Reactionism Watch

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Archive for the ‘Commémoration’ Category

Que reste-t-il du référendum de 1980 ?

Posted by Libertad ! sur 26 mai, 2010

Il y a de ça quelques jours, nous avons marqués le 30e anniversaire de l’échec référendaire de 1980. Les analystes, qu’il s’agisse de Michel C. Auger ou de Jean-François Lisée y sont allés de leur analyse pour expliquer l’échec référendaire et la grande dépression post-référendaire que nous avons connus jusqu’en 1990, année de l’échec du Lac Meech. De 1980 à 1990, le Québec n’avait plus la cote. Nous écoutions presque exclusivement de la musique anglaise, la qualité du cinéma québécois déclinait (par contre, nous avons connus une remontée spectaculaire au milieu des années 80). Paul Piché ni Michel Rivard ne pouvaient faire quoique ce soit contre cette léthargie sociale et politique d’une société qui a pourtant connue des épisodes révolutionnaires dans son histoire.

Pour expliquer cette deuxième période de grande noirceur pour le Québec, il faut revenir en 1976. 1976 est l’année où un parti «indépendantiste» est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale. Tous les espoirs étaient permis, et les gens rêvaient d’une vie meilleure. Par contre, au lieu d’y aller d’ambitieuses réformes sociales comme le PQ l’avait promis, ils ont préférés couper dans les programmes sociaux et mettre au pas le mouvement ouvrier. Pourtant, n’est-ce pas René Lévesque qui avait dit qu’il avait un préjugé favorable aux travailleurs ? De plus, le projet de pays, cher à une bonne partie du mouvement ouvrier était constamment remis sur les tablettes par le PQ. Finalement, il y aura référendum le 20 mai 1980. Les résultats sont décevants pour les forces indépendantistes : plus de 60% des électeurs ont votés non. Plusieurs raisons ont été évoquées depuis pour expliquer cet échec :

– La question n’était pas claire. On demandait à l’électeur s’il voulait donner un mandat au gouvernement québécois pour négocier, ce qui est plutôt vague. De plus, il est spécifié dans la question que l’on doit tenir un autre référendum sur la nouvelle entente Québec-Canada, si le OUI l’emportait. De quoi s’y perdre !

– La campagne de peur du fédéral était épouvantable : Jean Chrétien disait devant les personnes âgées qu’elles allaient perdre leurs chèques de pension. Selon les fédéralistes, le Québec indépendant ne pourrait plus jamais s’approvisionner en produits importés, comme des oranges, des bananes, du cacao. Ensuite, on publiait des «études» pour affirmer qu’un Québec indépendant serait de facto en faillite, qu’il se viderait de sa population, que le territoire du Québec serait partitionné par les anglophones du west island. Bref, de quoi terrifier l’électeur avec de la démagogie et des peurs irrationnelles.

– Finalement, un programme péquiste controversé auprès de la classe ouvrière. Le PQ n’a pas fait attention à la clientèle cible de la souveraineté-association.

En 1995, certaines des erreurs du référendum de 1980 n’ont pas été répétées. Par exemple, il n’était plus question d’une association, mais d’un partenariat avec le reste du Canada, ce qui élimine le veto que le fédéral pouvait imposer pour empêcher la souveraineté du Québec en 1980 (pas d’association sans entente entre les deux parties). Avec l’aide du Bloc Québécois au fédéral, il était plus facile pour les souverainistes de faire valoir leur option, ce qui a nuit aux traîtres et collabos québécois du Parti libéral du Canada.

30 ans plus tard, il ne reste plus grand chose de ce premier référendum, sinon les années sombres qui l’ont suivi. Les indépendantistes et la gauche québécoise doivent dé-péquiciser le projet d’indépendance et en faire un véritable projet de société laïc, égalitaire et populaire. Nous voulons l’indépendance pour le peuple, et non les classes dirigeantes du Québec. Nous devons nous inspirer de l’esprit républicain des patriotes de 1837-1838 qui se sont battus pour la démocratie et les droits des francophones en Amérique du nord.

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Journée nationale des patriotes

Posted by Libertad ! sur 18 mai, 2009

Je meurs sans remords. Je ne désirais que le bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance. Mes vues et mes actions étaient sincères et n’ont été entachées d’aucun des crimes qui déshonorent l’humanité et qui ne sont que trop communs dans l’effervescence des passions déchaînées […]. Malgré tant d’infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l’avenir. Mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l’assurent […] je meurs en m’écriant : Vive la Liberté, Vive l’indépendance!– François-Marie-Thomas (dit Chevalier) de Lorimier

==> Un peu d’histoire

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Il y a 64 ans: La chute du nazisme

Posted by quebecsocialiste sur 30 avril, 2009

Il y a 64 ans: Le nazisme était vaincu!

 

 

 

 

Le drapeau soviétique est hissé sur le reichstag allemand, le 30 avril 1945, à Berlin. Deux jours plus tard, le 2 mai, Berlin tombe et le célèbre photographe Evgueni Khaldei immortalise cette image qui est encore aujourd’hui considérée comme le symbole de la défaite du nazisme. Je me suis permis la version retouchée en couleurs pour le blogue.

 

 

Le 22 juin 1941, c’est à la faveur d’une attaque nocturne massive et de l’indécision de Staline, qui ne voulait rien entendre de ses services de renseignements, que 5,4 millions de fascistes se lancent dans une campagne de destruction et d’asservissement de l’URSS. Les généraux « soviétiques* » étant pris d’une grande panique face au blitzkrieg allemand (*rien à voir avec les idéaux de Lénine, qui craignait plus que tout de voir Staline prendre le pouvoir et détruire son rêve de démocratie populaire, ce qu’il fit), ce fut les simples soldats et les citoyens russes, ukrainiens et biélorusses, qui durent prendre sur eux seuls la lourde tâche des résister à la machine de guerre nazie, la plus imposante jamais assemblée à cette époque. De Brest-Litovsk à Stalingrad, en passant par Leningrad, Minsk, Kiev, Sébastopol, Novgorod et Smolensk, pour ne nommer que ces villes, l’armée rouge, composée de soldats courageux qui se battaient afin de défendre leurs familles et le rêve révolutionnaire, appuyés par les « partisans » soviétiques, des civils sous occupation qui sabotaient la machine nazie par l’arrière, prirent part à la guerre la plus sanglante de l’histoire, jusqu’à ce qu’ils repoussent enfin les troupes nazies hors d’URSS et continuent leur chemin victorieux de libération des nations occupées jusqu’à entrer en Hongrie, dont le gouvernement était un allié de l’axe fasciste, puis finalement, ce fut l’entrée sur le territoire du 3e Reich nazi en 1945, jusqu’à la capitulation totale du Reich aux troupes alliées (le 8 mai) qui firent jonction à Berlin.

Le nazisme était à terre!

 

Durant cette partie cruciale de la 2e Guerre Mondiale, l’armée rouge détruisit 607 des 734 divisions allemandes et, à grâce aux sacrifices surhumains de la population et de l’armée d’URSS (20 millions, ce qui en fait la nation la plus touchée de la guerre au niveau démographique), la libération des pays occupés d’Europe de l’ouest fut couronnée de succès, une libération qui se serait avérée impossible sans la contribution de l’armée rouge à l’est et des résistants communistes à l’ouest. Malheureusement, aujourd’hui encore, la contribution de l’URSS n’est toujours pas reconnue par bon nombre d’intervenants en occident, trop occupés à baigner dans un patriotisme des plus primaires pour prendre en considération que sans l’aide de leurs ennemis de la guerre froide, le fascisme aurait probablement triomphé…

 

Aujourd’hui, 64 ans plus tard, certains états, dont nul n’est besoin de nommer, tentent encore d’imposer leur volonté aux autres en supportant, notamment, des états totalitaires et fascistes qui tiennent leurs peuples sous le joug de la violence, comme en Colombie où la situation est critique pour les travailleurs et travailleuses voulant se syndiquer, qui se font régulièrement assassiner par des groupes paramilitaires soutenus par le gouvernement d’Alvaro Uribe, avec lequel le Canada a signé un accord commercial, en toute connaissance de cause. Il y a un nom pour désigner pareil support au nom du seul commerce et du gain personnel: L’impérialisme. Le stade suprême du capitalisme sous sa forme la plus sauvage.

 

Les élites capitalistes ne comprendront-elles donc jamais? Il est évident que pour nous, travailleurs et travailleuses, la seule solution qui puisse permettre d’en arriver un jour à un monde fondé sur les principes de la paix, la justice sociale, l’égalité et la solidarité, c’est de mettre au pouvoir des gouvernements de gauche responsables qui ont véritablement à cœur le bien-être de leurs population et le rejet total du racisme sous toutes ses formes. Sur ce terrain, l’Amérique du Sud connaît une période exceptionnelle de changements et d’espoirs, fondés sur l’arrivée massive de gouvernements de gauche par la voix démocratique.

 

64 ans après la chute du nazisme en Europe, continuons de croire en la paix, en l’idéal socialiste, afin que de tels monstres ne se retrouvent jamais aussi près de mettre les mains sur le pouvoir d’une grande puissance. Ça, plus jamais. Déjà que le monde a grandement souffert de l’ère Bush… restons vigilants pour les générations futures.

 

Un monde forgé dans le sang et les conquêtes ne peut que mener à plus de guerres.

 

 

G. P.

 

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Manifestation anti-capitaliste le premier mai !

Posted by Libertad ! sur 26 avril, 2009

Note de l’équipe : nous savons pertinemment qu’il y a non pas une, mais deux manifestations cette année. Une dirigée par les grandes centrales syndicales et l’autre par une coalition de groupes de l’extrême-gauche anti-capitaliste. Vous trouverez ici l’appel de la coalition, ainsi que les possibilités d’avoir un transport dépendant de la région où vous habitez.

On ne payera pas pour leur crise !

Montréal, le 10 avril 2009. Dans la foulée des protestations contre la crise qui se déroulent à travers le monde, une manifestation contre le capitalisme est organisée pour le Premier Mai, Fête internationale des travailleuses et des travailleurs. Du parc Cabot dans le secteur ouest du centre-ville, la manifestation se dirigera vers le bureau principal de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le quartier des affaires (1000, place Jean-Paul-Riopelle, dans le Vieux-Montréal).

Au cœur de ce qui a provoqué la crise économique actuelle, la Caisse de dépôt et placement représente au Québec ce qui a de plus graisseux, comme dans « On se graisse très joyeusement la patte entre copains ». Après avoir fait plus de 5 millions $ en trois ans comme pdg de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, qui a été un acteur central dans la folie des papiers commerciaux, est parti travailler pour la famille Desmarais. On lui aurait offert plusieurs dizaines de millions $ en échange des informations privilégiées qu’il détient. Pour le remplacer, on nomme Micheal Sabia qui a volé plus de 30 millions $ (en salaires, primes de départ et pension) aux milliers de travailleuses à qui l’on a dramatiquement réduit les conditions de vie ces dernières années à la BCE (Bell Canada). Le 3 avril, à peine embauché, ce cher monsieur est allé publiquement prendre ses ordres dans le bureau de Paul Desmarais (fortune personnel de 6 milliards $). Oui, la Caisse est aujourd’hui au Québec un des symboles du capitalisme qui nous tue. Mais le mépris n’aura qu’un temps!

Au Québec, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivotent avec un piteux chèque d’aide sociale (580 $ par mois!), avec l’insuffisante assurance-emploi ou avec des jobines d’esclaves à 10 $ de l’heure. Que font les gouvernements? On baisse les impôts de ceux qui ont les moyens d’en payer, on augmente les taxes et les tarifs et on laisse les prix des biens de première nécessité, comme la nourriture, augmenter comme jamais de mémoire de pauvres!

On assiste à une crise économique, environnementale et sociale sans précédent. La situation est désastreuse pour des milliards d’êtres humains : pertes massives d’emplois, baisses des salaires, faillites à la chaîne, sous-alimentation, appauvrissement, guerres et désespoir. Comment cela est-il possible dans une société qui produit autant de richesse? Le problème, ce n’est pas la crise, mais le capitalisme et la domination impérialiste du monde!

Le capitalisme, c’est le besoin maladif du profit qui dicte les lois de la production, de la surconsommation, de l’endettement, de la spéculation. Ce système permet à une infime minorité de concentrer toute la richesse au détriment des conditions de vie de la vaste majorité de la population. Sous le capitalisme, la guerre est un moyen comme un autre de faire de l’argent et la destruction de la planète est un « mal nécessaire ». Ce n’est pas Obama ou des illusoires réformes qui vont y changer quoi que ce soit. La misère se généralise mais les bandits capitalistes en profitent pour se remplir les poches à coup de milliers de milliards $. La situation est tellement surréaliste, qu’il y a à peine un an, on aurait refusé un tel scénario de film… Mais le tournage est commencé et les acteurs de soutien en mange tout une!

Le capitalisme a fait son temps. La vie peut et doit être meilleure. Le Premier Mai, à travers le monde, les travailleurs, les travailleuses, les sans-emploi et les oppriméEs vont manifester contre le capitalisme. Nous aussi nous allons nous lever, notre colère est trop grande!

Manifestation anticapitaliste le vendredi 1er mai. Rassemblement à 17h30 – Départ à 18h30 au Parc Cabot à Montréal (coin Atwater et Ste-Catherine – métro Atwater)

Pour information : Sophie Sénécal et Julien Tremblay au 1ermai2008@gmail.com

Une initiative des groupes suivants : La Pointe Libertaire, Le Parti communiste révolutionnaire, L’Union communiste libertaire-Mtl, RASH (Red and Anarchists Skinheads) – Mtl, Antifa-Mtl, le collectif Anarkhia, le Comité des sans-emploi Mtl-Centre, le Comité anti capitaliste de l’UQAM, Apatrides Anonymes, Ligue internationale des luttes des peuples (Pinay, Centre d’appui aux Philippines, Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, Groupe de solidarité avec les travailleuses et les travailleurs philippins.

Sherbrooke, Drummondville & Saint-Jérôme (pris du blogue voix de faits – UCL Québec)

Le Collectif du 19 juillet (UCL-Sherbrooke), La Barricade (UCL-Drummondville) et l’Étoile Noire (UCL-Saint-Jérôme) appellent à se joindre à la manifestation montréalaise. De Sherbrooke: depart du Cegep à 14h30 (Info & réservations: 1ermaiestrie@gmail.com). De Drummondville, détails à venir (écrivez à ucl.drummondville@causecommune.net). De Saint-Jérôme: départ de la gare à 15h00 (Info: ucl.stjerome@causecommune.net)

Québec & Saguenay
Le Collectif La Nuit (UCL-Québec) et le Collectif Emma-Goldman (UCL-Saguenay – ucl.saguenay@causecommune.net) appellent à joindre la mobilisation des groupes populaires de la région de Québec. Un «Carnaval de crise» se tiendra de 15h à 18h30 avec pour mot d’ordre «Face à la crise, on refuse de s’appauvrir!». Rassemblement à Québec, à la Place de l’Université-du-Québec (coin De la Couronne et Charest). Pour marcher avec nous, cherchez les drapeaux rouge et noir.

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Image de la semaine

Posted by quebecsocialiste sur 9 avril, 2009

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L’hypocrite « reconstitution » de la conquête britanique

Posted by quebecsocialiste sur 8 février, 2009

Un droitiste fédéraleux colonisé sur un autre blogue a avancé que la conquête britanique (et les massacres qui s’en sont suivis, ce dont il a « oublié » de parler) nous aurait « sauvé du rêgne de Napoléon ». Cette sale… ce monstre de reine Victoria, qui figure dans le top 20 des pires génocidaires de l’histoire de l’humanité (Napoléon n’est que dans le top 30 en passant), était-elle mieux? Poser la question, c’est y épondre.

 À quand un « reenactment » en France et en Belgique de la grande débâcle face au nazisme avec des soldats français étendus un peu partout et avec en prime, le général De Gaulle, le premier ministre britanique Churchill et le président U.S. Roosevelt qui serreraient la main à ces deux individus (dont l’un est admiré par l’actuel président ukrainien et l’autre, par l’actuel premier ministre italien, deux grands alliés des USA et de la grande bourgeoisie multinationale), le sourire aux lèvres? Jamais, parce que ce serait à la fois humiliant et indécent, en plus d’être une grossière réécriture de l’histoire. Pour faire un parallèle, ces deux figures historiques de l’extrême droite possèdent beaucoup de ressemblances avec la monarque du haut.

 Ceci étant dit, je pourrais passer des heures à citer des massacres et des défaites qui ne font pas l’objet de célébrations ailleurs dans le monde (les USA et le Viet-Nam, le Viet-Nam et My Lai, etc., etc.), mais pour l’heure, je vais me concentrer sur une situation plus « nationale », soit celle de Batoche, où les démocrates indépendantistes métis de Louis Riel ont été massacrés lors du premier « fait d’arme » des troupes de la fédération monarco-loyaliste canadienne. Sur ce, je laisse la « plume » à Normand Lester:

Les subtils penseurs au service du gouvernement fédéral qui ont imaginé les « festivités » de la commémoration de la défaite des plaines d’Abraham avec une reconstitution historique de la bataille ne devraient pas s’arrêter là. Une autre défaite d’importance historique des francophones mérite le même traitement dans un avenir rapproché. Je pense à la bataille de Batoche, autre « lieu historique national » qui a été la scène, le 12 mai 1885, de la défaite de la rébellion métisse du Nord-Ouest par la nouvelle armée canadienne récemment constituée, mais toujours commandée par un général britannique, Frederick Middleton.

Le 125e anniversaire de cette grande et glorieuse victoire aura lieu au printemps 2010. L’écrasement de la rébellion de Louis Riel et la chute de son gouvernement provisoire marquent la fin de la domination des Métis francophones sur les grandes plaines de l’Ouest. Ça doit bien mériter une reconstitution historique.

Le 15 mars 1885, Riel s’est proclamé président d’un gouvernement provisoire de la Saskatchewan. Dès que la nouvelle est connue à Montréal, William Cornelius Van Horne du Canadian Pacific Railways — au bord de la faillite — offre de transporter gratuitement les troupes pour écraser les Métis. C’est un coup de pub fantastique qui va permettre au gouvernement conservateur de Macdonald d’injecter de nouveaux fonds publics dans la construction du transcontinental. L’écrasement des Métis aura sauvé le Canadien Pacifique. Voilà bien une bonne raison de fêter.

Les colonnes du général Middleton sont accompagnées par un représentant d’une compagnie américaine et de l’arme nouvelle qu’elle veut vendre au gouvernement conservateur, le « Gatling gun », la première mitrailleuse opérationnelle de l’histoire. Avant d’en commander, Ottawa a trouvé judicieux de se servir des Métis comme cobayes pour en tester l’efficacité. Une telle première au Canada appelle une reconstitution historique.

Pour faire face aux troupes du général Middelton, Riel refuse de recourir à des tactiques de guérilla comme le réclame son « général », Gabriel Dumont. Il choisit plutôt de se retrancher dans sa « capitale » Batoche, une stratégie vouée à l’échec…

Le 12 mai 1885 après que des prêtres catholiques eurent trahi les Métis. le corps expéditionnaire canadien, formé de plus de 900 hommes, donne l’assaut au petit village défendu par 300 malheureux Métis, dont un bon nombre de vieillards armés de vieux mousquets.

Comme le racontera Gabriel Dumont, la reddition des défenseurs de Batoche s’accompagne d’exécutions sommaires :

« […] Le 12 mai, vers 2 heures de l’après-midi, sur ùdes renseignements exacts fournis par ceux qui nous trahissaient [stipulant] que nous n’avions plus de munitions, les troupes s’avancèrent et nos gens sortirent de leurs tranchées ; et c’est alors que furent tués : José Ouellet, 93 ans ; José Vandal, d’abord les deux bras cassés et achevé à la baïonnette, 75 ans ; Donald Ross, d’abord blessé à mort et dardé à la baïonnette, bien vieux aussi ; Isidore Boyer, vieillard aussi ; Michel Trottier, André Batoche, Calixte Tourond, Elzéar Tourond, John Swan et Damase Carrière, qui eut d’abord la jambe cassée et que les Anglais ont ensuite traîné, la corde au cou, à la queue d’un cheval. Il y eut aussi deux Sioux de tués.

Le bilan de ces quatre jours de bataille acharnée a été, pour nous, trois blessés et douze morts, plus un enfant tué, seule victime durant toute la campagne de la fameuse mitrailleuse Gatling. »

Les terribles accusations de Dumont sont confirmées par le témoignage d’un jeune militaire ontarien, qui consigne dans son journal intime : « The rebel [are] still coming and giving themselves up. […] It is surprising to see so many old men, some with grey hair, and a lot of these were killed. »

Ainsi s’est déroulé le premier haut fait d’armes de l’histoire de l’armée canadienne. Valeur et honneur.

Voilà des scènes bouleversantes, remplies de pathos, dont la reconstitution est apte à émouvoir le touriste américain le plus imperturbable.

Louis Riel a réussi à s’échapper. Il ne se rendra que le 16 mai. Il aurait dû s’enfuir aux États-Unis, comme Gabriel Dumont, qui a répondu « Allez au diable ! » lorsqu’un émissaire de Middleton lui a promis la vie sauve en échange de sa reddition. Pour son plus grand malheur, l’esprit troublé de Riel l’a amené à faire confiance aux Anglais. Il sera pendu.

Personne n’oserait faire une reconstitution de la bataille de Batoche. Jamais le fédéral n’humilierait ainsi les autochtones, qui réagiraient violemment à une telle ignominie. Les autochtones ont une fierté et un sens de l’honneur que les Québécois ont perdu, d’affronts en humiliations, de revers en échecs et en défaites.

Et les autochtones ont aussi des « Warriors » pour se faire respecter…

***

Normand Lester, Auteur du Livre noir du Canada anglais

Source (la mienne, au bas de laquelle vous trouverez la source vers l’article originale)

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50 ans de révolution à Cuba, tout est près pour se rendre à un siècle

Posted by quebecsocialiste sur 3 janvier, 2009

« Solidarité mondiale avec la révolution cubaine »

Le premier janvier 2009, c’était le cinquantième anniversaire de la victoire de la révolution cubaine, ni plus ni moins que la véritable indépendance de Cuba, celle de 1898 ayant été volé par les USA qui transformèrent l’île en colonie fantoche et facilement exploitable, plus tard surnommée « le bordel de l’Amérique ». Cuba toucha le fond durant la dictature sanguinaire de Fulgencio Batista, issue d’un coup d’état supporté par les États-Unis, qui avaient horreur de « perdre le contrôle pour des détails de volonté démocratique ». La révolution cubaine, c’est avant tout le triomphe commun d’un peuple sur l’impérialisme et sa propulsion vers la dignité humaine. L’histoire se rappelle et se rappellera de ce jour comme le début de la route des cubains vers le succès en matière de santé, d’éducation et de sécurité civile. En effet, les chiffres sur ces départements vitaux de la vie quotidienne d’une société parlent d’eux-mêmes:

En santé: Avant la révolution, le système de santé cubain était privatisé et les meilleurs soins n’étaient accessibles qu’aux quelques riches exploitants agricoles cubains et aux mafieux états-uniens en visite sur l’île « pour affaires ». L’élite batistienne, quant à elle, préférait se faire soigner aux USA. La situation pour la classe ouvrière était plus que déplorable, affichant les statistiques habituelles d’un état du tiers-monde en grande difficulté. Depuis le début des mesures révolutionnaires, en revanche, le système de santé cubain affiche ces statistiques: Selon les chiffres de l’ONU, l’espérance de vie des Cubains est de 77,9 ans (elle est de 78 ans aux États-Unis)… des statistiques de pays développés. Rappelons que la ressource naturelle nationale des cubains n’est autre que le sucre. Pas vraiment le gros lot naturel disons… et ils ont réussi à bâtir un système de santé universel avec çà, pendant qu’au Québec, avec notre multitude de ressources naturelles plus que suffisantes et une population inférieure en nombre à celle de Cuba, nous ne sommes même pas foutus d’atteindre les standards canadiens… merci au privé et au laisser-faire gouvernementale des 15 dernières années pour ce fiasco complet! Déficit ZÉRO qu’il disait… pendant ce temps, « l’île communiste » a découvert rien de moins qu’une solution pour guérir le cancer du poumon cette année. En passant, mes félicitations à ces brillants médecins! Pour finir sur ce sujet, notons que Cuba est le plus grand exportateur de médecins au monde. Pas pire pour un « méchant régime communiste », n’est-ce pas Éric Caire?

En éducation: Avant la prise de pouvoir légitime des révolutionnaires, seulement un cubain sur dix savait lire… aujourd’hui, l’analphabétisme a été éradiqué, le pays affichant un taux d’alphabétisation (extraordinaire pour un pays du tiers-monde) de 99,8%. À ce qu’on dit, un dictateur a tout intérêt à garder sa population dans l’ignorance, parce qu’un peuple instruit ne peut être vaincu. Il semblerait que le peuple cultivé de Cuba a eu tout le loisir d’analyser sa situation et qu’il préfère de loin son gouvernement national responsable à un pantin pro-empire qui s’empresserait de réduire ses droits au niveau de 1958. Finalement, la révolution a fait beaucoup pour faire avancer les droits des femmes sur son territoire, à travers une éducation moderne, ce qui était loin d’être une tâche facile dans ce pays à la culture machiste.

La sécurité civile: En matière de sécurité nationale, Cuba n’a aucune leçon à recevoir de personne. En plus de faire régulièrement face à des actes terroristes de la part des expatriés mafieux de Miami (terrorisme justifié par Washington et ses éternelles double-mesures qui lui donnent le droit divin d’abriter des terroristes faisant face à un mandat d’arrêt international sur son sol) et d’en avoir fait avorter une bonne partie (pas tous malheureusement), les forces de sécurité de Cuba sont passées maîtres dans le domaine de la protection contre les ouragans. Un des exemples les plus frappants est celui de l’année dernière, 2008: Dans la période des ouragans de 2008, pas moins de trois ouragans destructeurs ont fait des ravages sur l’île, pour un montant total d’environ dix milliards de dollars. Ce qu’il faut retenir dans cette tragédie, c’est que dans toute cette destruction de la part de la nature (la plus puissante armée du monde), une seule personne a trouvé la mort. Ça aurait pu être bien pire sans les mesures de sécurité civiles exemplaires dont s’est prévalu l’état cubain. Les responsables de la sécurité intérieure de l’empire yankee devraient définitivement aller suivre des cours de protection civile à Cuba. C’est justement à cause des ouragans de l’automne dernier que les autorités cubaines ont décidé de s’en tenir à de tranquilles célébrations pour le cinquantième, en solidarité avec les personnes dont les domiciles sont toujours en reconstruction.

Le devoir internationaliste: Il ne faudrait surtout pas oublier de souligner les résultats du devoir internationaliste de Cuba. L’aide militaire cubaine en Afrique, dont l’idée était dû au regretté guérilleros et héros du tiers-monde, Ernesto « Che » Guevara, aura mené, sur une période de trente ans de durs combats, à l’indépendance de la Guinée-Bissau, de l’Angola et de la Namibie, ainsi qu’à la chute du régime d’apartheid raciste sud-africain, pays qui pourrait bien élire un gouvernement à orientation communiste sous peu. La fin de l’aide militaire ne signifia nullement la fin du mandat internationaliste de Cuba qui, comme je l’ai mentionné plus haut, est aujourd’hui le principal exportateur de médecins de la planète. Ce que Cuba a retiré de tout ça: En premier lieu, il n’y avait que la satisfaction du devoir accompli, mais aujourd’hui, Cuba constate avec encore plus de force les résultats de ses efforts solidaires, assistant aujourd’hui à la naissance de toute une nouvelle génération de gouvernements de gauche en Amérique du Sud ayant à coeur le bien-être de leurs peuples respectifs, plutôt que les intérêts de la maison blanche et des multinationales exploitantes et criminelles, de par le vol de ressources qu’elles effectuaient encore en toute impunité sur ce continent il n’y a pas si longtemps que ça. Les seuls pays encore sous le joug de valets locaux de Washington en Amérique du Sud sont en fait la Colombie narcotrafiquante, fasciste et agressive d’Alvaro Uribe l’exterminateur de syndicalistes et de paysans, ainsi que le Pérou totalitaire (voter dans des boîtes transparentes sous les yeux de soldats armés, ce n’est pas démocratique, peu importe l’avis positif borné de Washington là-dessus). Cuba a de plus enfin pu profiter d’un retour d’ascenseur lorsque le Venezuela et l’Angola lui ont apporté leur aide après les ouragans de l’automne dernier.

Nous souhaitons une excellente fête nationale à tout le peuple cubain, ainsi que toujours plus de succès dans l’avenir!

Hasta la victoria siempre!

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L’autre 11 septembre…

Posted by sylvainguillemette sur 11 septembre, 2008

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Ce 11 septembre représente également un autre drame. Celui des socialistes ayant obtenu le pouvoir par le scrutin, au Chili, sous Salvador Allende. Le 11 septembre 1973, un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis renverse le président démocratiquement élu du Chili, Salvador Allende.

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Le 11 septembre…

Posted by Libertad ! sur 11 septembre, 2008

Aujourd’hui, nous avons deux événements à commémorer :

Les attentats terroristes de New York contre les tours jumelles du wolrd trade center.

Et un autre 11 septembre : le coup d’État orchestré par la CIA au Chili contre le président socialiste Allende… c’était le 11 septembre 1973.

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