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Message du colonel Mouammar Kadhafi au monde (Alter Info)

Publié par sylvainguillemette le 24 avril, 2011

J’ai reçu d’un ami en Libye le commentaire suivant du colonel Mouammar Kadhafi, qui a été publié dans un journal de là-bas. J’ai traduit et publié sa version de l’histoire, sans autre commentaire…

Mathaba, Mouammar Kadhafi, 13 avril 2011
Traduit de l’arabe en anglais par le professeur Sam Hamod.
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux…

Depuis 40 ans, à moins que ce ne soit plus, je ne me souviens pas, j’ai fait tout mon possible pour donner aux gens des maisons, des hôpitaux, des écoles, et, quand ils avaient faim, je leur ai donné à manger. À Benghazi, j’ai même transformé le désert en terres arables, j’ai tenu tête aux attaques de ce cow-boy, Reagan, quand il a tué ma fille adoptive orpheline. Essayant de me tuer, il a tué à la place cette pauvre enfant innocente. Ensuite, j’ai épaulé mes frères et sœurs d’Afrique avec de l’argent pour l’Union africaine.

J’ai fait tout mon possible pour aider les gens à comprendre le vrai concept de démocratie, qui consiste en des comités populaires dirigeant leur pays. Mais ce n’était jamais assez, comme me l’ont dit certains. Même ceux qui possédaient une maison de 10 chambres, des costumes et du mobilier neufs, n’étaient jamais été satisfaits. Ils étaient si égoïstes qu’ils en voulaient toujours plus. Ils ont dit aux Zuniens et aux autres visiteurs qu’ils avaient besoin de « liberté » de « démocratie, » et n’ont jamais réalisé qu’il s’agit d’un système de panier de crabes, où le plus gros bouffe les autres. Ils étaient seulement ensorcelés par ces mots, sans réaliser jamais que, en Zunie, il n’y a pas de médicaments gratuits, ni d’hôpitaux gratuits, ni de logement gratuit, ni d’enseignement gratuit, ni non plus de nourriture gratuite, sauf quand les gens sont obligés de mendier ou de faire longtemps la queue pour avoir de la soupe.

Non, peu importe ce que j’ai réalisé ! Pour certains ce n’était jamais assez. Mais les autres savaient que j’étais le fils de Gamal Abdel Nasser, le seul vrai leader musulman arabe que nous avons eu depuis Salah-al-Din. Nasser était sur ses traces quand il a exigé le canal de Suez pour son peuple, tout comme j’ai réclamé la Libye pour mon peuple. J’ai essayé de l’imiter pour garder mon peuple libre de la domination coloniale, des voleurs qui nous détroussent.

Maintenant, je suis attaqué par la plus grande force de l’histoire militaire. Obama, mon petit-fils africain, veut me tuer, priver notre pays de liberté, nous priver de la gratuité de nos biens : logements, médecine, éducation, nourriture, et remplacer tout ça par la grivèlerie à la zunienne appelée « capitalisme. » Or, nous tous, dans le tiers monde, savons ce que cela veut dire. Cela signifie que les multinationales dirigeront le pays, dirigeront le monde, et le peuple souffrira. Voilà pourquoi il n’y a pas d’autre solution pour moi, je dois prendre mes dispositions. Et si Allah le veut, je mourrai en suivant Sa Voie, la voie qui a rendu notre pays riche en terres arables, avec de quoi manger et la santé, et nous a même permis d’aider nos frères et sœurs africains et arabes en les faisant travailler ici avec nous, dans le Jamahiriya libyen.

Je ne désire pas mourir, mais si cela devait advenir, pour sauver cette terre, mon peuple, tous ces milliers de gens qui sont tous mes enfants, alors qu’il en soit ainsi.
Que ce testament soit ma voix dans le monde. J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l’OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison ; je me suis élevé contre l’Occident et ses ambitions colonialistes, et, avec mes frères africains, mes vrais frères arabes et musulmans, je suis dressé comme un phare de lumière. Quand d’autres construisaient des châteaux, je vivais dans une maison modeste et dans une tente. Je n’ai jamais oublié ma jeunesse à Syrte, je n’ai pas stupidement dépensé notre trésor national, et comme Salah-al-Din, notre grand leader musulman qui sauva Jérusalem pour l’Islam, je n’ai guère pris pour moi-même…

En Occident, sachant pourtant la vérité, certains me qualifient de « fou, » de « bizarre » [*], ils continuent de mentir, ils savent que notre pays est indépendant et libre, et non pas sous emprise coloniale, que ma vision, ma conduite, est et a été sincère et pour mon peuple, et que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour garder notre liberté. Puisse Allah Tout-Puissant nous aider à rester fidèles et libres.

Souvenirs de ma vie
Colonel Kadhafi Mouammar, Guide de la Révolution, 5 avril 2011

Original : mathaba.net/news/?x=626396
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

* Note du traducteur : Les dirigeants occidentaux savent la valeur humaine de Kadhafi, et le danger d’éveil de conscience du public qu’elle représente. Voilà pourquoi elle est soigneusement cachée et pourquoi tous les grands médias diabolisent Kadhafi.

On peut constater en creusant un peu que pratiquement tout ce dont la Libye a été accusée a été soigneusement tramé en Occident ou en Israël. Comme d’habitude, il s’agissait de coups montés. Comme l’ont démontré les pièces à conviction pipées dans les procès, il est très improbable que les attentats contre des avions de ligne étaient des complots libyens. Sait-on, par exemple, que l’attentat contre la discothèque de Berlin a été attribué à Kadhafi à la suite de l’interception de transmissions israéliennes faites clandestinement depuis la Libye (opération secrète Cheval de Troie) ?

Source

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24465 (Washington vole les Libyens)

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Gérald Deltell, un défenseur des droits humains sélectif

Publié par sylvainguillemette le 6 avril, 2011

Bertrand Cantat, ayant été condamné pour le meurtre de sa femme, Marie Trintignant, est invité par le Théâtre du Nouveau Monde et par Wajdi Mouawad et cela choque avec raison une bonne part du Québec, voire même du Canada. Et tel l’opportuniste qu’on le connait, Gérard Deltell s’est emparé du flambeau, pour inviter l’Assemblée nationale à barrer le chemin du tueur d’«une seule personne» qu’est l’ex-chanteur de Noir Désir. Et vous comprendrez pourquoi j’use de cette forme.

Non pas que ce ne soit pas un drame que le meurtre de madame Trintignant, au contraire, et c’en est un de plus sur le dos des femmes, mais toujours à l’affut d’une opportunité, le chef de d’une ADQ agonisante aurait mieux fait de se faire conséquent, et de se taire.

En effet, lorsque George Walker Bush Jr s’est présenté sur le sol canadien et québécois, et qu’il y a fait des conférences très onéreuses, nous n’avons pas entendu parler les adéquistes de l’odieux, alors que pourtant, l’ex-président des États-Unis d’Amérique était lui, responsable de plusieurs centaines de milliers de morts, la plupart, des civils, dont certes des femmes et des enfants dans le tas de «viande hachée».

Or, les faits démontrent, sur divers débats, tant de la bloguosphère que sur les sites officiels des soutenants de l’ADQ, dont les membres du Réseau Libârté Québec, qu’une bonne tranche des adéquistes soutenait ardemment les efforts de guerre de George Walker Bush Jr contre les «musulmans» et ses anciens alliés, devenus désuets et lourds à traîner.

Il en a été de même avec Benjamin Netanuyahu, lequel a également foulé le sol, en toute complaisance des conservateurs d’ailleurs, qui appuyaient et appuient  toujours très ouvertement le terrorisme d’État d’Israël et de ses crimes perpétrés contre l’humanité. Une bonne part des adéquistes, sous Mario Dumont, soutenait là encore, les crimes d’un État voyou, cette fois, d’Israël. Sharon, Olmert et tous les autres… Même Levni était une poseuse de bombe dans les quartiers de Gaza à ses débuts. Quelle équipe de champions ces capitalistes anti-corporatisme (Ils couchent avec ceux qu’ils accusent, ils sont le cancer de la race humaine.).

Je n’accuserai pas Deltell d’avoir soutenu un tueur de masse, mais plusieurs membres de son parti, eux, l’ont fait, sans entrave de leur ancien chef. Et toujours est-il qu’il ne s’est pas offusqué de la visite de ce monstre lors de sa visite «au pays». Deltell était tout aussi  muet que les conservateurs le sont sur la question des crimes de guerre graves et des crimes perpétrés contre l’humanité; et par les forces de l’OTAN, et par Washington en particulier (qui bafoue tout ce qu”il impose aux autres…) et précisément par Israël.

Les opportunistes sont ainsi, ils ont la mémoire courte, ou ils sont sélectifs dans leurs diatribes à l’encontre des «monstres» de la nature. Et Gérard Deltell est bel et bien un opportuniste.

Plutôt que de dévoiler son acerbe sélective envers des drames humains, il aurait mieux fait de lancer quelques espadrilles avec Amir Khadir…

Plutôt que de dévoiler son acerbe sélective envers des drames humains, il aurait mieux fiat de lancer quelques espadrilles avec Amir Khadir… 

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WTC 11 septembre 2001, un attentat contre un Bouclier Humain?

Publié par sylvainguillemette le 24 mars, 2011

En effet, puisqu’il est d’ores et déjà acquis pour l’OTAN, ses sbires et les médias occidentaux, que les civils libyens tués par les Armes de Destruction Massive larguées par la coalition le furent par un dessein machiavélique du Colonel Kadhafi, constituant avec eux, un Bouclier Humain, ne serait-il pas d’augure pour les sceptiques de la «version Bush» du 11 septembre 2001 de conclure que les pompiers dépêchés sur les lieux par la ville de New-York, ne furent en fait que la constitution d’un Bouclier Humain par Washington?

Je pose la question, parce qu’il n’est pas vérifiable de conclure des suppositions des spécialistes hâtés par l’OTAN dans divers médias complaisants de l’invasion illégitime de la Libye par les forces impérialistes Yankee.

Par exemple, Radio-Canada, notre société d’État canadienne, propose un éventail de spécialistes, plus souvent, des militaires canadiens à la retraite; Gilles Paradis comme référence, ou Rémy Landry, si ce ne sont pas de pseudo-spécialistes de la question du Moyen ou Proche Orient, teintés, évidemment, d’un penchant pour les valeurs de l’OTAN et la défense absolue d’une Israël sioniste à souhait. Sami Aoun n’est qu’un exemple frappant de ces incapacités des médias occidentaux à traiter dans une égalité, des crimes de même importance pourtant.

Il a donc été «affirmé»  par des gens probablement malhonnêtes que le Colonel Kadhafi avait précipité des civils sur les lieux de «bombardements terrorisants»…, mais ne serait-il pas plus aisé de se demander pourquoi les avions de l’OTAN ont tout de même fait feu, sachant avec assurance, une assurance soutenue médiatiquement, à nos frais d’ailleurs, qu’il s’y trouvait des civils non-armés, soit disant dépêchés de force?

Effectivement, s’il y a lieu de croire avec «assurance» les dires des spécialistes de notre société d’État canadienne, qu’il y avait des civils non-armés et forcés de siéger les lieux de bombardements prédéfinis par l’OTAN et sensibles au despote Kadhafi, résultant des «dommages collatéraux» inacceptables dont on a eu part -que l’on nomme «terroristes» lorsqu’ils sont perpétrés par «nos ennemis»-, il y a plutôt lieu en réalité, de se demander pourquoi la «coalition humanitaire» a tout de même fait feu!

Nous ne pouvons, avec l’appui des «spécialistes» de Radio-Canada, qu’en conclure qu’il s’agit là, d’actes de terrorisme de la part des pays membres de cette coalition, dite humanitaire, qu’est en fait l’OTAN.

Mais encore, si l’excuse du Bouclier Humain tient pour les forces de l’OTAN, celle-ci, avec l’appui maladroit des médias occidentaux, tel celui de Radio-Canada, elle pourrait tout aussi bien être reprise par les «kamikazes» des attentats du 11 septembre 2001, à New-York et sur le Pentagone.

Nous récoltons après tout, ce que nous semons. Et comme excuse bidon à des crimes perpétrés par un État, donc par un peuple, nous avons déjà vu mieux.

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Jean-Pierre Blackburn confirme le Coup d’État de l’OTAN sur les ondes de RDI

Publié par sylvainguillemette le 22 mars, 2011

En effet, Jean-Pierre Blackburn, le ministre conservateur des Anciens Combattants du Canada, a confirmé sur les ondes de RDI en entretien avec madame Dussault, mes premières impressions sur l’intervention à peine camouflée des pays de l’O.T.A.N. en Libye. Et comme mes premières impressions écrites l’affirmaient, il s’agissait effectivement d’un Coup d’État, visant à chasser le colonel Kadhafi du pouvoir, pour y mettre un dirigeant plus conciliant avec ses ressources naturelles et les pays de l’O.T.A.N..

Bien entendu, ce ne sera pas ce que vous entendrez de la part de monsieur Blackburn et de celle des membres conservateurs du gouvernement canadien, ni de l’opposition, qui affirment pour leur part, vouloir se débarrasser d’un homme «anormal», causant une situation «anormale». Arguant que le colonel Kadhafi ait tiré sur son peuple «pacifiste», le ministre conservateur affirme d’ailleurs l’empressement de le chasser du pouvoir et promet que le Canada demeurera en Libye jusqu’à ce que la mission soit accomplie.

Or, il faut préciser que le peuple libyen ne s’est pas levé contre Kadhafi et qu’une seule poignée de combattants, armés jusqu’aux dents, l’a effectivement attaqué. Il ne s’agit pas là donc, de dizaines milliers de combattants tentent de redonner une démocratie à leur peuple, comme les F.A.R.C. en Colombie, mais bien de poches de putchistes, soutenues par les gouvernements de l’Occident, soucieux d’y piller les richesses naturelles. Et pourtant, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie sont jugées «terroristes» par le gouvernement canadien, et le gouvernement antérieur d’Alvaro Uribe, lui, n’a pas chômé à attaquer véritablement, des gens sans arme, des syndicalistes, des membres de l’opposition et parfois, de simples manifestants critiquant sa pseudo-démocratie. Et là, le gouvernement conservateur y a fermé les yeux, serrant la main d’Uribe en guise de soutien idéologique à ses exactions, allant même jusqu’à parler de modèle en Amérique latine.

Sinon, il ne s’agit pas non plus, de victimes comme les Palestiniens, subissant l’hégémonie israélienne de la région, et l’occupation de leur pays. Or, là encore, les conservateurs canadiens y ferment les yeux, après pourtant des milliers de morts durant plusieurs décennies. Les conservateurs n’ont que faire des crimes de guerre de leurs alliés, du fait qu’Israël soit une puissance nucléaire non-avouée ou qu’ils emprisonnent des enfants et les torturent. Les conservateurs, durant leur mandat, ont soutenu l’invasion du Liban par les Israéliens et le meurtre de plus de 1100 de civils libanais, en plus de la destruction des infrastructures du pays. Ils ont aussi appuyé illicitement le largage de phosphore blanc offensif sur la bande de Gaza (crime de guerre), par les forces de Tsahal. Bref, les conservateurs ont appuyé ailleurs, ce qu’ils condamnent en Libye, ou dans les pays qui les émoustillent de leurs richesses naturelles.

Les conservateurs et monsieur Blackburn par conséquent, appuient donc un Coup d’État, pour ne pas dire qu’ils l’orchestrent cette fois, aux côtés des pays criminels de l’O.T.A.N.. Rappelez-vous d’ailleurs, qu’à contresens, les conservateurs canadiens avaient soutenu l’invasion de l’Irak par les forces meurtrières de George Walker Bush Jr., alors que les Canadiens refusaient ce crime, d’ailleurs condamné par la «communauté internationale», via l’O.N.U..

Jean-Pierre Blackburn n’a peut-être pas mesuré ses propos hier soir, à la télévision de l’État, mais il a clairement dit être en faveur d’un Coup d’État et a donc affirmé participer à ce Coup d’État orchestré par les forces occidentales en Libye. Et là encore, à sens inverse, ces pays n’ont rien fait au Yémen, au Barheïn, en Égypte ou en Tunisie, où les manifestations étaient véritablement grandioses à côté de celles de la Libye, où les caméras n’ont «jamais» montré de foule plus nombreuse que quelques milliers de gens, armés jusqu’aux dents. Et la réalité libyenne n’a que faire des prétentions conservatrices, les putchistes ne rêvent pas de démocratie, mais de prendre le pouvoir. Les putchistes sont extrêmement bien armés, et non pacifistes, comme l’affirmaient Lawrence Canon, et de suite, Jean-Pierre Blackburn.

Concrètement, on peut questionner l’authenticité du discours conservateur, mensonger à souhait. On peut également questionner le Coup d’État, puisque l’O.N.U. n’a jamais donné son aval à cette mission, orchestrée par la maison blanche, affaiblie celle-ci, par la chute de ses despotes en Égypte, en Tunisie et un peu partout dans cette région. Certes, la maison blanche a préservé un certain contrôle sur ces territoires, mais elle a senti le besoin de faire tomber un pion ennemi par la bande.

J’aurais donc une question pour monsieur Blackburn, ce putchiste mal déguisé.

Me soutiendrez-vous si je tente de changer le gouvernement états-unien, carabine à l’épaule et RPG à l’autre? Le gouvernement états-unien a fait mille fois plus de morts durant plus d’un siècle, il serait peut-être temps de s’en débarrasser, non?

Autre chose monsieur Blackburn, même si ces avions CF-18 décollent de votre patelin, ils n’en sont pas moins les acteurs d’un Coup d’État.

Dernière chose monsieur Blackburn, si quelqu’un prend les armes contre l’État canadien ou québécois, je compte sur vous pour que vous lui tiriez dessus, comme l’a fait monsieur Kadhafi sur ses propres putchistes, que vous soutenez visiblement. D’ailleurs, vous le feriez. Et les États-Unis d’Amérique le feraient également. En fait, aucun des pays acteurs du Coup d’État en Libye, ne tolèrerait que des hommes armés attaquent leur pouvoir, ils les réprimeraient dans le sang, avec tous les moyens disponibles pour contrer leur menace.

Monsieur Blackburn, vous n’êtes qu’un hypocrite et en tant que Québécois anti-putch, je ne me reconnais pas en vous, ni en les membres de l’opposition canadienne qui vous a appuyé, donc ni en le Bloc Québécois et monsieur Pierre Paquette de Joliette.

Sylvain Guillemette

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Proche-Orient : la contre-révolution d’Obama par Thierry Meyssan

Publié par sylvainguillemette le 18 mars, 2011

Après avoir hésité sur la conduite à tenir face aux révolutions arabes, l’administration Obama a choisi la manière forte pour sauver ceux de ses vassaux qui peuvent l’être encore. Comme par le passé, c’est l’Arabie saoudite qui a été chargée de mener la contre-révolution. Riyad a réussi à faire reconnaître ses pions libyens par la communauté internationale au détriment des insurgés et vient d’envahir le Bahreïn, écrasant dans le sang la révolte populaire.

 

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A la demande du roi Hamad ibn Isa Al-Khalifa et avec le soutien des Etats-Unis, les troupes saoudiennes entrent dans Bahreïn pour y écraser la révolte (14 mars 2011)
A l’issue d’une réunion au palais de l’Elysée avec trois émissaires de la rébellion, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, le jeudi 10 mars 2011, que la France ne reconnaissait plus le régime du colonel Khadafi comme représentant la Libye, mais le Conseil national libyen de transition (CNLT).

Il s’agit là d’un acte contraire à toute la tradition diplomatique française qui, jusqu’à présent, ne reconnaissait pas des gouvernements, mais des Etats. Cette décision fait suite à une autre par laquelle, le 4 décembre 2010, la France a reconnu Alassane Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire en remplacement de Laurent Gbagbo.

Paris, qui a été suivi par la majorité de la Communauté internationale dans le cas ivoirien, espère l’être aussi dans le cas libyen. Il n’échappe cependant à personne que les décisions du président Nicolas Sarkozy n’ont pas été prises dans l’intérêt de la France —dont les entreprises sont chassées de Côte d’Ivoire et ne tarderont pas à l’être de Libye—, mais à la demande expresse des administrations Obama et Netanyahu.

Deux opérations se jouent simultanément : le déplacement du dispositif militaire US du Proche-Orient vers l’Afrique, et le sauvetage des régimes arabes fantoches.

Faire entrer les troupes impériales en Afrique

Ainsi que je n’ai cessé de l’expliquer depuis quatre ans et demi, la victoire de la Résistance libanaise face à Israël à l’été 2006 a mis fin à la stratégie états-unienne de remodelage du « Proche-Orient élargi » (Greater Middle East) [1]. Malgré diverses tentatives, dont la « main tendue » par Barack Obama lors de son discours du Caire [2], Washington n’est pas parvenu à élaborer de stratégie de remplacement. Apparemment tout continue comme avant, mais en réalité les États-Unis se désinvestissent lentement de cette région. Au demeurant, les réserves pétrolières du Proche-Orient étant en déclin alors qu’un investissement militaire massif et coûteux ne rapporte qu’à long terme, Washington a tourné son regard dans d’autres directions.

Après avoir envisagé de se concentrer sur les Caraïbes, c’est sur l’Afrique que l’Empire a jeté son dévolu. Il faut faire vite, car en 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux États-Unis proviendra du continent noir. Définitivement convaincu par les travaux du think tank israélien Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS), Washington a accéléré la création de l’AfriCom. Le véritable pouvoir qui gouverne les États-Unis depuis le coup d’État du 11 septembre 2001 a alors hissé Barack Obama à la Maison-Blanche et le général William E. Ward à l’AfriCom.

On se souvient que le sénateur d’origine kenyanne Barack Obama a travaillé activement à la création de ce dispositif et a entrepris une tournée spéciale en Afrique en août 2006 qui se termina par un débriefing au siège de l’AfriCom à Stuttgart. Il s’était particulièrement occupé des intérêts des firmes pharmaceutiques sur le continent noir et de la préparation de la partition du Soudan [3]. Le général Ward, quand à lui, n’est pas seulement un noir américain, il est aussi l’ancien responsable de l’assistance sécuritaire US à l’Autorité palestinienne, c’est-à-dire le coordinateur de sécurité entre Mahmoud Abbas et Ariel Sharon. Il fut chargé de la mise en œuvre de la « Feuille de route » et du retrait unilatéral des forces israéliennes de Gaza, préalable à la construction du Mur de séparation, à la séparation des Territoires palestiniens en deux (Gaza et la Cisjordanie) et à leur transformation en « bantoustans » distincts.

Le conflit de Côte d’Ivoire, qui oppose Laurent Gbagbo (élu par la majorité des Ivoiriens) à Alessane Ouattara (soutenu par une minorité d’Ivoiriens et par les immigrés burkinabés) amorce le plan de « remodelage de l’Afrique ». Encore faut-il trouver une porte d’entrée pour les troupes impériales, alors que tous les États africains se sont officiellement opposés au déploiement de l’AfriCom sur leur territoire. C’est là que le soulèvement libyen intervient.

La vague de révolte contre l’impérialisme qui agite le monde arabe depuis décembre 2010 a fait tomber le gouvernement de Saad Hariri au Liban, a provoqué la fuite de Zine el-Abbidine Ben Ali hors de Tunisie, la chute d’Hosni Moubarak en Égypte, des troubles au Yémen, à Bahrein et en Arabie saoudite, et des affrontements en Libye. Dans ce pays, le colonel Mouammar Khadafi s’appuie sur les Kadhafa (tribu du Centre) et la majorité des Makarha (tribu de l’Ouest). Il doit faire face à une vaste coalition qui, outre les Warfala (tribu de l’Est), compte aussi bien des monarchistes pro-occidentaux et des intégristes wahhabites que des révolutionnaires communistes ou khomeinistes. Washington a transformé cette insurrection en guerre civile : les mercenaires africains de la société israélienne CST Global sont venus sauver Khadafi [4], tandis que les mercenaires afghans des services secrets saoudiens sont venus appuyer les monarchistes et des groupes islamistes labellisés « Al-Qaeda ».
Outre les combats, la situation provoque une crise humanitaire internationale : en deux semaines, 230 000 immigrés ont fuit le pays (118 000 vers la Tunisie, 107 000 vers l’Égypte, 2 000 vers le Niger, et 4 300 vers l’Algérie).
Cette situation cruelle justifie une nouvelle « guerre humanitaire », selon la terminologie éculée de la communication atlantique.

Le 27 février, les insurgés fondent le Conseil national libyen de transition (CNLT). De son côté, le ministre de la Justice Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil, qui était l’interlocuteur privilégié de l’Empire au sein du gouvernement Kadhafi, se rallie à la révolution et créé un Gouvernement provisoire. Les deux structures fusionnent le 2 mars : l’étiquette CNLT est conservée, mais le Conseil est désormais présidé par Aboud al-Djeleil. En d’autres termes, Washington a réussi à placer son pion à la tête de l’insurrection.

Les premiers débats du CNLT nouvelle formule donnent lieu à de vifs échanges. Les pro-US proposent de faire faire appel à l’ONU pour empêcher les bombardements de l’armée loyaliste, ce que la majorité refuse. Le 5 mars, un diplomate britannique et une escorte de commandos des SAS débarquent par hélicoptère à Benghazi. Ils tentent de rencontrer le CNLT et de le persuader de faire appel au Conseil de sécurité, mais les insurgés refusent toute ingérence étrangère et les expulsent.

Coup de théâtre : Aboud al-Djeleil, qui ne parvient pas à faire évoluer la position du CNLT, le convainc d’instituer un Comité de crise présidé par Mahmoud Djebril. Ce dernier prend position en faveur de la zone d’exclusion aérienne.

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Mahmoud Djebril (ministre de la planification) et Ali Essaoui (ambassadeur en Inde) ont rejoint les insurgés et ont été choisis par les Occidentaux pour représenter la Libye de l’après-Khadafi.

Les agences de presse occidentales s’efforcent de présenter Mahmoud Djebril comme « un intellectuel démocrate » qui réfléchissait depuis longtemps à l’évolution du pays et avait rédigé un projet intitulé Vision libyenne. En réalité, il siégeait aux côtés de son ami al-Djeleil dans le gouvernement Khadafi où il était ministre de la Planification. A l’instar de ce qui s’est passé dans les premiers jours des révolutions tunisienne et égyptienne, des cadres du régime tentent de se désolidariser du dictateur pour rester au pouvoir. Ils croient y parvenir en détournant le processus révolutionnaire et en servant les intérêts impériaux. Les voici maintenant qui agitent le drapeau rouge-noir-vert à l’étoile et au croissant du roi Idriss [5], tandis que Mohammed el-Senoussi, le prétendant au trône, déclare depuis Londres aux chaînes de télévisions saoudiennes qu’« Il est prêt à servir Son peuple ».

Le 7 mars, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, « demande au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye, dont l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne ». Cette déclaration saugrenue dévie le débat du Conseil de sécurité qui, depuis la résolution 1970 [6], cherchait à faire entendre raison au colonel Khadafi en limitant ses déplacements et en gelant ses avoirs. Le CCG reprend au niveau étatique la proposition émise par l’ambassadeur de Libye à l’ONU, déjà rallié au CNLT.

Prétendument à l’initiative de députés, Mahmoud Djebril se rend à Strasbourg pour informer le Parlement européen de la situation dans son pays. Son transport est organisé par l’armée française. Sous l’impulsion du libéral belge Guy Verhofsdat et de l’écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, le Parlement adopte une résolution appelant à une intervention internationale [7].

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy adressent une lettre en sept points au président de l’Union européenne Herman van Rompuy [8]. Ils souhaitent que le Conseil européen extraordinaire reconnaisse le CNLT, soutienne une mise en accusation de Khadafi par le Tribunal pénal international et approuve une intervention militaire internationale. Cependant, leurs demandes sont rejetées [9]. L’Allemagne refuse de s’engager sur un terrain mouvant, tandis que la Bulgarie récuse le CNLT et accuse son président —Aboud al-Djeleil— d’être un criminel impliqué dans les tortures des infirmières bulgares longuement détenues par le régime.

Simultanément, les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent à Bruxelles pour préparer une possible zone d’exclusion aérienne [10].

Le CNTL —que la France a reconnu le 10 mars— remet le 12 mars une lettre au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Le texte reprend la position saoudienne : il demande de « mettre fin à l’effusion de sang par le biais d’une décision imposant une zone d’exclusion aérienne en Libye et en reconnaissant le Conseil national de transition comme représentant de la Libye ». Immédiatement réunis à huis clos au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe récusent la délégation officielle libyenne et reconnaissent le CNTL comme nouvel interlocuteur, puis ils satisfont à sa demande et saisissent le Conseil de sécurité des Nations Unies pour établir la « zone de non-survol ».

Cette décision doit être comprise pour ce qu’elle est : les régimes arabes fantoches, mis en place par les États-Unis et Israël font appel à leurs suzerains pour se maintenir. Le Conseil de sécurité peut décréter une zone d’exclusion aérienne, mais il ne peut pas la faire respecter. La mise en œuvre reviendra à l’OTAN. Ce sont donc les forces impériales, déguisées avec des casques bleus, qui cloueront au sol l’aviation libyenne en bombardant ses aéroports et ses installations fixes et mobiles de missiles sol-air, puis éventuellement, en abattant ses appareils en vol.

La Ligue arabe n’a pas indiqué le détail du vote. Sur 22 États membres, seuls 2 ont voté non : l’Algérie, qui craint la présence de l’OTAN sur sa frontière Est, et la Syrie, qui persiste seule contre tous à résister à l’hégémonie états-unienne et au sionisme. Il est probable que le Liban et d’autres se sont abstenus.

Contrairement à ce que laissent entendre les responsables occidentaux, l’Union africaine n’a jamais souhaité une intervention militaire étrangère. Au contraire, elle l’a explicitement rejetée le 10 mars [11]. Et pour cause : il est clair pour chacun de ses membres que le drame libyen est volontairement amplifié pour servir de prétexte au débarquement massif des forces armées états-uniennes en Afrique.

Sauver les monarchies du Golfe

Dans le Golfe, l’Arabie saoudite est le centre du dispositif impérial. Au début du XXe siècle, cet État a été créé par la famille des Saoud avec l’appui des Britanniques, à l’issue de guerres de conquête extrêmement meurtrières. Avec ses réserves pétrolières —les plus importantes du monde—, il est tombé dans l’orbite états-unienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’accord du Quincy, conclu entre le roi Ibn Saoud et le président Roosevelt, fait obligation aux Saoud d’approvisionner en pétrole les États-Unis et fait obligation aux États-Unis de protéger la famille régnante (et non le pays).

L’Arabie saoudite n’est pas à proprement parler un État et n’a pas de nom, c’est juste la partie d’Arabie appartenant aux Saoud. Ceux-ci la gèrent dans leur intérêt personnel (et celui des États-Unis) et mènent ostensiblement une vie de débauche bien éloignée de l’austérité wahhabite dont ils se réclament. Le roi Ibn Saoud ayant eu 32 épouses et 53 fils, il a été convenu pour limiter les conflits familiaux que la couronne ne se transmettrait pas de père en fils, mais de frère à frère. Son fils aîné étant mort de maladie, c’est son fils cadet, alors âgé de 51 ans, qui lui succéda en 1953. Puis son troisième fils, alors âgé de 60 ans, en 1964, et ainsi de suite. Le roi actuel est âgé de 87 ans, il a récemment subi de lourdes opérations et n’en a probablement plus pour longtemps à vivre. Son frère Sultan, qui devrait lui succéder, est atteint de la maladie d’Alzheimer.

De tout cela, il résulte un régime impopulaire et fragile, qui a déjà failli s’effondrer en 1979. C’est pourquoi aussi bien Riyad que Washington observent avec crainte les insurrections arabes qui le cernent, au Yémen et au Bahreïn.

L’armée saoudienne est déjà présente au Yémen. Avec l’aide de la CIA, elle espère aider le président Ali Abdullah Saleh à mater la révolte. Reste Bahreïn.

Bahreïn est une petite île de la taille de la Micronésie ou de l’île de Man. Au XVIIIe siècle, elle a été prise à la Perse par les Al-Khalifa (des cousins de la famille régnante au Koweït). La monarchie est donc sunnite alors que la population d’origine est arabe chiite. À la différence des autres monarchie du Golfe, son économie n’est pas centrée sur la rente pétrolière. Il y a cependant une forte immigration (environ 40 % de la population totale), principalement venue d’Iran et d’Inde.

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Ian Henderson, tortionnaire au service de Sa Majestée Elizabeth II, a maintenu l’ordre à Bahreïn durant quarante ans.

En 1923, le Bahreïn est tombé dans l’orbite britannique. Londres a déposé l’émir et placé son fils, plus conciliant, sur le trône. Durant les années 50 et 60, nationalistes arabes et communistes tentèrent de libérer le pays. Le Royaume-Uni répondit en dépêchant ses meilleurs spécialistes en répression, dont Ian Henderson, désormais connu comme le « boucher de Bahreïn ». En définitive, le pays retrouva son indépendance en 1971, mais ce fut pour tomber dans l’orbite des États-Unis qui y installèrent leur base militaire navale régionale et y attachèrent la Ve flotte. Les années 80 furent le théâtre de nouveaux troubles, inspirés par l’exemple de la Révolution iranienne. Dans les années 90, l’ensemble des forces d’oppositions s’unirent —à la fois marxistes, nationalistes arabes et khomeinistes— durant une longue intifada.

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Alain Bauer, conseiller de sécurité de Nicolas Sarkozy, a été chargé de réorganiser la police de Bahreïn.

Le calme ne revint qu’en 1999 avec la montée sur le trône du roi Ahmad. Despote éclairé, il institua une Assemblée consultative élue et favorisa l’accès des femmes aux postes à responsabilité, ce qui lui concilia son opposition historique, mais lui aliéna les extrémistes de la minorité sunnite sur laquelle repose son régime.

Depuis le 14 février 2011, des manifestations se succèdent dans l’île. Initialement organisées par le Wefaq, le parti khomeiniste, elles dénonçaient la corruption et le système policier. Il s’agissait de réformer la monarchie et non de l’abolir. Cependant, le succès populaire du mouvement et la brutalité de la répression ont conduit à une rapide radicalisation, malgré une timide tentative d’ouverture du prince héritier [12].

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Le prince Khalil bin Ahmad bin Muhammad Al Khalifa, ministre des Affaires étrangères du royaume de Bahreïn (au centre) et ses amis de l’American Jewish Committee.

La monarchie a perdu sa légitimité après les révélations du resserrement de ses liens avec le mouvement sioniste. Depuis 2007, les Khalifa ont tissé des liens avec l’American Jewish Committee. Selon l’opposition bahreïnie, ils ont été noués par l’entremise d’Alain Bauer, le conseiller du président français chargé de la refonte du système policier bahreïni.

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Le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, est venu le 13 mars 2011 à Manama rencontrer le roi de Bahreïn pour lui apporter le soutien des Etats-Unis. Le lendemain, l’armée saoudienne est entrée dans le royaume pour écraser la rébellion.

Désormais, la plupart des manifestants luttent pour le renversement de la monarchie ; ce qui constitue la ligne rouge à ne pas franchir aux yeux des autres monarchies du Golfe et de leur protecteur états-unien. C’est pourquoi le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, s’est rendu le 13 mars à Manama. Officiellement, il a invité le roi à prendre en compte les réclamations de son peuple et à trouver une issue paisible au conflit. Bien sûr, ce type de conseil ne ressort pas d’un secrétaire à la Défense, mais d’un secrétaire d’État. En réalité, M. Gates est venu conclure le volet politique d’une opération militaire déjà prête.

Le lendemain 14 mars, les cinq autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe ont donné leur accord pour l’activation du « Bouclier de la péninsule », une force d’intervention commune, prévue de longue date pour contenir la possible expansion de la Révolution khomeiniste. Le soir même, 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis sont entrés à Bahreïn.

L’état d’urgence a été décrété pour trois mois. Le peu de libertés qui étaient tolérées ont été suspendues. Le 16 mars à l’aurore, les forces des monarchies coalisées, armées et encadrées par les États-Unis, ont délogé les manifestants des lieux où ils campaient, utilisant des gaz de combat à la place de gaz lacrymogènes, et des tirs à balles réelles. Les autorités reconnaissent plus de 1 000 blessés graves, dont plusieurs centaines par balles, mais uniquement 5 morts, ce qui est un ratio peu crédible.

La Doctrine Obama

Washington a donc tranché. Après avoir tenu un discours lénifiant sur les Droits de l’homme et avoir salué avec un enthousiasme forcé le « printemps arabe », l’administration Obama a choisi la force pour sauver ce qui peut l’être encore.

Comme lorsque les communistes renversèrent la monarchie afghane, c’est le vassal saoudien qui a été chargé par Washington de conduire la contre-révolution. Il a armé une faction de l’opposition libyenne, et a substitué au débat onusien sur des sanctions contre la Libye, le débat sur la création d’une zone d’exclusion aérienne, c’est-à-dire sur l’intervention militaire. Il est intervenu militairement à Bahreïn.

Rien ne distingue la « doctrine Obama » de la « doctrine Brejnev ». En 1968, les chars du Pacte de Varsovie mettaient fin au « printemps de Prague » pour préserver l’Empire soviétique vacillant. En 2011, les blindés saoudiens écrasent le peuple bahreïni pour préserver l’Empire anglo-saxon.

L’opération a été conduite dans le silence assourdissant des médias occidentaux, hypnotisés par les catastrophes naturelles et nucléaires qui frappent le Japon au même moment.

La Révolution française avait dû faire face à l’invasion des monarchies coalisées. La Révolution russe a dû affronter les armées blanches. La Révolution iranienne a dû résister à l’invasion irakienne. La Révolution arabe doit désormais vaincre l’armée saoudienne.

Thierry Meyssan
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Terrorisme international, l’ONU s’active et orchestre un Coup d’État contre Kadhafi

Publié par sylvainguillemette le 18 mars, 2011

Ça y est, l’O.N.U., cette organisation nullement utile (avec ses vétos et ses règles installées par les privilégiés de; tuer, de posséder des ADM, dont des Armes Nucléaire, d’envahir des pays souverains et d’y pratiquer le terrorisme colonial et impérialiste…, les  Coups d’États, les occupations, la torture et la mise en place de dictatures pro-OTAN, etc..), a décidé de frapper la Libye, un pays souverain, et d’y soutenir une faction tribale pour les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise, enfin, ceux des intéressés qui financent toute cette mascarade qu’est l’O.N.U., imposture d’une véritable démocratie internationale potentielle, même en cette ère.

Rappelons que le «Colonel Kadhafi» est soumis à un embargo contre son exportation des armes à travers le monde, alors que deux des pays vendant le plus d’armes à travers le monde siègent au conseil de sécurité de l’O.N.U., dont un (États-Unis d’Amérique) condamne la «méchante Libye» de faire finalement, ce qu’il fait lui-même quotidiennement.

Et certes, les putchs contre son État furent nombreux à l’essai, mais là encore, la plupart, sinon la quasi-totalité, fut orchestrée par les pays membres du Conseil de Sécurité de l’O.N.U., ayant droit de Veto contre des actions similaires prises à l’encontre de leurs propres sbires, dont les fameux régimes de Mubarak et Ben Ali. Bref, les médias traditionnellement conciliants des minorités bourgeoises, dont notre société d’État Radio-Canada, font totalement fi des accusations faites à l’endroit des despotes (Ben Ali, Mubarak, Santos, etc..) alliés aux pays de l’OTAN, dont les États-Unis d’Amérique, et le Canada, comme par hasard. Quand Israël est condamné par toute la planète, Washington use de son droit de Véto pour sauver l’État voyou détenteur d’armes nucléaires, des sanctions promises par la majorité.

«À qui profite le crime?», aurions-nous dû nous poser comme question, il y a de cela belle lurette. Et là, les médias conciliants, et les anciens membres de l’administration George Walker Bush Jr, témoignent sur les ondes de Radio-Canada dans un pseudo-documentaire érigé dans les bureaux de la maison blanche avec des vedettes de l’ancienne administration Bush Jr, que Kadhafi y trouvait intérêt. Étrangement, le bonhomme est le moindre mal historique de l’histoire africaine. C’est le moindre terrifiant des despotes, et les autres, les pires, furent les sbires et comparses des États-Unis d’Amérique, et des autres hypocrites siégeant au Conseil de Sécurité de l’O.N.U., dont heureusement, le Canada n’a pas obtenu siège! Ce torchon plutôt idéologique, que Radio-Canada présentait, accuse Kadhafi de supporter le terrorisme, alors que Washington l’a supporté à travers le monde, et y a même participé plus que les autres nations en le finançant et en entraînant des «Al-Qeada» ici et là à travers le monde. Washington n’a aucune leçon d’humanité à donner, elle a plutôt des comptes à rendre à celle-ci.

On a accusé Kadhafi de devoir vendre son pétrole pour se financer, alors que précisément, les États-Unis d’Amérique ont financé leur impérialisme avec cette merde noire et qu’ils l’ont caché dans les fonds de l’océan quand il devenait gênant (BP-Golfe du Mexique).

On dit également qu’il a besoin de soutien diplomatique, ce méchant Kadhafi, mais qui n’en a pas besoin, contre l’impérialisme des États-Unis d’Amérique?

L’accusation la plus grave à son endroit est certainement celle d’avoir soutenu le terrorisme d’extrême gauche, mais Washington a financé celui de l’extrême droite sans s’en faire accuser et continue de le faire dans les multiples pays de l’Amérique latine, de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, encore là, sans que qui que ce soit n’intervienne contre eux. Les États-Unis d’Amérique ont soutenu le terrorisme, l’ont pratiqué et continueront de le faire tant qu’ils seront maîtres du jeu militaire terrien, ce qui risque de durer quelques années encore, jusqu’à les pays émergeants les renvoient à leur tour, au bas de la pyramide sociale et économique qu’impose le capitalisme.

Bref, l’O.N.U. va aujourd’hui punir Kadhafi pour des crimes que Washington commet tous les ans et que ses comparses commettent également. Israël a massacré plus de 1100 civils libanais en 2006, et plus de 1600 autres, palestiniens ceux-là, en 2008. Israël possède un arsenal nucléaire non déclaré à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, et cela ne semble pas déranger l’O.N.U., ni l’AIEA, qui ferment évidemment les yeux sur les alliés de l’Empire états-unien.

Nous assistons donc, encore une fois, à cette double-mesure, à cette mascarade. Mais cette fois, sous les conservateurs de Stephen Harper au Canada, nous, Canadiens, serons des patents complices de ce Coup d’État et du terrorisme qu’il en découlera. Nos six terroristes pilotes de CF-18, iront appuyer le Coup d’État, du haut des airs, en larguant des armes de destruction massive, des ADM! Et de plus, 150 autres terroristes, des militaires non-précisés (probablement logistiques, ou de terre…), iront appuyer le Coup d’État orchestré par les anglo-saxons, en Libye.

Et contrairement aux attentes de l’électorat canadien, les partis d’opposition appuieront l’intervention canadienne en ce pays souverain, tout en demeurant muet sur les sévices imposés par les États-Unis d’Amérique ou leurs égaux. Ainsi, le terrorisme de l’OTAN ne sera pas puni, ni celui de l’O.N.U., représenté en réalité, par quelques pays élites y siégeant en maîtres.

Et, malgré le mandat de l’O.N.U., clairement spécifiant une zone d’exclusion aérienne, il semble que les pays de l’O.T.A.N. vont aller plus loin que cela, attaquant donc, les troupes au sol de Kadhafi. Bref, les États voyous ne respecteront pas leurs propres règles, comme trop souvent.

Et le pire, selon moi bien entendu, c’est que les médias, dont Radio-Canada, accuse l’O.N.U. d’avoir retardé son intervention illégitime. Or, cette même société d’État fut totalement muette ce genre de répression, contre les États-Unis d’Amérique, qui n’ont pas respecté l’ordre de l’O.N.U., de ne pas envahir l’Irak.

Finalement, nous ne pouvons que conclure que, les règles du jeu international n’ont pas à être respectées de toutes et tous, certains en sont immunisés!

 

Bonne chance Kadhafi! Bonne chance aussi, aux révolutionnaires!

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Lawrence Canon l’inconséquent ou l’hypocrite?

Publié par sylvainguillemette le 21 février, 2011

«Le canada condamne vigoureusement  la répression en Libye, où le pouvoir exerce une  force meurtrière  contre des  manifestants innocents… »

Lawrence Canon, le ministre des affaires étranges du Canada, comme vous le savez, s’aime bien conséquent et successif dans ses idées. Il condamne la violence du régime libyen, oui mais…

Lawrence Canon n’a jamais condamné la répression égyptienne ou tunisienne, avant les évènements de la fin de 2010 et du début de cette année-ci. Bien au contraire, Lawrence Canon soutenait de plein gré les dictatures pro-OTAN et pro-Israël qui sévissaient en ces terres. Il a d’ailleurs rajouté récemment, en ondes avec Sébastien Bovet à RDI (Radio-Canada), qu’il appuierait encore une dictature, tant qu’elle apporterait une stabilité régionale, donc une hégémonie de l’OTAN et par conséquent, d’Israël.

Lawrence Canon n’a jamais condamné le régime colombien d’Alvaro Uribe, qui exerçait et qui continue de le faire sous Santos, une étroite répression contre les journalistes, ou contre les militants syndicalistes ou encore, contre de simples opposants politiques. En décembre 2009 par exemple, on ne dénombrait pas moins de 2000 cadavres dans un charnier découvert en Colombie. Il s’agissait de corps de militants pacifistes, zigouillés par les paramilitaires que financent l’État colombien et états-unien –via la CIA-. Le régime Harper serrait la main de ce régime taché de sang sous Uribe, et continue de le faire sous Santos…

2006, Israël massacre plus de 1100 civils libanais, et répète l’audacieux crime contre les Palestiniens en 2008 (1600 civils), et puis en mai 2010, Tel-Aviv assassine froidement 9 passagers d’un bateau privé dans les eaux internationales de balles derrière la nuque. Non seulement Lawrence Canon ne condamnera pas ce dégoûtant chapitre sioniste, mais il clamera la légitime défense pour toutes ces atrocités, pourtant commises hors du territoire israélien.

Lawrence Canon est si conséquent que lorsqu’il accuse l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, il omet le fait qu’Israël possède déjà cet arsenal nucléaire et que cet État voyou pour sa part, rejette véritablement les agents de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique hors de ses frontières (Ce dont El Baradei se fichait également soit dit en passant…).

Avec un ministre si conséquent, on devrait s’attendre à le voir condamner la torture de ces régimes, mais c’est que monsieur Canon soutient celle de Guantanamo et des régimes qui en ont fait usage, avant les évènements de la Tunisie et de l’Égypte. Par exemple, la Colombie et Israël continuent de torturer leurs prisonniers ennemis, et Canon s’en fiche éperdument, comme il se fichait également des sévices imposés par la dictature de Mubarak ou celle des Ben Ali.

On pourrait également s’attendre à ce qu’il condamne l’embauche d’enfant-soldats en Afrique centrale, mais il devrait alors se départir de certains amis du secteur minier, et rapatrier l’enfant-soldat Omar Khadr arrêté par les États-Unis d’Amérique illégalement …, dans un pays qu’il occupait en bon canadien, à leurs côtés. Omar Khadr ne demande que cela, lui, la conséquence de monsieur Canon, sauf peut-être, en ce cas précis, puisque monsieur Canon n’a jamais condamné la torture de l’enfant-soldat dans des geôles jugées illégales par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique elle-même. En effet Guantanamo échappe à toutes règles internationales, même aux nationales.

En fait, avec les conservateurs au pouvoir au Canada (Rappelons que les Libéraux sont tout aussi complices et que le Bloc a parfois soutenu Israël également… ), on ne peut pas en attendre d’avantage de la part de Lawrence Canon. Les conservateurs sont les amis de ces régimes dictatoriaux qui fléchissent au Proche-Orient, mais ils doivent donner bonne figure et jouer les pare-feu, pour éviter les véritables révolutions dont ils sont effrayés.

La Tunisie, en ce sens, et ce qui se trame en Islande, peuvent bien demeurer  tabous dans les médias de masse, pour être évacués par les masturbations collectives sur des pseudo-révolutions où certes, les pantins sont dépouillés et lynchés, mais où certes également, les tireurs de ficelles demeurent intacts, ni même nommés.

Lawrence Canon n’est pas conséquent ou inconséquent, c’est un menteur, un salaud et un hypocrite.

Doit-on se soucier de la répression exercée par la Libye contre son peuple, contre sa base? Nous, prolétaires, oui! Et nous devons la condamner! Mais pas Lawrence Canon! Pas ce salaud, cet hypocrite!

Lawrence Canon, pour la stabilité du Canada, ne condamnerait peut-être pas une dictature en sol canadien… Serait-il conséquent d’après vous?

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Lawrence Canon l’inconséquent

Publié par sylvainguillemette le 1 février, 2011

Notre ministre canadien des affaires étrangères n’est pas le plus cohérent des hommes politiques du Canada. Il est en fait l’un des plus inconséquents de la branche conservatrice, bien qu’à ce niveau, il y ait une forte compétition.

Lawrence Canon hier, affirmait en point de presse, qu’il n’était pas question pour le Canada de s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de l’Égypte, arguant son manque de mot contre la dictature d’Hosni Mubarak. Il s’est alors contenté de demander des «réformettes démocratiques» ici et là, en bon caniche qu’il est face aux dires de son maître, le président Obama.

Mais en réalité, c’est que le Canada, jusqu’à récemment, appuyait la dictature égyptienne et n’avait rien à branler des sévices qu’enduraient les Égyptiens. D’ailleurs, le Canada était aussi l’ami de la Tunisie des Ben Ali et n’avait rien à branler de cette dictature là non plus, jusqu’à ce que le peuple quémande barre de fer à la main, du changement.

En fait, non seulement le Canada se fichait éperdument que l’Égypte soit sous dictat d’un seul homme et de son armée, qui recevaient rappelons-le, plus d’un milliard de dollars de la maison blanche annuellement (Après Israël, la dictature de Mubarak était la deuxième État voyou de ce monde à recevoir autant de fric de l’Empire états-unien.), mais Ottawa collaborait tout néanmoins étroitement avec ce régime dictatorial, comme d’ailleurs, il collabore encore avec d’autres régimes de cet acabit, ailleurs dans le monde (Colombie, Panama, Singapour, et quelques paradis fiscaux, dont le Ghana, etc..).

En effet, il faut comprendre que la dictature ne gêne aucunement notre ami Canon, qui comme son acolyte états-unien, prône l’arrivée d’El Baradai à titre de suppléant. Les conservateurs et plus particulièrement monsieur Canon, ont cette incapacité à démontrer quelconque cohérence dans leurs dossiers. Ils se disent les champions de la Justice, mais adoptent des positions controversées en défendant l’État voyou d’Israël et ses multiples crimes de guerre et crimes perpétrés contre l’humanité. Ils disent ne pas vouloir que l’État Iranien se dote d’ogive nucléaire, mais en contrepartie, ils n’ont que faire que l’État Hébreu en possède des centaines, secrètement et à l’abri des inspections précisément, de monsieur El Baradai et de l’agence qu’il présidait jusqu’à récemment. Les conservateurs et monsieur Canon se disent contre la torture, mais ils n’ont pas daigné dénoncer celle de l’enfant-soldat canadien Omar Khadr, qu’ils ont eux-mêmes fait torturer à Guantanamo, une prison jugée illégale par la justice états-unienne. Et le Caire torturait aussi sous Mubarak, mais voilà que c’est seulement la semaine dernière, que cela se mit à choquer notre ministre Canon…

En réalité, pris de court, les sbires de la bourgeoisie, jadis copains de la dictature Mubarak, se mettent à trembler devant le tollé populaire et réorganisent leurs cartes en fonction des intérêts du jour. Ils ne cesseront jamais de nous imposer des lois qu’ils ne respectent eux-mêmes pas.

Lawrence Canon est un hypocrite et un dangereux ministre canadien. Il soutient en réalité, sans pouvoir le nier concrètement; les crimes de guerre, les crimes perpétrés contre l’humanité, les Coup d’État des Yankees qui ne cessent de se multiplier, les ADM (quand elles sont chez ses alliés…), la torture et le terrorisme. Lawrence Canon et l’ensemble de ce gouvernement fantoche, qui n’est que l’ombre de l’Empire états-unien, ne mérite plus notre appui, et ne l’a en fait, jamais mérité.

Les conservateurs sont des menteurs et des hypocrites, Lawrence Canon, est l’un des pires du lot.

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Washington face à la colère du peuple tunisien par Thierry Meyssan

Publié par sylvainguillemette le 25 janvier, 2011

Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.

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Le général William Ward —ancien responsable de la répression dans les Territoires palestiniens devenu commandant de l’Africom— lors d’une cérémonie en mai 2010. L’armée tunisienne a été réduite au minimum, mais le pays sert de base arrière aux opérations « anti-terroristes » régionales et dispose de ports indispensables au contrôle de la Méditerranée par l’OTAN.
Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire. 

Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.

Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.

Considéré par Washington comme un Etat d’importance mineure, la Tunisie était utilisée au plan sécuritaire, plus qu’économique. En 1987, un coup d’Etat soft est organisé pour déposer le président Habib Bourguiba au profit de son ministre de l’Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali. Celui-ci est un agent de la CIA formé à la Senior Intelligence School de Fort Holabird. Selon certains éléments récents, l’Italie et l’Algérie auraient été associés à cette prise de pouvoir [1].

Dès son arrivée au Palais de la République, il met en place une Commission militaire jointe avec le Pentagone. Elle se réunit annuellement, en mai. Ben Ali, qui se méfie de l’armée, la maintient dans un rôle marginal et la sous-équipe, à l’exception du Groupe des Forces spéciales qui s’entraîne avec les militaires US et participe au dispositif « anti-terroriste » régional. Les ports de Bizerte, Sfax, Sousse et Tunis sont ouverts aux navires de l’OTAN et, en 2004, la Tunisie s’insère dans le « Dialogue méditerranéen » de l’Alliance.

Washington n’attendant rien de spécial de ce pays au plan économique, il laisse donc les Ben Ali mettre la Tunisie en coupe réglée. Toute entreprise qui se développe est priée de céder 50 % de son capital et les dividendes qui vont avec. Cependant, les choses virent au vinaigre en 2009, lorsque la famille régnante, passée de la gourmandise à la cupidité, entend soumettre aussi les entrepreneurs états-uniens à son racket.

De son côté, le département d’Etat anticipe sur l’inévitable disparition du président. Le dictateur a soigneusement éliminé ses rivaux et ne dispose pas de successeur. Il faut donc imaginer une relève s’il vient à mourir. Une soixantaine de personnalités susceptibles de jouer un rôle politique ultérieur est recrutée. Chacune reçoit une formation de trois mois à Fort Bragg, puis un salaire mensuel [2]. Le temps passe…

Bien que le président Ben Ali poursuive la rhétorique anti-sioniste en vigueur dans le monde musulman, la Tunisie offre diverses facilités à la colonie juive de Palestine. Les Israéliens d’ascendance tunisienne sont autorisés à voyager et à commercer dans le pays. Ariel Sharon est même invité à Tunis.

La révolte

L’immolation par le feu d’un vendeur ambulant, Mohamed el-Bouzazi, le 17 décembre 2010, après que sa charrette et ses produits aient été saisis par la police, donne le signal des premières émeutes. Les habitants de Sidi Bouzid se reconnaissent dans ce drame personnel et se soulèvent. Les affrontements s’étendent à plusieurs régions, puis à la capitale. Le syndicat UGTT et un collectif d’avocats manifestent scellant sans en avoir conscience l’alliance entre classes populaire et bourgeoisie autour d’une organisation structurée.

Le 28 décembre, le président Ben Ali tente de reprendre les choses en main. Il se rend au chevet du jeune Mohamed el-Bouazizi et s’adresse le soir à la Nation. Mais son discours télévisé exprime son aveuglement. Il dénonce les manifestants comme des extrémistes et des agitateurs stipendiés et annonce une répression féroce. Loin de calmer le jeu, son intervention transforme la révolte populaire en insurrection. Le peuple tunisien ne conteste plus simplement l’injustice sociale, mais le pouvoir politique.

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Le producteur Tarak Ben Ammar, propriétaire de Nessma TV et associé de Silvio Berlusconi. Il est l’oncle de Yasmina Torjman, épouse du ministre français de l’Industrie, Eric Besson.
A Washington, on constate que « notre agent Ben Ali » ne maitrise plus rien. Le Conseil de sécurité nationale Jeffrey Feltman [3] et Colin Kahl [4] s’accordent à considérer que le moment est venu de lâcher ce dictateur usé et d’organiser sa succession avant que l’insurrection ne se transforme en authentique révolution, c’est-à-dire en contestation du système. 

Il est décidé de mobiliser des médias, en Tunisie et dans le monde, pour circonscrire l’insurrection. On focalisera l’attention des Tunisiens sur les questions sociales, la corruption des Ben Ali, et la censure de la presse. Tout, pourvu qu’on ne débatte pas des raisons qui ont conduit Washington à installer le dictateur, 23 ans plus tôt, et à le protéger tandis qu’il s’accaparait l’économie nationale.

Le 30 décembre, la chaîne privée Nessma TV défie le régime en diffusant des reportages sur les émeutes et en organisant un débat sur la nécessaire transition démocratique. Nessma TV appartient au groupe italo-tunisien de Tarak Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Le message est parfaitement compris par les indécis : le régime est fissuré.

Simultanément, des experts Etats-uniens (mais aussi Serbes et Allemands) sont envoyés en Tunisie pour canaliser l’insurrection. Ce sont eux qui, surfant sur les émotions collectives, tentent d’imposer des slogans dans les manifestations. Selon la technique des prétendues « révolutions » colorées, élaborée par l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp [5], ils focalisent l’attention sur le dictateur pour éviter tout débat sur l’avenir politique du pays. C’est le mot d’ordre « Ben Ali dégage ! » [6].

Masqué sous le pseudonyme Anonymous, le cyber-escadron de la CIA —déjà utilisé contre le Zimbabwe et l’Iran— hacke des sites officiels tunisiens et y installe un message de menace en anglais.

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(Capture d’écran) Le 2 janvier 2010, le groupe Anonymous (un paravent de la CIA) hacke le site internet officiel du Premier ministre et place un message de menace en anglais sur la page d’accueil. Le logo est celui du Parti pirate international, dont le membre tunisien Slim Amanou sera propulsé par l’ambassade US secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports du « gouvernement d’union nationale ».

L’insurrection

Les Tunisiens continuent spontanément à braver le régime, à descendre en masse dans les rues, et à brûler commissariats de police et magasins appartenant aux Ben Ali. Avec courage, certains d’entre eux payent le prix du sang. Pathétique, le dictateur dépassé se crispe sans comprendre.

Le 13 janvier, il ordonne à l’armée de tirer sur la foule, mais le chef d’état-major de l’armée de terre s’y refuse. Le général Rachid Ammar, qui a été contacté par le commandant de l’Africom, le général William Ward, annonce lui-même au président que Washington lui ordonne de fuir.

En France, le gouvernement Sarkozy n’a pas été prévenu de la décision états-unienne et n’a pas analysé les divers retournements de veste. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, se propose de sauver le dictateur en lui dépêchant des conseillers en maintien de l’ordre et du matériel pour qu’il se maintienne au pouvoir par des procédés plus propres [7]. Un avion cargo est affrété le vendredi 14. Lorsque les formalités de dédouanement sont finies à Paris, il est trop tard : Ben Ali n’a plus besoin d’aide, il a déjà pris la fuite.

Ses amis d’hier, à Washington et Tel-Aviv, Paris et Rome, lui refusent l’asile. Il échoue à Riyad. Il aurait emporté avec lui 1,5 tonne d’or volée au Trésor public, ce que démentent les autorités encore en place.

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Marketing : le logo de la « Jasmine Revolution » apparaît au moment exact de la fuite de Ben Ali. Au centre, on reconnaît le poing levé, symbole ex-communiste utilisé dans toutes les « révolutions » colorées depuis Otpor en Serbie. Vu de Washington, l’important est d’affirmer que les événements sont finis et qu’ils s’inscrivent dans une dynamique internationale libérale. Aussi, le titre est-il inscrit en anglais et le drapeau tunisien est-il réduit à une simple fioriture sur la lettre R.

Du jasmin pour calmer les Tunisiens

Les conseillers en communication stratégique US tentent alors de siffler la fin de la partie, tandis que le Premier ministre sortant compose un gouvernement de continuité. C’est là que les agences de presse lancent l’appellation « Jasmine Revolution » (en anglais s’il vous plaît). Les Tunisiens assurent-elles viennent de réaliser leur « révolution colorée ». Un gouvernement d’union nationale est constitué. Tout est bien qui finit bien.

L’expression « Jasmine Revolution » laisse un goût amer aux Tunisiens les plus âgés : c’est celle que la CIA avait déjà utilisée pour communiquer lors du coup d’Etat de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.

La presse occidentale —désormais mieux contrôlée par l’Empire que la presse tunisienne— découvre la fortune mal acquise des Ben Ali quelle ignorait jusque là. On oublie le satisfecit accordé par le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn aux gestionnaires du pays quelques mois après les émeutes de la faim [8]. Et on oublie le dernier rapport de Transparency International qui affirmait que la Tunisie était moins corrompue que des Etats de l’Union européenne comme l’Italie, la Roumanie et la Grèce [9].

Les miliciens du régime, qui avaient semé la terreur parmi les civils durant les émeutes les obligeant à s’organiser en comités d’auto-défense, disparaissent dans la nuit.

Les Tunisiens que l’on pense dépolitisés et manipulables après des années de dictature s’avèrent fort matures. Ils constatent que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, c’est « du benalisme sans Ben Ali ». Malgré quelques ravalements de façade, les caciques du parti unique (RCD) conservent les ministères régaliens. Les syndicalistes de l’UGTT, refusent de s’associer à la manip états-unienne et démissionnent des postes qu’on leur a attribués.

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Ahmed Néjib Chebbi, un opposant « Made in USA ».
Outre les inamovibles membres du RCD, il reste des gadgets médiatiques et des agents de la CIA. Par la grâce du producteur Tarak Ben Amar (le patron de Nessma TV), la réalisatrice Moufida Tlati devient ministre de la Culture. Moins show-bizz, plus significatif, Ahmed Néjib Chebbi, un pion de la National Endowment for Democracy, devient ministre du Développement régional. Ou encore, l’obscur Slim Amanou, un bloggeur rompu aux méthodes de l’Albert Einstein Institute, devient secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports au nom du fantomatique Parti pirate relié à l’auto-proclamé groupe Anonymous.
Bien entendu, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas sollicité le Parti communiste pour faire partie de ce soi-disant « gouvernement d’union nationale ». 

A l’inverse, on prépare le retour de Londres, où il avait obtenu l’asile politique, du leader historique du Parti de la Renaissance (Ennahda), Rached Ghannouchi. Islamiste ex-salafiste, il prêche la compatibilité de l’islam et de la démocratie et prépare depuis longtemps un rapprochement avec le Parti démocrate progressiste de son ami Ahmed Néjib Chebbi, un social-démocrate ex-marxiste. Dans le cas d’un échec du « gouvernement d’union nationale », ce tandem pro-US pourrait fournir une illusion de rechange.

Une nouvelle fois, les Tunisiens se soulèvent, élargissant eux-mêmes le mot d’ordre qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Dans les communes et les entreprises, ils chassent eux-mêmes les collaborateurs du régime déchu.

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Le vrai siège du pouvoir n’est plus au Palais de la République, mais à l’ambassade des Etats-Unis. C’est ici que l’on a composé le gouvernement Ghannouchi. Située hors de Tunis, dans un vaste campus barricadé, l’ambassade est un gigantesque blockhaus hautement sécurisé qui abrite les postes centraux de la CIA et du MEPI pour l’Afrique du Nord et une partie du Levant.

Vers la Révolution ?

Contrairement à ce qui a été dit par la presse occidentale, l’insurrection n’est pas encore terminée et la Révolution n’a pas encore commencé. Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle.

Thierry Meyssan

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Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri par Thierry Meyssan

Publié par sylvainguillemette le 5 décembre, 2010

Alors que la presse occidentale annonce l’imminente inculpation de dirigeants du Hezbollah par le Tribunal spécial pour le Liban, la revue russe Odnako remet en cause l’ensemble de l’enquête réalisée par les Nations Unies. Selon Thierry Meyssan, l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri aurait été assassiné avec une arme fournie par l’Allemagne. L’ancien procureur allemand et premier responsable de l’enquête onusienne, Detlev Mehlis, aurait falsifié un indice pour masquer la responsabilité de son pays. Ces révélations embarrassent le Tribunal et renversent la donne au Liban.

Les multiples conflits du Proche-Orient se cristallisent désormais autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La paix et la guerre dépendent de lui. Pour les uns, il doit permettre de démanteler le Hezbollah, de soumettre la Résistance et d’instaurer la Pax Americana. Pour les autres, il bafoue le droit et la vérité pour assurer le triomphe d’un nouvel ordre colonial dans la région.

Ce tribunal a été créé, le 30 mai 2007, par la Résolution 1757 du Conseil de sécurité pour juger les commanditaires supposés de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Dans le contexte de l’époque, cela signifiait ni plus, ni moins, juger les présidents syrien et libanais en exercice Bachar el-Assad et Emile Lahoud, les bêtes noires des néoconservateurs. Cependant il s’avéra que cette piste ne reposait sur aucun élément concret et qu’elle avait été alimentée par de faux témoins. N’ayant plus personne à juger, le Tribunal aurait pu disparaître dans les limbes de la bureaucratie lorsqu’un coup de théâtre le plaça à nouveau au cœur des conflits politiques régionaux. Le 23 mai 2009, le journaliste atlantiste Erich Follath révéla dans le Spiegel Online que le procureur s’apprêtait à inculper de nouveaux suspects : des dirigeants militaires du Hezbollah. Depuis 18 mois, son secrétaire général, Hassan Nasrallah clame l’innocence de son parti. Il affirme que cette procédure vise en réalité à décapiter la Résistance pour offrir la région à l’armée israélienne. De son côté, l’administration états-unienne se pose soudain en défenseur du droit et assure que nul ne saurait se soustraire à la Justice internationale.

Quoi qu’il en soit, la mise en accusation —que tous s’accordent à dire imminente— de leaders chiites pour l’assassinat d’un leader sunnite est de nature à enflammer la fitna, c’est-à-dire la guerre civile musulmane, plongeant la région dans de nouveaux soubresauts sanglants.

En visite officielle à Moscou, les 15 et 16 novembre, Saad Hariri —actuel Premier ministre et fils du défunt— a répété que la politisation du tribunal risquait d’enflammer une nouvelle fois son pays. Le président Medvedev lui a répondu que la Russie voulait que la Justice passe et réprouvait tout effort pour discréditer, affaiblir ou retarder le travail du tribunal. Cette position de principe repose sur la confiance accordée a priori par le Kremlin au TSL. Or celle-ci sera sûrement ébranlée par les révélations d’Odnako.

En effet, nous avons souhaité faire le point sur l’assassinat de Rafiq Hariri. Les éléments que nous avons découverts font apparaître une nouvelle piste dont on se demande pourquoi elle n’a jamais été explorée jusqu’ici. Au cours de notre longue enquête, nous avons rencontré de nombreux protagonistes, trop sans doute, de sorte que nos investigations se sont ébruitées et ont affolé ceux pour qui la piste de la Résistance armée libanaise est une bonne aubaine. Tentant de nous intimider, le Jerusalem Post a lancé une attaque préventive, le 18 octobre, sous la forme d’un long article consacré à notre travail. De manière purement diffamatoire, il y accuse l’auteur de cet article d’être payé un million de dollars par l’Iran pour disculper le Hezbollah.

Venons-en aux faits, le convoi de Rafiq Hariri a été attaqué à Beyrouth le 14 février 2005. L’attentat à fait vingt-trois morts et une centaine de blessés. Un rapport préliminaire diligenté par le Conseil de sécurité souligne les réactions peu professionnelles des policiers et magistrats libanais. Pour y pallier le Conseil missionne ses propres enquêteurs et leur fournit des moyens très importants dont le Liban ne dispose pas. Dès le départ de ces investigations, il a été admis que l’attentat avait été perpétré par un kamikaze qui conduisait un camionnette bourrée d’explosifs.

La commission des Nations unies ayant été créée pour apporter le professionnalisme qui manquait aux Libanais, on s’attend à ce qu’elle ait suivi scrupuleusement les procédures criminelles classiques. Or, il n’en est rien. L’analyse de la scène du crime, en se basant sur sa topographie qui est intacte et sur les photos et vidéos du jour, n’a pas été réalisée en détail. Les victimes n’ont pas été exhumées et autopsiées. Pendant longtemps, rien n’a été entrepris pour vérifier le modus operandi. Après avoir écarté l’hypothèse d’une bombe enfouie dans le sol, les enquêteurs ont considéré comme certaine la version de la camionnette sans la vérifier.

Pourtant, cette version est impossible : chacun peut observer sur la scène du crime un profond et vaste cratère qu’une explosion en surface ne peut creuser. Devant l’insistance des experts suisses qui refusent d’avaliser la version officielle, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a procédé à une reconstitution à huis clos, le 19 octobre dernier. Elle ne s’est pas tenue au Liban, ni même aux Pays-Bas où siège le TSL, mais en France, un des principaux Etats à financer le Tribunal. Les bâtiments de la scène du crime y ont été reconstruits et de la terre de Beyrouth y a été transportée. Le convoi a été reconstitué y compris avec une voiture blindée. Il s’agissait de démontrer que la hauteur des immeubles en béton avait confiné l’explosion, de sorte que le souffle avait pu creuser le cratère. Les résultats de cette coûteuse expérience n’ont pas été divulgués.

 

Ce qui frappe en regardant les photos et les vidéos prises juste après l’attentat, c’est d’abord l’incendie. Partout des carcasses de voiture et des objets de toutes sortes brûlent. Puis, ce sont les corps des victimes : ils sont carbonisés d’un côté et intacts de l’autre. C’est très étonnant et cela n’a rien à voir avec ce que provoquent des explosifs classiques.

La théorie d’un mélange de RDX, PETN et TNT dans la camionnette du kamikaze n’explique pas ces dégâts.

Si l’on observe de près les photos du cadavre de Rafiq Hariri, on remarque d’étranges détails : sa riche montre en or massif a fondu sur son poignet, au contraire, le col en tissu raffiné de sa chemise de luxe est intact autour de son cou.

Que s’est-il donc passé ?

L’explosion a dégagé un souffle d’une chaleur exceptionnellement intense et d’une durée exceptionnellement brève. Ainsi, les chairs exposées au souffle ont été instantanément carbonisées, tandis que l’envers des corps n’a pas été brûlé.

Les objets à forte densité (comme la montre en or) ont absorbé cette chaleur et ont été détruits. Au contraire, les objets à faible densité (comme le linge fin du col de chemise) n’ont pas eu le temps d’absorber la chaleur et n’ont donc pas été touchés.

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La dépouille de Rafiq Hariri.

Sur les vidéos, on voit également que des membres de certains cadavres ont été sectionnés par l’explosion. Curieusement, les coupes sont nettes, comme s’il s’agissait de statues de calcaire. On ne voit pas d’os brisés et proéminents, ni de chairs arrachées. C’est que l’explosion a absorbé l’oxygène et déshydraté les corps qui sont devenus friables. Plusieurs témoins, présents à proximité de l’attentat, ont d’ailleurs fait état de troubles respiratoires dans les heures qui suivirent. A tort, les autorités ont interprété cela comme la somatisation d’un traumatisme psychologique.

Ces constatations sont le b. a.-ba de toute enquête criminelle. Il fallait commencer par cela, mais elles ne figurent pas dans les rapports des « professionnels » au Conseil de sécurité.

Lorsque nous avons demandé à des spécialistes militaires quels explosifs pouvaient provoquer ces dégâts, ils ont évoqué un nouveau type d’arme qui fait l’objet de recherches depuis des décennies et de compte rendus dans des revues scientifiques. En combinant des connaissances nucléaires et nanotechnologiques, on parvient à créer une explosion dont on contrôle précisément la puissance. On programme l’arme pour qu’elle détruise tout dans un périmètre donné, calculé au centimètre près.

Toujours selon nos spécialistes militaires, cette arme provoque aussi d’autres dégâts : elle exerce une forte pression sur la zone de l’explosion. Lorsque celle-ci s’interrompt, les objets les plus lourds sont projetés vers le haut. Ainsi, des voitures se sont élevées dans les airs.

Un détail ne trompe pas : cette arme utilise une nano quantité d’uranium enrichi dont les radiations sont mesurables. Or, un passager de la voiture blindée de Rafiq Hariri a survécu. L’ancien ministre Bassel Fleyhan a été transporté dans un prestigieux hôpital militaire français pour y être soigné. Les médecins ont constaté avec étonnement qu’il avait été en contact avec de l’uranium enrichi. Personne n’a fait le lien avec l’attentat.

Techniquement, cette arme prend la forme d’un petit missile de quelques dizaines de centimètres de long. Il doit être tiré depuis un drone. En effet, plusieurs témoins ont assuré avoir entendu un aéronef survolant la scène du crime. C’est pourquoi les enquêteurs ont demandé aux Etats-Unis et à Israël qui disposent de satellites d’observation positionnés en permanence de leur transmettre les clichés dont ils disposent. Les Etats-Unis avaient également déployé des avions AWACS sur le Liban ce jour-là. Ces enregistrements permettraient de vérifier la présence d’un drone et peut-être même de suivre son trajet. Mais Washington et Tel-Aviv —qui ne cessent d’exiger la coopération judiciaire de tous avec le TSL— ont refusé ce service.

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Le Hezbollah a intercepté et publié des vidéos des drones israéliens effectuant des repérages des habitudes de Rafiq Hariri et de la scène du crime.

Lors d’une conférence de presse, le 10 août dernier, Hassan Nasrallah a projeté des vidéos tournées selon lui par des drones israéliens et interceptées par son organisation. Ils auraient observé durant des mois les déplacements de Rafiq Hariri, avant de concentrer leur surveillance sur le virage où l’attentat a eu lieu. Tel-Aviv aurait donc réalisé les repérages préalables à l’assassinat. Ce qui, ainsi que le souligne M. Nasrallah, ne veut pas dire qu’il l’ait perpétré.

Qui donc a tiré le missile ?

C’est là que les choses se compliquent. Selon les experts militaires, en 2005, seule l’Allemagne était parvenue à maîtriser cette nouvelle technologie. C’est donc Berlin qui aurait fourni et programmé l’arme du crime.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’ancien procureur berlinois Detlev Mehlis —un magistrat très controversé au sein de sa profession— a tenu à présider la Commission d’enquête onusienne. Il est en effet notoirement lié aux services secrets allemands et états-uniens. Chargé en 1986 d’élucider l’attentat contre la discothèque berlinoise La Belle, il n’avait pas hésité à masquer les implications israélienne et états-unienne pour accuser mensongèrement la Libye et justifier le bombardement du palais de Mouammar Khadafi par l’US Air Force. Au début des années 2000, M. Mehlis a été grassement rémunéré comme chercheur par le Washington Institute for Near East Policy (le think-tank du lobby pro-israélien AIPAC) et par la Rand Corporation (le think-tank du complexe militaro-industriel états-unien). Autant d’éléments qui jettent un doute sur son impartialité dans l’affaire Hariri et auraient dû le faire récuser.

Mehlis était assisté du commissaire Gehrard Lehmann. Cet officier est lui aussi un agent notoire des services secrets allemands et états-unien. Il a été reconnu formellement par un témoin comme participant au programme d’enlèvement, de séquestration et de tortures, mis en place en Europe par l’administration Bush. Son nom est cité dans le rapport ad hoc du Conseil de l’Europe. Cependant, il a échappé à toute poursuite judiciaire grâce à un alibi aussi solide que peu crédible, fourni part ses collègues de la police allemande.

Mehlis et Lehmann ont promu la thèse du kamikaze et de sa camionnette bourrée d’explosifs afin d’écarter toute investigation sur l’arme allemande qui a servi à commettre le crime.

Des échantillons de terre ont été prélevés sur la scène du crime. Après avoir été mélangés, ils ont été divisés en trois bocaux qui ont été envoyés à trois laboratoires différents. Les deux premières analyses n’ont trouvé aucune trace d’explosif. Le troisième bocal a été pris par Mehlis et Lehmann, et envoyé par leur soin au troisième laboratoire. Celui-ci y a trouvé les traces d’explosifs recherchés. En principe, si l’on décide de recourir à trois experts judiciaires, c’est qu’en cas de désaccord entre eux, on se reportera à l’avis majoritaire. Que nenni ! Mehlis et Lehmann ont violé les protocoles. Ils ont considéré que seul leur bocal était fiable et ont emmené le Conseil de sécurité sur une fausse piste.

Le caractère profondément malhonnête des investigations du duo Mehlis-Lehman n’a plus besoin d’être démontré. Leurs successeurs l’ont reconnu à demi-mots et ont annulé des pans entiers de procédure.

Parmi leurs manipulations, la plus célèbre est celle des faux témoins. Cinq individus ont prétendu avoir été témoins de la préparation de l’attentat et ont mis en cause les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud. Alors que ces imputations faisaient chauffer le chaudron de la guerre, leurs avocats démontrèrent qu’ils mentaient et l’accusation se dégonfla.

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Le président de la Commission d’enquête de l’ONU, Detlev Mehlis, a violé les règles de procédure pénale, fabriqué de fausses preuves et utilisé de faux témoignages, pour disculper l’Allemagne et accuser la Syrie.

Sur la base de ces faux témoignages, Detlev Mehlis arrêta, au nom de la Communauté internationale, quatre généraux libanais et les fit incarcérer durant quatre ans. Pénétrant avec ses cow-boys au domicile de chacun, sans mandat de la justice libanaise, il interpella également les membres de leur entourage. Avec ses assistants —qui s’expriment entre eux en hébreu— il tenta de manipuler les familles. Ainsi, au nom de la Communauté internationale, il présenta des photos truquées à l’épouse d’un des généraux pour le convaincre que son mari non seulement lui cachait son implication dans le meurtre, mais la trompait. Simultanément, il tenta une manoeuvre similaire auprès du fils du « suspect », mais cette fois pour essayer de le convaincre que sa mère était une femme légère et que son père, désespéré, venait de sombrer dans une sorte de folie meurtrière. L’objectif était de provoquer un crime d’honneur au sein de la famille et de ternir ainsi l’image de gens respectables et respectés.

Plus incroyable encore, Lehmann proposa à un des quatre généraux incarcérés de le libérer s’il acceptait de porter un faux témoignage contre un dirigeant syrien.

Par ailleurs, le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel mit en évidence un détail troublant : il était impossible de provoquer l’explosion avec une télécommande ou d’utiliser une balise sur la cible sauf à désactiver le puissant système de brouillage dont le convoi de Rafiq Hariri était équipé. Un système parmi les plus sophistiqués au monde, fabriqué… en Israël.

Külbel fut sollicité par un militant pro-palestinien connu, le professeur Said Dudin, pour promouvoir son livre. Mais Dudin, en multipliant les déclarations outrancières, s’appliqua surtout à le saboter. Külbel, ancien officier de police criminelle d’Allemagne de l’Est, ne tarda pas à découvrir que Dudin était connu de longue date pour être un agent de la CIA infiltré dans la gauche allemande. Il publia d’anciens rapports est-allemands attestant du fait et fut alors condamné pour divulgation illégale de documents et brièvement incarcéré ; tandis que Dudin s’installait à l’ambassade d’Allemagne à Beyrouth et tentait d’infiltrer les familles des quatre généraux.

Passé inaperçu au Proche-Orient le rôle de l’Allemagne dans cette région doit être souligné. La chancelière Angela Merkel a envoyé un contingent très important pour participer à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) après la guerre entreprise par Israël contre le pays du Cèdre à l’été 2006. Les 2 400 soldats allemands contrôlent de dispositif maritime pour empêcher l’approvisionnement en armes de la Résistance via la Méditerranée. A cette occasion, Mme Merkel a déclaré que la mission de l’armée allemande était de défendre Israël. Ce discours a provoqué un vent de fronde parmi les officiers. Par centaines, ils lui ont écrit pour lui rappeler s’être engagés pour défendre leur patrie et non un Etat étranger, fusse t-il allié.

Fait sans précédent, le 17 mars 2008 à Jérusalem et le 18 janvier 2010 à Berlin, les gouvernements allemand et israélien ont tenu un conseil des ministres commun. Ils y ont adopté des programmes divers, notamment en matière de défense. A ce stade, il n’y a plus beaucoup de secrets entre Tsahal et la Bundeswehr.

L’enquête de Detlev Mehlis a sombré non seulement dans le ridicule des faux témoins, mais dans l’illégalité de l’arrestation des quatre généraux. Au point que le Groupe de travail sur les détentions arbitraires du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est intervenu pour condamner fermement cet excès de pouvoir.

Toutefois, l’opprobre qui frappe le travail de M. Mehlis ne doit pas éclabousser le Tribunal spécial pour le Liban qui n’est aucunement responsable de ses manipulations. Mais, là encore, les choses se compliquent. La crédibilité du TSL dépend de sa capacité à réprimer en premier lieu tous ceux qui ont tenté de masquer la vérité et d’accuser mensongèrement les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud pour provoquer une guerre. Or, le Tribunal refuse de juger les faux témoins, donnant l’impression qu’il couvre les manipulations de la période Mehlis et poursuit des objectifs politiques similaires (cette fois contre le Hezbollah, peut-être demain contre d’autres). Pis, le Tribunal refuse de remettre, à Jamil Sayyed (un des quatre généraux illégalement emprisonné), les procès-verbaux d’audition des personnes qui l’ont accusé, lui interdisant ainsi de demander réparation et donnant l’impression qu’il couvre quatre années de détention arbitraire.

De manière plus prosaïque, le Tribunal fuit ses responsabilités. D’un côté, il doit juger les faux témoins pour dissuader de nouvelles manipulations et pour manifester son impartialité ; d’un autre il ne veut pas se lancer dans une opération « mains propres » au cours de laquelle il lui faudrait peut-être arrêter le procureur Mehlis. Cependant, les révélations d’Odnako sur la piste allemande rendent cette stratégie intenable. D’autant qu’il est déjà bien tard : le général Jamil Sayyed a déposé une plainte en Syrie et un juge d’instruction syrien a déjà inculpé le procureur Detlev Mehlis, le commissaire Gerhard Lehman et les cinq faux témoins. On imagine la confusion qui s’abattra sur le TSL si la Syrie saisit Interpol pour les faire arrêter.

De même que la commission Mehlis devait apporter le professionnalisme qui manquait aux forces de l’ordre libanaises, de même le TSL devait apporter l’impartialité qui risquait de faire défaut aux juridictions libanaises. On est loin du compte et ceci soulève la question de la légitimité de cette institution.

Kofi Annan souhaitait que le Tribunal pour le Liban ne soit pas une juridiction internationale, mais un tribunal national libanais à caractère international. Il aurait été régi par le droit libanais tout en étant composé pour moitié de juges internationaux. Cela n’a pas été possible car la négociation a tourné court. Ou plutôt, un accord a été trouvé avec le gouvernement libanais de l’époque, présidé par Fouad Siniora, l’ancien fondé de pouvoir des entreprises Hariri, mais n’a pas été ratifié ni par le Parlement, ni par le président de la République. Du coup, cet accord a été avalisé unilatéralement par le Conseil de sécurité (Résolution 1757 du 30 mai 2007). Par conséquent, le TSL est hybride et fragile.

Ainsi que l’a précisé Kofi Annan, ce tribunal n’est comparable à aucun des tribunaux mis en place jusqu’ici par les Nations Unies. « Il n’est pas un organe subsidiaire de l’ONU, ni un élément de l’appareil judiciaire libanais », c’est tout juste « un organe conventionnel » entre l’exécutif des Nations Unies et l’exécutif libanais. Si l’on se réfère à l’exigence internationale de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la Justice face à l’Exécutif, on ne peut pas considérer le TSL comme un véritable tribunal, juste comme une commission disciplinaire conjointe des exécutifs libano-onusiens. Quelque soient ses décisions, elles seront donc frappées de suspicion.

Pis, à tout moment, n’importe quel gouvernement libanais peut y mettre fin, puisque l’accord n’ayant pas été ratifié n’engageait que l’ancien gouvernement. Du coup, l’actuel gouvernement de coalition libanais s’est transformé en champ de bataille entre partisans et adversaires du tribunal. Tentant de préserver la stabilité gouvernementale, le président de la République, Michel Sleimane, dissuade semaine après semaine le Conseil des ministres de passer au vote sur toute question relative au TSL. Ce barrage ne tiendra pas éternellement.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, la suspicion atteint maintenant le président du TSL, Antonio Cassese. Ce spécialiste réputé du droit international fut président du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie. Or M. Cassese est un fervent partisan de la colonisation juive de la Palestine. Ami personnel d’Elie Wiesel, il a reçu et accepté un prix honorifique de sa main. Il aurait donc dû se récuser et démissionner lorsque Hassan Nasrallah a révélé que des drones israéliens avaient repéré durant des mois les habitudes de la victime et la scène du crime.

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Selon le président du Tribunal spécial pour le Liban, Antonio Cassese, la Résistance armée en Palestine, Liban, Irak et Afghanistan doit être jugée pour « terrorisme ».

Plus grave, le juge Cassese incarne une conception du droit international qui fait clivage au Proche-Orient. Bien qu’il ait retiré ce point de son curriculum vitae officiel, il participa en 2005 aux négociations entre les Etats membres de l’Union européenne et ceux de la Méditerranée (« Processus de Barcelone »). Sa définition du terrorisme bloqua les discussions. Selon lui, le terrorisme est exclusivement le fait d’individus ou de groupes privés, jamais d’Etats. Il s’ensuit que la lutte contre une armée d’occupation ne saurait être considérée comme de la « résistance », mais comme du « terrorisme ». Dans le contexte local, cette position juridique relève de l’ordre colonial et disqualifie le TSL.

Les méthodes du Tribunal spécial ne diffèrent guère de celles de la Commission Mehlis. Ses enquêteurs ont collecté des fichiers de masse : sur les étudiants libanais, les bénéficiaires de la Sécurité sociale, les abonnés d’Electricité du Liban et de l’Office des eaux. Le 27 octobre, ils ont même tenté, hors de la présence de magistrats libanais, de s’emparer par la force des dossiers médicaux d’une clinique gynécologique fréquentée par les épouses de membres du Hezbollah. Toutes ces investigations sont évidemment sans lien avec l’assassinat de Rafiq Hariri. Tout porte les Libanais à croire que ces informations sont destinées à Israël dont le TSL n’est à leurs yeux qu’une simple émanation.

Tous ces problèmes avaient été parfaitement anticipés par le président Poutine qui avait vainement proposé, en 2007, une autre rédaction de la résolution instituant le Tribunal spécial. L’ambassadeur Vitaly Churkin avait dénoncé les « lacunes juridiques » du système. Il s’était indigné que le Conseil de sécurité menace de recourir à la force (Chapitre VII) pour créer unilatéralement cet « organe conventionnel ». Il avait souligné que le Tribunal devait œuvrer à la réconciliation des Libanais, mais était conçu de sorte qu’il les opposerait un peu plus. En définitive, la Russie — comme la Chine— avait refusé d’approuver la Résolution 1757.

Reste que la vérité émerge peu à peu. Les interceptions de vidéos de drones israéliens, rendues publiques par le Hezbollah, montrent une préparation israélienne du crime. Les faits révélés par Odnako montrent l’usage d’une arme allemande sophistiquée. Le puzzle est presque complet.

 

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