Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Appel de solidarité des antifascistes russes

Posted by Olivia sur 7 janvier, 2008

Les anti fascistes russes on besoin de soutien.

Merci de relayer cet appel car ce qui se passe en Russie est très grave…

« Etre militant anti-fasciste en Russie n’est pas facile pour le moment. Nous subissons constamment les assauts des racistes et des fascistes et ne recevons que peu ou pas de soutien des autorités. Plusieurs de nos militants ont été assassinés ces dernières années et même lorsque les agresseurs sont attrapés, ils sont le plus souvent relâchés suite à des suspensions de peine. »

« Un soutien international est indispensable – et apprécié », déclare le militant anti-fasciste russe Bruno Garmson.

Le déclin rapide de la fragile démocratie russe, marqué par les violations flagrantes des droits de l’homme lors des campagnes tchétchènes du gouvernement, l’octroi de pouvoirs sans précédent aux services secrets, la suppression d’exécutifs élus (gouverneurs, maires, …), l’introduction de la censure et les procès et meurtres politiques ont change l’atmosphère politique. Cela a permis aux nazis et à leurs alliés d’extrème-droite de mettre en place des campagnes et d’utiliser le nationalisme comme alibi pour commettre des meurtres – dont beaucoup restent impunis. Hors de Russie, ce n’est pas toujours facile à comprendre.

Dans les films héroïques qui passent quasiment toutes les nuits à la télévision russe sur la « Grande Guerre Patriotique 1941-1945 » contre les Nazis, il serait difficile aujourd’hui de trouver un autre motif à cette guerre que la défense de « la mère patrie ».

Malheureusement, il n’y a plus beaucoup de témoins capables de décrire le véritable enthousiasme anti-fasciste qu’avait soulevé la cause républicaine durant la Guerre Civile espagnole ou d’exprimer la conviction – commune durant la seconde guerre mondiale – suivant laquelle les nazis avaient pour but de réduire les citoyens russes en esclavage et de les exterminer comme des « sous-êtres ». Ni, dès lors, d’expliquer en quoi la lutte anti-fasciste était avant tout le combat de l’humanité face à la barbarie fasciste.

Les nazis russes contemporains utilisent les mythes officiels nationalistes guerriers comme la preuve de la supériorité russe et l’exemple de la façon dont le régime stalinien a trompé le peuple russe, sacrifiant des millions de soldats et de civils contre la croisade anti-bolchévique d’Hitler de « libération » de la Russie. L’ignorance de l’histoire soviétique, le manque d’analyse des théories et des pratiques du fascisme et la réduction du terme « anti-fasciste » au simple combat nationaliste contre les ennemis de la Russie rend le démontage de mensonges aussi évidents particulièrement difficile.

Le réel anti-fascisme, défiant les nationalismes et combattant le nazisme, est une voie risquée. De tels comportements « dissidents » sont vus comme une « opposition suspecte » aux politiques du Président Vladimir Poutine et à l’Etat. Toute personne affichant un comportement de cet ordre est considérée comme un « extrémiste », au même titre que les nazis. S’opposer ouvertement au fascisme revient à se désigner comme une cible pour les bandes de nazis qui patrouillent en plein jour dans les rues des cités russes à la recherche de victimes à attaquer.

De jeunes anti-fascistes ont commencé à contre-attaquer. La position courageuse de jeunes anti-fascistes russes contre la violence de rue croissante exercée par les bandes nazies fait souvent l’objet de procédures devant les tribunaux – qui se sont révélées sans fondement. L’issue de jugement de meurtriers nazis tend à dépendre des charges retenues par l’accusation publique : presque toujours le hooliganisme (trouble violent de l’ordre public) ou l’implication dans des faits de hooliganisme.

Il n’y a pas de véritable pression du Kremlin ou de la Douma (parlement) sur les procureurs pour qu’ils retiennent les charges de « crimes de haine » . Les négociations entres juges, procureurs et avocats de la défense dans le sens d’une coopération au cours des procès sont monnaie courante. Et, plus crucialement, les anti-fascistes n’exercent pas assez de pression : du fait de la faible culture démocratique, ils ne s’impliquent que rarement dans les enquêtes ou les procédures judiciaires.

Ici, à St-Petersbourg, les anti-fa ont aidé activement les procureurs en tant que « témoins experts » depuis le début des années 90 et ont mené des campagnes couronnées de succès. Les nazis ont réagi en 2004 par l’assassinat de Nikolai Girenko, qui était alors le spécialsite de l’anti-fascisme le plus en vue comme soutien des procureurs agissant dans le domaine.

Une nouvelle génération d’anti-fascistes est aujourd’hui en train d’émerger, qui s’oppose aux nazis dans les tribunaux et dans la rue. Leurs combats sont essentiels – la seule alternative est la capitulation – mais ils coûtent chers. Même lorsque les avocats plaident pro deo les procédures judiciaires demandent d’importantes sommes d’argent. Dans l’affaire des meurtriers de Timur Kacharava, les moyens dégagés par les anti-fascistes ont permis à la famille et aux amis de la victime de faire enfermer les coupables.

En Russie, il n’y a pas de grands syndicats, de mouvement ouvrier ou de structures anti-racistes durables et jouissant de traditions démocratiques et anti-fascistes vers lesquels nous pourrions nous tourner. Résultat : nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et sur le mouvement anti-fasciste international.

Le soutien de nos frères, s–urs, camarades et amis à l’étranger est plus vital que jamais !

BESOIN URGENT D’ARGENT

Les anti-fascistes russes ont maintenant désespérement besoin d’aide fiancière et matérielle. Avec des fonds, ils peuvent produrie des tracts, organisé des campagnes et payer des avocats. Ils peuvent également mieux s’organiser, de façon plus moderne, avec des ordinateurs, pour créer leur propre réseau de résistance.

Ceci n’est possible qu’avec la solidarité internationale des progressistes, et de tous les antifascistes et antiracistes en-dehors de Russie.

Cet appel est lancé par l’Antifa-Net. L’argent sera récolté par le magazine « Searchlight ». Le « International Antifascist Network for Research and Action » a été fondé en 2004. Il comporte des groupes en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Norvège, en France, en Suède, en Pologne, en Russie et aux Etats-Unis. Le magazine « Searchlight » en est le représentant britannique.

Faites un don au « Russian Human Rights Solidarity Fund »

S’il-vous-plaît envoyez vos dons au : Russian Human Rights Solidarity Campaign, c/o Searchlight, PO Box 1576, Ilford, Essex IG5 0NG

Ou versez directement votre argent sur le compte de « Searchlight » : Russian Human Rights Solidarity Campaign Branch Sort Code : 40-03-36 Account Number : 41284479 IBAN : GB76MIDL40033641284479 SWIFT CODE : MIDLGB22

MERCI DE DIFFUSER CET APPEL LARGEMENT

Plus d’infos et sources

http://www.searchlightmagazine.com/

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14 Réponses to “Appel de solidarité des antifascistes russes”

  1. Le Reactionism Watch regardera les possibilités pour aider matériellement et moralement les antifascistes russes. Nous vous tiendront au courant. Si jamais vous avez des idées, contactez par courriel au reactionismwatch@gmail.com . Merci.

  2. Sérieusement, avec toutes les fraudes par courriel provenant de la Russie ces temps-ci, est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui va vraiment verser de l’argent sur le compte mentionné ici?

    Si la réponse est oui, n’hésitez pas à me contacter, j’aurais des choses à vous vendre…

  3. Nous avons des contacts en Russie qui vont pouvoir confirmer l’existence de cette campagne.

  4. Je n’en doute point. Vos copains du Parti Communiste de la Fédération de Russie sans doute?

  5. Non, pas nécessairement. Nous n’aimons pas ces révisionnistes, qui ont des politiques presqu’aussi à droite que Vladimir Poutine. Le PC russe n’a de communiste que le nom.

  6. Note à Cowboy : tout message totalement hors sujet, stupide et inutile sera systématiquement effacée. Merci, bonsoir.

  7. internationaliste said

    Autant dire que tous les messages de Cowboy seront effacés!

  8. Cowboy said

    Bien dit! Mes commentaires sont trop sensés pour être dans les sujets de ce site.

  9. internationaliste said

    Tu peux te bercer d’illusions si ça te tente. Ton blogue fait tellement pitié.

  10. camarade Psycho said

    internationaliste a dit:
    7 janvier, 2008 à 11:12
    Autant dire que tous les messages de Cowboy seront effacés!

    ceux qui veulle rien dire comme lui, mais seux ayant une oppinion et des arguments garder le!!

  11. Ceux qui sont sérieux ne le seront pas.

  12. sylvainguillemette said

    Merci Olivia, je vais afficher le texte sur le forum du PCQ si ça te drange pas, de toute façon… « MERCI DE DIFFUSER CET APPEL LARGEMENT ».

    Une autre répétition de l’histoire, mais on l’avait vu venir ce facho de renommée.

  13. episteme12 said

    Bravo antho, enfin!

    Bon…
    Je parle et écris passablement le russe,

    Si je peux vous aider,(à confirmer ou w/e) c’est ici–>`
    Lucasdedo@gmail.com

  14. leniniste said

    nterview de Maria Rozalskaya, du Centre Sova et de Mina Sodman, du journal antifasciste de Saint-Pétersbourg, Antifascistki Motiv
    À quelques semaines des élections en Russie, nous avons rencontré deux militantes antifascistes russes : l’une, de Moscou, participe au Centre Sova, qui recense quotidiennement dans la presse russe (y compris sur Internet) les indicateurs de l’activité d’extrême droite en Russie, l’autre, de Saint-Pétersbourg, participe au journal antifasciste Antifascistki Motiv, successeur de Tum Balalaïka, partie prenante depuis une dizaine d’années du Réseau antifasciste international Antifanet auquel participe également le réseau No Pasaran.

    Quelle est exactement la tâche que s’est fixé le Centre Sova ?
    À partir d’un examen rigoureux de tout ce qui est publié en Russie, aussi bien dans la presse traditionnelle et officielle, mais aussi sur Internet via les blogs et autres sites, le Centre Sova s’efforce d’élaborer des statistiques au sujet des crimes racistes et idéologiques perpétrés par l’extrême droite russe. Ainsi, pour l’année 2007, nous avons recensé 53 morts, soit à peu près un mort par semaine. Il faut préciser à cet égard qu’il s’agit uniquement des cadavres trouvés par la police, autrement dit, ce qu’on sait. On sait qu’il faut multiplier ce chiffre macabre par quatre, pour avoir une idée exacte de la violence à caractère raciste et néo-nazie qui existe en Russie. Nous avons également dénombré 472 blessés, ce qui équivaut donc à plus d’une victime de tabassage à caractère raciste ou perpétré pour des motifs d’extrême droite dans tout le pays par jour.
    Les chiffres concernant les néo-nazis violents, c’est-à-dire ceux qui sont susceptibles de passer à l’acte dans la rue, sont un peu plus difficiles à établir : néanmoins, nous sommes parvenus à dénombrer entre 50 000 et 70 000 militants actifs sur toute la Russie. Bien entendu, il faut différencier entre ceux qui arpentent les rues, crient des slogans d’extrême droite et font surtout de la provocation, et qui, s’ils sentent l’impunité, pourraient se lancer dans l’action violente, et les néo-nazis qui passent concrètement à l’acte.
    Des sondages effectués tous les ans sont assez parlants à cet égard, même s’ils sont à prendre avec prudence. Lorsqu’on demande à un échantillon de la population ce qu’ils pensent du slogan « La Russie aux Russes », les réponses les plus fréquemment citées sont : « Oui d’accord, mais je ne sais pas comment », « Oui d’accord, mais avec des limites », « Oui d’accord, mais ça dépend du contexte », « Oui d’accord, et sans conditions ». En somme, 55% des réponses collectées commencent par un « oui ». Le même sondage a été effectué au sein de la police russe, et les réponses montrant une adhésion à ce slogan nationaliste ont été beaucoup moins nombreuses ; ce phénomène s’explique peut-être par le fait que les policiers savent ce que ce slogan signifie en termes de cadavres.
    Au sein de la population russe, les deux tranches d’âge qui montrent une adhésion à une idéologie nationaliste sont d’une part les 60-70 ans, qui constituaient la base du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), qui sont aussi violemment antisémites, et d’autre part les jeunes, qui sont les plus violents.

    Quels sont les modes d’apparition publics de l’extrême droite russe ?
    Le 4 novembre a lieu tous les ans la Marche russe, qui rassemble les nationalistes « de toutes les couleurs ». À cette occasion, les langues se délient, et d’aucuns ont pu entendre dans la rue ou dans le bus des discussions au sujet des marchés russes (dont les vendeurs sont majoritairement des ressortissants des anciennes républiques du Sud de l’Union soviétique comme le Caucase et l’Asie centrale) : des passants se félicitaient ainsi de la fermeture des marchés, disant que les skinheads avaient fait le sale boulot, mais qu’enfin le résultat était là. À quelqu’un qui leur disait que de tels propos étaient honteux, que leurs grands-pères s’étaient battus contre les nazis, les gens sont tombés des nues, ne voyant pas le rapport.
    Les violences d’extrême droite qui ont lieu quotidiennement sont le mode d’apparition le plus fréquent de cette extrême droite très brutale : les motivations racistes et nationalistes sont parfois difficiles à démêler, témoignant du fouillis idéologique qui prévaut en Russie. Ainsi, un jeune homme dont les vêtements ressemblaient à ceux de la scène punk a été assassiné « par erreur » par deux skinheads à Izhevsk. En règle générale, ceux qui ont une apparence non-slave sont pris pour cibles par les militants violents d’extrême droite : ainsi, un Iakoute a été assassiné, alors que les Iakoutes sont un des peuples autochtones de la Russie. Sur les blogs néo-nazis, on pouvait lire après ce triste événement que les Iakoutes ressemblaient décidément trop à des Chinois.

    Existe-t-il des groupes néo-nazis déclarés, officiels ?
    En Russie, il y a des partis politiques enregistrés, et d’autres qui ne le sont pas. Néanmoins, même ceux qui sont enregistrés sont en minorité totale car ils ne recueillent pas assez de voix pour se maintenir à la Douma (cf. les réformes électorales de Poutine). À côté des masses de skinheads plus ou moins organisés, qui sont d’ailleurs l’objet des convoitises des partis d’extrême droite qui, à grand renfort de camps d’été paramilitaires, essaient de les intégrer à leurs rangs, il y a deux grands pôles dans l’extrême droite russe : les nationaux-socialistes, et la droite raciste plus modérée, tel Rodina (Patrie, en russe), qui n’existe plus aujourd’hui, mais qui était présidé par Rogozin, le représentant de la Russie au Conseil de l’Europe et s’est illustré à la fin de l’année 2005 par un spot électoral télévisé particulièrement raciste. On y voyait des Tadjiks et des Kirghizes en train de manger du melon dans la rue et jeter les écorces par terre, et le slogan était : « Prenons exemple sur la France , débarrassons-nous de l’ordure. »

    Quelles sont les composantes idéologiques de l’extrême droite russe ?
    Une idée importante est celle du complot juif international, que véhiculent les Protocoles des Sages de Sion, ou que résument assez bien les lettres ZOG , un autre grand classique des organisations néo-nazies depuis des dizaines d’années. L’autre pan idéologique consiste en une rhétorique sociale raciste : pour l’extrême droite, les Africains et les Roms sont des trafiquants de drogue tandis que les autres immigrés prennent le travail des Russes. Pour beaucoup se mêle à ce discours une rhétorique anti-étatique : les agressions racistes ont ainsi pour objectif non seulement de terroriser et de faire partir les étrangers, mais aussi de maintenir une certaine pression sur l’État, en attendant mieux…
    Quoi qu’il en soit, il n’y a pas d’unité de l’extrême droite russe : tous les petits groupes se tirent dans les pattes, surtout quand un groupe semble prendre plus d’importance que les autres.

    Et les communistes dans tout ça ?
    Le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF) est dirigé par Guennadi Ziouganov, et il revendique son héritage avec le PCUS d’avant 1989 : il se caractérise par son antisémitisme et son racisme envers les immigrés. C’est un très grand parti d’opposition, présent au Parlement, et qui a paradoxalement proposé au vote (comme on leur a dit de le faire) la loi anti-extrémiste, censée permettre la lutte contre les groupes néo-nazis mais qui réprime actuellement toute opposition à Poutine.
    Il existe par ailleurs des petits groupes trotskistes et communistes (comme Jeunesse rouge), qui correspondent un peu plus à l’idée d’une gauche comme on se l’imagine en Occident.
    Mais toujours dans ce même spectre communiste, il y a le NBP, le parti national-bolchévique, qui, malgré une scission récente, regroupe beaucoup de monde et allie discours anti-bourgeois et anticapitaliste et racisme : leur slogan « Tue le bourgeois, tue le Caucasien » ainsi que leur drapeau rouge où se trouve un cercle blanc dans lequel un marteau et une faucille s’entrecroisent pour former une svastika sont éloquents. Fondé par Édouard Limonov, qui, au cours de ses séjours en France a participé au journal de la Nouvelle Droite Éléments, le NBP est connu également pour ses actions radicales et anti-poutiniennes qui séduisent la jeunesse mais ont valu à Limonov plusieurs séjours en prison.
    Il y a également l’Union des Jeunesses communistes, qui refuse les discours racistes, mais qui ont organisé un tabassage massif des homosexuels qui participaient à la Gay Pride l’année dernière.

    Ces groupes entretiennent-ils des liens au niveau international ?
    Le KPRF est en bons termes avec Castro et Chavez, Rodina a participé à une rencontre avec les institutions européennes initiée par Dieudonné.
    Du côté des néo-nazis, il existe des liens étroits avec des groupes ukrainiens, biélorusses, moldaves ou polonais : il arrive que des pogroms ou des concerts néo-nazis soient organisés par ce biais. Il existe une sorte de fraternité néo-nazie, si bien que, lorsqu’il y a des problèmes avec la police en Russie, les militants incriminés sont évacués par le biais de filières en Ukraine ou ailleurs.

    Quelle est la réponse antifasciste à cette situation ?
    Un nouveau mouvement est en train de se constituer, à la fois assez massif et très jeune (14-25 ans). Pourtant, Antifascistki Motiv est le seul journal antifa de Russie. En effet, il y a quelques années le terme même d’antifasciste était totalement nouveau, dans le sens où il renvoyait pour la société russe à quelque chose de révolu, la Seconde Guerre mondiale. Mais aujourd’hui, tout le monde sait ce que ça veut dire, et il n’est plus possible pour les antifas d’agir à visage découvert ou sans violence : la confrontation physique est devenue inévitable, c’est aussi ce qui explique la présence d’antifascistes toujours plus jeunes.
    Il y a un an et demi, on disait qu’il y avait 200 antifascistes à Moscou, susceptibles d’affronter physiquement les fachos ; aujourd’hui, 400 sont capables de se déplacer pour un concert où ils savent pourtant qu’ils risquent de se faire attaquer par les fafs.
    Au niveau des partis politiques, le discours antifasciste est aussi en progression.

    Où en est-on des agressions anti-antifascistes ?
    Depuis les assassinats de Nikolaï Girenko, Timur Kacharava, Samba Lanpsar et Alexander (Sacha) Ryuhin, il règne en Russie en général, et à Saint-Pétersbourg en particulier un véritable climat de terreur. Cela fait maintenant partie du folklore d’envoyer aux antifas des messages tels que « Vous direz bientôt bonjour à Timur » par tous les moyens possibles (graffiti, SMS, Internet, etc.) Les proches des quatre antifascistes assassinés ont été menacés , de même que d’autres antifas radicaux de la même mouvance : à chaque fois, ceux et celles qui sont victimes des menaces n’ont aucune possibilité de se mettre à l’abri, car une fois qu’on est enregistré par l’administration dans une ville, on ne peut déménager que très difficilement. Maxim, qui a vu Timur se faire assassiner et devait identifier ses assassins, n’a pas pu partir à l’étranger : il n’y a pas de statut de réfugié politique antifasciste… Et quand les antifas ont recours à la police, ils sont l’objet de suspicion, car bien souvent, la police ne voit dans tout cela que des affrontements qui opposent une subculture à une autre. Le procès des assassins de Timur a abouti à une condamnation à de la prison ferme (12 ans) : les 10 autres inculpés ont eu du sursis, mais tous ont été condamnés pour un crime commis pour des motifs anti-antifascistes, ce qui, en soi, est une avancée importante.

    Quelle solidarité pouvons-nous mettre en œuvre en France et dans le reste de l’Europe ?
    La première solidarité à laquelle on pense est la solidarité financière : ainsi, au plus fort des assassinats anti-antifascistes, les premières collectes d’argent nous ont permis d’acheter tout un lot de colliers cloutés, parce que les attaques se font systématiquement à l’arme blanche, par derrière : les fachos essaient d’égorger les antifas, et si le cou n’est pas protégé, ils y arrivent malheureusement assez facilement en quelques minutes. Aujourd’hui, il faut pouvoir payer les avocats, mais aussi apporter un soutien logistique à ceux qui doivent se cacher ou qui ne peuvent pas aller travailler.
    Une autre forme de solidarité consiste à diffuser l’information : il faut écrire ce qui se passe en Russie et faire en sorte que l’antifascisme soit reconnu. Il faut organiser des réunions d’informations, et expliquer les raisons de la violence antifasciste : les antifas ne peuvent pas accepter de se faire égorger comme des agneaux, dès lors qu’ils sont attaqués, ils doivent se défendre.
    Enfin, il faut pouvoir partager les expériences : depuis 15 ans, nous autres de Tum Balalaïka puis Antifascistki Motiv nous efforçons de faire cela avec les jeunes antifascistes, et pourtant, ils sont complètement désespérés. La plupart sont anars, ou redskins, mais ils ont besoin d’échanger sur les expériences politiques avec d’autres groupes, y compris à l’étranger.
    Une bonne idée serait d’organiser une rencontre entre groupes antifascistes occidentaux et groupes de jeunes antifas russes, ou encore d’écrire des textes pour des zines russes.

    Où en est-on dans le procès qui oppose le DPNI (Mouvement contre l’Immigration Illégale) et les antifas qui se sont opposés à la tenue de leur rassemblement en septembre 2006 ?
    Il faut rappeler le contexte dans lequel les faits se sont produits : cela fait en effet un an que les manifs sont interdites, quelle que soit leur forme. Or après les émeutes raciales de Kondopoga en Carélie (où la communauté russe et celle originaire du Caucase se sont violemment opposées après la mort de deux Russes), le DPNI, qui avait envenimé les choses en dépêchant ses militants par cars entiers en Carélie, a voulu organiser un rassemblement à Saint-Pétersbourg. Et, comme par hasard, l’autorisation leur a été accordée, alors même que tous les rassemblements de l’opposition se faisaient interdire, ce qui constituait un scandale pour tout le monde.
    Pour toutes ces raisons, les antifas de Saint-Pétersbourg ont organisé un contre-rassemblement, à grands renforts de fumigènes, pour faire peur aux fachos. Le DPNI a répliqué à coups de couteaux, l’un des leurs a ouvert le ventre d’un antifa et blessé l’un des siens par erreur. Beaucoup de militants ont été embarqués des deux côtés.
    Seul le DPNI a eu accès aux médias : les faits ont donc été présentés de façon totalement fantaisiste, et les antifas se sont retrouvés dépeints comme des monstres armés de couteaux. Même le Centre Sova a eu du mal à savoir ce qui s’était réellement passé. De fait, les antifas n’ont pas pu faire de communiqué…
    Un antifa a été inculpé de hooliganisme, et d’incitation de mineurs, mais à ce jour, son procès a été reporté à chaque fois. Ce procès est emblématique de ce qui est fait pour effrayer les jeunes antifascistes. D’ailleurs, on s’attend malheureusement à une condamnation assez lourde, entre 5 et 7 ans de prison ferme, en particulier à cause des déclarations d’un très jeune homme qui a été manipulé par la police.

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