Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Harper et le Venezuela

Posted by Jean-Sébastien Vézina-Girard sur 23 février, 2010

Le ministre des Affaires étrangères du Canada a prononcé des propos diffamatoires à l’égard du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela. Peter Kent a dit: « Le Canada est préoccupé de la récente mesure prise par le gouvernement vénézuélien de suspendre la diffusion de six stations de télévision, de même que du décès de deux étudiants au cours des manifestations qui ont suivi. Ces événements démontrent une fois de plus une réduction de l’espace démocratique au Venezuela. »

Il est du devoir de la Société Bolivarienne/Hands Off Venezuela et de la société québécoise et canadienne de répliquer à ces allégations et prendre la rue afin d’exprimer notre mécontentement et surtout de dire que les peuples du Canada et du Québec n’appuient pas les propos de Peter Kent. De tels propos encouragent la campagne menée présentement par le gouvernement des États-Unis en Amérique latine afin d’y endiguer la montée de la gauche, et ce par tous les moyens nécessaires.

La Révolution bolivarienne, appuyée et effectuée par le peuple vénézuélien, est présentement sous tension. Une manifestation pan-canadienne s’organise présentement afin de faire ravaler les propos du gouvernement fédéral conservateur et demander réparations. Elle aura lieu le 25 février un peu partout dans le monde, notamment à Toronto, Caracas et Montréal. Rendez-vous à 17h devant le Complexe Guy-Favreau sur René-Lévesque. (Ci-joint communiqué contre les propos diffamatoires de Peter Kent à l’égard du Venezuela)

Pour plus d’informations: Société Bolivarienne du Québec

Cette déclaration survient peu de temps après que le Parlement canadien aie été prorogé pour la troisième fois depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Le gouvernement bolivarien du Venezuela a récemment appliqué la loi de responsabilité sociale de radio et télévision (RESORTE) visant à réglementer la diffusion radio et télévisée au sein du pays. Cette loi prohibe des contenus adultes pour les enfants, racistes, sexistes, les propos diffamatoires, la provocation à la violence, limite l’espace publicitaire et oblige les médias qualifiés par la loi comme nationaux à diffuser les messages du gouvernement en simultané. Cette dernière ne diffère aucunement des règles mises de l’avant par le CRTC au Canada. Or, malgré l’implantation de cette loi, divers médias privés vénézuéliens sont venus à son encontre et ont donc dû être fermées temporairement par le gouvernement. Trois des six chaînes télévisées fermées ont pu être ré-ouvertes en raison de leur conformité avec la loi RESORTE. Rappelons que la chaîne Radio Caracas Television Internacional (RCTV internacional), dont la diffusion a été suspendue en janvier dernier, avait soutenu explicitement le coup d’État en 2002 contre le gouvernement du président Chavez élu démocratiquement par la majorité de la population vénézuélienne et a depuis tenu plusieurs propos diffamatoires à l’égard de ce gouvernement tout en suscitant l’insurrection du peuple.

Le 13 janvier 2010, Noel Alvarez, président du syndicat du patronat FEDECAMARAS, a dit, en ondes, que la solution face au gouvernement bolivarien est « militaire ». Cette déclaration porte donc à l’insurrection et à la violence. En ajout, le RCTV internacional a refusé de se joindre à la diffusion radio et télévisée simultanée. Elle a donc contrevenue à la loi RESORTE votée majoritairement en Assemblée par les représentants et représentantes, élu-e-s démocratiquement, du peuple vénézuélien à Caracas. De plus, depuis environ une semaine plusieurs manifestations/démonstrations ont éclaté à Caracas des deux côtés de l’échiquier politique afin de supporter ou discréditer le gouvernement bolivarien. Plusieurs événements ont eu lieu, dont un sabotage électrique, un rationnement électrique et en eau, l’explosion d’une usine d’épuration des eaux, l’inflation du Bolivar, la fermeture temporaire de chaînes télévisées, etc. Une montée de la violence s’en est donc suivie. Du côté de l’opposition, des manifestants et mercenaires armés tirent dans les foules et ont mené à la mort de deux manifestants bolivariens. La situation a bien sûr été utilisée par les médias privée afin de culpabiliser Hugo Chavez et ainsi augmenter les tensions au sein du pays.

De l’autre côté, le gouvernement a appelé l’armée afin de contenir les foules de manifestants qui troublent l’ordre publique et posent des gestes violents. Face à cette situation, le ministre des Affaires étrangères et Commerce international s’insurge et déclare qu’au Venezuela la démocratie et la liberté d’expression est en danger. Ces propos font suite à une série d’actions et déclarations du gouvernement canadien, suivant les pas étasuniens, afin d’endiguer la gauche latino-américaine et ainsi protéger leurs intérêts financiers au sein de ces pays.

Le Canada a d’ailleurs été pris à financer à deux reprises les groupes d’oppositions au Venezuela en plus d’avoir appuyé militairement et politiquement le régime putschiste au Honduras de Roberto Mitcheletti et Pepe Lobo. Notons qu’au Canada plusieurs mesures anti-démocratiques ont été mises en branle depuis la montée au pouvoir du gouvernement conservateur, notamment par la prorogation à trois reprises du Parlement canadien afin de freiner une coalition de partis politiques (représentant la majorité de la population) et, en janvier 2010, d’étouffer toutes discussions à propos des cas de tortures de prisonniers afghans par l’armée canadienne. De plus, le gouvernement du Canada a refusé de signer la Déclarations des droits peuples autochtones à l’ONU, a empêché la chaîne Al-Jazeera de diffuser au Canada, a mis aux rencarts Kyoto et à jouer à Copenhague, tout en organisant des Jeux Olympiques illégitimes, continue une guerre illégitime et sanglante en Afghanistan, coupe les fonds dirigés à des organismes tels que Kairos et Alternatives, fait des intrusions au sein des domiciles de militants et militantes, opte pour une politique pro-Israël en changeant et coupant les politiques aidant le peuple palestinien, tente de criminaliser sournoisement l’avortement et bien plus encore!

Comment un tel pays peut-il faire une déclaration de la sorte à l’égard d’un gouvernement élu majoritairement par sa population et qui investit massivement dans les services sociaux, dans la santé et dans l’éducation et qui construit avec son peuple les bases solides d’un développement sain et pour tous et toutes? Il est du devoir du ministre des Affaires étrangères et Commerce international, Peter Kent, de bien représenter son peuple et d’approfondir ses recherches avant de divulguer de telles déclarations sur la scène internationale. De tels propos ternissent l’image des peuples vivant au Canada et au Québec et contreviennent à la souveraineté des peuples de la République Bolivarienne du Venezuela. Le Canada se doit également d’être un exemple en termes de démocratie avant de critiquer tout autre gouvernement pour ses agissements.

 Plusieurs manifestations auront lieu à Montréal, Toronto et Caracas le 25 février prochain, afin de manifester notre désaccord face à cette déclaration publique du ministre des Affaires étrangères et Commerce international, Peter Kent, et le mener à formuler des excuses publiques ainsi qu’à changer l’orientation de son gouvernement à l’égard du peuple de la République bolivarienne du Venezuela qui mène depuis plus de dix ans une lutte d’émancipation. Toronto : 365, rue Bloor East (coin Sherbourne) Face au Consulat du Venezuela 25 février 2010 – 17h Montréal : Complexe Guy-Favreau 200, boul. René-Lévesque 25 février 2010 – 17h

Ces organisations endossent le présent communiqué : Société Bolivarienne du Québec/Hands Off Venezuela, Base de Paix Montréal, Barrio Nuevo, Frente Norman Bethune, Front contre le coup d’État au Honduras, Palestiniens et Juifs Unis (PAJU), Défense de l’Humanité (chapitre Montréal), Association de campus de Québec Solidaire à l’UQÀM, Forum des Femmes de Montréal, Table de concertation et de solidarité Québec-Cuba (TQSC), Arnold August, James Cockcroft, Action Créative, Association Étudiante du Module de Science Politique (AEMSP-UQAM)

source: www.sbqc.org

17 Réponses to “Harper et le Venezuela”

  1. americocorico said

    Soutenons leur régime socialiste!

    dans 20 ans ont fera des levées de fond pour nourrir leur peuple…

  2. Jean-Sébastien Vézina-Girard said

    Quel commentaire constructif…

    Les faits sont là et vous défendez encore vôtre système capitaliste qui lui formente des coups d’État et utilise le terrorisme pour arriver à ses fins.

    Continuez à vous couvrir de ridicule, cela ne changera pas les faits.

    Si dans 20 ans nous ferons des levées de fond pour le Venezuela ce sera à cause du système capitaliste qui lui aura fait la guerre.

  3. sylvainguillemette said

    Aussi, le Canada ne possède aucune légitimité en ce sens, pour critiquer la démocratie des autres. Quand on proroge son gouvernement, pour cacher des faits au peuple sur des accusations qui fusent de toute part à notre endroit, on n’a pas de leçon à donner à quiconque. La majorité populaire vénézuélienne a voté pour Chavez, ne vous en déplaise. Le Coup d’État raté de 2002, démontre bien la «démocracité» de l’opposition vénézuélienne. Assassinats, propagande mensongère, sabotage économique, inflation contrôlé et injustifiée, lock-out, etc..

    Le Canada, avec son organisme Droit et Démocratie, a aidé à financer ce Coup d’État, et les autres dans le monde. Le Canada compte des dizaines d’organismes comme celui-ci, et s’apprête à en créer un nouveau, qui lui aussi, nous coûtera des dizaines de millions annuellement, alors que notre économie est chancelante. On voit là, toutes les priorités du gouvernement canadien antidémocratique.

    De toute façon, le Canada soutient actuellement une dictature installée par ses forces, et celles de ses alliés en Afghanistan. Hamid Karzaï n’a jamais été élu démocratiquement, et pourtant, il règne en maître, et n’impose pas grande encontre à l’endroit des terroristes qui tuent son peuple impunément.

    Peter Kent est un anticommuniste notoire, mais un patent imbécile également. S’il croit un instant que les canadiens vont embarquer dans ses histoires à dormir debout… Il n’y a que les complices des crimes d’Ottawa et de Washington pour acquiescer à sa demande!

    Je condamne l’antidémocratique gouvernement canadien, ainsi que celui des États-Unis d’Amérique, pour leurs crimes à l’encontre de pays démocratiques comme le Venezuela. Washington, en 2002, et lors du Coup d’État au Honduras de l’été dernier, a financé, coordonné et aidé de façon logistique, ces putchistes, tout en dénonçant une certaine absence de démocratie… N’importe quoi!

    Peter Kent est un putchiste! Et Americocorico est un putchiste également!

  4. sylvainguillemette said

    Americomcombre passe sous silence également, le fait que le Canada se doit de polluer la planète, pour qu’on ait pas à le nourrir au soluté. Sans les sables bitumineux, le Canada serait aussi riche que le Venezuela. Et encore, au moins, la pollution du Venezuela, bien que je ne soutienne pas celle-ci, enrichit le peuple, et non une poignée d’affairistes!

    Quand le Canada portera son assistance au Coup d’État futur du Venezuela, je propose qu’on en fasse autant à Ottawa. De toute façon, Harper n’a pas de soutien et ne peut pas se vanter d’être le reflet de la démocratie canadienne. Et tout le monde connait son contrôle de l’information, ses propos mensongers sur la torture des prisonniers afghans, son attitude envers les enfants-soldats alors que son pays a signé des traités allant contre ces principes. Americomcombre ne pourra rien dire, lui qui appuie de toute façon, les coups d’État contre les démocraties socialistes.

    Oh! Et le comcombre, à Haïti, ce sont les politiques des dictatures de Duvalier, les politiques de la dictature du «Aristide de 1994», de Latortue, et de Préval qui ont sapé l’économie haïtienne. Ensuite, c’est le Canada et les États-Unis, suivis de la France qui ont imposé ces dictatures. Bref, vous en menez large contre les démocraties socialistes, tout en soutenant, aveuglément, les Coups d’État posés par vos copains d’Ottawa!

    Quel clown vous faites!

    La voilà notre nouvelle mascotte! Ne cessez surtout pas d’intervenir ici le comcombre! Surtout pas!

  5. sylvainguillemette said

    Et J-S, je changerais le nom de cet article pour «Peter Kent soutient les Coups d’État», ou quelque chose du genre, en mettant son nom dans le collimateur. pour que les gens tapant son nom sur google, tombent sur cet article.

  6. americocorico said

    ou: Peter Kent n’est pas un idiot utile du communisme!

  7. sylvainguillemette said

    Ce petit commentaire ne peut que refléter votre absence crasse d’argument, allant contre l’essence de ce billet. Si je comprends bien, vous n’avez rien à dire. Vous n’avez pas une petite amie, ou un petit ami, qui vous attend, avec qui, vous pourriez trouver quelque chose à faire? Oh! C’est vrai! Conservateur comme vous l’êtes, je vous ai offusqué en parlant d’un potentiel petit ami! Rien à cirer! Dites à votre psychologue de service, que les communistes vont même défendre l’homosexualité! L’imbécile duquel vous traduisiez un texte, puisque votre paresse intellectuelle vous empêchait vous, de le faire.

    Peter Kent est un antidémocratique personnage. Et un conservateur, comme vous. Il soutient également, si je comprends bien, les Coups d’État, puisqu’il défend ces fameuses stations, qui participent à des coups d’État impopulaires au Venezuela. Chacun sa spécialité!

  8. americocorico said

    Je n’aurais pas d’argument et c’est vous qui accusez ma personne! Faut le faire! pouvez-vous me définir ce qu’est un conservateur monsieur s’il-vous-plaît? Parce que ça doit certainement être péjoratif dans votre bouche de propagandiste!

  9. mamelon said

    Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à dénoncer le comportement du gouvernement Chavez, qui depuis au pouvoir, fait tout pour museler et contrôler les syndicats, qui défendent les travailleurs du pays. Vous ne semblez pas non plus vous préoccuper du sang sur les mains de Chavez…

    Plusieurs des lois qu’il passe visent maintenant à confirmer son contrôle sur la population et font de lui un dictateur.

    À lire:

    Venezuela: COMMENT CHAVEZ LIGOTE LES SYNDICATS

    Orlando Chirino, un dirigeant ouvrier révolutionnaire vénézuélien, a récemment
    condamné le gouvernement vénézuélien comme « anti-ouvrier et anti-syndical ». Il est
    difficile d’accuser Chirino d’être un « putschiste » ou un « allié de l’impérialisme
    ». En 2002, il a condamné le coup d’Etat [qui renversa Chavez pendant 48 heures –
    Y.C.], et il s’est mobilisé pour défendre l’industrie pétrolière d’Etat contre la
    paralysie impulsée par la clique des dirigeants de l’entreprise. Chaque fois que
    l’occasion s’est présentée, il a soutenu et accompagné les tentatives de contrôle
    ouvrier des usines fermées par leurs patrons. Ses liens avec les travailleurs sont
    tels qu’il est devenu l’un des dirigeants de l’Union nationale des travailleurs
    (UNT), le syndicat promu par le président Chávez lui-même. Si Orlando faisait partie
    du « mouvement bolivarien » depuis plusieurs années, que s’est-il donc passé en 2009
    pour que ce dirigeant syndical se livre à de telles déclarations à propos d’un
    gouvernement qu’il défendait jusqu’ici ?

    Une grande partie de la réponse tient au fait que Chirino est un fervent défenseur
    de l’autonomie des syndicats. La tentative de contrôler par en haut le mouvement
    ouvrier a commencé dès que Hugo Chávez a été élu président du Venezuela. En 1999, il
    commença à s’attaquer à la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), une
    centrale syndicale traditionnelle créée en 1947 sous l’influence d’Action
    Démocratique [AD, fait partie de l’Internationale socialiste et on appelle ses
    membres les « adecos » – Y.C.), et qui s’est transformée, après 1959, en
    l’interlocuteur principal des « politiques sociales »’ développées par l’Etat.
    Toutefois, malgré leurs critiques contre les irrégularités et les tares de la CTV,et
    en l’absence d’un syndicat qui leur soit inféodé, les chavistes participèrent aux
    élections internes en octobre 2001. Le candidat « bolivarien » (chaviste) Aristobulo
    Isturiz fut battu par l’adeco (social démocrate) Carlos Ortega, pour le poste de
    président de la CTV.

    Un an et demi plus tard, agissant comme les gouvernements antérieurs l’avaient fait
    avec la CTV, le gouvernement chaviste créa par décret ce qu’il appela alors « la
    véritable centrale des travailleurs » : l’Union nationale des travailleurs (UNT),
    qui reproduisit en fait les tares qu’elle prétendait combattre. Une organisation
    marxiste qui a participé à la fondation de l’UNT, Opcion Obrera, l’explique
    clairement : « L’UNT est née en vertu d’accords conclus entre des chefs, et on a
    monté un show pour les ouvriers de base ; la nouvelle direction comptait bien peu de
    dirigeants authentiques ayant un passé syndical (…). L’UNT est née avec le soutien
    du gouvernement qui lui a fait la courte échelle. Les prébendes, autrefois
    critiquées quand elles étaient accordées à la CTV, sont maintenant distribuées aux
    dirigeants inconditionnels de l’UNT. » (Opción Obrera : La UNT, crisis desde su
    nacimiento, http://www. opcionobrera. org/node /169.

    Paradoxalement, en raison de la popularité limitée de la nouvelle centrale syndicale
    parmi les masses, et aussi de la résistance de certains secteurs ouvriers à passer
    d’un syndicat à l’autre, le pouvoir bolivarien a poussé à la création de nouvelles
    organisations destinées à détrôner l’UNT, comme le Front socialiste bolivarien des
    travailleurs (FSBT).

    Une deuxième étape importante, justifiée par l’argument qu’il fallait combattre la
    bureaucratie de la CTV a été la promotion gouvernementale du « parallélisme syndical
    » qui a abouti à créer artificiellement, à partir de l’extérieur, des syndicats dans
    les principales entreprises du pays. Les chavistes ont ainsi pu annoncer que, avec
    l’enregistrement de près de 700 syndicats, le « processus bolivarien » avait
    favorisé l’organisation des travailleurs plus que quiconque ne l’avait jamais fait
    auparavant.

    Toutefois, cette augmentation du nombre d’organisations ne signifie pas qu’elles ont
    davantage d’impact sur les « politiques sociales », comme en témoigne le blocage de
    la discussion sur les conventions collectives dans les entreprises publiques. 243
    conventions collectives sont désormais caduques dans un secteur qui, en mai 2009,
    employait 2 244 413 personnes, dont le quart travaillent pour le secteur privé. Les
    décisions sur les salaires, les conditions de travail et les lois qui régissent le
    monde du travail sont prises unilatéralement par les institutions de l’Etat, puis
    mécaniquement ratifiées par les porte-parole de l’UNT.

    Non seulement ce « parallélisme syndical » a augmenté la fragmentation des
    travailleurs et affaibli leur capacité de pression et de négociation, mais il a
    exacerbé les conflits entre les syndicats, pour le contrôle des postes de travail,
    dans l’industrie du pétrole et le bâtiment, et les secteurs où peuvent se trouver 70
    % des personnes qui dépendent d’une convention collective. Cette situation a
    augmenté le nombre d’assassinats de syndicalistes et de travailleurs par des tueurs
    à gages, en raison des conflits entre organisations syndicales. De juin 2008 à
    septembre 2009, on a recensé 58 assassinats qui se sont déroulés dans la plus totale
    impunité.

    Le troisième élément de la situation est la création du Parti socialiste uni du
    Venezuela (PSUV). Selon les paroles mêmes du premier mandataire, cette organisation
    partidaire vise à absorber toutes les initiatives organisationnelles qui soutiennent
    le processus bolivarien, y compris les syndicats. Fort peu de gens ont défendu
    l’indépendance des organisations ouvrières, mais, même comme cela, aucune
    contestation de la ligne officielle n’a été tolérée. En mars 2007, Chavez a déclaré
    dans un discours : « Les syndicats ne doivent pas être autonomes (…) il faut
    mettre fin à tout cela ». À la suite de quoi, une série de déclarations du même
    acabit ont été prononcées, culminant, en mars 2009, par la menace d’utiliser la
    police pour réprimer toute tentative de réaliser des manifestations ou des grèves
    dans les usines de l’Etat de Guayana, la ceinture industrielle la plus grande du
    pays, après que le pouvoir eut vainement tenté de ridiculiser les revendications de
    travailleurs de cette région.

    Pour le militant révolutionnaire Orlando Chirino ces menaces étaient insupportables
    et « constituaient une déclaration de guerre contre la classe ouvrière », comme il
    l’a déclaré à l’époque.

    Différentes initiatives sont en cours pour tenter d’augmenter le contrôle sur les
    travailleurs dans tout le pays. Dans certains cas, le gouvernement a eu recours à
    des articles de loi qui limitent et criminalisent l’organisation de manifestations,
    à la suite de quoi non seulement les travailleurs ou les militants visés sont
    obligés de se présenter périodiquement devant les tribunaux, mais en plus il leur
    est interdit de participer à des réunions et des manifestations, comme cela s’est
    produit en juillet 2009 pour 5 dirigeants syndicaux de la raffinerie de pétrole d’El
    Palito, à l’ouest du pays.

    Selon les chiffres publiés par les porte-parole des collectifs frappés par ces
    mesures, près de 2 200 personnes seraient actuellement soumises à ce régime
    judiciaire. Il convient de souligner que, curieusement, plus de 80% des individus
    concernés font partie du mouvement de soutien à l’actuel gouvernement national. Ce
    détail est important dans la mesure où, depuis 2008, le malaise social augmente face
    à l’appauvrissement et à la baisse des conditions de vie matérielle des travailleurs
    ordinaires. Les manifestations en faveur des droits sociaux remplacent
    progressivement les mobilisations pour les droits politiques qui avaient occupé le
    devant de la scène pendant les années 2002-2006.

    Le fait que les attentes suscitées par le discours bolivarien aient été déçues,
    l’affaiblissement des réseaux clientélistes nourris par des revenus pétroliers
    actuellement en diminution, ainsi que la stagnation et le déclin des « politiques
    sociales » spectaculaires connues sous le nom de « missions », tous ces facteurs ont
    catalysé le mécontentement accumulé à cause de l’absence de transformations
    profondes améliorant la qualité de vie de la majorité des Vénézuéliens.

    Une autre initiative gouvernementale est en cours, à nouveau prise par en haut : il
    s’agit de remplacer les syndicats par des « conseils de travailleurs », pour
    discuter des conditions de travail au sein des entreprises. Cette proposition fait
    partie de la réforme de la Loi organique du travail (LOT), et a été discutée en
    secret à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un régime qui se présente dans tous
    les coins de la planète comme le champion de la « démocratie participative et
    protagoniste ».

    D’autres lois, qui peuvent sembler n’avoir aucun lien direct avec le monde du
    travail, ont en réalité restreint les droits des travailleurs et travailleuses.
    C’est le cas, par exemple, de la réforme de la Loi sur le transit terrestre dont
    l’article 74 interdit le blocage de rues, sous prétexte que cela gênerait la
    circulation des piétons et des véhicules ; il faut signaler que ces blocages des
    rues ont été la pratique historique la plus répandue parmi les secteurs populaires,
    en particulier ceux qui luttaient pour les droits des travailleurs.

    Le 15 août 2009 a été adoptée une Loi organique sur l’éducation, qui a suscité un
    tollé de la part de l’opposition à cause de son caractère laïc et parce qu’elle fixe
    des règles strictes pour les établissements de l’enseignement privé. Toutefois, ni
    le Centre droit ni la social-démocratie, ni bien sûr les chavistes, n’ont remis en
    cause les nouvelles limitations imposées au droit d’association, de syndicalisation
    et de négociation des conventions collectives, que cette loi ne garantit plus. Pour
    donner un échantillon de la nature réactionnaire de cette loi, il suffit de citer le
    paragraphe 5.f de la première disposition transitoire, qui stipule que les
    enseignants et les professeurs encourent le risque d’une sanction pour faute grave
    s’ils se livrent à une « agression physique, verbale ou à d’autres formes de
    violence » contre leurs supérieurs hiérarchiques. Pour aggraver encore les choses,
    la cinquième disposition transitoire prévoit l’utilisation de briseurs de grève «
    pour des raisons d’une nécessité avérée » afin de casser les grèves et les arrêts de
    travail, l’utilisation de jaunes étant devenu une pratique courante dans le «
    Venezuela bolivarien ».

    En outre, le mouvement chaviste a attaqué les médias qui ne sont pas complaisants
    avec le gouvernement. La motivation principale de cette attaque est la visibilité
    des conflits et des manifestations dans ces médias, contrairement aux médias d’Etat
    et para-étatiques, qui se prétendent « alternatifs et communautaires », mais n’ont
    aucune indépendance éditoriale et financière, et n’évoquent que très peu ces
    conflits et manifestations.

    En ce moment de fracture de l’hégémonie bolivarienne, le rôle des anarchistes
    vénézuéliens est de participer aux conflits, de les accompagner et de les
    radicaliser, à partir de la base et aux côtés des gens, et de stimuler la
    récupération, par les mouvements sociaux, d’une autonomie combative.

    Il nous faut aussi nous impliquer activement dans la construction d’une solution
    révolutionnaire et différente, face aux conflits entre les fractions de la
    bourgeoisie pour le contrôle des revenus du pétrole, conflits qui ont embrasé la
    scène politique ces dernières années. Nous devons lutter avec la même ardeur contre
    la bourgeoisie bolivarienne au pouvoir et contre les partis politiques qui ont été
    chassés des sommets de l’Etat et se réorganisent pour y reprendre place. Comme
    d’habitude, nous agissons en ne faisant aucune concession au pouvoir, et en
    demeurant toujours attachés à nos valeurs (notamment l’autogestion, l’action
    directe, l’anticapitalisme et le soutien mutuel) qui restent notre référence, notre
    horizon lumineux.

    Rafael Uzcategui

    Cuba Libertaria, septembre 2009

  10. sylvainguillemette said

    Qu’est-ce qu’un idiot utile du communisme? Je vous dirai ensuite ce qu’est un conservateur.

  11. americocorico said

    On attribue souvent l’expression à Lénine, qui renvoie aux intellectuels de gauche occidentaux dont la défense enthousiaste et naïve du régime soviétique rendait bien service à la cause de la révolution d’Octobre.
    L’un des premiers « idiots utiles » fut Walter Duranty, journaliste au New York Times qui affirmait à ses lecteurs « qu’il n’y a pas de famine ou de disette véritable, et qu’il n’est pas vraisemblable qu’il y en ait », alors même que Staline avait délibérément créé une famine en Union soviétique au début des années 1930, l’Holodomor, laquelle a tué plusieurs millions d’Ukrainiens.

  12. sylvainguillemette said

    Oui, mais mon cher Americocorico, je ne défends pas becs et ongles Chavez, comme d’autres ont manifesté cet enthousiasme vis-à-vis la dite Union Soviétique, qui n’avait rien de soviétique en soi. Et je suis d’accord avec le commentaire ici, posé par Mamelon. Il faut être prudent avec les populistes, cela vire évidemment, très souvent, au vinaigre. Chavez n’est pas parfait, et ne laisse pas assez de pouvoir aux syndicats, qui dans un processus révolutionnaire, devraient remplacer l’État lui-même, dont Chavez se dit l’emblème.

    Mais tout cela dit, ça n’a rien à voir avec le présent billet, qui dénonce les critiques venant de gouvernements pratiquant les Coups d’État comme passe-temps. Peter Kent critique la démocratie d’un pays où il y a fort taux de participation, et où les syndicats ont tout de même plus de pouvoir qu’ici, ou aux États-Unis d’Amérique, alors même que son propre gouvernement met la clé dans la porte du Parlement pour la troisième fois, alors qu’il est minoritaire en plus…

    Et Americocorico, Staline n’a rien de communiste. Le communisme, c’est l’absence de l’État, et la dictature des «soviets», donc des conseils populaires dont les élus sont révocables en tout temps. Cela n’a jamais existé. Et j’irais même plus loin. Staline fut l’un des plus grands contrerévolutionnaires de tous les temps. Et il n’est pas impossible que Chavez l’y rejoigne. Le temps nous le dira. Mais il faut noter, également, que dans le PSUV, il y a lutte pour le pouvoir, entre la gauche, et les conciliés…, et que des gens, gravitant autour de Chavez, cherchent peut-être autre chose que la reconnaissance des travailleurs.

    Et Mamelon, je lis souvent La Riposte, qui entre autres, diffuse beaucoup de bon matériel, dénonçant justement les pratiques douteuses du gouvernement bolivarien vis-à-vis les véritables révolutionnaires appelés à faire révolution, les travailleurs. Mais je ne crois pas qu’on puisse encore dire, qu’il est un dictateur, sauf celui temporaire que le peuple a élu démocratiquement. Et je préfèrerais également, un plus grand pouvoir aux soviets, comme l’exige d’ailleurs, le communisme.

  13. sylvainguillemette said

    Oh! Et j’allais oublier! Le Canada et les États-Unis d’Amérique ont donné un appui logistique et financier aux tenants du Coup d’État raté de 2002. Et ce que juge ici Peter Kent, c’est la fermeture de médias ayant pourtant participé au Coup d’État raté en question. Ici, le patron de Jeff Fillion a perdu son antenne pour bien moins que cela!

  14. mamelon said

    Chavez a beau avoir été élu « démocratiquement » et être resté légalement au pouvoir, mais son gouvernement essaie de contrôler tout groupe, syndicat, média, association qui critique ses démarches. Sa façon de couper les vivres à tout ce qui ne se conforme pas à sa ligne idéologique me fait un peu penser aux méthodes d’un certain Harper, qui en fait de même.

  15. sylvainguillemette said

    Mais Mamelon, devrions-nous ouvertement critiquer Chavez, comme vous le faites ici avec raison, ou plutôt, pousser à la participation optimale du prolétariat dans le parti PSUV? À qui la faute, je ne fais quevous le demander poliment.

    Le PSUV est un parti formé de plusieurs petits partis politiques, dont des partis de gauche comme de droite. CErtes, Chavez le prétend révolutionnaire, et je crois qu’il l’est à certains égards…

    Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas Chavez ou le parti qu’il faut couler, mais l’abvsence de la participation et de la dénonciation des instances déjà en place, un peu comme la bureaucratie russe aurait du être tenue de respecter les règles du jeu, si les prolétaires russes avaient aussi rempli leurs propres obligations, soit decritiquer cette buraucratie, utile, mais inefficace dans ce cas-ci.

  16. sylvainguillemette said

    Vous faitespar contre bien de critiquer et de dénoncer les politiques de Chavez, c’est ce qu’il fallait faire. Mais comprenez que le présent billet ne visait pas cela, mais les propos contradictoires d’un homme à des années lumières de la démocratie.

  17. mamelon said

    Disons que je me méfie des gouvernements dits « communistes » ou socialistes au même titre que je désapprouve tout autre type d’État. Peu importe qu’il se dise de gauche ou de droite, cela reste un pouvoir oppressif qui prend des décisions à la place du peuple.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :