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Véritable objectif de Washington en Haïti, L’élimination programmée du président Aristide

Posted by sylvainguillemette sur 16 janvier, 2010

Par Christophe Wargny

Bien que nul ne conteste la légitimité du Père Aristide, triomphalement élu président d’Haïti en décembre 1990 et renversé par les militaires en octobre de l’année suivante, l’OEA et l’ONU se révèlent impuissantes à Port-au-Prince. De fait, c’est Washington qui manœuvre en sous-main pour empêcher le retour au pouvoir d’un dirigeant porteur des espérances d’un peuple humilié, et victime de la terreur imposée par une soldatesque alliée aux possédants et aux trafiquants de drogue.

Le 11 octobre 1993, Port-au-Prince attend le débarquement du premier contingent des forces de l’ONU chargé de veiller au respect de l’accord de l’île des Gouverneurs, signé le 3 juillet entre le président Jean-Bertrand Aristide, en exil depuis le coup d’Etat du 30 septembre 1991, et le chef de la junte, le général Raoul Cédras. Il est plus que temps : le retour du premier président démocratiquement élu d’Haïti (lors du scrutin du 16 décembre 1990) est prévu pour le 30 octobre suivant…

Le Pentagone a, paraît-il, manqué d’instructions pour agir plus tôt. Dix-huit soldats américains ont été tués peu de temps auparavant en Somalie. Haïti, une nouvelle chausse-trappe ? En fait, comme le souligne le New York Times, « malgré la volonté du président Clinton d’assurer le retour d’Aristide au pouvoir et de restaurer la démocratie, des officiels du Pentagone ont déclaré qu’il était hasardeux de risquer des vies américaines pour un homme qu’ils considéraient comme un dirigeant douteux et peu fiable (1). » Les militaires haïtiens comprennent très vite le message. Quand le bâtiment de l’US Navy, le Harlan-County, se détache à l’horizon, les groupes paramilitaires lourdement armés manifestent dans le port. Même si l’on sait bien que ces « attachés » ne se battent jamais contre des professionnels armés, les Américains font semblant de croire au danger, temporisent. Le bateau fait trois petits tours et puis s’en va.

Triomphante le 3 juillet, l’ONU boit la coupe jusqu’à la lie, retirant sa mission d’observateurs et ses logisticiens. Quant à la première puissance militaire du monde, elle ne cherche nullement à laver l’affront. La CIA en profite pour relancer les fausses rumeurs sur le Père Aristide, dont le Miami Herald démontrera qu’elles ont été fabriquées… par les militaires haïtiens : le mythe du « psychopathe dangereux » alimentera pourtant la polémique, annihilant, dans le même temps, toute possibilité ou toute volonté de riposte. Le temps de démentir, de ridiculiser les accusateurs… et le calendrier de l’île des Gouverneurs est déjà caduc.

Le 30 octobre 1993, la promesse initiale de M. William Clinton de restaurer la démocratie en échange du contrôle des flux de réfugiés ne sera pas tenue. Les différents centres de pouvoir de Washington (président, secrétaire d’État, Pentagone, CIA), dont les frottements tactiques laissaient entendre quelques notes discordantes, manifestent de nouveau une apparente unité stratégique.

Assassinats planifiés par les militaires

Après Antoine Izméry, enlevé devant des diplomates, Guy Malary est assassiné avec ses gardes du corps le 14 octobre. Comme des dizaines d’autres depuis le 3 juillet 1993. M. Michel François, le chef de la police, et ses groupes « d’attachés » ont bien visé : le premier était le plus riche et le plus déterminé des partisans du Père Aristide ; le second, ministre de la justice, était chargé du lourd dossier de la création d’une nouvelle police. M. Dante Caputo, ancien ministre argentin des affaires étrangères et médiateur de l’ONU, peut bien parler de « complicité flagrante de la police avec les tueurs » et les Nations unies d’« assassinat minutieusement planifié et orchestré comme une opération de commando par les forces armées d’Haïti ».

Dès le 7 juillet, le New York Times manifestait pourtant les mêmes doutes que le président Aristide quant à l’application d’un accord donnant quatre mois de répit aux putschistes : « Après avoir fait pression sur Aristide pour qu’il accepte un accord qui laisse un réel pouvoir entre les mains des militaires pour une période de transition de quatre mois, l’ONU et les Etats-Unis sont maintenant obligés de garantir que les chefs de l’armée et de la police respecteront leur part du contrat. Ils doivent faire cesser maintenant l’intimidation politique et abandonner le pouvoir avant la fin octobre. »

L’Organisation des Nation unies, aiguillonnée par le Canada et la France (2), souhaitait rééditer en Haïti le relatif succès enregistré au Cambodge. Mais la duplicité et l’ambiguïté des politiques américaines – successives ou simultanées – ont entravé ou discrédité les efforts internationaux. Et, au cours des mois d’octobre et novembre 1993, les révélations de la presse américaine sur le rôle de la CIA dans cette affaire sont édifiantes. On a ainsi eu confirmation que les principaux ennemis du président Aristide (officiers supérieurs et politiciens) étaient, bien avant sa victoire électorale, des agents appointés de la centrale de renseignement américaine. Le général Raoul Cédras lui a, par exemple, fourni des rapports, tout au long de 1991, jusqu’au coup d’Etat du 30 septembre, financé par les grandes familles locales et le cartel de Cali, avec la bénédiction de l’ambassadeur américain Alvin Adams.

On apprend aussi que la CIA aide, à hauteur de 1 million de dollars par an, le Service d’intervention contre les narcotiques (SIN), officine formée exclusivement de militaires haïtiens. L’argent n’a, bien sûr, jamais servi à lutter contre le trafic. C’est tout le contraire : le SIN va jusqu’à menacer de mort le directeur local de la DEA, agence fédérale américaine de lutte antidrogue. Et, malgré les pressions du Black Caucus, qui regroupe tous les élus noirs de la Chambre des représentants, l’administration Clinton ne sanctionne pas les responsables de la CIA, pourtant coupables d’entraver sa politique officielle. Elle refuse par ailleurs au président Aristide les moyens d’être entendu dans son pays (toutes les stations de radio sont aux mains des militaires) et exige, sans contrepartie, de nouvelles concessions.

De décembre 1990 à aujourd’hui, les centres de pouvoir américains ont, avec quelques nuances, suivi la même politique : tenter de trouver une alternative à la fois aux généraux haïtiens, décidément peu fréquentables, et au président Aristide, trop proche des masses populaires et de leur fort suspecte revendication de justice. Le tout derrière un formidable rideau de fumée verbal. M. George Bush ne proclamait-il pas que « les putschistes menacent la sécurité, la politique extérieure et l’économie des Etats-Unis » ? Ces rodomontades avaient décidé l’Organisation des Etats américains (OEA) à imposer un embargo contre Haïti et les autorités de fait. D’abord sévère, il s’enrichit en deux ans (d’octobre 1991 à juin 1993) d’exceptions et d’assouplissements en tout genre. Très dur pour les humbles, disloquant une économie déjà moribonde, il enrichit les contrebandiers, les trafiquants de drogue et leurs parrains.

Lentement se révèle ainsi la stratégie de Washington : l’embargo, prétendument dirigé contre les putschistes, vise d’abord le Père Aristide, impuissant, malgré la résistance intérieure, à faire évoluer le rapport des forces. Il faut acculer le président élu à toujours plus de concessions, mettre en évidence son « intransigeance », le contraindre à un partage du pouvoir avec les adversaires du changement, le pousser des compromis aux compromissions. Quant à l’afflux de réfugiés, après une courte bataille entre l’administration Bush et les tribunaux, alertés par les organisations de défense des droits de l’homme, il trouve rapidement sa solution : les boat-people sont renvoyés à Port-au-Prince, sans la moindre garantie. Alors que tout citoyen quittant Cuba acquiert automatiquement le statut de réfugié politique, tout Haïtien fuyant son pays n’est qu’un immigrant sans papiers.

M. William Clinton, dans sa quête des voix des membres des associations humanitaires et des Eglises, et surtout de la communauté noire, avait promis, pendant sa campagne électorale, d’abandonner la politique « injuste et discriminatoire » menée à l’égard des réfugiés haïtiens. Mais, avant de prendre ses fonctions, changement de cap à 180 degrés : les boat-people sont indistinctement refoulés. Les demandes de visas en Haïti, en revanche, seront instruites de manière plus libérale, promet le nouvel élu. En septembre 1993, America’s Watch dresse un premier bilan des deux administrations : « Le gouvernement américain a joué un rôle central dans la crise des réfugiés, sortant constamment des règles du droit, intervenant en haute mer pour des activités appelées “sauvetages”, et qui dénient aux victimes un refuge sûr. Du 1er juin au 3 août 1993, les officiels américains en Haïti ont reçu 2 785 demandes d’asile, et en ont accepté 38. Neuf Haïtiens seulement sont entrés aux Etats-Unis (3). »

Après une trentaine de mois d’embargo, l’administration américaine cherche, quel qu’en soit le prix, à gagner son pari haïtien : une démocratie sous contrôle excluant le Père Aristide, par ailleurs proclamé légitime. Lors d’une conférence internationale tenue à Miami du 13 au 15 janvier 1994, et qui avait réaffirmé la légitimité du président élu, M Lawrence Pezullo, conseiller spécial du président Clinton pour Haïti, avait laborieusement cherché à montrer la cohérence de la politique américaine. Cette cohérence existe effectivement, mais elle n’est pas avouable en public. Ses grandes lignes sautent cependant aux yeux.

L’embargo, réclamé par le Père Aristide, est certes appliqué. Mais avec assez de porosité pour permettre aux putschistes de durer. Pas de pressions sur la République dominicaine avec laquelle s’est mis en place un véritable trafic, mais des manoeuvres dilatoires à l’ONU pour refuser la véritable étanchéité demandée par le Canada et la France. Mais cet embargo, sans débouché politique, devient difficile à soutenir, y compris par les partisans du président : le secteur privé accuse la communauté internationale et non les putschistes ; les militaires contrôlent seuls le marché noir ; la classe politique reste en majorité soudée aux militaires ; les secteurs populaires accusent l’étranger de laxisme et d’incohérence et s’interrogent sur les débouchés d’une tactique qu’ils comprennent mal.

D’autant que l’absence des moyens d’information (il serait pourtant si facile de donner au pouvoir légitime des moyens de communication (des émetteurs radio, à bord d’un des navires assurant l’embargo) entretient l’incertitude. Cet embargo, qui favorise les bourreaux et écrase les victimes, pourrait se retourner contre son principal promoteur, le président Aristide.

De leur côté, les Etats-Unis exagèrent délibérément le volume de l’aide alimentaire qu’ils distribuent : alors que M. Pezzulo parle de 400 000 repas par jour, la CARE (Cooperative for American Relief to Everywhere), la principale organisation non gouvernementale (ONG) américaine, signale que « 140 000 personnes seulement reçoivent une telle aide (4) ». On connaît le caractère déstabilisant d’une aide d’urgence qui s’installe pour longtemps. Elle permet, en tout cas, à Washington de rappeler ses préoccupations humanitaires, tout en alimentant des campagnes sur les méfaits de l’embargo.

Un plan en forme de chantage

Et, comme il n’est pas envisagé d’exercer de véritables pressions sur les putschistes, c’est au Père Aristide de faire preuve d’« imagination » : il lui faut accepter le plan de règlement de la crise approuvé le 1er mars 1994 par les députés haïtiens. Ce plan, appuyé par les Etats-Unis, qui ont rallié à leur cause le secrétaire général des Nations unies, M. Boutros Boutros-Ghali, prévoit la nomination d’un nouveau premier ministre (en remplacement de M. Robert Malval, démissionnaire depuis le 15 décembre 1993), l’amnistie de militaires coupables de multiples exactions et le départ à la retraite du général Cédras. En revanche, aucune date n’est fixée pour le retour du Père Aristide à Port-au-Prince. En clair, ce dernier est soumis à un chantage que l’on peut ainsi résumer : ou bien vous campez sur vos positions et rien ne bouge, ou bien vous nommez le premier ministre de « concorde nationale » qui doit succéder à M. Malval. Et, bien sûr, ce nouveau premier ministre sera notre homme-lige.

Une telle hypothèse, à laquelle se refuse le Père Aristide, ramènerait la vie haïtienne à 1990, avant l’accident électoral de décembre. L’élimination du prêtre président se ferait en douceur : le premier ministre gouvernerait, l’armée se résignerait à quelques remaniements, une aide d’urgence succéderait à l’embargo. Bien entendu, les conditions de sécurité ne seraient jamais réunies pour un retour effectif du président élu. Et les échéances électorales de 1994 permettraient de régler définitivement le problème, un président sortant ne pouvant solliciter le renouvellement de son mandat.

Il reste cependant au président Aristide quelques atouts pour gripper cet engrenage. Aucune avancée constitutionnelle ne peut se réaliser sans lui, car la Constitution lui confère le droit d’amnistie, tout comme la nomination du premier ministre et du commandant en chef. Surtout, hantise de Washington, il peut dénoncer la convention signée sous Duvalier, qui permet l’interception en haute mer des réfugiés haïtiens par la marine américaine. La gêne de l’administration est particulièrement visible sur cette question qui risque de relancer les flux de boat-people, de remettre en mémoire les promesses du candidat Clinton et de mobiliser les opposants à sa politique (association de droits de l’homme, Black Caucus, diaspora haïtienne).

Le calendrier ne laisse cependant au président haïtien qu’une marge de manœuvre très étroite. La nasse paraît se refermer sur lui par une nouvelle alliance des Etats-Unis avec les trois pivots traditionnels d’une société anachronique, désuète et obscurantiste, qui tourne le dos à toute forme de modernité, même libérale : l’armée, qui a tout à perdre d’une « professionnalisation » ; la hiérarchie catholique (à l’exception notable de Mgr Willy Romélus, évêque de Jérémie), soutenue par le Vatican et résolument hostile à la théologie de la libération ; l’oligarchie et sa classe politique, arc-boutées à une société duale, une économie de comptoir et aux préjugés racistes (les métis contre les Noirs).

Dans l’île, dès le début des années 80, avant même la déposition de Jean-Claude Duvalier, les couches populaires ont progressivement défini un programme de sortie de l’inhumanité. La revendication de justice, poussée très loin par les ti komunoté légliz, s’étend à tous les secteurs de la vie sociale. Malgré une répression terrible, les militaires, dépourvus du moindre programme politique, n’ont pu s’en débarrasser. La jeunesse, sans école et sans emploi, y est particulièrement sensible. Et elle brûle parfois de passer de la non-violence active, prônée par le Père Aristide, à la légitime défense face aux escadrons de la mort. L’administration Clinton a, comme d’autres, oublié à quel point les huit mois de sécurité et d’espoir de la présidence Aristide avaient marqué les esprits. Un âge d’or que les déshérités et quelques autres ont déjà transformé en légende. Faute d’un compromis historique entre les possédants et le mouvement populaire, qui conjugue l’exigence de dignité et l’entrée dans la modernité, les Américains et leurs alliés, victorieux à court terme, devront faire face demain à un homme déjà transformé en mythe. Après Peron, Sihanouk… Aristide ?

Christophe Wargny.

http://www.monde-diplomatique.fr/1994/04/WARGNY/362

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Haïti, doublement maudite

Posted by sylvainguillemette sur 16 janvier, 2010

https://i1.wp.com/www.mge19.com/images/haiti-flag1.gif« La mort aime bien les pauvres », écrivait Le Monde diplomatique en février 2005, après le tsunami qui venait de toucher l’Indonésie, les côtes du Sri Lanka, le sud de l’Inde et de la Thaïlande (1). Il est trop tôt pour établir un bilan du tremblement de terre de niveau 7 sur l’échelle de Richter qui a ravagé le pays le plus pauvre d’Amérique latine, Haïti, le 12 janvier. Mais le pire est à craindre. Pour l’heure, dans l’urgence, il s’agit de chercher et de sauver les victimes, apporter une assistance sanitaire aux survivants, créer des refuges, fournir aliments et eau, tenter d’enrayer les épidémies. Solidarité internationale et aide humanitaire, chacun, de l’Organisation des Nations unies (ONU) aux Etats-Unis en passant par l’Union européenne — et en particulier la France, qui ne peut se soustraire à sa dette historique envers l’île — ou l’Amérique latine, se mobilise selon (ou non) ses moyens.

Une fois de plus, le séisme frappe une région du globe peu épargnée par les phénomènes naturels. En 2008, Haïti avait déjà subi l’enfer de quatre ouragans tropicaux — Ike, Anna, Gustav et Fay. On ne peut leur comparer ce tremblement de terre, manifestement aussi imprévisible qu’imprévu, difficile à anticiper. Néanmoins, une première question se pose : pourquoi, lors de ces cyclones, qui les ravagèrent de la même manière (avec des conséquences économiques désastreuses), déplora-t-on sept cent quatre-vingt-treize morts en Haïti et « seulement » quatre à Cuba ? Comme un effet de loupe, les catastrophes révèlent l’état « réel » des sociétés.

Une fois passés le choc initial et l’émotion, les gouvernements, organisations non gouvernementales (ONG), institutions internationales et médias broderont à l’envi sur le thème de la « reconstruction ». Si tant est qu’on puisse employer le terme « reconstruire » dans un pays dépourvu de tout.

Mais de quelle reconstruction parlera-t-on ? Après le cyclone Mitch, qui, en octobre et novembre 1998, fit près de dix mille morts et des centaines de milliers de sinistrés en Amérique centrale, les mouvements sociaux y avancèrent l’idée de la lier à un nouveau type de développement destiné à réduire la vulnérabilité sociale. Le temps a prouvé depuis que, dans ce sens, rien ne fut fait. La seule tentative menée, bien plus tard, par le président hondurien Manuel Zelaya, se terminant par le coup d’Etat du 28 juin 2009…

A une classe politique haïtienne que menace le spectre de l’autodestruction, et qui n’est pas exempte de responsabilité dans l’état calamiteux du pays, qui donnera des leçons ? Les institutions financières internationales, qui ont retardé le processus d’annulation de la dette, en dépit des problèmes auxquels faisait déjà face la population ? Washington, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque interaméricaine de développement, etc., les pays dits « amis », qui ont cyniquement poussé à la descente aux enfers de la société haïtienne ?

Dès 1984, le FMI a obligé Port-au-Prince à libéraliser son marché. Les rares et derniers services publics furent privatisés, en privant d’accès les plus démunis. En 1970, Haïti produisait 90 % de sa consommation alimentaire ; elle en importe aujourd’hui 55 %. Le riz américain subventionné a tué la production locale. En août et septembre 2008, la flambée des prix alimentaires mondiaux fit augmenter son prix de 50 %, provoquant des émeutes de la faim.

Un cataclysme naturel peut être imputé à la fatalité. La paupérisation honteuse et insupportable des populations urbaines et rurales d’Haïti, non.

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Le Centre canadien pour l’avancement du libéralisme.

Posted by sylvainguillemette sur 12 décembre, 2009

https://i2.wp.com/www.voltairenet.org/IMG/jpg/fr-NED-nebuleuse.jpg

Stephen Harper n’a jamais caché son agenda conservateur –capitaliste-, mais aujourd’hui, il va un peu plus de l’avant dans des projets de déstabilisation des démocraties naissantes, par exemple, dans des pays à tendances socialistes, en voulant créer un organisme gouvernemental, réciproque à ceux créés aux États-Unis, sous la plupart des présidences états-uniennes. Cet organisme, sensé promouvoir la «démocratie», n’est en fait qu’un subterfuge, ne visant que l’épanouissement  du libre-marché, du capitalisme donc. Ce qui n’a rien de démocratique en soi. Aussi, de tels organismes par le passé, fournissaient aides financières, logistiques et même, des armes, à des groupes de renégats tentant de saper les efforts socialistes.

Le National Endowment for Democracy a par exemple, dans plusieurs pays d’Amérique latine, aidé des putchistes, formé des putchistes, sinon même, des écoles de torture. Le NED a participé secrètement à des coups d’État, a favorisé des candidats de la droite populiste au détriment des populations et de la démocratie, et n’a bref, jamais servi sa cause soit disant pressentie.

Le Centre canadien pour l’avancement de la démocratie aurait par exemple missions; à Cuba. Quelle surprise! Nous ne sommes pas sans savoir que les conservateurs ne considèrent pas le socialisme de Cuba comme une démocratie –et que Harper avait déjà dit à Bush qu’il s’occuperait de Cuba à ses côtés le temps venu…-, mais ils seraient fort surpris de constater que Cuba est plus démocratique que le Canada, dans les faits. De plus, avec un taux de participation aussi chancelant au pays, nous sommes en droit de nous demander pourquoi Harper ne ferait pas cette promotion ici même. Le tout ne révèle qu’une chose, que cet organisme ne servira en fait que les intérêts bourgeois et impérialistes du Canada, et que jamais il ne fera la promotion d’autre chose que le libéralisme.

En fait, à 70 millions le budget annuel de cet organisme, le Canada ferait mieux de s’occuper de ses propres problèmes. Les taux de participation électorale, ici même, sont en grave chute libre. Seulement un peu plus de 50% des canadiens ont participé aux dernières élections fédérales…  2/3 des montréalais ont voté contre le maire sortant, il est pourtant de retour au pouvoir! Ici, au Québec, quant aux élections aux commissions scolaires, nous n’avons même pas dépassé 7.9% de participation de l’électorat. Harper croit-il sincèrement que les pauvres cubains ne s’occupent pas de leurs affaires et qu’ils demeurent bredouilles à la maison en cas de besoin? Les cubains sauraient même faire sourciller Mario Dumont quant à leur autonomisme développé.

En réalité, ce type d’aide fournirait surtout les anticastristes, ces «dissidents» basés à Miami –ce tas de criminels, d’anciens tortionnaires, d’ex-dictateur…-, rêvant du retour triomphal de la bourgeoisie en sol cubain. Or, les cubains, de Cuba, eux, ne désirent pas le retour de ces pourritures, et ne regrettent surtout pas le temps de Batista, où les riches faisaient la pluie et le beau temps, où il n’y avait que 6000 médecins réservés pour les gens capables de se les payer, où les militants syndicalistes et pacifistes se faisaient littéralement tuer en pleine rue –En fait, cela n’a rien d’étonnant. Après tout, en Colombie, le président Uribe massacre son propre peuple, celui qui semble socialiste, et Harper signe des contrats juteux avec lui, pas avec personne d’autre… Quel hasard!-, où l’éducation n’était que pour les riches.

Les anticastristes ont également utilisé des moyens non-démocratiques pour déstabiliser le socialisme de Cuba. Ils émettent par exemple, à partir de Miami, une émission de radio destinée à renverser le socialisme, cela en parfaite contradiction des lois internationales qui rend l’acte illégal, et pourtant…, ce sont ces organismes qui paient pour ce genre d’«actes illégaux»! Ils ont fait des attentats terroristes, en faisant exploser des discothèques, des hôtels et un avion bourré de civils. Ils ont essayé de faire un coup d’État à partir de la Baie des Cochons –avec l’aide de Washington-. Ils ont essayé maintes fois d’assassiner Fidel Castro. Ils ont saboté des plantations, des usines, des chemins de fer, assassiné des enseignants, et j’en passe. Et c’est grâce à des organismes tels que celui qu’Harper veut créer, avec nos fonds, que cela fut possible.

Le soulèvement contre le socialisme à Cuba n’est qu’un mythe, un mythe entretenu par les nostalgiques de Batista. Et les dissidents sont si peu nombreux qu’ils entrent tous dans l’œil d’une caméra. S’il fallait faire la comparaison avec les États-Unis, nous conclurions que les États-Unis sont en danger et que la dictature s’y est usurpée en douce. À l’échelle internationale en tout cas! Quant aux soit disant prisonniers politiques détenus à Cuba, il s’agit en fait des comploteurs ayant pour projet le renversement littéral du socialisme à Cuba. Or, ce genre d’acte illégal aux États-Unis, est passible de la peine de mort! Aux États-Unis, on dénombre près de 10 000 prisonniers politiques. Si Cuba émettait sur le territoire des États-Unis, une émission appelant le peuple à renverser son président, voire à l’assassiner, comme le fait la radio de Miami, et toutes les stations privées allant en ce sens et ayant été créées par ces organismes, Cuba serait bombardée, peut-être même envahie.

Au Venezuela, en 2002, ce sont de tels organismes qui ont soutenu le coup d’État raté contre Hugo Chavez, pourtant démocratiquement élu. Ce sont ces organismes qui donnaient leur appui logistique à des stations comme Globovision ou RCTC, qui appelaient, ni plus ni moins, à l’assassinat de leur président, sans que ces organismes ne condamnent quoi que ce soit de leurs propos. Ce sont aussi ces organismes qui ont employé des mercenaires –Ce d’ailleurs, pourquoi le rapport parle d’hauts coûts à la hauteur de 70 millions annuels.-, qui ont sinon, donné leur appui aux chaînes de radio et de tv qui incitaient le peuple à prendre les armes contre le président Hugo Chavez. Drôle de promotion de la démocratie!

Le dessein véritable des promotions de cet organisme n’a rien de démocratique. Tout au contraire! La seule mention de Cuba fait comprendre que le véritable but, c’est le capitalisme à tout vent, coûte que coûte, même au détriment des populations qui ont le fait le choix du socialisme, et cela, démocratiquement! Et le comble, c’est que nous serions les poches de ce projet antidémocratique et violent! Non merci Harper!

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Faire la guerre pour la paix

Posted by sylvainguillemette sur 11 décembre, 2009

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Barack Hussein Obama, hier, est allé à Oslo pour recevoir son prix Nobel de la paix. Certes, ce prix arrive au même moment où le président des États-Unis d’Amérique annonce qu’il envoie 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, dans une guerre illégitime, rappelons-nous, déclenchée sur une base mensongère, et de fait, démarrée en 1998, donc avant les attentats du 11 septembre 2001, prouvant cette illégitimité.

Comme discours, Barack Obama rappelle son absence de choix, il dit qu’il le fallait, pour accéder à la paix en Afghanistan. Or, faire la guerre, pour obtenir la paix, n’a jamais que fait des morts additionnels, et n’a jamais pansé quelque plaie que ce soit. En Afghanistan, comme ailleurs où sont allés les États-Unis d’Amérique au cours du dernier siècle, la population civile est celle touchée par la guerre, bien d’avantage que les militants visés par Washington et ses alliés impérialistes.

Et pour obtenir cette «paix», s’il en est une véritable, Washington ne renonce à aucun moyen, pas mêmes les illégaux, ou plutôt qu’elle ne s’engage pas à respecter –mines anti-personnelles, ADM, armes chimiques, armes bactériologiques, attaques de cibles civiles (centrale électrique, ponts, hôpitaux, écoles..)-. Washington utilise des Armes de Destruction Massive, elle utilise aussi la torture, les enlèvements, la séquestration illégale, le meurtre, et bref, elle envahie et occupe des pays, et leur impose sa vision de la paix, soit le libre-marché, la privatisation des ressources humaines et naturelles, et l’indignation totale des populations locales, tout en méprisant les intérêts de celle-ci, tant que ça fait plaisir à la bourgeoisie internationale. Et elle installe des dictatures, respectant ses vœux.

Au Nicaragua, lorsque les sandinistes ont chassé la dictature des Somoza qui brutalisait le peuple nicaraguayen depuis près de 45 ans, Ronald Reagan a senti le besoin d’amener la paix, là aussi, au prix de dizaines de milliers de vies. Et lorsque Ronald Reagan créa son commando, mené par des mercenaires, les Contras –un tas de repris de justice et des mercenaires en solde-, il les mobilisa en disant qu’il fallait ramener la paix et la démocratie au Nicaragua. Du Honduras, qui constituait une base de repli –et sous dictature états-unienne également- pour les criminels employés par Washington, les Contras revenaient en force contre les sandinistes, armés et financés par Washington.

Au Salvador, les prêtres et les sœurs n’y étaient pas épargnés. Le peuple, comme dans les autres pays envahis par Washington, a du souffrir, souffrir et encore souffrir, pour finalement se retrouver avec une dictature sanglante lui aussi, ce qu’appelait pourtant Washington, sans que la communauté internationale n’intervienne avec des sanctions quelconques, la paix.

En Colombie, encore aujourd’hui, la paix tente de se gagner à coups d’armes automatiques. Les paramilitaires, financés et mandatés par l’État d’Alvaro Uribe, exterminent les éléments dérangeants, et on ne parle pas ici des F.A.R.C., mais bien du peuple, des syndicalistes, des militants de toutes sortes, des droits de l’homme aux causes pacifistes.

Au Venezuela, en 2002, et les trois années suivantes, Washington a tenté de renverser l’élu  démocratique, Hugo Chavez. Washington brandissait encore une fois, la paix pour cautionner l’indéfendable. En 2002, ils enlèvent Chavez, le séquestrent, et assermentent un nouveau président (le tristement célèbre, Carmona), en de ça de 48 heures.

En Jamaïque, c’est également pour la paix qu’interviendra Washington auprès des socialistes, en faisant couler leur sang.

Qui ne se rappelle pas du Chili, où Washington met en branle, ses assassins, pour la cause commune, commune aux bourgeois. Pinochet, acheté par la CIA, ne se souciera pas le moins du monde des vies qu’il enlèvera. Et c’est au nom de la paix que fut mené ce coup d’État. Et drôlement, suite au coup d’État, Milton Friedman arrive avec ses copains pour dicter la marche à suivre, économiquement parlant.

Idem pour la République dominicaine, pour l’Équateur, pour le Mexique, pour le Pérou, pour la Bolivie, et j’évite ici de parler des conflits sanglants qu’a entretenu Washington en Afrique, où des enfants-soldats sont souvent répertoriés parmi les combattants. Mais c’était pour la paix dit-on.

Et c’est également pour la paix, que Washington soutiendra l’Apartheid sud-africain, qu’elle fera emprisonner Nelson Mandela, et qu’elle fera assassiner tout élément dérangeant pour les intérêts de Washington sur ce sol. Lumumba sera d’ailleurs l’un des premiers assassinés, après sa victoire démocratique.

En outre,  tous les pays d’Amérique du sud et centrale ont connu la liberté et la paix de Washington, mais les seules libertés que défendaient réellement Washington, c’était celle des bourgeois d’entreprendre, et de tenir en salariat l’économie de ces pays qu’elle envahissait. Jusqu’en Afrique, Washington voulut amener la paix, sinon, rappelez-vous la paix qu’ont connu les vietnamiens –et qu’ils connaissent encore sous la forme de suites d’épandage de l’Agent Orange (qui se trouve désormais dans la nappe phréatique), ou des mines anti-personnelles-. C’était pour leur bien…, pour la paix.

En Afghanistan comme ailleurs, les peuples à la base, ne veulent rien entendre du discours de Barack Hussein Obama, ce nouveau tyran aux gants blancs. Ils le connaissent son discours, ils se rappellent l’aide apportée aux talibans, à Al-Qeada sinon, qui, à coups de milliards, a pu asseoir son pouvoir et ce, grâce à Washington qui ne voulait que la paix.

Les beaux discours de monsieur Obama ne changent rien au passé, et non, les États-Unis n’ont jamais apporté la paix, nulle part au monde. Que la guerre, que le sang, et que la haine.

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