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Vu de Washington, l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli, Gene A. Cretz sera le « gouverneur de la Libye libre »
Alors que les télévisions atlantistes annoncent la chute imminente de Mouammar Kadhafi, Thierry Meyssan —présent à Tripoli— dénonce une intoxication. Selon lui, la guerre est autant psychologique que militaire. Les mensonges de la propagande visent à provoquer l’implosion de l’État libyen, l’objectif final n’étant plus de gouverner le pays, mais au contraire d’y installer le « chaos constructeur » au détriment de la population civile, afin de débuter le « remodelage de l’Afrique du Nord ». On a pu observer au cours des derniers jours un changement tactique important de l’OTAN. En plusieurs zones loyales au gouvernement, l’Alliance a bombardé des checkpoints, créant de la confusion, pour larguer un peu plus loin des armes à des cellules rebelles dormantes, ou à des commandos de Forces spéciales infiltrés. Ces opérations ont échoué, et les armes —derniers modèles— ont été récupérées par l’armée libyenne. Mais à n’en pas douter, l’OTAN perfectionnera sa méthode et parviendra ultérieurement à la mettre en œuvre. Cette innovation tactique montre qu’il ne s’agit plus de favoriser un soulèvement populaire contre « le régime de Kadhafi », mais d’inciter à la guerre civile. Ne croyez pas un mot de ce que vous disent les télévisions satellitaires de la Coalition. À titre d’exemple, au moment où j’écris ces lignes [samedi 20 août après-midi], elles viennent d’annoncer qu’une unité de l’armée s’est mutinée et a pris le contrôle de l’aéroport ; que l’on se bat dans la capitale et que des chars ont été déployés. C’est de la pure invention. Prenez plutôt comme source d’information les télévisions satellitaires d’États ne participant pas au conflit : la chaîne latino-américaine TeleSur ou la chaîne iranienne PressTV qui, depuis le départ de Russia Today, sont les seules sur place à rendre compte objectivement des événements. La propagande atlantiste nous assure, à longueur de journée, que les rebelles progressent, qu’ils ont pris tel ou tel village « stratégique », et que « les jours de Kadhafi sont comptés ». Combien de fois nous ont-ils annoncé que Kadhafi avait fuit au Venezuela ou s’était suicidé ? Dernier avatar de cette guerre psychologique l’annonce faite par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de la nécessité d’évacuer au plus vite 600 000 travailleurs étrangers avant l’inévitable bain de sang ; une déclaration sans fondement, destinée à semer la panique. L’OIM ne ressort pas des agences des Nations Unies. Elle est dirigée par l’ambassadeur US William Lacy Swing, tristement célèbre en Haïti. En réalité, l’OTAN a pris acte de son enlisement et ne vise plus une solution militaire classique. Sa tactique est désormais conçue pour appuyer une action politique souterraine visant à provoquer une dislocation de l’État. L’idée est que les Libyens prêts à soutenir le CNT se comptent en dizaines ou en centaines de milliers, tandis que ceux qui soutiennent le gouvernement se comptent par millions. Dès lors, il est illusoire de penser que les « rebelles » pourront contrôler le pays à court ou moyen terme. Contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas tant les rebelles qui se battent contre l’armée libyenne et ses réservistes, c’est l’OTAN. Le schéma est désormais bien rôdé : des hélicoptères Apache investissent une localité en mitraillant tout ce qui bouge. La population fuit et l’armée se retire. Les « rebelles » investissent alors la bourgade. Ils hissent le drapeau monarchiste devant les caméras de CNN et consorts. Ils se font photographier en faisant le V de la victoire, puis pillent les maisons abandonnées. Lorsque l’OTAN se retire, l’armée libyenne revient et les « rebelles » s’enfuient, laissant derrière eux une ville dévastée. Chaque jour le CNT clame donc avoir pris une localité qu’il perd le lendemain. Au moment où j’écris ces lignes, l’armée libyenne a repris le contrôle de Zwaya et de sa raffinerie, de Brega et de raffinerie, et surtout de presque toute la ville de Misrata. La seule localité importante tenue par les « rebelles » est Benghazi. Ailleurs, ils n’étaient que de passage avec leur cohorte de journalistes embarqués. Avec l’aide de l’OTAN, les rebelles peuvent pénétrer n’importe où, mais sans l’aide de la population, ils parviennent à se maintenir nulle part. Réunis à Washington le 25 juillet au Center for Strategic & International Studies (CSIS), les meilleurs experts états-uniens sont arrivés à la conclusion qu’il n’y a aucun moyen de prendre Tripoli, en tous cas pas avant deux ou trois ans. Il est par contre possible, comme l’anticipe Daniel Serwer dans une note du Council of Foreign Relations (CFR) de provoquer une implosion du régime. Il s’en suivrait que les zones rurales, dont l’organisation sociale est de nature tribale, sombreraient instantanément dans un chaos plus proche de l’exemple somalien que de l’exemple irakien. Certaines zones urbaines, principalement Tripoli qui abrite le quart de la population libyenne, dont l’organisation sociale est plus familiale et individuelle, resteraient à la fois loyales au gouvernement et stables. D’ores et déjà il a été décidé que le pitoyable Conseil national de transition serait maintenu pour la forme, mais dessaisi de ses prérogatives, qu’au demeurant il n’a jamais exercées. L’ambassadeur Gene A. Cretz serait nommé « gouverneur de la Libye libre » (sic), comme le général Jay Gardner l’avait été en Irak. Cretz a constitué son équipe et se tient prêt à tout moment à débarquer. Après avoir tenté un coup d’État en octobre, inventé un alibi humanitaire pour conquérir le pays en février, puis avoir envisagé la partition de la Libye sur le modèle kosovar en juin, et s’être lancé début août dans une campagne pour faire souffrir la population jusqu’à se qu’elle se révolte, l’OTAN glisse insensiblement vers le « chaos constructeur », cher aux Straussiens [1] qui ont précisément voulu cette guerre pour étendre à l’Afrique du Nord le « remodelage » qu’ils ont commencé au Proche-Orient. Dans un tel cas, le maintien de Mouammar Kadhafi à Tripoli serait une aubaine pour créer un conflit régional généralisé entre arabes et « autochtones » (Berbères etc.). En effet, à la différence du Proche-Orient, l’Afrique du Nord ne se prête pas à un conflit sectaire sunnite/chiite. Le chaos libyen serait progressivement étendu à l’ensemble de l’Afrique du Nord (sauf l’Égypte) en installant la terreur d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Il va de soi que le chaos en Libye aurait des conséquences catastrophiques pour tous les pays de la Méditerranée, et en premier chef pour l’Italie et la France qui s’en trouveraient profondément et durablement déstabilisés. L’Europe serait privée d’importantes fournitures de gaz et de pétrole, et devrait simultanément faire face à un afflux massif de réfugiés. Dans cette perspective, le CFR recommande d’envisager une occupation militaire durable, seule apte à stabiliser le pays. Cependant, il est peu probable que l’administration Obama puisse —en pleine campagne électorale— financer un vaste déploiement de troupes au sol, face à une opinion publique intérieure qui exige des économies. Le CFR préconise donc que Washington transfère cette charge sur les Nations Unies et l’Union européenne. Si l’on suit cette logique, Washington et d’autres ne manqueront pas d’invoquer les responsabilités post-conflit déterminées par la Convention de Genève pour imposer ce fardeau au couple franco-britannique qui a pris le leadership médiatique de la guerre. De son côté, l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani a envoyé un émissaire en Tunisie pour tenter une OPA. L’ex-Premier ministre français, désormais employé du Qatar, Maître Dominique de Villepin, était mandaté pour acheter la trahison des Kadhafi. Il n’a pas eu le succès escompté. Contrairement à une idée reçue à Doha et à Paris, certaines personnes ne sont pas à vendre. Quoi qu’il en soit, la suite des événements s’apparentera probablement à un coup tordu : l’émir de Qatar est en train de faire construire à Doha des décors en carton pâte représentant Bab el-Azizia (la place sur laquelle se trouvait l’ancien palais de Mouammar Kadhafi) et la Place verte (la place centrale de Tripoli où le « Guide » prononce ses discours). À n’en pas douter, les prochaines images exclusives d’Al-Jazeera ne manqueront pas de créer une réalité virtuelle qui fera, à sa manière, partie de l’Histoire. [1] Les Straussiens sont les disciples du philosophe Leo Strauss. |
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| Thierry Meyssan est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Thierry Meyssan publiés par Mondialisation.ca | |
Articles Tagués ‘OTAN’
Washington planifie une occupation prolongée d’une partie de la Libye
Publié par sylvainguillemette le 24 août, 2011
Publié dans Article | Tagué: Afrique du Nord, Al-Jazeera, al-Qaida, Égypte, États-Unis d'Amérique, Center for Strategic & International Studies, Charles Bouchard, colonialisme, Convention de Genève, Coup d'état, crimes contre l'humanité, crimes de guerre, criminel, Dominique de Villepin, Gene A. Cretz, Impérialisme, Libye, Londres, Misrata, Mouammar Kadhafi, NATO, Occupation, OTAN, Ottawa, Paris, Putsch, rebelle, Russia Today, Stephen Harper, Syrie, Terrorisme, terrorisme d'État, Tripoli, United State of America, uranium appauvri, US, USA, Washington | Laisser un Commentaire »
Washington tente de voler 1,5 milliard de dollars pour payer ses salariés du CNT par Thierry Meyssan
Publié par sylvainguillemette le 18 août, 2011
- Les États-Unis ont tenté de s’emparer lundi dernier d’1 500 000 000 de dollars appartenant à l’État libyen, mais en ont été empêchés in extremis par l’Afrique du Sud. Les documents produits lors de cet épisode, et que révèle le Réseau Voltaire, attestent que les membres du CNT et leurs fonctionnaires sont directement salariés par un organe US.
Mardi 9 août 2011, Sana Khan, secrétaire du Comité des sanctions mis en place par la résolution 1970 du Conseil de sécurité, a transmis aux membres du Comité un avis émanant de l’ambassadrice Susan Rice, représentante permanente des États-Unis à l’ONU.
Dans cette missive, dont le Réseau Voltaire s’est procuré une copie [document téléchargeable au bas de cette page], Washington informe le Comité de son intention de dégeler 1 500 000 000 de dollars appartenant à la Banque centrale de Libye, à l’Autorité libyenne d’investissement, à la Banque étrangère de Libye, au Portefeuille d’investissement libyen en Afrique et à la Compagnie nationale libyenne du pétrole.
Arguant que ce dégel est légal lorsque les fonds sont destinés à des fins humanitaires ou civiles (article 19 de la Résolution 1970 [1]), Washington indique qu’il affectera unilatéralement cette somme comme suit :
500 000 000 de dollars à des organisations humanitaires de son choix « pour répondre aux besoins humanitaires actuels et à ceux que l’on peut anticiper, dans la ligne de l’appel des Nations Unies et de ses mises à jour prévisibles » ;
500 000 000 de dollars à « des sociétés d’approvisionnement en fuel et en biens humanitaires nécessaires » ;
500 000 000 de dollars au Temporary Financial Mechanism (TFM) pour « payer les salaires et les dépenses de fonctionnement des fonctionnaires libyens, des dépenses alimentaires, de l’électricité et d’autres achats humanitaires ». Sur cette somme, 100 000 000 de dollars seront provisionnées afin d’être ultérieurement affectés aux besoins humanitaires des Libyens dans les zones non contrôlées par le Conseil de transition nationale (CNT) lorsque celui-ci aura établi « un mécanisme crédible, transparent et effectif » pour les leur transmettre.
En clair, les États-Unis ont informé le Comité des sanctions de leur intention de s’emparer 1,5 milliard de dollars qu’ils attribueraient pour un tiers à leurs propres services humanitaires (USAID…), pour un second tiers à leurs propres multinationales (Exxon, Halliburton etc.), et pour le restant au TFM, un bureau du LIEM, lequel n’est qu’un organe officieux créé par Washington et avalisé par le Groupe de contact pour administrer la Libye [2].
Washington a fait savoir qu’il considérerait avoir l’accord tacite du Comité des sanctions dans les cinq jours suivant la réception de sa notification.
Malheureusement, la Libye ne pouvait pas s’opposer à ce vol, car elle n’est pas représentée à ce Comité. En effet, son ancien ambassadeur a fait défection, et —en violation de l’Accord de siège— le Département d’État n’a toujours pas délivré de visa à son nouvel ambassadeur.
Washington entendait bien profiter de cette absence forcée pour s’emparer du butin. Au demeurant, la France a déjà ouvert une brèche en volant 128 millions de dollars dans les mêmes conditions.
C’est en définitive le représentant permanent de l’Afrique du Sud, l’ambassadeur Baso Sangqu, qui a fait obstacle à la manœuvre.
Outre la rapacité des États-Unis, cet invraisemblable épisode confirme que l’auto-proclamée « Libye libre » de Benghazi et Misrata n’est pas gouvernée par le Conseil national de transition (CNT). Celui-ci n’est qu’une façade, au demeurant fort lézardée. L’Est de la Libye, contrôlé par l’OTAN, est administré par le Libyan Information Exchange Mechanism (LIEM), un organe informel, sans personnalité juridique, mis en place à Naples par les seuls États-Unis, même si certains de ses employés sont des Italiens.
Les fonds que l’on présente comme attribués au CNT sont en réalités remis au LIEM qui les utilise pour salarier les membres du CNT et leurs fonctionnaires. La différence est de taille : le Conseil national de transition n’a pas de politique propre, il se contente d’exécuter la politique des États-Unis. Et c’est bien normal lorsque l’on sait que le CNT n’a pas été formé lors des événements de Benghazi, mais plusieurs années avant à Londres comme un gouvernement provisoire en exil.
Par conséquent, l’action militaire des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN ou du Conseil de coopération du Golfe n’a pas pour objectif de mettre en œuvre la protection des civils prévue par la résolution 1973, et encore moins la « libération des Libyens », mais bien la colonisation du pays.
Thierry Meyssan
(source: http://www.voltairenet.org/Washington-tente-de-voler-1-5)
(Documents PDF: http://www.voltairenet.org/local/cache-vignettes/L200xH268/1-3093-42b79.jpg)
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L’OTAN tourne le dos à sa mission par Thierry Meyssan
Publié par sylvainguillemette le 10 août, 2011
A 150 jours de bombardements, l’OTAN a rasé de nombreuses infrastructures, mais n’a toujours pas obtenu le moindre résultat militaire probant. Cet échec est imputable à l’absence de réflexion stratégique préalable. L’OTAN a cru pouvoir appliquer en Libye les méthodes standard qu’elle avait conçues pour d’autres environnements. Elle se trouve désemparée face à un cas particulier. La plus grande alliance militaire de l’Histoire, qui avait été formée pour affronter l’URSS puis avait rêvé de devenir le gendarme du monde, n’a pas réussi sa reconversion.
Une victoire ou une défaite militaire se juge par rapport aux buts de guerre que l’on s’était fixés. Dans le cas de l’intervention de l’OTAN en Libye, il y avait un mandat des Nations Unies, la protection des civils, et un but tout aussi officiel bien que hors mandat, changer le régime politique du pays.
A presque 150 jours de guerre, l’OTAN n’est pas parvenue à ébranler les institutions libyennes. Compte tenu de la disproportion des forces, il faut admettre l’échec militaire et se poser des questions sur la stratégie choisie.
L’Alliance partait d’une analyse erronée selon laquelle les tribus de l’Est et du Sud, hostiles à Mouammar Khadafi, prendraient facilement Tripoli dés lors qu’elles disposeraient d’un appui aérien. Or, ces tribus ont au contraire considéré les bombardements comme une agression étrangère et se sont ralliées au « Frère Guide » pour repousser « l’invasion croisée ».
Dès lors, l’Alliance n’a pu compter que sur deux composantes au sol : d’une part les 3 000 soldats aguerris que le général Abdel Fatah Younes avait emmené avec lui lorsqu’il avait fait défection, et d’autre part les centaines, peut-être milliers, de combattants arabes issus des réseaux du prince saoudien Bandar Bin Sultan et connus sous le nom de « nébuleuse Al Qaida ».
Après l’assassinat dans des conditions particulièrement atroces du général Younes par des jihadistes d’Al Qaida, les forces rebelles se sont effondrées : les soldats de Younes se ralliant au colonel Kadhafi pour combattre Al Qaida et venger leur chef. Le commandement opérationnel a échu dans les mains de Khalifa Haftar, c’est-à-dire sous les ordres des forces spéciales de la CIA. L’Agence n’a pas hésité à recruter d’urgence n’importe quel combattant, y compris des enfants-soldats.
Cette armée improvisée, aux effectifs fluctuants, annonce un jour sur deux une victoire, mais ne fait qu’essuyer des défaites. Chaque bataille reproduit le même scénario : les bombardements de l’OTAN contraignent la population à fuir leurs maisons. La localité est immédiatement investie par les forces rebelles qui annoncent avoir gagné du terrain. C’est seulement alors que la bataille commence. L’armée libyenne entre dans la ville et massacre les rebelles. Puis, la population, sauve, retourne dans la localité partiellement détruite.
L’Alliance atlantique pourrait interpréter la résolution 1973 d’une manière extensive et considérer que bien que ce texte interdise explicitement le déploiement de troupes étrangères au sol, un tel déploiement est légitime s’il a pour but de « protéger les civils ». L’OTAN devrait alors affronter une population armée jusqu’aux dents et prête à en découdre. La Jamahiriya a en effet distribué une kalachnikov à chaque adulte et mis en place un système populaire de distribution de munitions. Même si la population libyenne n’est pas entraînée en comparaison des soldats de l’Alliance, elle dispose d’une nette supériorité sur eux, en ce qu’elle est prête à accepter de lourdes pertes quand les soldats de l’OTAN ne sont pas prêts à mourir pour Tripoli.
Depuis le début du conflit, les stratèges de Washington ont considéré que tout cela n’était pas très important puisqu’ils détiennent le pouvoir suprême : la domination aérienne.
Cette doctrine, indiscutée aux États-Unis, s’étend progressivement dans les académies militaires des États membres de l’Alliance, alors qu’elle y était jusqu’ici très critiquée. Elle trouve son origine dans les leçons tirée par le général Giulio Douhet de la guerre italo-ottomane, c’est-à-dire la guerre de Libye de 1911. À l’époque, les Italiens expérimentèrent le premier bombardement aérien de l’Histoire à Tripoli. Effrayé par cette arme nouvelle, l’Empire ottoman céda sans combattre. Les troupes italiennes prirent possession de Tripoli sans avoir à tirer un seul coup de fusil. Douhet en conclua qu’il était possible de gagner une guerre avec la seule aviation. Cette analyse est fausse, parce qu’elle confond le fait d’arracher la propriété de la Libye aux Ottomans avec le fait de contrôler la Libye. Les vrais combats n’eurent lieu que plus tard avec l’insurrection populaire libyenne.
Certains penseront qu’il existe une malédiction libyenne. En tous cas, c’est sur cette terre qu’exactement un siècle plus tard l’erreur conceptuelle se reproduit. La dominance aérienne a permis d’arracher la légalité libyenne à la Jamahiriya et de la confier au Conseil national de transition, mais cela n’a aucune importance sur le terrain. Pour contrôler le pays, l’OTAN devrait envoyer des troupes au sol et, à l’instar des Italiens dans les années 1912-14, exterminer plus de la moitié de la population de Tripoli, ce qui n’est pas exactement l’esprit de la Résolution 1973.
L’Alliance atlantique avait jusqu’à présent conçu ses bombardements en fonction de la doctrine de Douhet et des perfectionnements qui y ont été apportés, notamment la théorie des cinq cercles de John A. Warden III, qui fut expérimentée en Irak. L’idée est que les cibles ne doivent pas être choisies pour détruire les forces armées ennemies, mais pour paralyser les centres de commandement, notamment en coupant les moyens de transmission et de circulation.
L’OTAN découvre alors que la Jamahiriya n’est pas un slogan, mais une réalité. Le pays est gouverné par des Congrès populaires et Mouammar Kadhafi a réduit la plupart des administrations à leur plus simple expression. Ici pas de grands ministères régaliens, juste de petits bureaux. Les ministres ne sont pas des personnalités de premier plan, mais plutôt des chefs d’équipe. Ce sont les conseillers dont ils s’entourent pour leurs compétences qui sont puissants. Le pouvoir est dilué, insaisissable. Ce qui était un casse-tête pour les hommes d’affaire qui venaient en Libye : trouver les bons interlocuteurs, devient une énigme pour les stratèges de l’OTAN : qui faut-il cibler ? Cinq mois de bombardement n’ont pas permis de trouver la réponse.
La seule tête qui dépasse est celle de Mouammar Kadhafi. L’Alliance atlantique fait une fixation sur lui. N’est-il pas le père de la Nation ? En l’éliminant, on détruirait le principe d’autorité dans la société libyenne. Celle-ci serait instantanément « irakisée » et plongerait dans le chaos. Mais, contrairement au précédent irakien, la structuration tribale et l’organisation horizontale du pouvoir perdureraient. Même déchirée par des conflits internes, la population libyenne resterait une entité organique face à l’invasion étrangère. Non seulement aucun problème militaire ne serait résolu, mais plus rien ne délimiterait le théâtre des opérations ; la guerre ne manquerait pas de déborder aussi bien en Afrique du Nord qu’en Europe du Sud. Finalement, tuer Kadhafi serait peut-être la pire des choses.
En l’absence de toute stratégie adaptée à la situation, l’Alliance atlantique se replie sur les vieux réflexes de la culture militaire US, ceux des guerre de Corée et du Vietnam : rendre la vie de la population impossible pour que celle-ci se désolidarise de son « Guide » et le renverse. Depuis le début du Ramadan, l’OTAN a donc renforcé le blocus naval pour couper l’approvisionnement en essence et en denrées alimentaires ; elle bombarde les centrales électriques et les stations de maintenance d’approvisionnement d’eau ; elle détruit les coopératives agricoles, les petits ports de pêche et les halles.
Bref, l’Alliance atlantique fait exactement le contraire du mandat que lui ont donné le Conseil de sécurité et les différents parlements des États membres : au lieu de protéger la population civile contre un tyran, elle terrorise les civils pour qu’ils se rebellent contre le leader qu’ils soutiennent.
Cette stratégie devrait durer jusqu’à la fin du ramadan Il restera alors trois semaines à l’Alliance pour tenter d’emporter une victoire significative avant ne sonne le gong : le 19 septembre, l’Assemblée générale des Nations Unies se réunira à New York. Elle pourrait demander des explications sur l’opération en cours, prendre acte de l’incapacité du Conseil de sécurité à rétablir la paix, et imposer ses propres recommandations.
En vue de la reprise des combats au sol, début septembre, l’OTAN arme les rebelles de Misrata et nettoie la route qu’ils devront utiliser pour prendre Zlitan. La France ayant refusé de livrer une fois de plus des armes, c’est le Qatar qui a envoyé un avion pour opérer les livraisons, malgré l’embargo onusien. Dans la nuit du 8 au 9 août, l’Alliance a nettoyé la colline de Majer qui pourrait servir d’avant-poste pour défendre Zlitan. Elle a bombardé des fermes et des tentes qui abritaient une vingtaine de famille de déplacés, tuant 85 personnes dont 33 enfants.
Thierry Meyssan
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L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens par Thierry Meyssan
Publié par sylvainguillemette le 14 juillet, 2011
La Coalition des volontaires était venue en Libye pour sauver la population civile de la répression du tyran Kadhafi. Quatre mois plus tard, les foules libyennes ont déserté le territoire libéré de Benghazi et se massent dans de gigantesques manifestations anti-OTAN. Confrontée à une réalité politique inattendue, l’armada de l’Alliance atlantique n’a plus de stratégie. Les Italiens ont amorcé leur retrait, les Français cherchent la sortie.

- Le gouvernement libyen espérait réunir 1 million de personnes, le 1er juillet 2011 à Tripoli, pour manifester contre l’OTAN. À la surprise des autorités tout autant que de l’Alliance atlantique, ils étaient 1,7 million.
111 jours après le début de l’intervention de la Coalition des volontaires en Libye, aucune solution militaire n’est en vue et les experts s’accordent tous à dire que le temps joue en faveur du gouvernement libyen, sauf coup de chance et assassinat de Mouammar el-Kadhafi.
Le 7 juillet, le conseil des ministres italien a réduit de moitié l’engagement du pays à l’effort de guerre et a retiré son porte-hélicoptères. Le président Silvio Berlusconi a déclaré qu’il avait toujours été hostile à ce conflit, mais avait été contraint par son parlement d’y participer.
Le 10 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a évoqué une solution politique qui passerait par un départ de M. Kadhafi « dans une autre aile de son palais et avec un autre titre ». Vu qu’il n’y a plus de palais, la première condition est de pure forme, quand à la seconde, personne n’en comprend le sens, sinon qu’il s’agit d’une échappatoire sémantique.
Les structures sociales et politiques libyennes sont issues de la culture locale et sont manifestement difficiles à comprendre pour nombre d’Occidentaux. Il s’agit d’un système monocaméral de démocratie participative, qui fonctionne remarquablement bien au niveau local, doublé d’un forum tribal qui ne constitue pas une seconde chambre, un sénat, puisqu’il n’a pas de pouvoir législatif, mais intègre les solidarités claniques dans la vie politique. À ce dispositif, s’ajoute la figure du « Guide », qui ne dispose d’aucun pouvoir légal, mais d’une autorité morale. Nul n’est forcé de lui obéir, mais la plupart le font, comme ils agiraient au sein de leur famille vis-à-vis d’un ainé, bien que rien ne les y contraigne. Dans l’ensemble ce système politique est paisible et les gens ne manifestent aucune peur de la police, excepté lors des tentatives de prise de pouvoir ou encore lors de la mutinerie de la prison d’Abou Salim (1996) qui ont été réprimées de manière particulièrement sanglante.
Ces précisions permettent de percevoir le caractère absurde des buts de guerre de la Coalition des volontaires.
Officiellement celle-ci intervient à l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les victimes civiles d’une répression de masse. Mais aujourd’hui, les Libyens sont persuadés que cette répression n’a jamais existé et que l’armée de l’air libyenne n’a jamais bombardé de quartiers de Benghazi ou de Tripoli. La partie de la population libyenne qui a cru ces informations diffusées par les chaînes de télévision internationales s’est ravisée. Les gens, qui ont tous des parents et amis dispersés dans le pays, ont eu le temps de se renseigner sur les dangers encourus par leurs proches et ont conclu qu’ils avaient été intoxiqués.
Sur ce sujet, comme sur bien d’autres, le monde est désormais divisé entre ceux qui croient la version US et ceux qui n’y croient pas. Pour ma part, je réside actuellement à Tripoli dans le quartier réputé hostile à M. Kadhafi qui se serait soulevé contre lui et qui aurait été bombardé par son aviation au début du conflit. Je peux attester qu’il n’y a aucune trace de tels événements, à l’exception d’une voiture brûlée. Les seuls immeubles qui ont été bombardés sont des bâtiments officiels qui ont été tardivement détruits par des missiles de l’OTAN.
Quoi qu’il en soit, les principaux leaders de l’OTAN ont évoqué publiquement un autre but de guerre, que certains membres de la Coalition ne semblent pas partager : la démission de M. Kadhafi, le « changement de régime ». On entre alors dans une confusion inextricable. D’une part, cette exigence n’a aucun fondement juridique au regard des résolutions pertinentes de l’ONU et n’est aucunement liée à l’objectif affiché de protection de populations réprimées. D’autre part, la démission de M. Kadhafi n’a aucun sens puisqu’il ne dispose d’aucune fonction institutionnelle, mais uniquement d’une autorité morale qui ressort des structures sociales et non pas politiques. Enfin, on ne voit pas de quel droit des membres de l’OTAN s’opposent au processus démocratique et décident en lieu et place du peuple libyen qu’il doit écarter un de ses leaders.
Au demeurant, cette confusion confirme que cette guerre répond à des mobiles inavoués qui ne sont pas partagés par tous les membres de la Coalition des volontaires.
Le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie a été acté par le pouvoir US dans la semaine suivant les attentats du 11 septembre 2001. Il a été exposé publiquement la première fois par John Bolton, alors secrétaire d’État adjoint, dans son discours du 6 mai 2002 intitulé « Au-delà de l’Axe du Mal ». Il a été confirmé par le général Wesley Clark, lors d’un célèbre entretien télévisé, le 2 mars 2007. L’ancien commandeur de l’OTAN y a présenté la liste des États qui seraient successivement attaqués par les États-Unis dans les prochaines années.
Les straussiens [1] avaient prévu d’attaquer initialement l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran dans le cadre du « remodelage du Moyen-Orient élargi », puis lors de la seconde phase d’attaquer la Libye, la Syrie et le Liban pour étendre le processus au remodelage du Levant et de l’Afrique du Nord, puis encore dans une troisième phase d’attaquer la Somalie et le Soudan pour remodeler l’Afrique de l’Est.
L’attaque de l’Iran ayant été différée pour des raisons militaires évidentes, nous sommes entrés directement dans la Phase II, sans lien avec les événements réels ou imaginaires de Benghazi. La Coalition des volontaires se trouve embarquée dans un processus qu’elle n’a pas voulu et qui la dépasse.
La stratégie US, mise en œuvre par la France et le Royaume-Uni —associés comme au bon vieux temps de l’expédition de Suez—, était fondée sur une analyse particulièrement fine du système tribal libyen. Sachant que les membres de certaines tribus —principalement les Warfallah— ont été écartés des postes à responsabilité à la suite du putsch manqué de 1993, l’OTAN devait attiser leurs frustrations, les armer et les utiliser comme levier pour renverser le régime et installer un gouvernement pro-occidental. Selon M. Berlusconi, MM. Sarkozy et Cameron auraient indiqué lors d’une réunion des alliés le 19 mars que « la guerre se terminerait quand il y aurait, comme on s’y attend, une révolte de la population de Tripoli contre le régime actuel ».
Cette stratégie a connu son apogée, le 27 avril, avec l’appel de 61 chefs de tribus en faveur du Conseil national de transition. À noter que, dans ce document, il n’est déjà plus question des massacres attribués au « régime » à Benghazi et à Tripoli, mais de son intention supposée de les perpétrer. Les signataires remercient la France et l’Union européenne d’avoir empêché un carnage annoncé et non d’avoir stoppé un carnage en cours.
Depuis cet appel, de manière continue et sans interruption, les tribus de l’opposition se sont ralliées une à une au gouvernement de Tripoli et leurs chefs sont venus faire publiquement allégeance à Mouammar Kadhafi. En réalité ce processus avait commencé bien avant et avait été mis en scène, le 8 mars, lorsque le « Guide » avait reçu l’hommage de chefs de tribu à l’hôtel Rixos, au milieu des journalistes occidentaux transformés en boucliers humains et médusés par cette nouvelle provocation.
Ceci s’explique simplement : l’opposition intérieure à Kadhafi n’avait aucune raison de renverser le régime avant les événements de Benghazi. L’appel du 27 avril se basait sur des informations que les signataires considèrent aujourd’hui comme des intoxications. Dès lors, chacun s’est rallié au gouvernement national pour lutter contre l’agression étrangère. Conformément à la culture musulmane, les rebelles qui ont fait la preuve de leur bonne foi ont été automatiquement pardonnés et incorporés dans les forces nationales.
Peu importe pour notre analyse de savoir si la répression par le régime de Kadhafi est une réalité historique ou une mythe de la propagande occidentale, ce qui compte, c’est de savoir ce que pensent aujourd’hui les Libyens en tant que peuple souverain.
Il faut ici observer le rapport de force politique. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas su se constituer de base sociale. Sa capitale provisoire, Benghazi, était une ville de 800 000 habitants. Des centaines de milliers d’entre eux ont célébré sa création en février. Aujourd’hui la « ville libérée par les rebelles » et « protégée par l’OTAN » est en fait une agglomération morte qui ne compte plus que quelques dizaines de milliers d’habitants, souvent des gens qui n’ont pas les moyens de partir. Les Benghazis n’ont pas fuit les combats, ils ont fuit le nouveau régime.
À l’inverse, le « régime de Kadhafi » a été capable de mobiliser 1,7 million de personnes lors de la manifestation du 1er juillet à Tripoli et il vient de s’engager dans l’organisation de manifestations régionales chaque vendredi. La semaine dernière, ils étaient ainsi plus de 400 000 à Sabha (Sud) et l’on attend une foule identique vendredi à Az Zawiyah (Ouest). Notez bien que ces manifestations sont dirigées contre l’OTAN qui a tué plus d’un millier de leurs compatriotes, détruit les infrastructures non pétrolières du pays et coupé tout approvisionnement par un blocus naval, elles s’articulent autour d’un soutien au « Guide » comme leader anti-colonialiste, mais ne valent pas nécessairement approbation a posteriori de tous les aspects de sa politique.
En définitive, le peuple libyen a parlé. Pour lui, l’OTAN n’est pas venu le protéger, mais conquérir le pays. C’est Kadhafi qui le protège face à l’agression occidentale.
Dans ces conditions l’OTAN n’a plus de stratégie. Pas de « Plan B ». Rien. Les défections côté Conseil national de transition sont si nombreuses que, selon la plupart des experts, les « forces rebelles » ne comprennent plus qu’entre 800 et 1 000 combattants, certes surarmés par l’Alliance, mais incapables de jouer un rôle significatif sans soutien populaire. Il est probable que les commandos des forces spéciales déployés au sol par l’OTAN sont plus nombreux que les combattants libyens qu’ils encadrent.
Le retrait italien et les déclarations du ministre français de la Défense ne sont pas surprenantes. Malgré sa puissance de feu sans équivalent dans l’Histoire, l’armada de l’OTAN a perdu cette guerre. Non pas bien sûr au plan militaire, mais parce qu’elle a oublié que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et qu’elle s’est trompée politiquement. Les hurlements de Washington, qui a réprimandé le ministre français et refuse de perdre la face, n’y changeront rien.
Thierry Meyssan
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Afghanistan, le bilan canadien
Publié par sylvainguillemette le 12 juillet, 2011
Voilà que se termine une mission impérialiste pour en débuter une autre, plus profondément marquée celle-là, par l’idéologie des partis au pouvoir dans nos pays occidentaux, membres de l’O.T.A.N..
Car en effet, au bien triste bilan de la mission afghane pour le Canada et ses alliés, s’ajoutera à l’histoire triste du capitalisme la mission Libyenne, visant à stopper les initiatives économiques de Muammar Kahadfi pour libérer l’Afrique de toute ingérence économique des pays occidentaux. Et si certains soulignent qu’il a usé de la force pour réprimer ceux qui en usèrent avant lui, ils n’en sont pas moins muets lorsqu’on leur demande comment réagiraient les autorités des pays de l’O.T.A.N. si des rebelles armés d’armes lourdes et légères (un AK47, c’est une arme légère…) attaquaient les villes, les policiers et les militaires de leur pays. Ils leur lanceraient les fleurs? Ou le pot?
Mais revenons plutôt à cette mission afghane, qu’on dit terminée.
Quel en est son bilan? Quels sont les gains, non pour les pays de l’O.T.A.N., nous y reviendrons, mais pour les Afghans eux-mêmes? Qu’y ont-ils gagné?
Gain Pour Les Afghans?
Une démocratie? Pas vraiment. Hamid Karzaï ne fut jamais élu, mais fut plutôt installé dans son socle, comme le dictateur du pays, par les pays occupants, membres de l’O.T.A.N..
En effet, rappelez-vous le début du mandat de George Walker Bush Jr, la maison blanche envoie Hamid Karzaï, à titre de consultant pour UNOCAL, une branche de Chevron qui sera dissoute une fois passées les négociations avec ce que nomme à l’époque le gouvernement Bush, le «gouvernement Taliban». Bref, Karzaï tente de convaincre, vainement, les Talibans de laisser passer un oléoduc sur leur territoire. Il ne le dit peut-être pas alors, mais le projet consiste à contrer le marché russe de Gazprom, qui domine alors le marché européen. L’affaire ne fonctionne pas et Karzaï rebrousse chemin. On connait la suite. Il sera installé à titre de président de l’Afghanistan, via des élections truquées qui feront pour l’O.T.A.N., office de démocratie (Ça vous donne une idée des potentialités en Libye…). Or, les boîtes de scrutin n’ont jamais dépassé les quelque points de contrôle de l’armée d’occupation et le dictateur finira par contracter sur internet, le surnom de «maire de Kabul», vu le si faible appui reçu dans les faits apparents.
Ils ont gagné quoi sinon? La sécurité? Pas du tout, même qu’au contraire, les attaques se font de plus en plus fréquentes, et précises surtout. Les rebelles afghans sont toujours aux portes de Kandahar, de Kabul et des autres grandes villes du pays. Ils titillent les forces de l’O.T.A.N., à faibles coûts, en lui lançant de temps à autre des obus sur la tête. Juste pour dire qu’ils y maintiennent un continuel combat, permanent. Sinon, les bombes artisanales, les «Improvised Explosive Device», font énormément de victimes chez les soldats afghans et les troupes de l’OTAN. La sécurité ne peut donc pas servir de base argumentaire à ceux qui sont fiers de cette mission, impérialiste, de toute évidence.
Et que dire du marché de l’opium, ayant explosé depuis la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan? Plus de 90% de l’opium mondial est fourni par l’Afghanistan, où des proches du dictateur Karzaï (Ahmed Wali Karzaï) s’occupent des affaires lucratives, tant pour eux, que pour la CIA. Il faut savoir que l’opium avait pratiquement disparu du marché afghan, sous le règne des Talibans, et qu’on ne peut donc pas leur imputer cet ouvrage.
Et l’eau? Coca-Cola s’occupe déjà de l’affaire, en puisant dans la nappe phréatique, le nécessaire aux agriculteurs et aux éleveurs. Certes, un barrage, des routes et des sentiers furent inaugurés au pays depuis son invasion, mais cela ne limite aucunement la fameuse compagnie de boisson gazeuse à piller la ressource la plus indispensable de l’Afghanistan, son eau raréfiée.
Et ces routes, qu’en est-il? Un camarade à moi, vétéran de cette guerre sale, jadis artilleur des Forces Armées Canadiennes, me décrivait la scène. Des routes, avec aux quelques kilomètres, des «Checkpoints» improvisés, illégaux, où les «valeureuses» forces afghanes pillent les gains contractés par les Afghans sur leur retour du labeur, à la maison… Voilà pour les seules routes empruntables et praticables! Et encore faudra t-il les surveiller pour vrai, après le départ des troupes étrangères…
Sur les bases de l’O.T.A.N., des Afghans y travaillent, dont des enfants, aux côtés des forces afghanes y étant entraînées. Ce même ami à moi, y a été témoin de viol collectif sur des jeunes garçons, ceux-là, payés pour nettoyer la vaisselle. En effet, il a bien vu des soldats afghans violer collectivement un de ces jeunes et après en avoir discuté avec son supérieur immédiat, il s’est fait dire de se mêler de ses affaires. Son envie de vider son chargeur sur les violeurs se cachait mal… Voilà pour le travail offert aux braves Afghans! Voilà pour les valeureuses troupes du dictateur Karzaï!
Et la démocratie? Quelle démocratie?!? Comment peut-on faire part d’une quelconque démocratie dans de telles circonstances? Comment peut-on faire croire aux masses que la liberté d’expression y est respectée, ou qu’il y a eu une réelle participation aux élections législatives? Nous l’avons vu, le «président» vient tout droit des tentacules des pétrolières et s’est muni d’un C.V. de la CIA pour prétendre à la présidence, via des élections truquées. Alors comment peut-on de suite, affirmer que l’Afghanistan, grâce à nos troupes tombées au combat, jouit désormais d’une démocratie? Il faut y croire, simplement, et comme les religieux, faire fi des faits, pour s’en convaincre. C’est bel et bien la dictature que nous y avons installé.
Mais alors, est-il possible que les gains n’aient été que pour les pays de l’O.T.A.N.?
Des Gains Pour l’O.T.A.N.
En contrepartie, les gains pour l’O.T.A.N. furent considérables. Une nouvelle situation géostratégique très forte, près des pays prochains à conquérir. Un sol riche en gaz naturel, en Nickel, et en divers autres métaux, mais surtout, le passage désiré par l’OTAN, d’un oléoduc, destiné à contrecarrer l’autofinancement de la Russie via ses gaz qu’elle vend à toute l’Europe, ainsi qu’à divers pays limitrophes.
Mais encore, on oublie souvent que le marché militaire désire aussi sa part de gâteau, et il aura été gâté depuis le début des hostilités, tard en 2001. Car en effet, les États-Unis d’Amérique surtout, et leurs acolytes, auront essuyé de lourds coûts pour mettre sur pied cette grande armée d’occupation et cela se répercute déjà d’ailleurs, sur les finances de l’Empire, en quasi faillite. Mais qui paie et qui en bénéficie? Le contribuable paie, et le fabricant d’armes encaisse. Des bombes qui s’entassent dans des entrepôts, ça perd de la valeur… Et d’autre part, la bourgeoisie n’a que faire de ces faillites, elle est sans logis, elle ira donc voir ailleurs s’il y a du prolétaire à exploiter.
La guerre d’Afghanistan est non seulement un fiasco social pour les Afghans eux-mêmes, mais un fiasco financier pour les contribuables occidentaux, lesquels sont désormais soumis à des politiques d’austérité forcées et lesquels devront donc faire les frais de la cupidité d’une minorité parasitaire et guerrière. Encore faudrait-il que cette minorité radine fasse elle-même sa guerre, mais elle préfère y envoyer la chair à canon du prolétariat.
Bref, les forces de l’O.T.A.N., au service de cette minorité parasitaire bourgeoise, n’avaient que des potentiels de victoire, étant donné leur dessein préparé depuis belle lurette. Mais qu’y ont gagné les prolétaires Canadiens ou des autres pays membres au juste? Rien du tout! La mort! La dette! Et le regard impuissant de voir fricoter les forces de l’O.T.A.N. avec ces mêmes «Al-qeadiens» à Benghazi, en Libye, où ils sont de mèche dans un nouveau Coup d’État visant à contrecarrer les plans économiques de toute l’Afrique, qu’ils pilleront à son tour.
La guerre en Afghanistan nous aura coûté beaucoup, en vies humaines, en matériel, en fric, en temps et elle n’aura rien donné aux prolétaires Canadiens, ni à leurs enfants, encore moins de la sécurité. La haine ne peut que semer la haine.
C’est donc un échec retentissant et une guerre honteuse, qui n’aura finalement visé que destinées impérialistes.
Les Canadiens peuvent avoir honte de leurs troupes, qui n’ont servi qu’à maintenir une dictature en place, orchestrée celle-ci, par les maîtres incontestés de l’O.T.A.N., les États-Unis d’Amérique.
Honte aux missions impérialistes du Canada! Honte au Canada!
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Aux armes camarades de la Grèce!
Publié par sylvainguillemette le 30 juin, 2011
Ce matin, les Grecs se sont levés sous un nouveau jour. Un jour triste. Un jour où ils ont tout perdu. Le Dieu Kapital leur a tout enlevé, au nom des dogmes du capitalisme et des caprices de la dictature bourgeoise internationale.
Papandréou, cet avaleur de couleuvres, ce pseudo socialiste, s’est dit forcé d’agir de la sorte, privatisant d’une seule loi, la totalité des services grecs! Liquidant, de seulement 5 voix (155/300) de plus, les acquis grecs, cumulés par des luttes s’étalant sur plusieurs décennies. Des luttes qui déjà, font figure de pacotille en comparaison à ce qu’ils auront à accomplir cette fois-ci.
Car en effet, même si les Grecs semblent avoir perdu la bataille, il n’en est rien! Au contraire! Il nous apparaît une chance inouïe de faire la révolution, la vraie! Les Grecs ont le champ libre pour renverser ce foutu gouvernement, devenu illégitime, pour lequel ils n’ont pas voté. Car si les Grecs ont choisi ce gouvernement jadis, ils l’ont fait, rappelez-vous, avant la crise, avant qu’il ne veuille dépouiller les Grecs de leurs actifs. Les vœux pieux étaient bien différents lors de la campagne électorale précédente. On ne promettait pas la soumission totale du prolétariat et le règne éternel du dieu Kapital, bien au contraire!
J’invite donc les Grecs à renverser ce gouvernement, devenu dictature. Certes, certains diront que l’aide de l’Union Européenne est indispensable pour sortir la Grèce de son défaut de paiement, mais ces dires ne reflètent que la volonté du dieu Kapital de ressusciter. Il ne faut pas oublier que ce système capitaliste est mort en 2007-2008, et que les banquiers n’ont aucune leçon d’austérité à donner à qui que ce soit! D’ailleurs, après cette crise capitaliste et bourgeoise, rappelez-vous que les banquiers n’ont rien changé de leurs manières! Les bonus, les milliards, ils pleuvent toujours sur eux! Les pyramides, les actifs toxiques, ils sont encore là! Et ce sont encore une fois, les prolétaires qui ont sauvé les banques, leurs oppresseurs, ironiquement!
Et en effet, jamais le capitalisme n’a rempli ses promesses d’une bonne répartition des richesses, d’une bonne répartition des pouvoirs et bref, d’une émancipation des Humains et d’une liberté promise hypocritement. Jamais! Il a au contraire, multiplié les tentatives d’asservir le prolétariat international et désormais, il va jusqu’à dire que les Humains coûtent trop chers d’exister!
La Grèce n’était que le banc d’essai, à savoir si un peuple pouvait être contenu, après lui avoir fait endurer les pires sévices, l’asservissement total. Mais les Grecs doivent maintenant démontrer que cela ne sera pas si facile, voire impossible.
Cela dit, mes camarades Grecs ont de quoi se réjouir! Les révolutions sont à la mode ces temps-ci! Il ne fallait qu’un évènement déclencheur, et le voilà! Qui vous condamnera? Ils sont tous occupés avec leurs Coups d’État En Syrie et en Libye! Si vous prenez les armes contre ce gouvernement, ce sera d’autant plus légitime que la clique minoritaire de Benghazi, qui a prise ses armes, chez l’OTAN et chez la CIA!
Ne vous laissez pas intimider camarades! Si la révolution est bonne pour les pays arabes, elle l’est pour les pays européens, pris dans cette enclave dite «union», qui n’est autre qu’une gigantesque hypocrisie pour asservir toute une Europe d’un seul coup. Prenez les armes camarades! C’est légitime! Nous sommes avec vous, camarades! Les grands bourgeois et leurs médias ne pourront rien dire qui ne sera pas contradictoire vis-à-vis ce qu’ils soutiennent d’autre part! Ils ne pourront pas se dire «pour» les Coups d’État en Libye et en Syrie, mais contre en Grèce! Ils le feront, mais c’est illogique et contradictoire!
Aux armes camarades Grecs! Aux armes! Renversez votre dictature bourgeoise, renvoyez chez lui Papandréou, ce laquais de la bourgeoisie, ce pseudo révolutionnaire! Renvoyez chez eux les observateurs étrangers qui viennent épier votre soumission! Renversez le capitalisme grec, renversez-le!
Solidairement,
vos camarades du Québec
Publié dans Article | Tagué: austérité, aux armes, Banque, banquier, Bourgeoisie, camarade, Capitalisme, CIA, Coup d'état, Dictature, diktat, Grèce, Grec, Impérialisme, kapital, Libye, OTAN, Papandréou, parasite, plan d'austérité, privatisation, Privé, Révolution, rise up, services sociaux, Syrie, union européenne | 6 Commentaires »
L’ADQ, un parti au centre? Vraiment?
Publié par sylvainguillemette le 17 mai, 2011
Alors qu’on accuse le «colonel» Kadhafi d’avoir commis quelques crimes contre l’humanité, commis pourtant par tous «commandants en chef» états-uniens de l’histoire des États-Unis d’Amérique, et qu’en Israël on bafoue les droits humains des Palestiniens, butant ceux-ci aussi froidement qu’on abat ici, nos porcs destinés à faire du bon bacon, il y a nos petits maux de pacotille. Nos maux à nous, bien québécois…, ou culturels devrais-je préciser. Il y a l’affaire Turcotte pour détourner nos intérêts en nous troquant l’émotionnel contre le rationnel. «Maudit Turcotte, je lui couperais les couilles!»…
Et il y a un parti politique d’extrême droite qui veut nous faire croire qu’il y a un centre et qu’il s’y trouve, en termes de «valeurs qu’on y défend». Or, il ne relèverait que de leur ignorance crasse de ne pouvoir savoir qu’ils forment un parti de droite. Mais ma foi, pour le peu que je puisse vous présenter en termes de croyance, ce ne sont en fait que des hypocrites et des opportunistes. Et des populistes de fait, puisqu’il ne peut être autre chose «que de promouvoir au sein d’un collectif, que se collectif se désengage de ses engagements collectifs» afin d’opter pour une partie de capitalisme encore plus sauvage qu’il ne l’est déjà, que du capitalisme à l’état pur. Quand les rapports économiques (donc sociaux par conséquent) que l’on prône au sein d’un parti politique proposent à toutes et tous de faire chacun pour soi et que l’on prône sans cesse de se diviser d’avantage et de se rivaliser les uns les autres, je ne crois pas que l’on puisse nier faire partie d’une droite morale, économique donc, puisqu’ici, l’économique s’appliquera au diktat moral d’élus capitalistes.
Prétentions
L’Action Démocratique du Québec se prétend désormais de centre-droit, s’étant affiché jadis de droite, voire d’extrême droite, à en croire la liste des membres et des sympathisants. Rappelez-vous l’étroitesse des liens entre les extrémistes du RLQ et l’ADQ, sinon de ceux de la clique de Jeff Fillion avec ce parti, ou de ces libertariens et de ces autres déchets vomis par cette société capitaliste conditionnant l’égoïsme et l’individualisme. Bref, ce parti ne change d’étiquette que pour épargner les observateurs de leur appartenance indéniable à une droite morale indispensable à l’existence d’une droite économique. Autrement dit, ce sont des hypocrites.
Nous pourrions d’abord nous imposer du débat sur l’existence d’un centre, puisque l’extrême gauche nie ce «centre» et que l’argumentaire qu’elle présente n’est nullement contesté, ni par la droite capitaliste, ni par la gauche modérée. Certes, Jean Allaire, lui-même membre fondateur de l’ADQ, dit «débarquer» lorsque l’on parle de «droite et de gauche», appelant ainsi indéniablement à la conciliation des classes, ou même, à la négation de celles-ci, puisque que par ailleurs, certains capitalistes persistent à nier l’existence d’un rapport de classes entre les salariés et les employeurs. Or, ce membre-fondateur qui n’a rien de plus sage que ses pairs devrait constater qu’il y a d’abord une explication historique aux interpellations de la «gauche et de la droite» et il devrait également constater que les employeurs et les employés, formant chacun une classe, n’ont pas les mêmes intérêts et qu’ils ne peuvent donc pas se concilier via un programme politique capitaliste, d’autant plus que le programme politique adéquiste avantage nettement la classe bourgeoise (les employeurs) sur celle du prolétariat (les salariés), qui représente également la minorité de notre population humaine sur Terre. À quoi bon demander aux exploités de se livrer d’avantage à l’exploitation de ceux dont on protège visiblement les intérêts, ironiquement, les exploitants de ces exploités? Jean Allaire peut bien s’estomaquer qu’on parle de gauche et de droite, il apparaît clairement que ce dernier vise un dessein dont je ne partage pas l’enthousiasme des issues potentielles en tant que salarié, un dessein avantageant la minorité parasitaire bourgeoise qui exploite; et mon labeur, et mes besoins, et ma santé via les calices de cliniques privées.
Liberté d’expression
Et si l’ADQ accuse les syndicats de parler au nom du peuple sans mandat, il me paraît nécessaire d’indiquer quant à moi, que les syndicats représentent une indéniable majorité de cette population humaine par rapport au patronat et à la bourgeoisie, que défendent l’ADQ et ses membres fils de riche, ou ces aliénés, qui forment cette secte embourgeoisée qu’est l’ADQ. L’ADQ non plus, n’a pas le mandat de TOUS les citoyens du Québec pour parler des «valeurs québécoises», ou des «libertés», partagées par des êtres humains vivant sur une terre nommée le Québec. Les syndicats ont autant le droit de débattre sur les enjeux québécois et terriens en général, que le Conseil du patronat et les divers Instituts de mercenaires économistes, avantagés en capitaux par leur prise de positions pro-bourgeoise. Youri ou madame Elgrably de l’Institut économique de Montréal, des impartiaux sans doute. Même Cyrano, ou Fraser, témoignent du parti pris de l’idéologie, dans ce régime capitaliste, pour les capitalistes. Ils sont constamment invités ici ou là pour expliquer les bienfaits mythiques du capitalisme, même sur les tribunes de notre société d’État Radio-Canada… Or, c’est un cancer dont souffre fortement l’humanité, ce capitalisme, et aucune statistique n’indique qu’il puisse sans l’État (contrant celui-là la bêtise humaine et les exploitations diverses de la minorité parasitaire bourgeoise), survivre à ses propres dogmes.
Et les syndicats ont autant le droit de rapporter et de défendre les intérêts des salariés, des prolétaires, des exploités, bref, de la masse humaine, que le ministre du travail, avantageant historiquement toujours le bourgeois sur le prolétaire. Les syndicats ont le droit de rapporter les intérêts des créateurs de richesses au sein de ce système pourri dont jouit visiblement, la minorité parasitaire bourgeoise que défendent monsieur Allaire et le ramassis de ce qu’il a fondé. Allaire, un autre de ces autoproclamés «lucides», qui sait mieux que nous, ce qui est bon pour nous. Ils sont tous aussi paternalistes qu’ils nous accusent d’être aux mamelles de l’État. Ils sont aussi centralisés sur le Dieu Kapital que les défendeurs de l’«État éternel »le sont pour leur État. Ce qui est bien pour le Dieu Kapital n’a toutefois pas besoin de plaire aux masses. Si les avantagés paient bien leurs valets, ça vaut peut-être la peine d’ignorer les masses, qui sait… Allaire et les siens, ses sbires et le sbire qu’i l est lui-même, eux seuls, le savent. Ils savent tout.
Et c’est d’ailleurs une contradiction qui touche toute la droite, dans plusieurs pays du monde. On limite la liberté d’expression de ceux et celles qu’on ne veut pas entendre et on se drape de la «libârté» dans tous «nos tas de fumiers totalitaires» que sont ces couches pleines radotées par les libertariens. On vénère même au RLQ, Augusto Pinochet. Du moins, l’un des cofondateurs, Éric Duhaime, l’use pour expliquer le modèle qu’il souhaite établir au Québec. Des nostalgiques de Duplessis. Les contradictions sont des ombres de capitalistes.
Prenez l’exemple des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, ce sont aux yeux du Canada; Conservateur, Libéral, NPD, Bloc Québécois et certainement le Parti Vert-, des terroristes. Mais les disciples de l’OTAN en Libye qui attaquent le gouvernement établi de Kadhafi, eux, sont des «combattants de la libârté». Pourtant, ils font les mêmes actes, pour des intérêts forts différents et sont comme les «terroriss», financés par des États, en l’occurrence ici; Paris, Washington, Londres, Ottawa et les multiples autres qui ont participé à cette opération directement ou indirectement. Et c’est ironiquement celui qui est le moins pire des deux groupes de «terrorisss», aux yeux du catholicisme, qui sera plus sévèrement puni.
Rappelons que l’ancien président colombien Alvaro Uribe a terrorisé à l’aide de ses paramilitaires, tant les FARC et leurs sympathisants que des journalistes trop curieux et des militants socialistes et syndicalistes (Décembre 2009, charnier 2000 corps).
Et après tout, avec toutes ces contradictions citées, nous sommes en droit de nous demander pourquoi le procureur du TPI qui accuse Kadhafi d’avoir ordonné; de la torture, l’usage de mercenaires et d’avoir tué des civils innocents sans défense avec des armes lourdes ne lance t-il pas les mêmes accusations sur tous les présidents états-uniens et chefs d’État israéliens, français et britanniques qui se sont succédés au cours du dernier siècle…, non? Mets-en ciboire! Ils sont qui, eux, pour «faire ce qu’ils interdisent» de faire? La Black Water, ça n’est pas une firme de mercenaires? L’Irak, ce n’est pas un bain de sang? Et la torture, quand même! Le Canada a fermé les yeux sur de la torture pratiquée sur un enfant soldat canadien (Omar Kadhr) et elle fut pratiquée rappelons-le, dans une prison jugée illégale (Guantanamo) par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique elle-même. C’est le monde à l’envers, c’est de l’hypocrisie et ici, l’ADQ fait partie du problème en proposant pire.
L’ADQ, un parti d’extrême droite
Alors au-delà des apparences, l’ADQ n’a pas changé de camp. C’est un parti d’extrême droite, conciliant tant les fanatiques de la race que les fanatiques du capitalisme, un système économique qui fait faillite aux 30-40 ans et qui revit de ses cendres grâce au pillage des prolétaires. En effet, l’ADQ persiste et signe à croire en un système économique n’avantageant que les riches, pour des causes qui n’ont rien du mérite ou du sacrifice. Et lorsqu’Allaire invite à ce qu’on marche tous main dans la main, c’est seulement sous sa tutelle qu’il ordonne cette conciliation, c’est-à-dire sous une tutelle docile et servile au diktat du patronat, du diktat de la minorité parasitaire bourgeoise.
Alors au contraire, il faut surligner les tendances, tant de gauche que de droite, il faut préciser les camps. Il faut donc contrer l’appel de ces fanatiques du fric et ne surtout pas concilier les prolétaires à la cause bourgeoise. La cause des exploitants ne peut pas être celle des exploités. Un prisonnier ne travaillera pas main dans la main avec son geôlier. Un torturé ne collaborera pas avec son tortionnaire. Le poisson ne doit pas se mettre à sauter dans la chaloupe…
L’ADQ n’a rien d’un parti populaire, c’est un parti patronal, un parti antisyndical, un parti anti-prolétaires, anti-salariés. L’ADQ sert la cause des Boss en bon québécois. L’ADQ, c’est tout le contraire de «l’ami du peuple» et bel et bien, «l’ami des patrons» et des multinationales, prêtes celles-là, à venir piller nos richesses à rabais, des rabais que leur concéderont nos amis adéquistes ou conservateurs (du pareil au même).
L’ADQ se prétend également contre l’immobilisme, mais ils nous promettent de facto, un immobilisme en ce qui concerne l’ordre établi, celui de la bourgeoisie et donc, ils nous promettent que sous leur gouverne, les richesses perpétueront leur ascension au sein de la minorité parasitaire bourgeoise que l’ADQ protège fièrement. Ce sont en fait eux, les immobilistes, qui nous stagnent dans le capitalisme, bien que ce système ait maintes fois démontré ses incapacités de fonctionner et sa dépendance de la misère humaine pour y parvenir au détriment de la masse et au profit d’une minorité dont ces adéquistes épousent les mérites autoproclamés, d’exploiter la vie d’autrui de toutes les façons envisageables. La misère humaine est le carburant des capitalistes et ce carburant devient une «liberté d’entreprendre» pour ces vautours de capitalistes. Là où il y a des besoins, il y a une potentialité d’exploiter son prochain et les capitalistes flairent vite l’affaire, et la défendent de tout leur torse.
Conclusion
Il faut donc, pour terminer, remettre les pendules à l’heure. Oui, il y a une gauche et une droite, une part de gens idéalistes qui croit en un système avantageant la minorité parasitaire bourgeoise et il y a cette autre part de gens, qui ne croit plus depuis longtemps, les balivernes de cette minorité de profiteurs, qui ne cherche qu’à tirer profit des misères et des besoins d’autrui. À Jean Allaire, rappelons-lui qu’il ne se bat pas pour nos intérêts à nous, salariés et créateurs de richesses, mais qu’il fait tout, au contraire, pour défendre ceux de nos exploitants. Nous n’avons donc aucune cause commune lui et nous salariés, et n’avons pas à travailler ensembles, lui et nous, artificiellement, hypocritement, pour qu’en phase terminale des projets de monsieur, on ne serve plus que les intérêts de la minorité parasitaire qui profite du reste des habitants de la planète. Et ce n’est pas messieurs Legault ou Sirois qui y changeront quelque chose, malgré de belles paroles populistes.
Terminons-en avec l’ADQ en 24 heures. Imposons à ce parti un débat avec des «anticapitalisme», sans possibilité de se défiler. La simple tenue d’un véritable débat, sans possibilité de s’ajuster au «vent du soir», devrait en persuader plusieurs que l’ADQ n’est bon à rien d’autre que de défendre les intérêts des parasites de cette société.
AVE Mario Dumont, dont je n’ai pas de nouvelle, boycottant «V». Avec ADQ, dont je n’ai de nouvelles que parce que j’ai besoin de couches pleines pour approvisionner ce blogue.
Sylvain Guillemette
Électeur Québécois qui ne croit pas au programme colonial et patronal de l’ADQ.
Publié dans Article | Tagué: Action démocratique du Québec, ADM, ADQ, Alvaro Uribe, Éric Caire, Éric Duhaime, CIA, CSN, drète, Droite, François legault, FTQ, Gauche, Jean Allaire, Kadhafi, Londres, Marc Picard, Mario Dumont, NATO, OTAN, Ottawa, Paris, RLQ, Syndicat, torture, Trou de cul, Washington | Laisser un Commentaire »














Le gouvernement conservateur s’apprête à présenter son premier budget en position de majorité. Il s’apprête ainsi à imposer certaines parts d’idéologie dans un budget devant porter sur l’économie canadienne et non pas, sur les mœurs devant être adoptées par les Canadiens.




