Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

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Compte rendu *complet* sur le sommet Montebello

Posted by L'Agitateur le 25 août, 2007

La ville de Montebello devint forteresse pendant le sommet du Partenariat pour la Sécurité et Prospérité nord-américaine. Elle accueillit pendant trois journées les chefs d’État des trois pays de l’Amérique du Nord, avec plus de 30 chefs d’entreprises à leurs côtés. Par cette nature anti-démocratique totalement du sommet, il était impossible d’ignorer celui-ci et de ne rien faire : c’est pourquoi nous sommes allés manifester notre opposition et désaccord.L’été a été fortement mis en branle pour mobiliser un maximum de personnes à la cause, bien que la journée et le lieu choisis n’aient pas encouragé les gens à venir : un lundi à Montebello avec une forte présence policière. Reste qu’une forte propagande ai été faite auprès des masses populaires du Québec, du Canada, des États-Unis et du Méxique. Des centaines d’affiches sont apparues un peu partout en Amérique du Nord pour l’appel au rassemblement à Montebello et dénonçer collectivement cette rencontre des trois bandidos.

Quelques semaines avant la manifestation, un campement autogéré anti-capitaliste s’est fait dans la région de l’Outaouais, tout près de la forteresse, et de nombreuses personnes ont participé aux petites manifestations du 19 août. Elles ont aussi dormi sur les lieux, bien que les policiers tentaient de leur mettre des bâtons dans les roues en fouillant leurs équippements à chaque « checkpoints ». Certes, des actions ont été faites à Montréal et Ottawa pendant les quelques journées avant le sommet.

C’était là une journée qui s’annonçait ensoleillée, légèrement nuageux avec une température agréable variant entre 20 et 25 degrés. Plusieurs autobus loués et véhicules partaient des trois pays nord-américains pour s’en venir au Québec, à Montebello. Ils venaient de Sherbrooke, Québec, Montréal, Trois-Rivères, l’Ouest Canadien, des États-Unis et même du Méxique. Bien que les manifestantEs avaient des divergences sur leurs positions politiques (communisme/anarchisme, révolution/réforme), touTEs s’entendaient sur une chose : ce sommet est une aberration dans une société qui se prétend « citoyenne » et « démocratique ».

Suite à quelques retards lors du trajet vers Montebello, les autobus sont finalement arrivés à destination vers 13h00. Les manifestantEs sont sortiEs pour se rassembler en une unité solidaire et se diriger vers le coeur de Montebello en passant par une route de campagne, pour ensuite prendre une voie ferrée de la CN – qui elle est accusée de racisme envers les peuples autochtones. Arrivé sur la 148, nous marchions en direction des manifestantEs d’Ottawa, des États-Unis et du Méxique qui étaient déjà présentEs sur les lieux, très près de l’entrée du périmètre de sécurité du Château Montebello.

CertainEs commerçantEs avaient barricadé leur place, dont le seul et unique bar du coin : le Bar central. Par contre, un code avait été donné entre manifestantEs et commerçantEs : une pancarte verte veut dire « zone verte », soit une alliance avec les protestataires, et ils et elles étaient la bienvenue pour venir acheter les besoins nécessaires ! Pour le reste des commerces, c’était une opposition directe. C’est compréhensible lorsque ce sont de grosses compagnies qui se protègent des « radicaux ».

Bien que les manifestantEs n’aient pas respectéEs ce que les policiers leur ont imposé comme terrain de manifestation, soit deux cages fermés, l’anti-émeute est arrivée, avec bouclier, matraque et masque à gaz, pour bloquer le chemin des manifestantEs et les empêcher de continuer leur chemin vers le château. À ce moment, le tout était visible : les policiers étaient sur trois fronts, armés jusqu’aux dents, avec des camescopes et appareils photos, et toute autre arme contre les manifestantEs au cas où ils se tannent et attaquent.

Les trois fronts étaient occupés par les policiers : le front Nord qui fut celui vers le château, c’était la « zone rouge » avec un grillage très fin comme périmètre de sécurité allant à 10 pieds d’hauteur ; le front Nord-Est qui était occupé par les policiers sur le cimetière à une altitude variant de 10 à 100 centimètres. ; le front Est qui était plutôt vide de policiers, mais assez pour bloquer le chemin. À côté de ce front Est, la station-service Crevier accueillait à bras ouverts les manifestantEs qui avaient besoin d’eau, de nourriture, d’aller aux toilettes ou de se reposer tout simplement. Le commerçant de la place s’est fait une montagne de profits, mais pour une bonne cause. C’était la « zone verte », et il n’y avait pas de danger … pour le moment.

Plusieurs personnes étaient présentes sur les lieux : maoïstes, anarchistes, anarcho-communistes, sympathisants zapatistes, écologistes, syndicats, anticapitalistes et réformistes. Les « radicaux » n’étaient pas plus nombreux qu’une centaine de personnes, et le « Black Block » y était avec un maximum de vingt personnes. Il y avait des personnes de tout âge, passant de neuf à soixante dix ans. Quelques uns avaient leur chien en compagnie. Au grand total, pas plus de 1200 manifestantEs étaient venuEs à l’appel, ce qui est horriblement peu pour un tel sommet.

Les médias étaient présents, à la fois corporatifs ( TVA, RDI, TQS ), indépendants ( Indymedia, Reactionism Watch, Global Aware ) et même internationaux ( Al Jazeera ). Ceux qui ont reçu de très fortes critiques et arrogance de la part des manifestantEs c’était, bien sûr, les médias corporatifs, malgré l’opinion de certains caméramans : ce fut le cas du caméraman de TQS qui dit ironiquement et avec colère : « Bah oui, moi je l’aime Bush ! » Bien que ce soit étonnant, plusieurs caméramans étaient de notre côté en accord avec nous. Mais cela n’empêcha pas ces derniers de diffuser des images sensationnalistes où l’on voyait des manifestantEs en colère qui répondaient aux attaques de lacrymogènes. Sur TVA, il était dit que si les manifestantEs réussissaient à entrer dans le périmètre de sécurité, les autorités n’hésiteraient pas à tirer à balles réelles sur ceux et celles-ci.

Sur toutes les chaines, nulle ne montrait la vérité. Ni dans les journaux, ni à la télévision. Il n’était question que de démagogie, sensationnalisme et de populisme : ce qui a été montré dans les médias corporatifs n’était que 20 minutes d’une manifestation de plus de sept heures.

Malgré le blocage des policiers dès les premières minutes à l’arrivée des manifestantEs, l’ambiance restait vive pendant plusieurs heures : les gens criaient, chantaient, dansaient, discutaient, jouaient de la musique ; les organisateurs s’expliquaient, et donnaient de l’information ; des tracts étaient massivement distribués à propos de plusieurs enjeux politiques, et non seulement du PSP ; même un pique-nique a été fait en avant des policiers, ce qui était superbement bien réussi !

Les gestes pacifiques des manifestantEs contre l’arrogance des policiers se faisaient continuellement : autocollants sur les boucliers de l’anti-émeute ; bannières sur les clôtures nommé « Mur de la Honte » ; dessins à la craie sur le sol ; critiques ouvertes contre l’anti-émeute ; face à face ; un drapeau de l’anarchisme a été mis sur un haut lampadaire, avec un drapeau américain qui ne prennait pas feu (dû aux très fort vents) ; et plus encore. Malheureusement, même si ces gestes restaient pacifiques suite aux agressions de la police, l’anti-émeute ne cessa pas son arrogance envers les manifestantEs, et c’est ce qui les a incité à prendre une alternative au pacifisme étroit.

L’une des premières agressions de la police a débuté vers la première heure de la manifestation, soit proche de 13h00. Les policiers anti-émeutes poussaient les manifestantEs de la « zone rouge » à gauche du front Nord pour les faire reculer, et ces dernièrEs ne voulait pas perdre leur ligne et on fait de même. Pour répliquer, la GRC donnait des coups de boucliers, de matraques sur la tête, de genoux et de pieds. Pour faire peur aux manifestantEs, des tazers ont été utilisés au dessus de leurs têtes pour les faire reculer, au détriment d’une électrocution. Ceux et celles qui s’étaient assisES se sont fait bousculer par la Sûreté du Québec qui, profitant de l’occasion, a arrêté une personne. Ceux et celles qui dansaient proches de la police ont été bousculéEs.

Peu avant l’arrivée des manifestantEs de Montréal, soit avant 14h00, la police utilisa le poivre de cayenne sur les manifestantEs, dont une vieille dame pacifiste âgée dans la soixante dizaine. Pris de panique, les manifestantEs cherchent immédiatement de l’eau pour se rincer les yeux et les voies respiratoires. Cet abus de police n’avait qu’un but : montrer sa supériorité en tant qu’autorité, et maintenir un calme forcé alors que l’effet s’avérait tout à fait le contraire.

14h52, l’anti-émeute de la GRC utilise de nouveau le poivre de cayenne contre plus de 20 manifestantEs, dont des journalistes, photographes et des medecins. Comme plusieurs d’entre eux et elles n’avaient rien pour se protéger les yeux et les voies respiratoires, la durée de leur souffrance varia de quelques minutes à plusieurs heures. CertainEs toute une journée ! Pour se venger, les manifestantEs ont lancé des bouteilles de plastique vides une fois que l’eau ai été vidée sur leur propre visage. Ces mêmes bouteilles visaient aussi les policiers caméramans qui filmaient tout en étant derrière la ligne de front : ce sont les premiers projectiles.

Ensuite, à un certain moment, deux manifestants vêtus de rouge (possiblement communistes) se sont avancés de la ligne de front Nord avec des bâtons 2X4 : la police répliqua aussitôt avec trois gaz lacrymogènes en tirant directement dans foule. Moins de dix minutes plus tard, suite à des bousculades répétées, c’est encore trois gaz lacrymogènes, mais les manifestantEs ne lâchent pas prises et reviennent au front. C’est le calme, soit le « temps mort » car les affrontements sont plutôt calmes pendant environ une heure et demi. Tout semble stable, bien qu’il y ai des accrochages, mais rien de sérieux ou sévère.

Pendant ce temps mort, les discussions reprennent, des sit-in improvisés se font pour discuter du PSP, ou tout autre enjeux politiques reliés à ce dernier. Des familles se prennent en photo, d’autres dansent devant les policiers, certainEs dessinent sur le sol. Vers 16h00, les maoïstes quittent les lieux par manque d’actions. Beaucoup sont partiEs à la station-service Crevier ou à leur automobile se nourrir.

17h05, les affrontements éclatent. Le Reactionism Watch n’est pas en mesure d’expliquer les causes, mais nous avons reçu trois versions de faits différentes. Nous aimerions avoir des confirmations exactes de manifestantEs qui savent ce qui s’est passé.

  • 1) Suite à la désertification des communistes du PCR et anarchistes du Black Block, et autres manifestantEs partiEs manger, l’anti-émeute aurait reçu l’ordre de mettre un terme à la manifestation car elle ne voulait pas rester toute la nuit à surveiller le sommet.
  • 2) Un jeune manifestant aurait entravé le travail de l’anti-émeute de manière sonore avec sa trompette de parade en plastique. En réponse au bruit, une pluie de gaz lacrymogène aurait été ordonnée.
  • 3) Un manifestant aurait pousser un policier, qui lui l’aurait repousser. Par ce geste, le chandail du manifestant se serait coincé dans la matraque du policier, et qu’il aurait été tiré vers l’avant (en direction des manifestantEs). Par ce fait, les grenades lacrymogènes aurait été envoyées en masse, pour ensuite tirer à balles de plastiques.

Si vous connaissez la vraie raison, faites nous en part le plus rapidement possible !Dès les affrontements déclenchés, plus de quatres grenades lacrymogènes ont été envoyés dans un laps de temps de 15 secondes. La majorité des manifestantEs sans aucune protection faciale ont pris la fuite collective en moins de 15 minutes, ou se sont mis dans le côté ouest du front pour ne pas respirer le gaz. Avec leur bâton de drapeau, les manifestantEs tappaient sur les panneaux ou quelconque métal pour faire du bruit. Ceux et celles avec une certaine protection sont restéEs au front, bien qu’affaibliEs.

Ce gaz lacrymogène est catégorie CS, type un puisqu’il ne résiste pas à l’eau. Cette poudre, fortement toxique, entraine la nausée, le vomissement, l’hypersalivation de la gorge, l’irration des yeux et des voies respiratoires. Fabriquée aux États-Unis et vendue au Canada, cette grenade lacrymogène éclate quelques secondes plus tard après avoir été lancée dans les airs pour se vider complètement et répandre la poudre jaunâtre partout dans l’atmosphère. Ces grenades, une fois éclatée, ne peuvent être reprises pour être relancées : elles sont complètement ouvertes et vidées.

L’anti-émeute avance tranquillement, et les tireurs de la GRC ciblent les manifestantEs avec des balles de caoutchouc. Une pluie de gaz lacrymogène s’amorce. Certaines personnes reçoivent la grenade lacrymogène directement sur le corps ; d’autres plus de trois balles de caoutchouc, ainsi que les medecins voulant les aider ; et quelques-unes des coups de matraques (au début des escarmouches). Une vieille dame a reçu une balle de caoutchouc dans le pied, et même qu’un manifestant, par terre, en a reçu plus de quatre.

Fait cocasse : une grenade lacrymogène a été tirée depuis le front Nord vers le front Nord-Est, soit dans le cimetière. Étrangement, il n’y a pas eu un seul bruit pendant cinq secondes jusqu’à l’atterrissage de la grenade dans le cimentière. À ce moment, la foule a félicité cette bavure par des rires, joies et applaudissements !

Pour répondre à cette attaque barbare de l’anti-émeute, des projectiles ont été lancées à l’improviste : bouteilles vides, canettes, galets, tomates, oeufs et pierres. Ces pierres se trouvaient sous un petit pont proche de l’entrée du périmètre de sécuritaire du Château Montebello. Un manifestant (ou agent de police) prennait des pierres de la taille d’une demi-patate à une complète pour les donner à un autre manifestant qui les mettait dans son bouclier (couvercle de poubelle) et en fournissait à certainEs manifestantEs. Il y avait un grillage sur la pile de pierres pour empêcher les manifestantEs d’en prendre, mais l’un d’entre eux a été plus malin. Malheureusement pour les lanceurs et lanceuses, le soleil derrière l’anti-émeute les aveuglaient complètement. Cela n’a pas duré plus de 10 minutes, et seulement un maximum de six personnes suivaient les policiers

Bref, les manifestantEs ont continué à battre en retraite et la police s’amusait à mitrailler la foule avec leurs grenades lacrymogènes. Au total, plus de 60 ont été utilisées. Les tireurs de la GRC en faisant autant avec leurs balles de caoutchouc. La rue principale était remplie de grenades lacrymogènes gaspillées, de caoutchouc, de bouteilles d’eau encore remplies et même d’aliment encore comestible ! Les manifestantEs ont laissé derrière eux et elles ce qu’ils et elles avaient en trop afin de mieux courir et être moins encombréEs.

Le calme revint vers 17h40 lorsqu’un manifestant profita de l’occasion pour faire le signe de la paix avec sa main, seul, au beau milieu de l’intersection des routes 148 (Route du Canton) et 323 (Rang Gustave) entouré au loin par les trois fronts d’anti-émeutes. Ce geste attira l’attention médiatique, ce qui forca les policiers à ne plus tirer ni grenades ni balles. D’autres manifestantEs se sont joints à lui pour rester solidaire et uni. Une multitude de photos a été prise à cet instant : la paix était revenue.

Fait cocasse : Un agent de la Sûreté du Québec aurait cassé une pierre tombale après avoir donné un coup très fort dessus. Peut-être à cause de la colère, nous ne pouvons dire réellement…

Vers 17h50, deux feux ont été vus : l’un était une boite de carton contenant une pile de feuilles, alimentée par d’autres papiers, cartons et pancartes. Le second feu était la planète Terre, fait en maquette, transportée par deux manifestants, pour le brûler. Cela voulait symboliser ce que notre monde deviendrait si ce sommet était un succès et que le PSP avait lieu comme prévu. Les conséquences seraient mondialement catastrophiques !

18h00, le calme, trois manifestants discutent avec les policiers du front Nord qui s’est avancée jusqu’à l’intersection. Kanto, un manifestant aux lunettes sombres, demanda à un policier de l’anti-émeute de s’identifier ; ce dernier ignora complètement la demande. C’en est pareil pour tous les policiers qui étaient présents. Une vidéo a été filmée pour en monter la preuve (voir à la fin du compte rendu). Moins de dix minutes après la demande d’identification, un policier s’est faufilé dans la ligne de front des policiers afin d’arrêter un photographe amateur du Reactionism Watch. Nous ignorons la raison exacte, mais nous pensons que c’est dû à sa vidéo compromettante et ses photos inédites des médias.

Certes, notre camarade a réussi à s’enfuir à temps, mais Kanto, à ses côtés, s’est fait prendre alors qu’il ne faisait que discuter avec le policier qui refusait de s’identifier. Le motif qui a été retenu contre lui est le fait qu’il ait troublé la paix, alors que c’est le policier même qui est venu troubler la paix. Malheureusement, nous n’avons pas pu noter son numéro. Il faut dire que c’était impossible à identifier ces policiers qui, en très grande majorité, étaient masqués. Ils n’avaient pas de badge, mais qu’un simple numéro sur leur épaulette et casque.

Finalement, à la toute fin de la manifestation de lundi le 20 août, deux canons à eau, plus de 200 policiers, des tireurs de la GRC, et des lance-grenadiers étaient prêts à repousser quelconque attaque des manifestantEs : surprise, ils et elles avait quitté les lieux. Par contre, le lendemain matin, une autre légère manifestation a eu lieu et les manifestantEs ont été harcelés par des questions de la police, et cette dernière a tenté de fouiller les véhicules des manifestantEs questionnéEs.

Bilan : plus de 300 manifestantEs incommodéEs par le poivre de cayenne et/ou gaz lacrymogènes, dont une dizaine victime de balles de caoutchouc et une autre vingtaine victime de coups de matraques, boucliers, genoux ou pieds. Moins de 4 policiers incommodés par le gaz lacrymogène. Quatre arrestations, dont deux femmes. Trois agents provocateurs de la Sûreté du Québec, tous faussement arrêtés.

P.S.: Nous ignorons le contexte qu’entourait l’arrêstation des trois premières personnes. Veuillez nous informer !

Pour les photos, vous avez le choix !

==> Photos du Reactionism Watch (Afficher en diaporama)
==> Photos de Canadian Union of Public Employees
==> Photos de Michael Lessard
==> Photos du CMAQ (1)

Voici la video en question dont nous vous avons parlé avec le manifestant qui demande à un policier de s’identifier, alors que ce dernier l’ignore complètement. Assurez-vous de lire la description de la vidéo après avoir ouvert le lien vers celle-ci sur YouTube ! Cette vidéo ne doit pas passer sous silence, bien que l’infraction de la part du policier soit mineur et que l’accusation d’avoir « troublé la paix » ne tiens pas debout.

==> Lien vers la vidéo YouTube
==> Une vidéo résumé du sommet Montebello

==> Plus de détails sur le bilan du sommet Montebello
==> Critique sur la couverture médiatique du sommet

Vous avez un témoignage à faire ? Une correction à apporter ? Un avis à écrire ? Des photos à montrer ? Allez-y, vous êtes libres de le faire, voire encouragé ! Dites-le nous ce que vous en pensez de ce sommet, racontez-nous ce que vous avez vu, car ce compte rendu vous appartient : il peut être modifié si nécessaire pour ajuster des faits (comme celui du déclenchement des affrontements à 17h05)

** VEUILLEZ CIRCULER TRÈS MASSIVEMENT CES INFORMATIONS **

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Blogosphère 1, SQ 0

Posted by Libertad ! le 24 août, 2007

Il s’est produit un petit événement historique, hier soir. Appelons ça la Première Grande victoire citoyenne de la blogosphère québécoise. Elle est survenue quand la SQ a admis que trois «manifestants» démasqués sur YouTube en marge du sommet de Montebello étaient bel et bien, en fait, trois de ses policiers.

Rappelons les faits, rocambolesques. Mardi, sur le web, commence à circuler une vidéo intrigante. Tournée à Montebello, alors que s’achevait le sommet Bush-Harper-Calderon, elle montre une chicane entre manifestants, dans le stationnement de la station-service du village, sur la 148.

On y voit Dave Coles, président du Syndicat canadien de l’énergie et du papier, engueuler trois manifestants masqués. Ces trois gars, visage caché par des foulards, vêtus de noir, ressemblent à ces casseurs qu’on voit dans toutes les manifs antimondialisation. Les sempiternels fauteurs de troubles. L’un d’eux tient une pierre.

La vidéo montre Coles, droit comme un chêne, enguirlander le trio. Derrière lui, un cordon policier formé d’agents de la SQ, en tenue de combat, muets et anonymes sous leurs casques. Coles, grisonnant, confronte les casseurs. «C’est notre ligne! Allez-vous-en! On ne veut pas de trouble!»

Coles traite les trois gars de pleutres. Il les somme de retirer leurs foulards, de manifester à visage découvert. Il tente d’arracher un des foulards. Coles est repoussé par le plus petit des trois militants. C’est la cacophonie. Ça s’invective. Ça s’insulte.

Puis, quelqu’un crie: «Ce sont des policiers!»

C’est à ce moment que la vidéo devient troublante. Les «militants» se mettent en file indienne, contre un mur, repoussant les syndiqués qui tentent de leur enlever leurs masques. Le premier type du Trio masqué, si on regarde attentivement la séquence, est penché à l’oreille d’un policer de l’antiémeute.

Ces gars-là, c’est clair, semblent vouloir être «arrêtés» par les flics.

Quelques secondes plus tard, les policiers de l’antiémeute agrippent le premier casseur. Puis le second. Les deux gars n’offrent pas la résistance à laquelle on est en droit de s’attendre de la part de militants-masqués-antimondialisation-qui-haïssent-la-police. Pas du tout. Le troisième «militant» entrera dans la brèche du cordon policier comme un type qui entre dans un Couche-Tard pour acheter une pinte de lait…

Les policiers, sur la vidéo, collent les trois supposés casseurs au sol. Leur passent les menottes. Les «arrêtent».

Fin de l’histoire? Non, l’histoire commence. Le SCEP diffuse l’extrait sur YouTube. Les blogues s’emparent de l’histoire, lui donnent de l’élan, posent des questions. Bref, la blogosphère, en multipliant les hyperliens vers le clip de YouTube, garde l’histoire vivante, gonfle sa rumeur, permettant aux suppositions et aux observations des blogueurs de champignonner comme des métastases.

Le «buzz» en provenance de la blogosphère, celle du Québec étant particulièrement tenace, est tellement fort que les médias traditionnels ne peuvent l’ignorer. Et la SQ a soudainement une grosse tumeur à gérer. Hier soir, la SQ, qui ne pouvait plus tenter de faire croire que la Terre est plate, a finalement admis que, oui, en effet, ces trois «manifestants» étaient bel et bien trois de ses agents.

Comme dirait Homer Simpson: Duh! Blogosphère: 1, Sûreté du Québec: 0…

La blogosphère a créé cette nouvelle. Ce ne sont pas les caméras de RDI ou de LCN qui ont capté la scène. C’est celle d’un citoyen. Ce sont des blogues qui y ont fait écho. Qui ont souligné que ces méchants casseurs semblaient drôlement pressés d’être «arrêtés» par les flics. C’est un non-journaliste qui a pris une photo des policiers de l’anti-émeute «maîtrisant» les «manifestants», derrière le cordon policier.

Photo qui montrait un truc fort curieux: les «manifestants» portaient tous trois les mêmes bottes, avec un petit truc jaune au milieu. Le hic, c’est que les flics de l’anti-émeute portaient les mêmes foutues bottes frappées du même foutu machin jaune. Méchant hasard: manifestants et flics magasinent au même Wal-Mart!

Aux États-Unis, la blogosphère est devenue un incontournable de la vie politique. Un acteur influent. YouTube et les blogues ont influencé – salement et durablement – l’actualité politique. Premier scalp: celui du vétéran newsman Dan Rather. En 2004, Rather, à 60 Minutes, présente un reportage-choc, «documents» à l’appui, sur les absences de George W. Bush dans la Garde nationale du Texas, pendant la guerre du Vietnam.

Sauf que ces «documents» sont bourrés d’anachronismes. CBS a été victime d’un canular. Et c’est la blogosphère américaine qui, la première, a découvert ces anachronismes dans les documents. Le «buzz», irrésistible, força les grands médias à s’attarder à l’histoire, jusque-là confinée au web…

Depuis, personne ne doute du pouvoir de la blogosphère, aux États-Unis.

Au Québec, la blogosphère n’avait pas encore de scalp fondateur. Depuis hier soir, elle l’a. Celui de la SQ, forcée d’admettre que les trois «manifestants» captés sur vidéo sont trois de ses policiers. Shocking.

Récemment, dans le New York Times, le chroniqueur Thomas Friedman notait que l’ascension des blogues et du web 2.0 forçait tout le monde, individus comme institutions, à adopter un comportement impeccable. Parce qu’au XXIe siècle, tout se sait, tout se voit, tout peut être révélé.

La SQ l’a appris, à Montebello.

Bien sûr, les flics ont le droit d’infiltrer des manifestations potentiellement hostiles. La SQ jure que ses agents ne provoquent cependant pas d’actes criminels, en incitant les manifestants à la violence, par exemple.

Donnons-lui le bénéfice du doute. Rien ne prouve le contraire.

Mais les bonzes de la SQ devraient prier pour que YouTube n’accouche pas demain d’un clip montrant un de ses trois bozos en train de lancer des roches, à Montebello.

Parce qu’au XXIe siècle, tout se sait, tout se voit, tout peut être révélé.

L’équipe du Reactionism Watch voudrait féliciter l’auteur de la vidéo et de la photographie ainsi que tous les blogues gauchistes du Québec qui ont propagés cette histoire. Bien que la droite soit très forte sur la blogosphère (mais le contenu ne va pas en conséquence…), nous avons tout de même eu le premier grand succès pour la société civile en générale. Ces droitistes n’ont fait que nous cracher dessus et nous insulter pendant qu’on manifestait, mais nous voudrions dire à ces ennemis du peuple qu’on les a bien eus !

==> Source

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Agents provocateurs à Montebello: la police avoue

Posted by Libertad ! le 23 août, 2007

La Sûreté du Québec a reconnu jeudi que trois hommes accusés par des manifestants de Montebello d’être des agents provocateurs, un incident capté sur vidéo et diffusé sur le site Internet YouTube, faisaient partie de ses rangs. »Après avoir analysé son contenu, en plus de prendre connaissance des vidéos enregistrées par les corps policiers, (la Sûreté du Québec) est maintenant en mesure de confirmer que ces individus sont des policiers de la Sûreté du Québec », a indiqué le service de police provinciale dans un communiqué émis en soirée.

Maintenant, nous pouvons enfin confimer que ces provocateurs était de vrais policiers ! Pour une des premières fois, nous avons réussi à prouver que la police utilisait des agents provocateurs pour faire du grabuge dans les manifestations de rues. Nous savions que cela se faisait depuis toujours, même si les droitistes nous ont toujours traité de fous lorsque nous affirmions cela.

« Ces (agents) avaient le mandat de repérer et d’identifier les manifestants non pacifiques pour ainsi éviter les débordements, a précisé la SQ dans le communiqué. Les policiers ont été repérés par les manifestants au moment où ils ont refusé de lancer des projectiles. » »En aucun temps, les policiers de la Sûreté du Québec ont agi comme agents provocateurs ou commis des actes criminels. De plus, ce n’est pas dans les politiques du service de police ni dans ses stratégies d’agir de cette manière. »

C’est certe une victoire : nous avons fait cracher une partie de la vérité aux autorités bourgeoises, mais elles nient toujours l’essentiel. Dans ce cas, si ces agents avaient pour but de surveiller les manifestantEs, pourquoi ont-ils voulu générer le chaos ? Est-ce que normalement, ils ne seraient pas restés discrets ?

Leur but, en envoyant des gens dans les manifestations, est de donner du matériel aux davidiens pour nous insulter et, ainsi, présenter une très mauvais opinion des protestataires à la population.

==> Lire la suite

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Preuve : agents provocateurs lors du sommet Montebello

Posted by L'Agitateur le 22 août, 2007

Souvenez-vous des trois agents provocateurs de la police ? Nous avons trouvé une preuve plutôt convainquante qui montre que ces derniers étaient des flics. Regardez bien l’image ci-dessous.Vous ne voyez rien ? Visez particulièrement sous les bottines. Notez bien le petit logo jaune à la fois sous la semelle du policier de gauche, et les deux agents provocateurs « arrêtés » (mais jamais reportés par les autorités, ni les médias).

Si cela est du « photoshop », alors la personne en question est un peu trop doué…

==> Plus d’informations

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Une entrevue exclusive avec Françoise David

Posted by Libertad ! le 21 août, 2007

Durant la manifestation contre le sommet du Partenariat pour la prospérité et la sécurité, nous avons eu la chance de rencontrer Françoise David, porte-parole et co-fondatrice de Québec Solidaire, une formation politique de gauche née en 2006. Nous avons posé des questions qui touchent tout particulièrement au mandat que s’est donné le Reactionism Watch (le combat contre la droite, l’unité de la gauche) mais aussi des questions sur son passé en tant que militante au sein du groupe marxiste-léniniste en Lutte. Nous avons trouvé cet entretient très intéressant. Nous vous annonçons par la même occasion que l’on regarde aussi pour faire d’autres entrevues avec des intervenants en politique et dans les milieux sociaux.

RW : Pourquoi est-ce que vous assistez à cette manifestation, contre le Partenariat pour la prospérité et la sécurité ?

Françoise : Nous assistons à cet évènement (elle et Amir Khadir) dans le but de dénoncer la participation du Canada au PSP, nous dénonçons aussi la nature anti-démocratique et le manque de transparence du sommet et les conséquences militaires qui vont en découler. Nous étions hier à la manifestation devant le parlement à Ottawa, et on souhaite qu’il n’y ait pas de provocation aujourd’hui à Montebello, bien que je trouve dommage que l’on veuille intimider les gens avec ces mesures de sécurités. Par contre, j’aime le fait qu’il y ait plein de groupes, de mouvements sociaux, de syndicats qui soient présents aujourd’hui pour protester.

RW : Qu’est que vous pensez de l’union des forces de gauche au Québec ? Comment y arriver ?

Françoise : C’est pour cette raison que nous avons créé Québec Solidaire ! C’était pour l’union des forces de gauche et progressiste au Québec, bien qu’il y ait plein de divergences dans la gauche, une chose que je remarque aussi du côté de la droite, mais elle semble faire beaucoup plus front commun.

RW : La gauche est très divisée, certains comme les maoïstes et les anarchistes préfèrent l’action directe tandis que vous, vous prônez une approche plus démocratique en encourageant l’électoralisme, qu’est que l’on doit faire ?

Françoise : Je crois que l’on doit faire les deux ! Proposer à la population un parti politique de gauche et en même temps, s’impliquer dans les mouvements sociaux comme les syndicats et les groupes de femmes, pour faire avec eux un travail d’éducation populaire.

RW : Qu’est que vous pensez de la montée de la droite au Québec, est-ce préoccupant ?

Françoise : Je trouve cela très préoccupant, mais je ne suis pas défaitiste. Par contre, je crois qu’une bonne partie du vote pour l’Action Démocratique en était un de contestation, pour protester contre les libéraux et les péquistes. Mais dans un autre sens, il est vrai que les idées de droite sont en hausse au Québec, notamment sur la question de l’immigration et des accommodements raisonnables. Il est ridicule de se sentir menacé selon moi, plus de 90% des gens ici sont nés au Québec et l’autre 10% vient d’ailleurs. Ils misent sur le populisme et la démagogie, ils jouent sur la peur des gens et l’inquiétude. Je crois que la solution est d’amener les faits, de faire de l’éducation populaire et citoyenne et de donner une bonne information.

RW : Est-ce que vous pourriez nous parler un peu de votre passé militant au sein des groupes «M-L» au courant des années 70 ?

Françoise : J’ai été dans le groupe En Lutte ! Pendant plus de 6 ans, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment des gens sincères qui voulaient changer les choses et jamais je renierai ça. Mais par contre, je trouve que ces groupes étaient déconnectés des préoccupations des gens et nous étions contre la souveraineté du Québec, car on croyait à l’unité du prolétariat canadien. Par contre je peux me rassurer pour le Référendum de 1980, car je n’ai pas pu annuler mon vote car j’étais en train d’accoucher. Un autre aspect que je n’aimais pas, c’est qu’il y avait aussi répression de l’homosexualité et des idées féministes qui étaient considérés comme «bourgeoises». C’était un mouvement sectaire et trop centralisé. Je dis aux jeunes de faire attention dans ces mouvements, car dans certains, il peut y avoir des dirigeants dogmatiques ainsi qu’une structure anti-démocratique, mais je ne crois pas que c’est le cas de tous, loin de là.

RW : S’il y avait des élections très bientôt, est-ce que Québec Solidaire serait prêt à participer au scrutin ?

Françoise : Pas tout à fait, car nous avons encore beaucoup de dettes à payer (rire), mais par contre, nous serons prêts si cela se fait dans 1 an.

RW : Merci beaucoup d’avoir permis qu’on prenne un peu de votre temps pour vous poser ces quelques questions.

Françoise : Merci à vous !

Note: Les idées/opinions énoncées dans cette entrevue peuvent ne pas correspondre aux idéaux de tous les membres du reactionnism Watch.

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