux-là puissent régner tant de décennies sans se faire critiquer par la «communauté internationale», se limitant, elle, à quelques pays choisis d’un cartel hypocrite.

Notons aussi que le vocabulaire utilisé par nos médias conciliants aux crimes de l’OTAN se fait on ne peut plus clair. «Le régime Kadhafi», donc imposé, «attaque» les rebelles, «bombarde les positions de la résistance», etc.., alors que nous savons que ces «rebelles» sont fortement armés. Or, si moi je sors dans ma rue, ou dans le centre-ville de Joliette, avec une mitraillette, avec une pancarte en anglais, je vais soit me faire tabasser par les nationalistes francophones, ou me faire buter par la police, qui arrivera certainement avec ses meilleures unités pour contrer le danger que je pose, armé à ce point. Les médias parleront de moi à titre de forcené, voire de terroriste.

Donc, par conséquent, Kadhafi ne peut pas réprimer, mais la Colombie, elle, peut bombarder les positions des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Trouvez l’erreur. Lorsqu’Alvaro Uribe butait du syndicaliste, du journaliste et des militants des FARC, Lawrence Canon se fichait éperdument de cette répression, pourtant tout aussi sanglante et beaucoup plus meurtrière d’ailleurs. Bref, la double-mesure suit monsieur Canon de près, comme toujours. Rappelez-vous son manque d’indignation lorsque les Israéliens larguaient du phosphore blanc offensivement sur Gaza, ou qu’ils butaient à leur tour, des civils libanais par centaines (dépassant le millier de morts), tout en détruisant les infrastructures publiques du Liban et de ce qui reste de la Palestine. Rappelez-vous comment réagissait le gouvernement Harper, pro-sioniste, lorsque les forces israéliennes débarquaient sur une embarcation dans les eaux internationales, agissant là, en parfaits pirates selon les lois internationales, et qu’elles y tuaient des gens non-armés, balle dans la nuque. Double-mesure.

Qu’a fait le parti conservateur, en 2003, alors que les rues de Montréal étaient, elles, bondées de manifestants contre la guerre en Irak de George Walker Bush Jr? Nous y étions 300 000, beaucoup plus donc, que les Libyens réunis contre leur despote. Et pourtant, les conservateurs de Stephen Harper prônaient, du banc de l’opposition, l’invasion de l’Irak, allant à contresens des volontés de leur peuple. Quelqu’un aurait-il du nous soutenir et nous armer contre les conservateurs? Le bloc sino-russe aurait-il du financer l’opposition populaire, ou cela aurait-il été interprété, avec raison, comme une ingérence étrangère?

Ce qui est étonnant chez les conservateurs, c’est précisément leur incapacité à se faire cohérents et conséquents. Si demain les États-uniens sortaient dans la rue, armés, et qu’ils revendiquaient le débarras de la maison blanche des pourritures servant les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise, les conservateurs canadiens prôneraient-ils une couverture aérienne pour aider les révoltés? Les armeraient-ils, peut-on se questionner?

Ailleurs, quand les «insurgés» ou les rebelles attaquent les gouvernements fantoches mis en place par les États-Unis d’Amérique, les Français, les Anglais ou bien d’autres nations qui pratiquèrent la colonisation, on les nomme terroristes.

C’est que je cherche à comprendre le raisonnement du ministre des affaires étrangères canadien, Lawrence Canon. Cet empressement de vouloir jouer le «Grégory Charles» des affaires internationales, cet empressement de vouloir servir la bourgeoisie surtout, puisque c’est bel et bien de cela qu’il s’agit à vrai dire. Pétrole, eau douce, la Libye n’est pas pauvre de ces ressources. Il y a du fric à y faire…, alors qu’importe le despote, tant qu’il est du bord de la bourgeoisie internationale et qu’il privatise les ressources naturelles de son pays.

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