Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Blackwater sous enquête pour des massacres commis en Irak

Posted by Hugo Jolly sur 23 octobre, 2007

Blackwater USA

La firme étasunienne Blackwater USA a reçu une mise en demeure affirmant qu’elle était sous enquête pour des crimes de guerre après que 17 civils irakiens aient été tués dans une grêle de balles par des agents de sécurité à Baghdad.

Ces meurtres commis le mois dernier mettent dans l’embarras la firme privée de sécurité dont les employés sont immunisés contre toute forme de poursuite, contrairement aux militaires de professions qui sont assujettis aux courts martiales. C’est le deuxième incident du genre en moins d’un mois, impliquant le contracteur australien Unity Resources Group, cette semaine. Deux femmes Arméniennes chrétiennes ont été abattues après que leur voiture se soit approchée d’un convoi protégé. Leur voiture a été criblée de 40 balles.

Ivana Vuco, l’officière la plus aînée des droits de l’homme de l’ONU en Irak, a parlé hier à propos des fusillades par les gardiens de sécurité privés qui ont provoqués un outrage parmi les Irakiens. «Pour nous, c’est une question de droits humains,» a-t-elle dit. «Nous surveillerons les allégations de massacres par des entrepreneurs et nous regarderons si il y a ou non crimes contre l’humanité ou crimes de guerre qui ont été commis.»

Un Irakien qui a été blessé dans les tirs du 16 septembre, ainsi que les proches de trois personnes tuées dans l’attaque, ont déposé une plainte à Washington hier accusant Blackwater de violer des lois étasuniennes en commettant «des massacres et des crimes de guerres extrajudiciaires.»

L’Irak a dit qu’il y avait plus de 180 compagnies de sécurité – majoritairement des États-Unis et d’Europe – dans le pays. Le pays estime que les entrepreneurs étasuniens sont plus de 100 000. Beaucoup d’Irakiens voient ces firmes comme des armées privées à la gâchette facile, ce qui a créé des tensions dans les relations entre l’Irak et les États-Unis qui ont commandé un rapport complet sur la sécurité.

Les autorités irakiennes ont accusé Blackwater de «meutre délibéré» de civils irakiens en tirant dans un carré de la ville bondé de gens. Elles demandent aussi des millions de dollars en compensation et le retrait de la compagnie du pays d’ici six mois. La firme de sécurité affirme que ses gardes ont retourné les tirs à des cibles menaçantes et ont répondu légalement à une menace contre le convoi qu’ils protégeaient.

Madame Vuco a dit que les lois sur les droits humains s’appliquaient également aux entrepreneurs et aux autres partis dans le conflit. «Nous le rappellerons aux États-Unis dans nos communications. Ceci inclut la responsabilité d’enquêter, de superviser et de poursuivre ceux qui sont accusés de méfaits,» a-t-elle dit au lancement du dernier rapport des droits humains de l’ONU à Baghdad. Ce rapport couvre la période d’avril à juin et décrit la situation des droits humains de «très sinistre».

Said Arikat, le porte-parole de la mission de l’ONU, a recommandé à l’administration Bush de tenir responsable les individus impliqués dans les tirs aveugles; «d’appliquer les règles d’engagement et de les poursuivre». Il a ajouté: «Il ne peut y avoir des éléments escrocs qui sont au-dessus des lois.»

Dans les plus récents tirs, mardi, une conductrice de taxi, Marany Awanees, et son passager avant ont été tués. Unity Resources Group affirme que ses gardes craignaient une attaque suicide et a ouvert le feu seulement après plusieurs avertissements. Les gardes protégeaient des experts en matière de finances travaillant, sous contrat, pour l’Agence étasunienne du développement international.

Les firmes de sécurité privées bénéficient de l’immunité grâce à une loi de 2004 promulgué par l’Autorité provisoire de coalition.

Source: PENKETH, Anne. «Blackwater faces war crimes inquiry after killings in Iraq», The Independent, 23 octobre 2007, http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article3052374.ece.

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7 Réponses to “Blackwater sous enquête pour des massacres commis en Irak”

  1. sylvainguillemette said

    Ce ne sont pas les seuls crimes et Blackwater n’est pas seule… Les mercenaires sont préetns en Afghanistan, et ailleurs. Ils sont désormais présents sur le territoire de Montréal! Les policiers montréalais ont en effet offert leurs services à quiconque capable de se les payer! Sécurité, location de voiture de police, etc.. La police de Montréal est désormais, une firme de mercenaires! C’est un fait! Ai-je besoin de rappeler qu’un mercenaire agit dans le seul but de faire de l’argent, fait son travail pour l’argent? En fait, nous en sommes peut-être tous sous le capitalisme!

  2. sylvainguillemette said

    N’oublions pas que le Canada a fait appel aux service de cette firme en Afghanistan.

  3. sylvainguillemette said

    Ce sont des tueurs à gage que le ministre des affaires étrangères menteur Maxime Bernier, du gouvernement canadien conservateur terroriste soutient. J’en profite pour redire que le gouvernement afghan actuel n’est pas légitime et n’a jamais été élu démocratiquement par le peuple. C’est une farce plus qu’absurde, l’Afghanistan était encore moins table que le tueur de vermine (le général Rick Hillier se nomme comme ça tout seul, tout un prestigieux personnage!) le prétend aujourd’hui. Donc, ils prétendent que le pays ne pourrait être défendu aujourd’hui et du même coup, ils voudraient nous faire croire qu’ils y ont fait des élections démocratiques au tout début de l’invasion et de l’occuppation! Et pourtant, Hamid Karzaï était déjà choisi à Washington avant les élections soit-disante, démocratique qui ne se sont déroulées qu’à Kabul!

  4. sylvainguillemette said

    WSWS : Nouvelles et analyses : Canada
    Les « ministres canadiens » du gouvernement afghan d’Hamid Karzaï
    Par Guy Charron
    30 juin 2007

    Les Forces armées canadiennes ont déployé un groupe d’une quinzaine de personnes, l’Equipe consultative stratégique (SAT, Strategic Advisory Team), qui travaille « directement avec le gouvernement afghan » pour imposer les termes dictés par les puissances occidentales.

    Le Canada est un participant clé de l’occupation militaire de l’Afghanistan menée sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN et depuis l’été 2005 est au front de la lutte contre les insurgés. Il soutient pleinement le gouvernement fantoche d’Hamid Karzaï installé par Washington. C’est un gouvernement composé de seigneurs de guerre coupables d’exactions contre la population et qui est détesté pour être corrompu et à la solde des grandes puissances.

    La SAT, désignée sous le nom d’opération Angus par l’armée canadienne, joue un rôle complémentaire au soutien militaire accordé au gouvernement Karzaï. Bien que d’origine militaire, la SAT joue un rôle surtout politique. Ses équipes sont, dans les termes du ministère canadien de la Défense, « intégrées dans les ministères et les organismes du gouvernement afghan ». Selon le lieutenant-commandant Rob Ferguson, un des membres de la SAT, « aucun pays n’est placé de façon aussi stratégique que le Canada pour influencer le développement de l’Afghanistan ».

    La SAT ne relève pas de l’OTAN ou de la Force internationale d’assistance à la sécurité, mais se rapporte directement au gouvernement canadien. Elle est encensée par les chefs de file militaires, politiques et économiques du Canada en tant qu’exemple à suivre dans la coordination des différentes sections de l’Etat canadien lors d’interventions militaires à l’étranger visant à faire valoir les intérêts de l’élite dirigeante.

    Le lieutenant-colonel Fred Aubin, l’adjoint au commandant de la SAT, voit la SAT comme l’embryon d’une initiative plus large du gouvernement canadien. « Le gouvernement afghan est très coopératif » avec la SAT, a-t-il dit. « A un moment donné, je suis certain qu’ils vont élargir [la SAT] et qu’il y aura une augmentation du nombre des civils lorsque la sécurité se sera améliorée. »

    Il est difficile d’obtenir des informations exactes sur les activités de la SAT. C’est seulement depuis fin 2006 que l’armée canadienne, face à une opposition populaire grandissante à l’opération militaire en Afghanistan, a entrepris de faire connaître plus largement l’existence de la SAT.

    Le but avoué du plan de communication de l’armée est de « démontrer à la population canadienne la contribution de la SAT au développement à long terme de l’Afghanistan, tout en protégeant la crédibilité de la SAT aux yeux du gouvernement et de la population afghane », selon des documents internes de l’armée canadienne aujourd’hui publics.

    Ceci implique que les informations dévoilées seront nécessairement déformées pour satisfaire aux impératifs de la propagande pro-gouvernementale. Par exemple, les documents de l’armée aujourd’hui publics établissent que c’est à l’initiative du chef de l’état-major canadienne, le général Rick Hillier, que la SAT fut formée, mais les communiqués de presse du ministère de la Défense soulignent toujours que la SAT est en Afghanistan à la demande du gouvernement afghan.

    Malgré la nature tronquée des informations, il est possible d’établir certains faits hors de tout doute, le principal étant qu’une équipe canadienne travaille aux plus hauts niveaux du gouvernement afghan, en contact étroit avec le bureau du président afghan Karzaï.

    Selon le livre Canada in Afghanistan, écrit par Peter Pigott, un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, la SAT « a reçu le mandat du président Karzaï personnellement pour aller partout au pays et tout enquêter… [E]lle travaille au niveau ministériel dans tous les ministères et est en relation presque quotidienne avec les Nations unies, la Banque mondiale, les principaux pays donateurs [entre autres, les Etats-Unis, le Japon et l’Inde] et l’OTAN. »

    L’équipe de la SAT est composée principalement d’officiers de l’armée canadienne spécialisés dans la planification ainsi que de responsables de l’ambassade canadienne. Selon des documents internes de l’armée, « Le ministère canadien des Affaires étrangères, par son ambassade à Kaboul, est très impliqué dans les activités de la SAT alors que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a offert un expert en développement à l’équipe. »

    L’Afghanistan est le principal bénéficiaire de l’aide étrangère canadienne et héberge l’une des plus grandes ambassades canadiennes. En excluant les coûts de la mission militaire canadienne qui atteignent environ quatre milliards de dollars à ce jour, le Canada est un des principaux bailleurs de fonds pour le gouvernement de Kaboul et a dépensé et continuera à dépenser plus de 100 millions de dollars par année de 2001 à 2011. D’autres agences gouvernementales canadiennes, comme la Gendarmerie royale du Canada, contribuent au développement des forces sécuritaires afghanes.

    La SAT est impliquée dans plusieurs ministères du gouvernement afghan. Elle travaille avec le ministre afghan de la Justice à la rédaction de lois et avec le gouvernement sur son plan de communication stratégique, tant pour l’intérieur que pour l’étranger. La SAT a organisé et guidé Karzaï et d’autres officiels afghans pour des visites au Canada, où l’intervention canadienne était louangée.

    Mais de façon plus importante, la SAT a comme fonction de superviser les progrès de l’Afghanistan selon les termes du Pacte de l’Afghanistan (Afghanistan Compact), qu’elle a contribué à développer en collaboration avec l’ambassadeur canadien.

    Le Pacte de l’Afghanistan est une entente intervenue à la fin de 2005 et formalisée le 31 janvier 2006 entre les grandes puissances sur les développements attendus en Afghanistan.

    Il est clair de la lecture de l’entente que l’Afghanistan demeurera un protectorat pour les années si ce n’est les décennies à venir, dépendant pour sa sécurité et pour le financement de l’Etat des puissances impérialistes. L’objectif des mesures développées dans le Pacte de l’Afghanistan est de créer un environnement social, gouvernemental et économique propice à l’investissement étranger et aux intérêts géopolitiques des puissances occupant aujourd’hui le pays.

    La SAT travaille en étroite collaboration avec Ishaq Nadiri, un économiste américain d’origine afghane et principal conseiller économique de Karzaï, à la réalisation des objectifs principaux du Pacte. Pour ce faire, la SAT est aussi très impliquée avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, par qui transige une grosse part de l’aide étrangère.

    La création d’une unité militaire spéciale dont le rôle est de « diriger de l’arrière », dans les mots d’un des membres de l’équipe, va de pair avec le transfert des troupes canadiennes de Kaboul vers Kandahar en 2005.

    Les élites canadiennes ont tiré comme leçon de l’intervention canadienne en Bosnie à la fin des années 1990 que le Canada n’avait pas l’influence et la reconnaissance qui lui revenait en vertu de sa contribution militaire. « Nous n’avions pas d’influence décisive ou d’effet décisif qui aurait donné une bonne influence au Canada dans les Balkans », a dit Hillier, le chef d’état-major canadien, dans une entrevue qu’il accordait à Jane’s Defence Weekly en 2006. Il a continué en disant chercher à obtenir pour les missions canadiennes à l’étranger « suffisamment de crédibilité pour nous donner l’occasion d’avoir des postes de commandement et d’influencer et de modeler des régions et des populations en accord avec nos intérêts et en accord avec nos valeurs ».

    L’opération militaire à Kandahar, un des bastions des talibans et de l’opposition à l’occupation, est précisément le type d’opération donnant de la « crédibilité » au gouvernement du Canada.

    Dans un témoignage qu’il a livré devant le comité parlementaire fédéral sur la défense nationale le 31 mai 2007, le général Hénault, aujourd’hui président du Comité militaire de l’OTAN et précédent chef de l’état-major canadien, a indiqué que « Le Canada est vu comme étant un pays des plus compétents pouvant faire preuve de leadership en Afghanistan. »

    L’opération militaire canadienne en Afghanistan est considérée dans les hautes sphères canadiennes comme une mission permettant de donner une position de force à la puissance moyenne qu’est le Canada dans le « Grand Jeu » qui se joue en Afghanistan pour le contrôle des ressources et l’influence géostratégique.

    En particulier, le Canada qui aspire à devenir une superpuissance énergétique est intéressé au contrôle du pétrole du bassin de la mer Caspienne. Le potentiel minier de l’Afghanistan est aussi d’un grand intérêt pour les compagnies canadiennes très actives dans ce secteur industriel.

    D’un côté, les soldats sont utilisés comme chair à canon pour obtenir le respect que l’on donne au « prix du sang » dans les instances dirigeantes mondiales, avec d’immenses coûts pour la population civile afghane, y compris la subjugation économique et politique de leur pays. De l’autre, le Canada déploie une équipe ayant des pouvoirs similaires à ceux de ministres auprès du gouvernement Karzaï pour influencer et modeler la région en accord avec ses intérêts stratégiques fondamentaux.

    http://www.wsws.org/francais/News/2007/juin07/300607_sat.shtml

  5. sylvainguillemette said

    Assassinat d’une journaliste critique des seigneurs de guerre afghans
    Par James Cogan
    18 juin 2007

    Le meurtre brutal d’une journaliste afghane, Zakia Zaki, le 6 juin, sur qui on a tiré sept fois alors qu’elle était couchée aux côtés de son jeune fils, symbolise l’absence de même un semblant de démocratie dans le pays après plus de cinq années d’occupation américaine.

    Zaki était propriétaire et présentatrice de nouvelles de Radio Paix, qui diffusait de la musique, des histoires pour enfants, de l’information sur les droits des femmes et des nouvelles favorables à l’occupation à Kaboul et dans plusieurs provinces voisines. Elle a été tuée dans la province de Parwan, près de l’immense base américaine de Bagram, par des assassins qui sont entrés par infraction chez elle au milieu de la nuit.

    Le gouverneur provincial a mis le meurtre sur le compte d’un membre de Hezb-e-Islami, une organisation distincte des talibans qui lutte contre l’occupation américaine et contre le gouvernement afghan.

    Toutefois, Rahimullah Samader, qui dirige l’Association des journalistes indépendants d’Afghanistan, a suggéré à Reporters sans frontières que Zaki pourrait avoir été tuée par un seigneur de guerre régional qu’elle avait critiqué. Il n’a pas nommé cette personne.

    « Elle [Zaki] a été menacée à cause de certaines de ses émissions, a-t-il dit. Et ceux qui l’ont menacée ont dit que certains reportages étaient critiques d’une des personnalités de la région. Ils ont dit que les émissions étaient un complot contre cette personne. Les commandants régionaux sont influents dans la province et ils lui ont fait des problèmes à plusieurs reprises dans le passé. »

    La province de Parwan a déjà été décrite par le président afghan Hamid Karzaï comme la « plus sûre » du pays parce que le niveau d’activité des talibans y est très bas. La sécurité qui y règne, toutefois, vient surtout du fait que c’est une des régions le plus sous la poigne de l’armée américaine et des différents seigneurs de guerre qui se sont rangés derrière les Etats-Unis lors de l’invasion de 2001-02.

    Jamiat-e-Islami, qui était la principale faction de l’Alliance du Nord, soutenue par les Etats-Unis, et qui contrôle maintenant Kaboul et la région, a une influence considérable dans la province. Le principal dirigeant de l’organisation, Burhanuddin Rabbani, a été le président de l’Afghanistan de 1992 à 1996. Le chef de guerre ouzbek Abdoul Rashid Dostum, qui contrôle de grandes bandes de territoire au nord-ouest de l’Afghanistan, maintient aussi une présence à Parwan, situé près de la capitale Kaboul.

    Malgré toutes les prétentions démocratiques américaines, l’occupation a en réalité livré l’Afghanistan aux chefs de guerre régionaux et dirigeants tribaux qui entretiennent des liens avec les moudjahidines islamiques qui combattirent, avec l’appui des Etats-Unis, l’occupation soviétique durant les années 1980. Parmi ceux-ci se trouvent plusieurs individus, tels que Dostum et Rabbani, qui ont été responsables de nombreux crimes durant la guerre civile qui a suivi le retrait des troupes soviétiques en 1989. La brutalité, la corruption et l’indifférence des chefs de guerre aux besoins du peuple afghan ont été d’importants facteurs dans la montée du soutien populaire pour le mouvement fondamentaliste taliban qui, en 1996, avec l’appui du Pakistan et le soutien tacite des Etats-Unis, avait le contrôle de la majorité du territoire afghan.

    L’invasion américaine en octobre 2001 pour renverser les talibans était vue par de nombreux dirigeants moudjahidines détrônés comme l’occasion de revenir au pouvoir. Alors que l’autorité des talibans s’effondrait, les chefs de guerre et leurs milices reprirent le contrôle de leur ancien territoire et exploitèrent l’occupation américaine pour s’établir fermement. Le gouvernement Karzaï n’est qu’une feuille de vigne inefficace qui exerce peu d’autorité à l’extérieur de Kaboul.

    Bien que partisane de l’invasion américaine, Zaki est entrée plusieurs fois en conflit avec les milices et politiciens locaux qui ont été portés au pouvoir par l’occupation. En 2002, elle rapporta à l’Association des journalistes qu’elle avait été menacée par des miliciens du Jamiat pour avoir interviewé des femmes dans la rue pour ses reportages.

    Lors des élections de septembre 2005, elle se présenta contre la candidate gagnante Samia Sadat, une femme qui est maintenant directrice honoraire du département d’éducation de Parwan. Durant la campagne, Sadat tenta d’obtenir la fermeture de Radio Paix sur la base que c’était un « outil de propagande » contre elle. Après avoir été victime d’une tentative de meurtre en janvier 2006, Sadat accusa faussement l’un des journalistes de Zaki d’avoir tenté de la tuer. Ce dernier fut détenu par la police de Parwan durant 11 mois avant que les accusations ne soient finalement retirées.

    L’élection elle-même fut qualifiée de farce par certains observateurs. Human Rights Watch affirma : « À travers le pays, des candidats et des organisateurs politiques ont formulé des plaintes à Human Rights Watch décrivant des situations où des commandants ou des hommes forts locaux, ou des représentants gouvernementaux locaux liés à eux, avaient organisés des réunions lors desquelles ils dictaient aux électeurs et aux dirigeants de la communauté pour qui voter. Dans certains cas, des candidats et leurs partisans soutiennent que des menaces directes avaient été proférées. »

    Après les élections, Zaki a publiquement critiqué la présence de dizaines de seigneurs de guerre et de dirigeants miliciens dans le parlement afghan dont l’attitude envers la démocratie et les droits de la femme n’est pas différente de celle des talibans. En conséquence, elle a reçu des « avertissements » selon l’Association des journalistes indépendants.

    Le traitement accordé à Zakia Zaki n’est qu’un exemple de la répression systématique de toute dissidence au régime que l’administration Bush a érigé en Afghanistan.

    Le 8 juin, des assaillants inconnus ont arrêté la voiture du procureur général du pays, Abdul Jabar Sabet, et l’ont battu à coups de bâton et de crosse de fusil juste à l’extérieur de Kaboul. Sabet avait publiquement condamné la corruption au sein du gouvernement afghan, impliquant particulièrement des membres de l’Alliance du Nord. Il a été si sévèrement blessé qu’il est toujours hospitalisé.

    Le mois dernier, le parlement afghan a voté la suspension de la députée Malalai Joya pour avoir dit lors d’une entrevue télévisée que le parlement était « pire qu’une étable ». Au moins, a-t-elle dit, les vaches donnent du lait aux gens, les ânes transportent de lourdes charges et les chiens sont fidèles. Le parlement, par déduction, ne donne rien au peuple afghan. Après avoir montré la séquence, le porte-parole du parlement a demandé un vote pour l’empêcher de se présenter au parlement pour la durée de son mandat de cinq ans qui se termine en 2010. Une majorité a voté en faveur de la motion.

    S’exprimant par la suite, Joya a déclaré: « Depuis que j’ai commencé ma lutte pour les droits de l’homme en Afghanistan, pour les droits des femmes, ces criminels, ces trafiquants de drogue se sont dressés contre moi dès que j’ai élevé la voix ». Durant la loya jirga tenue en 2003 pour faire adopter la constitution et durant sa propre présence au parlement en 2006, Joya a qualifié les législateurs de « seigneurs de guerre. » L’an dernier, on lui a lancé des bouteilles d’eau. Elle dit aussi avoir été menacée de viol. Depuis sa suspension du parlement, elle a averti que s’il lui arrivait quelque chose « tout le monde saurait » qui sont les responsables.

    Tant Zakia Zaki que Malalai Joya ont été l’objet de documentaires en Occident. Zaki est apparue dans l’émission spéciale en 2005 sur le droit des femmes Si je me lève. Joya était le point central du documentaire en 2005 sur les élections en Afghanistan, Les ennemis du bonheur. Ils étaient présentés comme étant la preuve vivante que l’invasion américaine de 2001 apportait des changements fondamentaux.

    En réalité, malgré les beaux discours sur la démocratie, y compris sur les droits des femmes, le but de l’administration Bush était d’établir la domination américaine en Afghanistan, qui est situé stratégiquement près des régions riches en ressources de l’Asie centrale et du Moyen-Orient. Washington n’a pas la moindre intention de miner son réseau de seigneurs de guerre et de chefs tribaux sur lequel s’appuie son occupation. Ce n’est pas Washington qui va exiger qu’ils soient délogés du pouvoir et traînés devant les tribunaux pour répondre de leurs crimes.

    (Article original anglais paru le 15 juin 2007)

    http://www.wsws.org/francais/News/2007/juin07/180607_afghan.shtml

  6. sylvainguillemette said

    Merci à vous les droitistes de soutenir ce coup d’état militaire illégal, en plus de soutenir les tueurs à gage récemment embauchés par le gouvernement canadien terroriste!

  7. sylvainguillemette said

    Les mercenaires de Blackwater ont le droit de tuer impunément

    WASHINGTON, le 29 octobre.- Le Département d’Etat a promis l’immunité judiciaire aux gardes du corps de l’entreprise Blackwater USA, dans le cadre de l’enquête sur la mort par balle le mois dernier de 17 civils irakiens, a rapporté The Associated Press.

    C’est pourquoi il faudra attendre des mois avant que le ministère public fédéral puisse –s’il décide de le faire- présenter des chefs d’accusation pénaux, dans une affaire qui a provoqué la colère du gouvernement irakien.

    « Une fois qu’on autorise l’immunité, on ne peut plus la lever » a déclaré un haut fonctionnaire proche de l’enquête.

    Un porte-parole du département d’Etat n’a pas voulu faire de déclarations sur le cas, tout comme les porte-parole du département de la Justice et du FBI.
    Trois hauts fonctionnaires de la police ont déclaré que tous les gardes du corps de Blackwater impliqués dans le massacre –tant dans le convoi que dans au moins deux hélicoptères- avaient obtenu une protection légale de la part du bureau de sécurité des diplomates, qui dépend du département d’Etat.

    http://www.granma.cu/frances/2007/octubre/mar30/mercenarios.html

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