Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

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Anticapitalisme

Posted by sylvainguillemette sur 29 avril, 2009

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Ce vendredi, 1er mai 2009, sonnera le jour des travailleurs, notre fête à nous, créateurs de richesse. Et pour signaler ce jour important, voire le plus important, les organisations des travailleurs organiseront pour l’occasion une manifestation dans laquelle marcheront des milliers de travailleurs, pour la plupart syndiqués. Mais il se tient cette année deux manifestations. L’une arborant les couleurs des travailleurs syndiqués –Le syndicalisme se tient toujours dans les 40% au Québec.- et l’autre arborant des couleurs clairement identifiées à l’anticapitalisme, mouvement faisant front à travers le monde.

L’année dernière, un évènement inattendu est survenu. Jamais je ne me serais attendu à ce qu’il ne survienne dans mon époque, jamais je n’aurais cru pouvoir le vivre. Le capitalisme est tombé sous le poids de sa propre dette reliée au crédit. Aujourd’hui, si le système peut encore fonctionner, c’est uniquement grâce aux plans de «sauvetage», que je préfère nommer «pillage», qu’il s’est octroyé. La minorité bourgeoise parasitant le labeur des prolétaires a imposé à ces derniers ce plan de pillage –Via les gouvernements capitalistes.-, auquel l’argent des créateurs de richesse sert en fait de moteur à la «refonte» du capitalisme. L’argent des travailleurs contribuables vient donc nourrir les comptes affamés des banques, des concessionnaires et des assureurs dans le seul but de perpétuer cette exploitation de masse toujours à ce jour, inexpliquée et inexplicable. Le salariat. Et tout ça, sans même faire passer ce plan de pillage à travers un quelconque référendum* qui pourtant, fait office de démocratie chez les capitalistes.

Cet évènement que je n’attendais pas m’a toutefois permis d’appréhender la fin de cette exploitation de masse à laquelle je ne me suis jamais habitué, laquelle je n’ai ni accepté, tout en y faisant tout de même ma place en y travaillant, comme les autres. Mais enfin les capitalistes se sont plantés. Sans que quiconque, ni même un socialiste, ne les ait aidé, ils se sont plantés, encore une fois. Désormais, ils ne leur reste comme capital que celui des prolétaires. Sinon celui que les prolétaires créeront durant les 40 ou 50 prochaines années -À savoir, cette fameuse richesse qui ne cesse de se cultiver tout en ne respectant jamais la promesse du partage tant attendu.-. Et le tout en ne faisant qu’imprimer des billets de banque, telle que l’usine de Monopoly sait si bien le faire. Il s’agit donc d’un pillage des prolétaires pour acquitter la dette de la bourgeoisie incapable de gérer du capital, elle qui pourtant, depuis son existence même, brandissait sa saine gestion comme argument légitimant moralement le salariat, l’exploitation de la force de travail des prolétaires. Il s’agissait donc d’un mythe, tout comme le mérite finalement.

Avec ce plan de pillage, les enfants des enfants des enfants des états-uniens continueront de payer les dettes de la bourgeoisie et les nôtres, continueront de quémander des services, de faire semblant que tout est correct. Que rien ne s’est passé. Mais tel n’est pas le cas et tel ne sera pas le cas, tout comme tel n’était pas le cas précédemment, en 1929 comme ensuite. Ils ont triché, les capitalistes ne respectent même plus le capitalisme et bafouent leurs propres règles.

 

Et vendredi prochain, je serai aux côtés de ceux et celles qui auront compris ce concept, donc aux côtés des anticapitalistes. Je ne pardonnerai pas aux capitalistes. Il s’agit d’un «momentum» qui ne se reproduira que dans plusieurs décennies, sinon qui n’aura jamais l’occasion de se reproduire. Il n’est pas question que ce premier mai, je ne revendique que le maintient de nos acquis. Les capitalistes ont échoué, il est temps de voir et de présenter les alternatives. Il est temps d’exiger leur départ. Il est temps de demander plus, de faire plus et d’encourager à faire plus. Il est le temps de faire une révolution.

J’appelle donc le lectorat de ce blogue à joindre les rangs de la manifestation anticapitaliste qui sera certes peuplées d’avantages d’anticapitalistes que de si cléments exploités.

Manifestation anticapitaliste le vendredi 1er mai. Rassemblement à 17h30 – Départ à 18h30 au Parc Cabot à Montréal (coin Atwater et Ste-Catherine – métro Atwater)

Pour information : Sophie Sénécal et Julien Tremblay au 1ermai2008@gmail.com

 

*Hugo Chavez a fait plus d’un référendum par année pour «imposer» ses réformes. À chacun sa façon d’appliquer la démocratie cou-donc!

 

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Petite information sur le compte-rendu de la manifestation du 15 mars

Posted by L'Agitateur sur 21 mars, 2009

Juste pour vous tenir informéE que le compte-rendu avance toujours, mais vu le nombre de témoignages contenant d’énormes détails, des photos révélateurs et en grosse quantité, et la cueillette de vidéos de tout genre, il nous est donc forcé de repousser un peu plus loin la publication du compte-rendu. Nous voulons que celui-ci soit de qualité et qu’il serve de base contre les fascistes du SPVM qui brutalisent les individus.

Donc, si vous aussi vous avez des photos, vidéos, témoignages à nous faire part lors du 15 mars dernier, écrivez-nous sans hésitation au reacwatch(a)hotmail.com

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George W. Bush devrait-il être arrêté à Calgary, en Alberta, et jugé pour crimes internationaux ?

Posted by sylvainguillemette sur 11 mars, 2009

À l’ère de l’effondrement du système capitaliste, lequel engloutira avec lui plusieurs secrets d’État, dont ce qui s’est réellement passé en 2001 au mois de septembre, il m’apparaissait opportun de publier ce texte plein de bon sens et de critiques argumentées. Je vous souhaite donc une bonne lecture, tout en vous conseillant de commencer celle-ci avec un bon 5 à 10 minutes de liberté de lecture. Gracieuseté de Voltaire.

George W. Bush devrait-il être arrêté à Calgary, en Alberta, et jugé pour crimes internationaux ?


De graves allégations criminelles planent autour de l’ex-président des États-Unis, George W. Bush, et de l’actuel président du Soudan, Omar al-Bashir. À la fin du mois de février 2009, il a été rapporté que la Cour pénale internationale basée à La Haye se prépare à émettre un mandat à l’encontre d’al-Bashir au sujet de sa culpabilité présumée à des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Alors que ces documents étaient en cours de préparation contre le chef de l’État du Soudan, l’ex-président Bush se préparait à lancer une série de conférences rémunérées débutant à Calgary, en Alberta (Canada) le 17 mars. La visite de Bush dans la capitale pétrolière de l’Alberta fait figure de test de la cohérence et de l’authenticité de la positon « sans équivoque » du gouvernement canadien, selon laquelle « le Canada n’est pas et ne deviendra pas un refuge sûr pour les personnes impliquées dans des crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou autres actes répréhensible. »

Le contraste entre les traitements accordés à Bush et à al-Bashir ont été mis en évidence quasiment par inadvertance, par Geoffrey York, un collègue avec qui je m’entretenais souvent quand nous étions tous les deux correspondants réguliers du quotidien Globe and Mail il y a presque 20 ans, sur les péripéties d’affaires autochtones du Manitoba qui, à maintes reprises, devinrent des sujets captant l’attention nationale. Dans son reportage sur les charges retenues contre al-Bashir, York écrivait : « Pour la première fois dans l’histoire, un tribunal pénal international s’apprête à émettre un mandat d’arrêt contre le chef d’un État, l’accusant d’orchestrer une campagne de meurtres, de tortures et de viols. » Le journaliste estimait que l’initiative de la CPI « serait saluée par beaucoup comme un signe que personne n’est au-dessus de la loi. »

Ce contraste frappant entre le traitement d’al-Bashir et celui de Bush sert à clarifier la division qui existe dans le monde entre des criminels (ou présumés tels) en deux grandes catégories, l’une constituée par une petite élite essentiellement au-dessus des lois et l’autre par des gens pas suffisamment riches ni assez influents pour s’affranchir de la force coercitive de la loi. Ce n’est pas sans ironie que je suis arrivé à cette conclusion. D’une part, la décision de la CPI d’engager des poursuites contre al-Bashir, ainsi que d’ouvrir un véritable procès contre le chef de guerre congolais Thomas Lubanga Dyilo en janvier 2009, sont les signes d’une transformation majeure de la CPI. Le tribunal n’est plus un simple porte-voix pour l’expression vide de nobles idéaux, mais plutôt un lieu de véritable engagement visant à assujettir la règle du meurtre, de la mutilation et de l’intimidation à l’autorité supérieure du droit.

D’autre part, en désignant par sa première action juridique la responsabilité de potentats locaux dans ces régions de l’Afrique qui souffrent, là même où souvent dominent les cartels des matières premières et leurs régimes clientélistes, la CPI a surtout souligné l’hypocrisie de l’Occident qui protège ses propres seigneurs et profiteurs de guerre au sein du complexe militaro-industriel de toute responsabilité juridique pour les actes de violence de ses agents : beaucoup de ceux qui régulièrement planifient, instiguent, financent, arment, facilitent et s’engagent dans cette exploitation appartiennent à ce que l’on appelle le secteur privé. En effet, le double standard promu par la CPI dans le choix de ses objectifs en matière de poursuites n’est que la répétition sur la scène internationale de la grande duplicité du système de justice pénale aux États-Unis.

Comme l’illustre crûment la proportion inéquitable et scandaleusement élevée de Noirs parqués dans les prisons privatisées de la superpuissance déclinante [1], les forces de l’ordre et la justice, de toute évidence, font montre d’efforts disproportionnés pour criminaliser les Afro-américains pauvres, en prenant soin d’exclure de leur attention les habitants des banlieues pavillonnaires à la peau claire et les enclaves plus rares encore de l’extrême richesse. Les autorités en charge de l’application du nouveau droit international se limiteront-elles à poursuivre les responsables de gangs dans le ghetto continental de l’Afrique tout en regardant ailleurs quand il s’agit de réseaux criminels plus globaux dont les sièges sont situés en Amérique du Nord, en Europe, en Israël, et, de plus en plus, en Chine, en Inde et en Russie.

Si la renommée d’Omar al-Bashir est loin d’être internationale, George Bush est l’un des hommes les plus connus dans le monde. En effet, tout au long des huit années de sa présidence désastreuse, Bush a réussi à se rendre odieux à l’ensemble de la planète. Il est largement détesté pour ses décisions politiques ainsi que pour l’assortiment de faucons bellicistes, de corsaires du capital, de propagandistes du mensonge, d’évangéliques fanatiques, d’usuriers, de dérangés défenseurs de la torture, et de généraux psychotiques qui formaient son proche entourage [2]. Une proportion importante de l’opinion publique mondiale voit cet homme discrédité comme l’incarnation de quelque chose de bien pire qu’un exécrable dirigeant. Ils considèrent le 43e président des États-Unis comme un individu grossier, irrespectueux des lois. En effet, beaucoup voient à juste titre Bush comme un déviant pathologique qui nourrissait le fantasme délirant que la puissance de sa fonction lui donnait tout pouvoir pour autoriser les forces armées de son pays et de compagnies de mercenaires privées à commettre massacres, disparitions et tortures les plus graves et d’une amplitude génocidaire.

Cette vision très populaire s’appuie sur un nombre croissant d’études juridiques d’universitaires qui utilisent des éléments de preuve déjà disponibles dans la sphère publique pour établir que George Bush et ses subalternes ont violé de nombreuses lois nationales et internationales, y compris les Conventions de Genève et les instances de l’ONU interdisant la torture. Philippe Sands, Francis Boyle [3]et le professeur Michael Mandel de l’Osgood Hall Law School, trois des juristes internationaux les plus actifs, ont démontré que George Bush et son cabinet de guerre avaient transgressé le droit international, à de très, très nombreuses reprises. De fait, la liste est longue des juristes qui cherchent à amener l’ex-président américain devant la justice. Avec son nouveau livre, The Prosecution of George W. Bush for Murder, Vincent Bugliosi, ancien procureur dans l’affaire Charles Manson, ajoute sa voix à la foule [4].

Compte tenu de la substance et de l’étendue de la documentation déjà assemblée pour inculper Bush et nombre de ses principaux lieutenants pour des crimes nationaux et internationaux, la capacité de l’ex-président à franchir les frontières internationales pour donner des discours dans des lieux comme Calgary est un indicateur du malaise juridique des organismes d’application de la loi. Le rôle de ces organismes est-il de protéger la propriété et le prestige des riches de l’incursion des marginalisés et des démunis ? La loi n’est-elle pas une simple vue de l’esprit si elle ne peut pas restreindre l’utilisation abusive de la violence aux fins d’enraciner les privilèges et d’intimider la dissension ? Les autorités de la Couronne au Canada ou le ministère public dans d’autres pays se lèveront-ils afin de démontrer leur respect pour la puissance de la loi et son application uniforme au président comme à l’indigent, aux colons comme aux autochtones, aux Blancs comme aux Noirs ? Comment pouvons-nous transcender les codes, souvent racistes, contenus dans la rhétorique de la loi et de l’ordre, et les élever aux normes requises par le respect de la primauté du droit ?

Donnera-t-on jamais sa chance à l’épanouissement de la vérité dans un procès qui verrait, non seulement Bush, mais aussi Richard Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Condoleezza Rice et d’autres rendre des comptes pour leurs décisions et leurs actions dans la conduite de guerres d’agression. En tant que principaux stratèges, les industriels de l’armement et du pétrole, les propriétaires de sociétés de mercenaires, et leurs lobbyistes et propagandistes, la plupart de ces individus ont contribué à édifier les plans de ce projet pour un nouveau siècle américain, c’est-à-dire la privatisation de notre économie basée sur la terreur et les fausses justifications pour les soi-disant « guerres préventives ». Un an avant le 11 Septembre, le PNAC annonçait le besoin « d’un nouveau Pearl Harbor », afin de produire le climat d’hystérie nécessaire à la réalisation des objectifs de ses sponsors. Le plus ambitieux d’entre tous était la création d’un prétexte pour prendre le contrôle des ressources pétrolières en Irak et dans tout le Moyen-Orient.

Imaginer le monde régi par le droit international

Depuis plusieurs générations, le principe a été établi que tous les peuples du monde et leur gouvernement doivent reconnaître l’intérêt commun de la compétence universelle lorsqu’il s’agit de traiter de la plus haute forme de criminalité. À son retour d’Afrique en 1890, George Washington Williams, un missionnaire noir des États-Unis, a contribué à établir la pensée légale dans cette direction. Comme Williams cherchait des mots assez évocateurs pour décrire les effroyables violations des droits de l’homme dont il avait été témoin dans l’État dit libre du Congo du roi Léopold, il trouva l’expression « crimes contre l’humanité ». En 1944, un juif polonais qui avait échappé à l’horreur nazie en Europe, s’appuya sur son expérience pour renforcer le vocabulaire de la criminalité internationale. Raphael Lemkin a inventé la notion de « génocide », afin de faire avancer le projet d’essayer de traiter des crimes si graves qu’ils compromettent la survie d’une partie de la famille humaine. Dans le monde entier, Lemkin a cherché à ce qu’il ne puisse y avoir d’immunité, ni de refuge, pour ceux qui sont impliqués dans l’élimination de groupes nationaux, ethniques, raciaux ou religieux ; mécanismes auxquels il ajoute aussi le génocide culturel. Lemkin a contribué à aider les délégations à l’Organisation des Nations Unies à établir, en 1948, la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Ce pilier fondamental du droit international n’a été adopté par les États-Unis qu’en 1989.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement états-unien a brièvement été perçu comme le principal champion du principe que ceux qui commettent les cas les plus élevés de criminalité internationale doivent être tenus responsables individuellement en tant que personnes. Cette brève convergence du pragmatisme et de l’idéalisme a été mise en œuvre dans les processus juridiques de Nuremberg et de Tokyo, où certains des dirigeants de l’Axe défait ont été jugés devant des tribunaux militaires internationaux. En décrivant ses objectifs au président états-unien Harry Truman, le procureur général du gouvernement des États-Unis à Nuremberg Robert Jackson, a expliqué que le moment était venu d’établir clairement « que la guerre d’agression est illégale et criminelle ». A son avis, une telle activité, y compris les campagnes « d’extermination, d’asservissement et de déportation de civils », constituaient des « crimes internationaux » pour laquelle « les individus sont responsables ». En présentant son argumentation devant les juges, Jackson a souligné l’importance d’aller au-delà de toutes les anciennes lignes de défense qui avaient fourni une « immunité pour pratiquement toutes les personnes impliquées dans les plus grands crimes contre l’humanité et la paix ». « Un aussi vaste domaine d’irresponsabilité » ne pourrait plus être « toléré » parce que « la civilisation moderne met des armes de destruction illimitées dans les mains des hommes. »

Le vocabulaire utilisé par les juges de Nuremberg dans la détermination de la peine des condamnés nazis souligne que « le fait de déclencher une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; il est le crime international suprême qui se distingue des autres crimes de guerre seulement en ce sens qu’il renferme tout le mal accumulé de l’ensemble. » Les attendus de Nuremberg ont été affinés et adoptés en 1950 par l’Organisation des Nations Unies comme principes qui incluent, précisément, la nature même des actes illégaux connus pour avoir eu lieu, par exemple, à Abou Ghraïb et à Guantanamo sous la présidence de George W. Bush. Les principes de Nuremberg divisent la criminalité internationale en trois catégories : les crimes contre la paix, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Un de ces principes stipule que : « le fait que l’auteur d’un crime international a agi en qualité de chef d’État ou de fonctionnaire ne dégage pas sa responsabilité en droit international. » [5].

Bien que la Cour pénale internationale soit un nouvel ajout récent à l’infrastructure juridique du droit pénal international, elle s’appuie sur des espoirs, des idéaux et des traditions qui ont de profondes racines dans beaucoup de sociétés en quête de justice. En dépit de tous ses problèmes et lacunes, la CPI est la meilleure expression d’une tentative visant à implémenter un grand nombre des proclamations les plus émouvantes de l’humanité annonçant l’égale dignité de chaque vie humaine telle que définie dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. La CPI a été créée à la suite d’une étude des Nations Unies pour devenir une véritable entité lors du Statut de Rome en 1998. Le tribunal a acquis une forme institutionnelle en 2002. Il compte actuellement 108 États membres, dont le Canada, avec 40 États supplémentaires en passe de ratifier le Statut de Rome.

Les gouvernements de la Russie, de l’Inde et de la Chine s’opposent à la cour. Le président Bill Clinton a signé le traité de Rome au nom de son gouvernement mais le président Bush a annulé la signature de son prédécesseur en 2002 dans le cadre de ses vastes et multiples efforts visant à exclure les États-Unis de plusieurs accords multilatéraux. La CPI demeure-t-elle le meilleur espoir pour l’avenir, ou le lamentable échec des États à ce jour pour défendre et faire respecter la primauté du droit international nous conduit-il à un stade où l’humanité doit essayer autre chose ? Sommes-nous arrivés à un point dans l’évolution de la communauté mondiale, où il devient envisageable, voire nécessaire, de commencer à mettre en place les structures d’une véritable juridiction dont les fonctionnaires appliqueraient leur compétence pour arbitrer et faire appliquer le droit pénal international par l’expression d’une certaine forme de citoyenneté partagée de l’humanité ?

Calgary et le Congo

Il y a beaucoup plus en jeu que ce que l’on discerne immédiatement de la décision de George Bush d’accepter une invitation à s’adresser à un parterre de chefs d’entreprise réunis à Calgary par la Chambre de Commerce locale. Selon David Taras, un professeur de sciences politiques à l’université de Calgary, il faut y voir une stratégie de l’ancien président des États-Unis pour entamer le processus de réhabilitation de son image auprès du public dans ce centre urbain « très conservateur et pro-américain ». Certains ont surnommé Calgary la « Houston du nord », un surnom qui ne rend pas compte du caractère réel de la ville. Calgary est en effet quasiment une colonie de Houston et de Dallas, économiquement et, dans une certaine mesure, politiquement et culturellement. Une forte proportion de ses habitants ont émigré du Texas ou ont des parents qui ont fait le voyage vers le nord depuis l’État de l’ancien gouverneur Bush. Calgary est la base politique et la circonscription du gouvernement minoritaire de l’actuel dirigeant du Canada, le Premier ministre Stephen Harper. En 2001, Harper et certains de ses proches conseillers de la province ont clairement affiché leurs positions pleines de préjugés quand ils ont préconisé la construction d’un « pare-feu » autour de l’Alberta afin de protéger ses ressources pétrolières et ses agences de l’autorité constitutionnelle du gouvernement national du Canada.

Au cours des huit dernières années, Harper a agi plus ou moins comme le principal détenteur de la marque de fabrique Bush dans sa gouvernance du Canada. En tant que leader de l’opposition, Harper a réprimandé le Premier ministre Jean Chrétien de ne pas engager les troupes canadiennes dans l’invasion anglo-US et l’occupation de l’Irak. Harper a travaillé en étroite collaboration avec l’ancien Premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, en s’opposant au protocole de Kyoto sur le changement climatique mondial. Les deux ont repris à leur compte le discours politique développé par la société de conseil et relations publiques, Burson-Marsteller. La branche de cette société à Calgary est la National Public Relations, dont les « chargés de communication verts » ont créé des organisations de façade, telles que la Canadian Coalition for Responsible Environmental Solutions.

David Frum a été l’un des zélateurs les plus frappants de l’axe idéologique qui relie l’Alberta aux idées et au staff de la Maison Blanche de Bush. Avant que Frum ne devienne l’un des principaux propagandistes de la « guerre contre la terreur » de George Bush [6] cette icône des néoconservateurs avait gagné ses galons en travaillant au magazine libertaire Alberta Report de l’évangéliste Ted Byfield. Frum est largement crédité à droite pour avoir contribué à renouveler la condamnation de « l’Empire du Mal » de Ronald Reagan, par l’élaboration de la formule « l’Axe du Mal ». George Bush la rendit célèbre en l’incluant à sa propagande de guerre d’agression dans son discours présidentiel sur l’État de l’Union en janvier 2002.

Par conséquent, de nombreuses forces de l’histoire convergent dans la manière dont Bush sera reçu par les fonctionnaires de l’immigration et du ministère de la Justice quand il atterrira à l’aéroport international de Calgary. Le 23 février 2009, une organisation portant le nom d’avocats contre la guerre a averti des fonctionnaires, y compris le Premier ministre Harper et le chef de l’opposition de Sa Gracieuse Majesté, que « George W. Bush, ancien président des États-Unis et commandant en chef des forces armées états-uniennes, est une personne soupçonnée de torture et autres violations flagrantes des droits humains, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, de manière crédible. » Se référant à des dispositions très précises de la loi sur l’immigration et de ses sections particulières relatives aux crimes contre l’humanité et crimes de guerre, les juristes ont précisé pourquoi Bush ne devrait pas être autorisé à entrer dans le pays. Ils continuent en expliquant que, si Bush est autorisé à pénétrer sur le territoire canadien, alors il devrait être arrêté par des agents de police canadiens. À l’appui de ces assertions, les juristes citent de nombreuses sources, y compris des éléments de preuve tiré d’un rapport interne de l’armée US terminé en juin 2008 par le général Antonio Taguba. Ils ont également cité certaines des conclusions rendues en février 2009 par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak. Ce responsable de l’ONU écrit : « Nous possédons tous les éléments de preuve qui établissent que les méthodes de torture utilisées dans les interrogatoires par le gouvernement des États-Unis ont été spécialement ordonnés par l’ancien ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld …. Il est évident que ces ordres ont été donnés en pleine connaissance par les plus hautes autorités des États-Unis. »

Il existe de nombreux aspects canadiens à la prolifération mondiale de la torture, aux restitutions extraordinaires, aux incarcérations injustifiées, aux refus d’une procédure régulière et à d’autres violations flagrantes des droits humains qui dans la plupart des cas impliquent, d’une manière ou d’une autre, la Maison-Blanche de George Bush. La gendarmerie royale du Canada, le ministère canadien des Affaires étrangères et le Service canadien du renseignement de sécurité sont impliqués avec l’ensemble des branches du gouvernement états-unien dans les événements qui ont conduit à l’emprisonnement et à la torture en Syrie des citoyens canadiens Maher Arar, Abdullah Almalki, Ahmed El-Maati et Muayyed Nureddin. La terreur d’État qui s’abattit sur ces personnes constitue une petite partie du régime de non droit transnational résultant de l’affirmation illégale du président des États-Unis de sa compétence juridictionnelle sur toute personne, partout dans le monde, qui serait désignée par le pouvoir exécutif des États-Unis comme combattant ennemi illégal. Ce terme de « combattant ennemi illégal » est une expression inventée par les conseillers de George Bush comme un dispositif linguistique permettant au gouvernement voyou des États-Unis de se soustraire à la juridiction de droit international ou même à sa propre législation.

Michael Keefer, de l’université de Guelph, a soigneusement étudié le zèle du gouvernement de Stephen Harper à reproduire la stratégie de George W. Bush pour amplifier le rôle de la sécurité nationale étatique en jouant jusqu’à l’hystérie la carte de la menace de l’existence supposée d’une cellule terroriste islamiste locale dans la région du Grand Toronto. Keefer a montré la façon dont la GRC a utilisé des « taupes » rétribuées qui reçurent plusieurs millions de dollars pour la fabrication d’un fiasco lorsque les « accusations se sont évaporées ». L’affaire a littéralement « implosé » après que la GRC eût créé les conditions politiques pour que le Premier ministre Harper puisse diffuser en 2006 la version canadienne des théories hallucinatoires de George Bush au sujet de la « haine » imaginaire que l’islam vouerait aux libertés occidentales. La débâcle fut sévère, mais probablement pas assez pour ne pas détruire les vies de jeunes gens traumatisés et ce bien qu’ils soient sortis libres du tribunal. Selon Keefer, cet épisode consistait essentiellement dans son ensemble en « une opération de propagande concoctée pour renforcer la frauduleuse opération de manipulation psychologique que constitue la guerre contre le terrorisme ayant suivi le 11-Septembre ».

Le rôle des gouvernements canadien et états-unien en tant que partenaires dans des violations flagrantes des droits de l’homme et du droit international est illustré de façon transparente dans le cas du citoyen canadien Omar Khadr [7]. Khadr était un enfant soldat de quinze ans en Afghanistan lorsque les forces américaines l’arrêtèrent après un incident violent au cours duquel le jeune garçon fut blessé deux fois. Peu de temps après cet épisode litigieux, Khadr fut transféré dans le tristement célèbre camp X-Ray de Guantanamo à Cuba. Le Premier ministre Stephen Harper a utilisé l’affaire pour affirmer publiquement sa volonté de subordonner la souveraineté du Canada à la culture de domination militaire de l’Amérique de George Bush. À la différence des dirigeants des autres pays occidentaux qui sont intervenus avec succès pour faire libérer leurs citoyens de Guantanamo, Harper s’est fait un point d’honneur de ne pas demander aux autorités américaines, le retour d’Omar Khadr dans son pays de naissance.

Le général canadien Roméo Dallaire, qui prit part à des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a fait des observations sur l’importance de l’affaire Omar Khadr comme une expérimentation par les gouvernements canadien et états-unien de décisions de ne pas respecter les lois internationales interdisant la poursuite des enfants soldats. Dallaire a écrit : « Nous permettons aux États-Unis de juger un enfant soldat canadien devant un tribunal militaire dont les procédures violent les principes fondamentaux de la justice. » Le général a fait état de « preuves irréfutables de malfaisances des États-Unis », d’« altérations » de preuves par des fonctionnaires, et de diverses formes d’abus à l’encontre d’Omar Khadr, y compris des menaces de « viol et de mort ». Dans l’affaire Omar Khadr, Dallaire accuse le gouvernement du Canada de se rendre complice d’« un affront aux droits de l’homme et au droit international. »

Le mépris de tous les principes reconnus du droit états-unien et international à Guantanamo Bay et à Abou Ghraïb seront presque certainement vus par les générations futures comme définissant des marqueurs de l’infamie des deux mandats de la présidence de George W. Bush. Un certain nombre de juristes militaires ont démissionné de leur poste à Guantanamo, dégoûtés, y compris le colonel Morris Davis, le procureur en chef. Un whistler blower (dénonciateur, NdT) plus récent est le lieutenant-colonel Darrel Vandeveld, ex-procureur. Comme rapporté dans le Globe and Mail, le 2 mars 2009, Vandeveld a condamné les « traitements sadiques », les « abus » et le « simulacre » de justice appliqué à Khadr et aux autres détenus dans le « désordre sans nom » de Guantanamo. C’est le « goulag de notre époque », a déclaré Amnesty International. « Je ne pouvais pas croire que les Américains pouvaient faire cela » a déclaré Vandeveld, en prévision de témoignage, qu’il pourrait très bien être appelé à donner devant un tribunal de droit national ou international.

La poursuite de la persécution dans un goulag états-unien d’un jeune homme appréhendé alors qu’il était un enfant soldat jette une ombre étrange et révélatrice sur la poursuite concomitante de l’inculpation de Thomas Lubanga Dyilo par la CPI à La Haye. Lubanga a été accusé de recruter et de déployer des enfants soldats dans l’Est du Congo. De nombreuses sociétés minières canadiennes et états-uniennes font parties, en bonne place, des sociétés occidentales (Amérique du Nord, Europe et Afrique du Sud) qui contribuent à alimenter les conflits où des enfants soldats sont régulièrement déployés. Les enfants soldats continuent d’être incorporés par ceux qui aux deux bouts de la chaine profitent des meurtres de masse et du chaos dans une zone qui a connu, de loin, le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale.

Grâce à leur position commune sur l’affaire Omar Khadr, George Bush et Stephen Harper n’ont-ils pas transgressé le même droit international que Lubanga est maintenant accusé d’avoir violé ? Alors que nous approchons de la fin de la première décennie du XXIe siècle, pourrait-il y avoir une preuve plus flagrante de l’anarchie cultivée au plus haut niveau de nos gouvernements ? Que reste-t-il à dire quand un ex-président états-unien, l’actuel Premier ministre canadien et un chef de guerre congolais peuvent tous les trois être accusés du même mépris pour les lois internationales interdisant le recrutement et la poursuite pénale des enfants soldats ?

Confronter les mensonges du 11 Septembre

Il n’est pas difficile d’imaginer les principaux arguments de la défense, si George W. Bush, Richard Cheney, Donald Rumsfeld et d’autres de leur sorte faisaient face à leurs accusateurs dans une cour de justice. La base de leur défense serait presque certainement à trouver dans leur affirmation que leur pays avait été attaqué en 2001 par un ennemi extérieur utilisant des tactiques tellement audacieuse et inattendue que les terroristes islamiques ont réussi à prendre par surprise l’ensemble du complexe militaro-industriel, ainsi que l’énorme machinerie de la sécurité nationale. A partir de là, les avocats de la défense soutiendraient que les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, ainsi que toutes les autres actions, y compris celles qui ont eu lieu dans la baie de Guantanamo et à Abou Ghraïb, ne peuvent être interprétées comme les éléments d’une guerre d’agression. Elles ne devraient pas être considérées comme faisant partie d’un plan coordonné d’agression militaire dont les juges de Nuremberg ont statué il y a longtemps qu’il constitue « le crime international suprême qui se distingue des autres crimes de guerre seulement en ce sens qu’il renferme tout le mal accumulé de l’ensemble. »

Suite à cette argumentation, les avocats de la défense affirmeraient que tout ce qui s’est produit lors de la guerre (juste et civilisée) contre le terrorisme ne doit pas être interprété comme une guerre d’agression. Au contraire, ces actions devraient être considérées comme une forme d’auto-défense nécessaire, ou, peut-être comme des actions préventives entreprises par précaution avec l’espoir de sauver les civils innocents de la menace violente des extrémistes islamistes. Que nous en soyons conscients ou pas, nous sommes tous continuellement bombardés du message que nous avons de bonnes raisons de craindre la sauvagerie des terroristes, un message soigneusement élaboré par les praticiens de ce qu’on appelle « la gestion des perceptions » pour jeter une suspicion constante sur l’ensemble du monde arabe et musulman. En effet, la mythologie populaire de la guerre contre le terrorisme forme l’élément essentiel sur lequel se fonde l’économie de la terreur qui a alimenté la croissance de l’énorme complexe militaro-industriel tout au long de la présidence des Etats-Unis de George W. Bush. Le vieil ennemi du temps de la Guerre froide n’existant plus, un nouvel ennemi était nécessaire. Des entreprises telles que Blackwater, la société de mercenaires d’Eric Prince, ont été en mesure de prospérer dans le même moule privatisé comme ce fut le cas pendant la guerre sainte (ou djihad) capitaliste contre « l’Empire du Mal » soviétique.

En contre-interrogatoire des témoignages citant le 11-Septembre comme la principale justification des mesures qui ont été prises au nom de la guerre contre la terreur, un procureur pourrait affronter Bush et les autres de la manière suivante. Il ou elle pourrait citer à comparaître certains responsables US, dont la négligence et/ou l’incompétence supposées ont conduit à l’échec qui a permis aux terroristes d’atteindre leurs objectifs pourtant bien protégés. Le procureur pourrait demander des éclaircissements sur ce qui s’est passé à ces fonctionnaires dont les malversations et les erreurs ont causé des défaillances sans précédent, par exemple, ceux en charge du renseignement, du contre-espionnage, de la sécurité dans les aéroports, de la défense aérienne et de l’application des lois sur l’immigration. Savoir si tous les fonctionnaires incompétents furent virés ? Si certains ont été réprimandés ? Si quelqu’un avait démissionné ? L’accusé répondrait « Non ». Le procureur demanderait alors : « Pourquoi donc ? »

Si les meurtres de masse et la destruction occasionnés le 11/9 sont imputables à un échec massif de la sécurité nationale, pourquoi personne n’a-t-il assumé la responsabilité ou été tenu pour responsable d’éléments précis de ce prétendu échec ? Et quid de la propre responsabilité de George W. Bush dans la débâcle ? Pourquoi le Président lui-même n’a-t-il pas immédiatement pris en charge la crise en allant à Washington au lieu de fuir au fin fond de l’Amérique dans son avion Air Force One, laissant Richard Cheney, l’ancien PDG de Halliburton, en charge des opérations dans le bunker sous la Maison-Blanche au cours de la fatidique journée du 11 septembre 2001 ?

Les manquements les plus graves concernant les événements du 11/9 ne sont pas le fait des agences de renseignement des États-Unis, des services de sécurité des aéroports, du NORAD, etc. Au contraire, l’incapacité la plus profonde et la plus sombre à nous protéger de ces ennemis qui nous menace le plus est à chercher du côté des journalistes, des grands médias, des professeurs et des universités qui les (nous) emploient. C’est nous qui avons, dans la très grande majorité des cas, choisi de renoncer à notre scepticisme et, avec lui, à notre éthique professionnelle ainsi qu’à nos responsabilités. Dans l’ensemble, notre classe et notre caste continuent à répondre aux événements du 11-Septembre d’une manière expéditive plutôt que rationnelle. Comme je le vois, par conséquent, il s’agit d’une trahison en masse des intellectuels, qui constitue le plus important résultat sous-jacent de la poursuite de la fraude connue sous le nom de « guerre contre le terrorisme ». La guerre contre la terreur continue à être produite, promue et vendue au public dans la plus agressive campagne de guerre psychologique jamais entreprise. Combien d’entre nous se font complices de cette noire machination par leur silence, le facteur principal qui permet la continuation de guerres d’agression justifiées au nom de la théorie officielle du complot du 11-Septembre, aussi infondée que dépourvue de preuves ?

Ce n’est pas mon intention, ici et maintenant, de déconstruire les mensonges et les crimes de la Maison Blanche de Bush ou, plus récemment, de la dissimulation par le Président Obama des éléments clés sur la vérité de ce qui s’est passé le matin du 11 septembre 2001. Je me suis d’ailleurs essayé à une telle déconstruction, mais pas de manière aussi exhaustive, experte et professionnelle que d’autres ont pu le faire. Je pourrais citer des dizaines, voire des centaines, de solides contributions scientifiques visant à rassembler des preuves spécifiques examinant par le menu et en grand détail ce qui s’est probablement et certainement passé, ainsi que ce qui n’a absolument pas eu lieu, ce matin lumineux de la fin de l’été 2001. Ces nombreuses contributions sont en grande partie dans le domaine public et sont facilement accessibles à l’ère de Google et de You Tube.

Alors que nombreux sont ceux qui ont déplacé les repères dans la compréhension de ceux qui sont engagés dans la quête de vérité, la contribution d’un universitaire en particulier, se distingue par la remarquable combinaison de sa portée, de sa précision et de son attention aux détails. Je crois que je parle pour beaucoup de collègues qui dans un large consensus s’accordent sur le fait que le professeur de théologie David Ray Griffin a plus que gagné le titre de doyen de ce que l’on appelle le « 9/11 Truth mouvement » [8]. Je mets au défi quiconque de lire une partie de la petite bibliothèque de livres et d’articles qu’il a écrits sur les divers aspects du 11 Septembre et de ne pas développer un mépris total pour la version officielle du complot. Compte tenu de ce que Griffin et d’autres ont déjà publié, il ne subsiste pas la moindre crédibilité à l’idée que la frappe sur le Pentagone et la pulvérisation des trois tours à structure d’acier du World Trade Center ont été causés par une poignée de Saoudiens seulement armés de cutters, disposant d’une formation sommaire au pilotage et d’un intense zèle djihadiste.

Récemment, est née la branche la plus professionnelle des sceptiques du 11-Septembre qui est le fait de l’infatigable Richard Gage, fondateur de l’association « Architects and Engineers for 9/11 Truth » forte de 600 membres (architectes et ingénieurs). Gage en réunissant une grande masse d’études techniques et en la vulgarisant, a établi au-delà du doute raisonnable que les tours aux puissantes structures en acier ne se sont pas écroulées du fait des crashes des avions de ligne, des incendies de kérosène et de la gravité, mais à cause de démolitions contrôlées. Toutes les trois se sont effondrées sur leur empreinte, peu ou prou à la vitesse de la chute libre.

Tout aussi récemment, j’ai étudié attentivement la profonde et abondante érudition affichée dans le livre du Canadien Peter Dale Scott, The Road to 9/11 : Wealth Empire and the Future of America [9]. Cet ouvrage, évalué par ses pairs, est publié par University of California Press située à Berkeley. Scott s’appuie sur des décennies d’enquête sur le fonctionnement interconnecté des compagnies pétrolières, des cartels de la drogue, des opérations de contre-espionnage, des banques et de la politique, et son volume met en évidence une collaboration aussi étroite que longue entre Dick Cheney et Donald Rumsfeld, laquelle culmine avec leurs apparitions et disparitions étranges dans les jours qui ont précédé et suivi le 11/9. Comme les travaux de Nafeez Mosaddeq Ahmed [10], le livre de Scott présente beaucoup d’éléments de preuve qui démontrent que le croquemitaine d’al-Qaïda a été impliqué de l’intérieur dans le fonctionnement de la sécurité nationale US, et ce dès son incorporation dans les moudjahidine parrainés par le duo CIA-ISI. Commençant comme des acteurs clés dans les opérations financières de la défunte Banque de crédit et de commerce international (BCCI) fondée à Lahore, les personnages destinés à assumer leurs rôles au sein d’al-Qaïda ont contribué à faire avancer le processus de transformation du terrorisme en une entreprise et en une opportunité politique pour les nombreux marchands de peur. Je recommande en particulier le chapitre 10 du livre de Scott, intitulé « Al-Qaïda et les élites états-uniennes ». Les sous-parties de ce chapitre comprennent des expressions comme « Les agents des États-Unis, les compagnies pétrolières et al-Qaïda », « Les États-Unis et al-Qaïda en Azerbaïdjan », « Unocal, les Taliban et ben Laden en Afghanistan », « Al-Qaïda, l’Armée de libération du Kosovo et le pipeline transbalkanique »,« Al-Qaïda et le complexe pétrolier, militaire et financier ».

Je pourrais terminer par un plaidoyer en faveur d’une enquête parlementaire au Canada sur la véracité de l’interprétation du 11-Septembre, qui continue de mettre en danger la vie de nos soldats en Afghanistan. Je pourrais terminer en soulignant l’échec journalistique de la CBC (Canadian Broadcasting Corporation, la radio nationale, NdT) ou la propagande pour les guerres d’agression qui a proliféré en particulier dans les médias commerciaux. Comme l’a révélé l’enquête sur la CIA de l’après-Watergate, des « agents » recrutés dans les grands médias ont longtemps été utilisés par des organismes de la sécurité nationale (de l’État) afin de propager des campagnes de désinformation dont le but véritable est de booster les affaires de gens comme la famille Bush, une dynastie de profiteurs de guerre. Je pourrais illustrer certains de mes arguments en pointant vers les sites ridicules de Can West Global, et surtout celui du Nation Post. Je citerai seulement le titre d’un article où des bloggeurs anonymes se voient attribué beaucoup d’espace dans ce journal pour attaquer mon travail. Que font les rédacteurs de ce journal quand ils titrent « S’attaquer aux théoriciens du complot du 11-Septembre » sinon défendre le mythe de la guerre contre le terrorisme en occultant tout débat ?

Nombreuses sont les façons dont je pourrais conclure, mais je choisis en fait de terminer ce texte avec quelques réflexions sur George Bush, le droit international et le livre remarquablement bien accueilli de Naomi Klein intitulé La Stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre [11]. À travers le prisme de son interprétation keynésienne, Klein observe de nombreux pays au cours des dernières décennies. Pour ce faire, elle présente par exemple l’argument très convaincant que les modestes programmes de redistribution qui avaient été incorporées aux économies nationales et à l’économie mondiale en général n’ont pas survécu aux incursions du « capitalisme du désastre ». Nos relations matérielles ont été soumises aux chocs répétés de l’hyper privatisation pendant les périodes où nous avons été les plus vulnérables aux effets désorientant de traumatismes manufacturés ou induits naturellement.

Comme l’auteur le reconnaît dans son livre, les événements du 11 Septembre constituent l’exemple type de sa thèse centrale. Le choc des images de l’effondrement des tours a créé le prétexte pour l’invasion de l’Irak et la hâte du régime de Bush pour exploiter ce que Klein appelle le « marché du terrorisme ». L’Irak devait être un prototype pour démontrer que « le boulot de l’État n’est pas de fournir la sécurité, mais de l’acheter au prix du marché ». En outre, la violence en Irak a aidé à stimuler la culture de la peur et de la haine en Amérique du Nord qui renforce la montée de ce que Klein nomme « l’industrie de la sécurité de la patrie ».

Comme la plupart des auteurs qui écrivent sur la guerre contre le terrorisme, Klein aborde les attentats du 11 Septembre du bout de l’orteil pour arriver indemnes sur un terrain professionnel plus sûr. Pour elle, cette zone plus sûre consiste à documenter la façon dont Bush, Cheney, Rumsfeld, Paul Bremer, et les autres architectes et ingénieurs de la privatisation de l’économie de la terreur ont exploité le 11 Septembre pour faire progresser leur ordre du jour politique. Mais éludant quasiment le sujet de ce qui s’est réellement passé le jour du Grand Choc, Klein s’incline devant le mantra « des échecs de la sécurité le 11-Septembre ». Klein emmène alors ses lecteurs dans sa très originale et importante analyse économique de l’Irak, le « Ground Zero » de la guerre contre le terrorisme.

Je crois comprendre la décision journalistique de Naomi. Je considère cela comme un compromis nécessaire, si elle voulait conserver un espoir de faire connaître son très utile travail sur les médias au Canada et aux États-Unis ainsi qu’auprès de jeunes militants dans le monde entier. Mais je pense que Klein est trop bien informée pour ne pas être méfiante de l’alibi de « l’échec de la sécurité » avancé par le régime Bush. Si mon intuition est vraie, que faut-il dire au sujet de la gravité du climat de paranoïa si même Naomi Klein s’autocensure, plutôt que de prendre le risque de rejoindre les groupes marginalisés « des théoriciens du complot » ? L’adhésion de Klein à des tabous sur le 11 Septembre est-elle similaire à celle de Noam Chomsky et des producteurs de médias sinon progressistes, comme par exemple, ZMag, The Nation, et Democracy Now ? Ou Barrie Zwicker a-t-il raison quand il affirme que des forces malveillantes sont à l’œuvre pour répéter dans le contexte de la soi-disant guerre contre le terrorisme, les techniques de désinformation et de guerre psychologique qui avaient cours pendant la Guerre froide ?

La rhétorique du discours d’espoir et de changement du Président Obama ne transcendera pas les discours de haine et les crimes de haine qui continueront à se multiplier aussi longtemps que le public détournera son regard de la vérité sur l’événement dont le contenu a été déformé pour justifier les crimes internationaux qui continuent à être perpétrées au nom de la guerre contre le terrorisme. Tant que cette fraude n’est pas exposée (reconnue), l’obscénité continuera probablement et George Bush franchira les frontières internationales pour donner des discours grassement rémunérés. Néanmoins, nous nous efforcerons de faire ce que nous pouvons le 17 mars en faisant de la visite de l’ancien président américain à Calgary un test pour savoir si nous sommes gouvernés par la règle du droit ou par la règle de la désinformation, du copinage et de la puissance militaire.


Anthony J. Hall,

Professeur d’études sur la mondialisation à l’université de Lethbridge (Canada)

[1] « Les USA d’Obama : actuellement 1 noir sur 11, incarcéré ou en probation », Réseau Voltaire, 7 mars 2009.

[2] « Les 52 plus dangereux dignitaires américains. Le jeu de cartes du régime Bush », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er mai 2003.

[3] Lire Guerre biologique et terrorisme, par Francis A. Boyle, éditions Demi-lune, disponible sur la librairie du Réseau Voltaire.

[4] The Prosecution of George W. Bush for Murder, par Vincent Bugliosi, Vanguard Press, 2008, 352 pp.

[5] Les jugements des tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo exclurent eux aussi l’impunité des dirigeants : dans son arrêt du 1er octobre 1946, le tribunal de Nuremberg, a souligné que « la protection que le droit international assure aux représentants de l’État ne saurait s’appliquer à des actes criminels. Les auteurs de ces actes ne peuvent invoquer leur qualité officielle pour se soustraire à la procédure normale et se mettre à l’abri du châtiment ».

[6] « Le programme des faucons pour 2004 », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire.

[7] « Omar Khadr sera jugé, mais pas libéré », Réseau Voltaire, 27 septembre 2007.

[8] Voir les articles et les livres de David Ray Griffin sur Réseau Voltaire.

[9] The Road to 9/11 : Wealth, Empire, and the Future of America, par Peter Dale Scott, University of California Press, 2007, 432 pp.

[10] La Guerre contre la vérité, par Nafeez Mosaddeq Ahmed, éditions Demi-lune, 512 pp. Disponible sur la librairie du Réseau Voltaire.

[11] La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre, par Naomi Klein, version française Actes Sud, 2008, 669 pp.


Source (Voltaire): http://www.voltairenet.org/article159241.html


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Anti-syndicalisme

Posted by sylvainguillemette sur 11 février, 2009


https://i0.wp.com/www.patrickmorin.com/sections/photos_sections/2004/entreprise1.jpg

Cher lectorat, j’ai attendu de me trouver un emploi avant d’écrire cet article, de peur que cela puisse jouer un rôle sur ma quête, sachant très bien que parfois, les bourgeois communiquent entre eux ou se prennent en exemples.

En Janvier dernier, lorsque prit fin ma prestation d’indemnités d’accidenté du travail, je me suis rué vers les employeurs, quitte à me taper des boulots médiocres et précaires, car comme tout le monde, j’avais ces comptes qui ne cessaient d’arriver à ma boîte aux lettres. Les créanciers, eux, n’avaient pas pris en considération le mercenariat de la Commission des Santé et Sécurité du Québec et alors, je devais  urger à me trouver un emploi.

Dans le journal de quartier, en Janvier, il n’y avait qu’une dizaine d’emplois, lesquels étaient de plus très mal rémunérés, compte tenu du peu d’éducation que j’avais à mon actif –Ah! Les erreurs de la jeunesse! Il n’est heureusement pas trop tard!-. Arrivant sur l’annonce de Patrick Morin, où un emploi près de chez moi (2 ou 3 kilomètres) était disponible, je m’interroge… «Suis-je capable d’effectuer ce travail avec mes limitations fonctionnelles? Serai-je assez patient pour me retaper ce genre de boulot, avec lequel j’étais familier par expérience?» J’ai alors décidé d’aller tenter ma chance! C’était de toute façon, ça ou l’aide sociale –remboursable*-!

Arrive au rendez-vous fixé, toujours 15 minutes d’avance -une bonne vieille habitude-, je demande à voir monsieur Gagnon, du prénom Jocelyn. On me dit alors de patienter un instant…

J’attends, j’attends, je regarde les trucs à vendre, l’emplacement des outils, des matériaux –afin de me familiariser, déjà, avec ce magasin en cas d’embauche-, il arrive…….

Tout débute par la fameuse poignée de main, toute une poignée d’ailleurs! Il me fait signe de le suivre, j’exécute sans broncher et poliment. Nous arrivons alors dans son bureau, où git un servile au motif facial commun –le semblant de barbe qui ressemble plus à un projet étudiant qu’autre chose…-, je lui tends la main, il acquiesce (Je ne me rappelle pas son nom). C’est alors que débute l’entrevue.

Tout d’abord, on me questionne sur mes expériences d’antan, on me demande bien sûr, si j’ai des antécédents judiciaires. Toujours à la négative, je réponds aux questions. Mais alors, vient une question à laquelle je ne m’attendais pas… «Qu’est-ce que tu penses des syndicats?**». Je lui réponds faussement, car je veux l’emploi! «Euh…., des fois c’est indispensable, d’autres fois c’est abusif…» Ouf! Il me répond tout aussi faussement, puisque je n’ai pas eu de retour d’appel, que c’est LA bonne réponse. Il dit ensuite à la volée «Les syndicats, ça finit toujours par vouloir mener la «shop» et ici, c’est familial!» me dit-il.***

Ensuite, plus loin dans l’entrevue, alors que nous parlons de la ville (Laval, où j’habitais jadis…), il parle du nord de Montréal en disant «Montréal-nwoère», comme le patent raciste qu’il semble être. Et tout ce que son automate servile peut afficher, c’est un sourire de solidarité, comme quoi même les pires réactionnaires savent être «solidaires» quand c’est le temps!

Bref, c’est je l’espère, la dernière fois que j’aurai à discuter avec un notoire raciste anti-syndicaliste.

Il est en passant illégal de questionner ses employés sur les questions syndicales, il s’agissait donc là d’une sélection illégale des candidats, puisque nous avons strictement le droit de nous syndiquer au Québec. Ce genre de méthode ne m’étonne guère, mais il devient compréhensif que le syndicalisme ait stagné au Québec dans les 40%, se limitant aux sociétés d’État et à quelques groupes plus combatifs de prolétaires au Québec.

Honte à Patrick Morin pour ses pratiques anti-syndicales et son embauche de gérants racistes!

*Et oui! Puisque ma conjointe gagne un salaire et qu’elle touche aujourd’hui une indemnité de remplacement à cause de sa grossesse, l’aide financière sociale doit être remboursée! Alors ça ou un prêt à la banque!?!

**Et oui! On me tu-toi! La politesse est donc à sens-unique! Je passe par-dessus en utilisant toujours le «VOUS».

*** Ce gros bêta vient de comprendre le but des syndicats! Car c’est effectivement le but ultime des syndicats, un but beaucoup plus important que les simples gains gagnés. Le but est de donner aux ouvriers les mêmes titres que les bourgeois, que ce soit sur le plan de la gestion ou des connaissances au domaine précis et visé. Ça lui a donc pris une bonne quarantaine d’années avant de comprendre le stratagème. Il était temps!

(Patrick Morin est une chaîne de centres de rénovation dans Lanaudière, que l’on retrouve aux 4 coins de cette région. La famille Morin n’est autre chose qu’une bourgeoisie régionale.)

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Plainte contre Amir pour des souliers !

Posted by Libertad ! sur 28 décembre, 2008

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Un enseignant du cégep de Ste-Foy aurait porté plainte au président de l’Assemblée nationale contre Amir Khadir pour son lancer de souliers sur une image de Georges W. Bush. En effet, Gilbert Gagnon affirme qu’il n’aime pas Bush, mais que le geste n’est pas « acceptable » venant d’un député et qu’il risque d’inciter à la violence. Il souhaite que l’Assemblée Nationale impose des sanctions contre le député solidaire de Mercier.

Pour avoir été présent lors de cette manif, il y avait eu une bonne participation des manifestants malgré un temps très froid. Amir à dit s’attaquer à un symbole et non pas à un homme directement. En descendant dans la rue avec les jeunes militants, Amir à montré qu’il était un homme du peuple et non pas un de ces politiciens bourgeois qui tente de nous vendre un programme de coupures des dépenses en santé et en éducation dans une maison cossue de Westmount ou du 28e étage d’un tour à bureau.

Il s’agissait d’une action originale et amusante et Amir avait tout le droit d’être là. C’est un homme de conviction, et espérons qu’il puisse continuer d’être présent dans les manifs des années à venir.

Pour ce qui est du plaignant, ça doit être simplement un adéquiste frustré par la déconfiture du parti populiste aux dernières élections et qui souhaite maintenant s’en prendre à l’opposé même de Mario Dumont : Amir Khadir. Il est fort probable au final qu’il n’ait jeté qu’un coup d’épée dans l’eau et que cette plainte sera rejetée.

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Le keffieh : symbole de lutte ou mode ?

Posted by Libertad ! sur 24 avril, 2008

Le keffieh est l’un des symboles de la lutte palestinienne depuis le soulèvement anti-Britannique en Palestine en 1936 mené par Izz al-Din al-Qassam. Les palestiniens se servaient de ce voile, portée traditionnellement par les paysans et les bédouins, pour se cacher le visage lors des combats contre les troupes militaires anglaises. Alors repérés, ceux qui portaient le keffieh étaient vus comme les opposants au régime britannique. Le symbole de la résistance palestinienne était né !

Le symbole fut repris par de nombreux palestiniens, qui peuvent affichent leur affiliation politique avec celui-ci. Par exemple, les palestiniens communistes peuvent porter un keffieh rouge, les islamistes un keffieh vert. Yasser Arafat en portait un, tout comme d’autres dirigeants de l’OLP. Les supporters de la cause palestinienne ont rapidement adoptés ce foulard, qu’ils portent dans les manifestations ou dans des activités de solidarité avec les peuples en lutte du Moyen-Orient.

Ce voile, généralement à carreaux blanc-noirs est soit mis autour du cou ou sur la tête. Il peut être aussi enroulé autour de la tête, pour qu’on ne puisse y voir que les yeux.

Par contre, le keffieh fait l’objet d’une mode douteuse parmi les jeunes entre 12 et 25 ans. Depuis près d’un an, les jeunes se baladent avec leur keffieh autour du cou, acheté soit chez Simmons ou encore dans une boutique quelconque du centre d’achat de quartier.

C’est en leur parlant qu’on se rend compte qu’ils ne connaissent même pas la signification ni la valeur de ce symbole. Ça serait déjà mieux qu’ils connaissent un peu l’histoire de la Palestine et ce qui s’y passe actuellement avant d’acheter ce foulard parfois teints aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Le foulard palestinien n’est qu’un prolongement de la reprise des symboles militants et révolutionnaires comme objets de mode pour les multinationales du vêtement. À un moment donné, ça ne donne plus le goût de porter son chandail de Che ou avec la faucille et le marteau quand on se rend compte que plein de gens vont porter le même, sans qu’ils sachent de quoi il s’agit réellement.

Ce billet n’est pas pour dire de cesser de porter un keffieh, bien au contraire ! Seulement, dites à vos amiEs qu’il s’agit d’un symbole palestinien. Parlez-leur de la colonisation illégale des territoires occupés et des soi-disant «frappes chirurgicales» de l’aviation israélienne qui tuent femmes et enfants dans la bande de Gaza. Aussi, essayez d’être solidaire lors de votre achat. Il est préférable d’acheter un keffieh chez des collectifs ou groupes qui se financent par la vente de ces produits, pas dans un riche magasin de vêtement.

Antho, Texte d’opinion

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Phoque alors !

Posted by Libertad ! sur 1 avril, 2008

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Comme à chaque année, les associations pour les droits des animaux se font une joie de faire leur campagne contre la chasse aux phoques. Ils traitent ces chasseurs (généralement des pêcheurs pauvres) de  »monstre sanguinaire », de  »meurtrier » et  »d’assoifés de sang ».

Est-ce que j’aurai fait un virage à droite tout d’un coup ? Jamais de la vie ! C’est simplement pour dénoncer certains groupes de personnes qui profitent amplement de cette chasse pour nous vendre leur salade, pas toujours fraîche…

Tout comme les ONG réformistes financés à même les fonds gouvernementaux, qui impliquent dans l’essentiel des gens de la petite-bourgeoisie, le lobby opposé à la chasse aux phoques sert tout autant les intérêts d’un certain groupe de gens.

En apprenant la mort de 4 chasseurs de phoques, je me suis dit que c’était triste, car après tout, ce sont des travailleurs qui ne veulent que gagner leur vie. Des pères de famille, mais également des fils, qui sont morts noyés. Par contre, je me disais bien que ceux qui s’opposent à la chasse aux phoques allaient se réjouir. Tout premièrement, les réactions sur certains sites et forums, mais aussi des gens que je connais personnellement…

Ils se disent que c’est une bonne chose qu’ils soient morts, que la nature à fait son boulot ! Ridicule. Ces gens ne comprennent aucunement la réalité de classe derrière ça. Les pêcheurs sont de la classe ouvrière, ils ne font que travailler pour faire vivre leur famille, rien de plus. Tandis qu’eux, ils viennent de familles plus aisées que la moyenne.

Pour ces gens, l’important, ce n’est pas l’humain, mais les animaux ! Est-ce que vous voyez la logique derrière ça ? Quand des gens de la PETA disent préférer les animaux aux humains, on peut se dire qu’il y a un problème. Également, à noter, le fait que des groupes d’opposition qui louent des hélicoptères et qui les utilisent pour filmer les  »massacres ».

Dites-moi, qui aurait les moyens de payer des hélicoptères, les services de pilotes et de longues heures d’utilisations dans des conditions défavorables ? Disons que ce n’est pas dans les moyens financiers de la grande majorité des organisations militantes au Québec ! 

Avant de me traiter de  »sanguinaire » moi-aussi, lisez ce qui suit :

Les phoques ne sont aucunement une espèce en voie d’extinction, contrairement à la morue. Les populations de phoques auraient mêmes triplés depuis 1970. Ils menacent même les bancs de morues. La chasse aux phoques n’est pas préjudiciable à l’environnement, plusieurs groupes écologistes approuvant cette pratique jusqu’à un certain niveau.

Par contre, les méthodes de chasse peuvent être questionnés, tout comme certains produits dérivés du phoque. Ce sont ultimement les riches qui vont s’en mettre plein les poches lorsque cette fourrure va être vendue. Si les groupes animalistes mettent l’emphase sur certains produits, ils oublient trop souvent par contre que les populations inuits du grand-nord canadien chassent le phoque depuis des siècles pour sa viande, sa fourrure et son huile, et ce, dans un but aucunement commercial.

Il devrait être légitime de douter de cette  »cause » que s’est donné les millionnaires de l’industrie du divertissement. Que ce soit la vieille raciste de Brigitte Bardot ou encore Paul McCartney, qui sont les premiers à pleurer sur une banquise pour des phoques, des milliers de personnes meurts chaque année à cause des famines, des mauvaises condition d’hygiène, des catastrophes, du manque d’eau et des guerres.

Est-ce qu’ils ne devraient pas trouver meilleure cause et aider plutôt l’humain, ou n’est-ce qu’un vulgaire animal destiné à disparaître comme le dit si bien certains animalistes ?

Antho

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Anarcho-communiste, pourquoi ?

Posted by Olivia sur 30 mars, 2008

 

 Certaines personnes sur ce site ont l’habitude d’associer l’anarchisme au totalitarisme. Étant la seule libertaire au sein de l’équipe de rédaction, j’ai donc décidé d’écrire ce texte afin de remettre les pendules à l’heure.
 
Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander les autres
 
Cette citation de Denis Diderot illustre parfaitement l’un des principes anarchistes les plus fondamental: l’anti-autoritarisme. Les anarchistes n’appuient pas les régimes communistes dictatoriaux à parti unique; comme par exemple ceux qui furent mis en place en U.R.S.S. et en Chine. Cette opposition vient du fait que ceux-ci sont opposés à l’État. Dans la conception anarchiste, il n’y a pas d’État. Celui-ci est perçu comme un oppresseur servant à asservir les masses, dans l’intérêt de la minorité possédant les ressources financières et les moyens de production.
 
Personnellement, je crois que les hommes et les femmes vivant sur notre planète pourraient mener leurs vies sans la structure oppressive que représente le gouvernement. Il est même totalement absurde de prétendre le contraire. Je vous pose la question: avez-vous réellement besoin d’un gardien au-dessus de vos têtes ? Ne seriez-vous pas capable de mener vos vies comme vous le voulez vraiment ?
 
Les libertaires sont des anti-autoritaires car ils sont de fervents amoureux de la liberté. Et je ne parle pas ici de la supposée «liberté» dont nous jouissons. Ok, nous ne vivons pas dans une dictature (à part celle du capital, bien sûr). Mais reste que nous ne sommes pas libres. Je ne parle pas ici de la liberté économique. La liberté telle que je la vois, en serait une pour les hommes, les femmes et les enfants. Une liberté sans frontières.

J’arrive ici à un autre point de ma conception politique communiste libertaire: l’internationalisme et l’anti-nationalisme. J’ai été souverainiste pendant six ans, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Un slogan qui résume bien l’esprit de cette position politique est en un de la NEFAC: Ni patrie, ni État, ni Québec ni Canada !

Je ne m’étendrais pas longtemps là-dessus, mais je considère que les nations sont en fait des prisons pour les masses opprimées et qu’un ouvrier québécois a plus de points en commun avec un ouvrier anglo-canadien ou bien un ouvrier chilien, qu’avec un sale bourgeois québécois. La « liberté » d’une nation serait artificielle pour les prolétaires du Québec. Qu’est-ce que ça changerait à leur existence ? Qu’est-ce que ça leur donnerait que le Québec ait un siège à l’ONU ou bien à l’OMC ? Il m’apparaît pourtant clair qu’on ne résout pas une question sociale, avec une solution nationale. La bourgeoisie est le véritable ennemi à abattre, quelle que soit sa couleur, sa religion ou sa langue. La cause des inégalités économiques et sociales au Québec est le capitalisme….pas le drapeau canadien !

Avant de conclure, un petit mot sur le pourquoi que je suis anarcho-communiste, au lieu d’être tout simplement anarchiste. En plus d’être une fervente amoureuse de la liberté, je suis aussi pour l’égalité. Je considère que ces deux concepts sont essentiels. Il est tout à fait insensé que sur notre planète actuellement, que les êtres humains ne soient pas tous égaux. Que nous ne partons pas tous au même stade lorsque nous naissons. Chaque personne devrait avoir un niveau de vie décent. Ce qui est loin d’être le cas présentement.

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Opinion : le renouveau pédagogique

Posted by Libertad ! sur 3 février, 2008

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Depuis quelques années, le gouvernement à enclencher la controversée réforme nommée « le renouveau pédagogique ». L’intention était louable : aider les jeunes en difficultés, consacrer plus d’heures aux matières principales dont le français et l’anglais et adapter davantage les cours aux nouvelles réalités des élèves. Par contre, ce n’est pas ce qui se passe en ce moment.

On en parle régulièrement dans les médias, la réforme fait rager les parents et les enseignants. Tout premièrement, il y a le fait que l’on laisse de côté l’apprentissage des connaissances pour s’intéresser davantage à l’acquisition de «compétences», que les élèves vont découvrir eux-mêmes. Déjà en partant, cela pénalise grandement les jeunes qui sont moins autonomes et qui doivent recevoir plus d’attention de la part des enseignantEs.

Également, il y a de sérieux problèmes au niveau des nouveaux contenus des cours. Par exemple, on nivelle par le bas dans certaines matières, mais on remonte trop par le haut d’autres matières. Par exemple, les élèves qui font cette année des mathématiques de 3e secondaire voient des choses que leurs prédécesseurs voient en ce moment en 436 dans l’ancien programme.

Cette réforme brouillonne et mal organisée stresse au plus haut point les professeurEs du secondaire qui prennent connaissance du programme en même temps que les élèves. Les bulletins aussi sont incompréhensibles. Le gouvernement à reçu un déluge de critiques à cause des bulletins étranges qui accordaient des commentaires et des signes étranges au lieu de vrais résultats chiffrés et basés sur une moyenne. Depuis, ils ont été obligés de remettre les bulletins chiffrés, mais comment voulez-vous évaluer une compétence en pourcentage dans un cours d’art ou d’éducation physique ? Cours qui sont par ailleurs progressivement éliminés pour laisser place à des cours que même les profs n’arrivent pas à comprendre les objectifs. Par exemple, mélanger enseignement moral, mathématiques, chimie et physique dans un même cours. Ce n’est pas de la fiction, c’est vraiment que ce les cours de mathématiques vont offrir aux jeunes rendus en 4e secondaire l’an prochain…

Malgré les mots rassurants du ministère de l’éducation, des sports et des loisirs (et chasse et pêche tant qu’à y être ?), les élèves réussissent beaucoup moins bien qu’avant et cela risque de faire augmenter le taux de décrochage chez les jeunes du secondaire (les élèves de la réforme étant en 3e secondaire actuellement, ils auront 16 ans en secondaire 4)

La réforme est mal conçue, bâclée et nous mettons l’éducation d’une génération en péril avec des méthodes qui ont prouvés leur échec dans les pays de l’Union Européenne. C’est pour cette raison que j’appuie la coalition «stoppons la réforme» et que je vous invite à signer leur pétition.

N.B. : Pour l’écriture de ce texte, je me suis basé sur les témoignages de membres de ma famille qui sont dans la réforme mais aussi d’amiEs qui étudient en enseignement.

Antho

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11 commentaires sur l’institut économique de Montréal

Posted by Libertad ! sur 17 janvier, 2008

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Cet article me paraît nécessaire suite à la lecture des ridicules recommandations de l’institut économique de Montréal afin de supposément rendre le Québec plus «prospère» (ça dépend pour qui). Jimmy St-Gelais, auteur du blogue écologiste «pour que demain soit», qui a écrit un article sur ces «11 recommandations» m’a finalement décidé à donner mon opinion moi aussi sur le sujet.

Je ne prétend pas avoir la vérité absolue, mais il faut tout de même faire ressortir les abberations du discours néo-libérale de ce « think tank » profondément anti-syndicale et réactionnaire.

À la façon des anti-communistes du journal «la grande époque» avec leurs «9 commentaires sur le parti communiste», un article par jour sera publié. Cela permettra de ne pas trop nous attarder sur des questions inutiles et de développer davantage sur les dossiers qui nous touchent. Je vous invite par ailleurs à consulter « un homme en colère » ou « pour que demain soit » pour d’autres réflexions de gauche sur ce torchon capitaliste et anti-syndicale.

Antho

 1- « Hausser les droits de scolarité de façon asymétrique »

La hausse des droits de scolarité ou le nouveau dogme de la nouvelle droite conservatrice québécoise. À l’automne dernier, les associations étudiantes du Québec ont tenter, sans succès, de faire bouger les choses afin que le gouvernement Charest ne fasse pas l’erreur de hausser le coût des études.

Avec des arguments très démagogues et populistes, l’institut économique, au même titre que le gouvernement et l’ADQ, affirme que le gel des frais de scolarité dévaforisent les étudiants moins nantis, étant donné que selon eux, ce sont surtout les plus riches qui en profitent.

Cela est totalement illogique. Même un enfant pourrait l’affirmer : la hausse des frais de scolarité va désavantager l’étudiant moins riche. Malgré son entêtement et son arrogance, le gouvernement Charest à été obliger de reconnaître que le dégel va faire baisser le nombre d’étudiants au niveau collégial et universitaire.

Le dégel ne va que précéder une déresponsabilisation encore plus grande du gouvernement dans l’éducation post-secondaire, qui injecte déjà de moins en moins d’argent dans la formation des étudiants et qui laisse de plus en plus l’entreprise privée occuper une place nuisible dans l’éducation.

À suivre…

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