Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

De la pathologie individuelle, à la pathologie sociale

Posted by sylvainguillemette sur 2 mai, 2010

Un lien étroit existe entre la transformation de notre société et le mal vécu subjectivement par les hommes et les femmes de notre société. Trop souvent, on fait état d’un mal individuel qui à mon avis, découle davantage des failles de notre système capitaliste. Voici mon point :

Si nous reculons de quelques décennies, nous pouvons constater que l’étau des interdits était contrôlé par l’Église par l’explication idéalisée des problèmes collectifs et individuels. Or, si l’individu se croit libéré des interdits, ce qui permet un développement sans entraves, il vit dans la crainte de ne pas être à la hauteur de cet impératif de liberté. L’obsession du pêché est remplacée par la peur de la panne, la peur de l’impuissance, d’où le tableau clinique que nous retrouvons souvent en séance de thérapie : dépression, sentiment de vide intérieur, indifférence, etc. L’ère de l’individualisation des malaises. Pour reprendre la formule de Robert Elias : nous sommes de plus en plus une société des individus et non une société prônant une vision globale et commune.

Toutefois, rappelons-nous d’un principe élémentaire : chacune des conceptions subjectives d’un problème individuel est construite dans un contexte social particulier. L’individu naît du social et le social est l’individu. Cette liaison dépend donc de la spécificité d’un peuple, de son histoire, de son évolution… bref, de son continuum et ses configurations structurelles. Impossible de penser la société en dehors d’un phénomène de mouvement continu et de changement.

Si nous nous fions à l’individualisme américain étudié par Alan Enrhenberg, nous comprenons que pour lui, l’individu est par lui-même une institution : il s’autogouverne, se détermine et agit par lui-même. Il doit être libre de ses choix pour son accomplissement personnel. Si nous nous appuyons sur un fond puritain en analysant le rapport de l’homme en lien avec une vision idéaliste, certes nous pouvons mentionner qu’il s’agit d’un agent moral indépendant voué à la quête de la liberté. Cependant, cette conception de l’autonomie est dépassée et devient de plus en plus difficile à préserver dans une société qui se complexifie et dans laquelle les rapports sociaux se dépersonnalisent. Nous pouvons donc comprendre dans ce contexte d’évolution, l’importance qu’a jouée le développement de la psychologie. Elle peut être considérée comme un apport ou comme un support permettant à l’individu de conserver ou de retrouver une apparence d’autonomie dans une société qui se modifie. Cette façon de traiter les problèmes s’est imposée par une psychologie du Moi. Toutefois, je questionne : être soi-même, c’est d’avoir la capacité à exercer son autonomie dans le monde social. Non? Nous recherchons alors à travers les traitements, à favoriser l’adaptation sociale d’un individu, mais sans jamais re-questionner l’évolution de cette même société. Comme si cette évolution était en dehors de nous, en dehors de notre contrôle. Depuis 20 ans, il y a pourtant éclosion de diagnostics, tels que : dépression, personnalité borderline, personnalité antisociale, etc.

Selon moi, ces pathologies dites individuelles sont aussi des pathologies sociales, parce que l’autonomie repose sur la capacité à l’individu de se réaliser dans la société. Comment se réaliser dans une société malade?

En effet, l’autonomie est le produit de l’Histoire et elle se retrouve souvent prise entre les conflits politiques et sociaux. Elle est l’expression de l’indépendance à l’intérieur des intérêts généraux à protéger, ce qui est supposé être le rôle de l’État, mais les pressions du marché mondialisé nous mènent vers une désinstitutionnalisation, dé-protection, dé-régularisation, privatisation et j’en passe…

L’abandon progressif de la société par l’État laisse les individus à eux-mêmes et  aux faiblesses de la société civile. C’est désormais un individualisme de dé-liaison, ce qui dépouille l’individu des protections publiques nécessaires à l’exercice de son autonomie. Nous sommes actuellement comme société fixée sur une conception de l’autonomie liée à un État idéaliste qui soumet la protection de l’individu à l’individu sans égards aux inégalités et à sa capacité de déploiement de ses ressources personnelles. Le problème est remis entre leurs mains et ces mêmes personnes arrivent dans notre bureau démolies et coupables… mais, coupables de quoi?

Nous sommes davantage une clinique de la perte, perte de confiance en soi liée, entre autres, à la perte de son travail ou de son logement, en un mot, à la précarité… Je l’appelle la clinique de la souffrance sociale. Ces pertes sont toutes en lien direct avec l’évolution d’une société capitaliste qui se refuse de voir ses failles. L’histoire sociale nous montre que pour vivre pleinement sur le plan de notre autonomie et pour chercher à atteindre un équilibre entre l’homme et la société qu’il crée, l’homme doit reposer sur l’existence d’institutions et la présence d’un État favorisant un bien commun. Tout n’est pas affaire de mobilisation personnelle.

Geneviève Vadeboncoeur

7 Réponses to “De la pathologie individuelle, à la pathologie sociale”

  1. Vous auriez pu tout résumer ça en un mot : postmodernité.

    Bien sûr, la postmodernité n’est qu’un cheval de troie, un masque mis sur le capitalisme avancé (atteignant à la fois la culture, les relations sociales intimes et le psychisme humain). C’est un peu comme rendre la pilule plus attrayante pour qu’elle passe mieux.

  2. americocorico said

    La destruction de la culture bourgeoise voulu par la go-gauche rend les individus comme des proies pour la culture mercantile du capitalisme sans éthique.

    La famille traditionnel à éclaté, la perte de l’autorité morale, du père ou de l’église, à rendu les enfants légal de leur parent; pire, elle est devenu ridicule.

    Il suffisait d’une propagande facile des MTV et autre pour rendre les adolescents des consommateurs invétérés.

    Maintenant la gauche est envahi de fashion victime au keffieh qui réclame des absurdité économique et la droite est démonisée comme la pire des maladies.

    La lutte des classes qui est légitime pour un communiste est devenu un américanisme primaire et irréfléchi.

    Les temps seront dures.
    La démographie aura encore raison des peuples.

    Québécois, nous vivons nos derniers instants.

  3. americocorico said

    La destruction de la culture bourgeoise voulue par la go-gauche rend les individus comme des proies pour la culture mercantile du capitalisme sans éthique.

    La famille traditionnelle a éclaté, la perte de l’autorité morale, du père ou de l’église, a rendu les enfants légaux de leur parent; pire, elle est devenue ridicule.

    Il suffisait d’une propagande facile des MTV et autre pour rendre les adolescents des consommateurs invétérés. Maintenant la gauche est envahie de fashion victime au keffieh qui réclame des absurdités économiques et la droite est démonisée comme la pire des maladies.

    La lutte des classes qui est légitime pour un communiste est devenue un américanisme primaire et irréfléchi.

    Les temps seront durs.
    La démographie aura encore raison des peuples.

  4. genne said

    « La famille traditionnelle a éclaté, la perte de l’autorité morale, du père ou de l’église, a rendu les enfants légaux de leur parent; pire, elle est devenue ridicule. »
    C’est exactement ce qui se produit lorsqu’une société est confronté à une surconsommation, une surproductivité et un laisser-aller à chacun pour soi.
    Comment permettre ce tissus social malléable et protecteur des droits individuels, si c’est chacun pour soi?
    Pour moi permettre la responsabilité d’un citoyen nécessite qu’elle soit intégrée dans un processus de co construction entre un peuple, ses idéologies et sa contribution au developpement de celle-ci.
    Mark et Angles ont expliqué la nature et la place de l’idéologie de facon magistrale en mentionnant que:
    ‘La production des idées, des représentations et de la conscience est directement reliée a l’activité matérielle des hommes et de son commerce matériel. Ce sont les hommes qui sont producteurs de leurs représentations, de leurs idées et sont conditionnés par les déterminants de leur force productive et des rapports sociaux qui y correspondent. La classe dominante impose la qualité des rapports sociaux.’

    Cette instance contribue à la formation de la norme et de la prise de conscience de notre valeur. Vous imaginez ce vers quoi je tend dans un contexte capitaliste:
    La qualité du citoyen est mesuré à l’aune de sa capacité de production de la richesse. La dérive ideologique qui en découle porte en elle le détournement de l’engagement social et de l’éthique social en ne permettant qu’à certains individus d’y accéder. Nécessairement, une division s’en suit avec ses impacts. Divisé, pour mieux règner. Vous connaissez? Utiliser le clivage entre les classes du peuples pour mieux agir… c’est ce qui se produit ici quand les gens s’obstinent comme nous le faisons…
    Mais vous savez combien coûte à l’état actuellement cette dérive et ce clivage entre nous?… au plan monétaire, mais aussi de la souffrance humaine je parle bien entendue?
    D’avantage que, si pendant un instant, on se permettait de repenser le tissus social pour permettre à tous et chacun d’y trouver une place confortable.
    A entendre les gens autour de moi, je considère que nous sommes entrés, consentants et résignés, dans l’ère de l’industrie de la misère humaine en levant le nez sur l’éthique social… Bref à une dérive éthique menant à l’acceptation des inégalités sociales. Et ce n’est certainement pas la mobilisation de la classe dominée qui a voulu ca… Je n’ai pas envie d’être le mouton qui suit le troupeau avec au commande, un homme avec un seul oeil malade, placé a droite, pour observer la multitudes et la complexité des rapports sociaux. Sommes-nous certains qu’il ne nous conduit pas au ravin? Je préfère croire qu’ensemble, entre nous, une autre avenue puisse être possible.

  5. sylvainguillemette said

    Ouf….la «go-gauche» démonise la droite, et ce n’est pas celle-ci, qui se démonise toute seule, avec ses actions antisociales et son terrorisme avoué à bord de la barque de l’OTAN! Quand même! On aura tout lu en cette décennie!
    Le capitalisme, s’il était respecté parfaitement en tant que l’idéologie telle que d’abord promis, nous en soufrerions d’avantage. C’est le moins qu’on puisse dire! C’est le système, le problème, et non les acteurs d’un système, foutu et pourri d’avance.
    Quant à l’Église, si elle a disparue de nos habitudes, c’est qu’elle y était destinée, et qu’elle s’était bien préparée à cette issue elle-même, ironiquement. Cela toutefois, ne nous empêche pas, en tant que parents de nos «égaux», de conditionner ces derniers à respecter et aider leur prochain. Ce que ne prône pas le capitalisme pourtant! L’Église n’a pas le monopole de l’entraide t’sé. D’ailleurs, la «maudite go-gauche» est pas mal forte sur l’entraide, et la droite (Sauf la droite religieuse, et encore, c’est relatif à ses intérêts. La droite religieuse états-unienne n’ira certainement pas aider le peuple palestinien par exemple, dont elle est en partie responsable des exactions commises à son endroit.), elle, préfère plutôt s’abstenir et se concentrer sur ses intérêts égoïstes et individualistes, comme vous le prônez cher adversaire idéologique.

    Vous dites ensuite, que nous quémandons des absurdités économiques? Puis-je savoir desquelles il s’agit ici? Puisque pour ma part, j’ai déjà, souvent même, fait état des absurdités capitalistes économiques. Par exemple, de l’exploitation du labeur d’autrui, que permet pourtant, le système économique capitaliste. Sinon, du fait que, dans ce système capitaliste, seule une minorité en tire véritablement avantage, au détriment de ceux qui travaillent, finalement pour gagner la vie d’autrui, de cette minorité en l’occurrence. Et toute la gauche, n’est pas socialiste ou communiste. Toute la gauche ne prêche pas pour la même paroisse. Alors que la droite…

    Et entendons-nous! Nous militons afin de nous débarrasser de la bourgeoisie, qui est responsable, et qui désire un système capitaliste d’avantage mercantilisé. Ne l’oublions pas! Ne nous mettez pas sur le dos à nous de la gauche, des responsabilités que nous n’avons point, dans un régime organisé et maintenu PAR la bourgeoisie, pour la bourgeoisie, que celle-ci voudrait d’avantage mercantilisé.

  6. Jean-Sébastien Vézina-Girard said

    Excelent texte camarade!

    Un très bon point de vue sur la situation sociale actuelle.
    La surproduction et surtout la surconsommation est engendrée par la publicité excessive des compagnies dans tout domaines confondus. Le confort matériel et l’individualisme qui en est prôné pousse les individus de la société occidentale, comme la nôtre, à ne pas regarder plus loin que le bout de leur nez, donc on se contente de cracher sur les plus pauvres et les  »BS » pour se redoré l’image et faire comme si nous n’appartenions pas à cette classe. Les oligarques qui gouvernent le monde présentement influencent le reste de la population dans leur façon de vivre soit en surconsommant le plus possible pour épater la galerie. Les classes en dessous son influencés par ces comportements et surconsomment à leur tour dans le but d’atteindre le bonheur matériel tout en se déresponsabilisant des problèmes sociaux et environementaux ce qui contribue à détruire l’unité possible du prolétariat.

    Nous sommes à un point tournant de l’histoire de l’humanité et nous devons maintenant faire bouger la politique et la société en général, et ça c’est nôtre travail à nous socialistes du monde entier.

  7. genne said

    Ce qui est d’autant plus intéressant c’est que les études actuelles alternatives en santé au Québec tentent de plus en plus d’appuyer leurs recherches sur une conjugaison d’une économie politique de la santé nationnale et internationnale, à savoir d’inclure les causes structurelles, politiques et économiques. Je pense que nous sommes de plus en plus nombreux à requestionner les bases de ce systèmes issue des rapports de pouvoirs…
    Enfin!

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