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La coquille vide du Parti communiste chinois, par Cai Chongguo

Posted by Libertad ! sur 22 septembre, 2007

Voici un texte fort intéressant écrit par un exilé chinois qui démontre très bien toute l’hypocrisie du discours du Parti communiste chinois et de son obsession du contrôle de l’information et de sa nouvelle réalité, un capitalisme étatique et profondément anti-prolétarien.

On aura rarement vu, pour la fête anniversaire du parti, le 1er juillet, une ambiance aussi déprimée en Chine. Depuis la fin du mois de mai, les sites Internet ont dénoncé les scandales des conditions de travail et, pour commencer, celui des ouvriers esclaves employés dans une briqueterie. La presse et la télévision officielles elles-mêmes ont dû parler de cette affaire. La briqueterie du Shanxi employait trente-deux gosses. Quelques jours plus tard, quatre cents pères d’enfants disparus ont lancé un appel de recherche désespéré. Tous les médias et sites Internet ont évoqué ces scandales : des enfants de 8 à 13 ans, réduits à l’esclavage dans cette briqueterie, subissaient des sévices quotidiens, sans aucun salaire et laissés plusieurs mois sans possibilité de se laver.

Cette barbarie a été dévoilée dans une Chine qui compte déjà 150 millions d’internautes et 50 millions de blogueurs. Le réseau a fourni un espace de discussion et de commentaires comme on n’en avait jamais vu depuis 1989. Chaque émotion manifestée devant le sort réservé à ces enfants a suscité un émoi cumulatif chez d’autres internautes. A cette émotion s’est ajoutée de l’indignation du fait de l’implication du parti et des autorités locales dans ces affaires. Le secrétaire du parti dans le village appartenait à la famille qui possédait la briqueterie et il était membre de l’assemblée populaire locale.

On s’est mis alors à reparler des explosions dans les mines, des trafics d’enfants ou du travail forcé, choses révélées depuis des années dans la presse mais d’une façon dispersée ; alors qu’aujourd’hui cette accumulation de faits frappe les esprits et provoque une sorte de choc. Devant cette indignation collective, la censure gouvernementale s’est trouvée paralysée pendant deux semaines et n’a pas su comment intervenir. Elle a laissé les internautes s’exprimer librement sur le sujet pour exprimer leurs colères et donner leurs analyses et leurs commentaires.
Ces discussions ont montré que le travail sous contrainte est en train de s’institutionnaliser un peu partout dans le pays et que, si les journaux avaient soulevé la question depuis longtemps, le gouvernement n’avait pratiquement pas réagi. Il en a résulté un flot de critiques, voire d’insultes, à l’égard des dirigeants et du parti, avec des phrases non censurées telles que : « Nous sommes tous des esclaves des gens de Zhongnanhai » ; « Ils se comportent en propriétaires d’esclaves ». Autrement dit des termes mille fois plus durs que ceux des dissidents de naguère.

On a commencé à croire ce à quoi on ne croyait pas auparavant : par exemple, les critiques émanant des pays occidentaux au sujet des droits de l’homme ou de la tragédie de 1989 à Tiananmen. On s’est rendu compte que le pays pouvait laisser s’installer une extrême cruauté. L’on s’est mis à s’interroger sur le rôle historique du parti, au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle, lui qui se vantait d’avoir permis au peuple chinois d’échapper à l’oppression et d’avoir sorti les paysans de l’esclavagisme.

Les débats mettent en cause aussi le fonctionnement du parti dans ses organisations de base, qui ne se contentent pas de défendre l’intérêt de patrons engagés dans une exploitation sans merci des ouvriers mais s’y impliquent directement. Reprenant les conceptions marxistes de l’histoire, les blogueurs ironisent : « Nous sommes parvenus à l’étape du communisme primitif et, selon les lois du matérialisme historique, nous en arrivons à la période esclavagiste, qui est désormais notre avenir ».

Ainsi, en un mois, est parti en fumée tout le travail mené depuis cinq ans par les dirigeants actuels quant à la nécessité pour le parti d’être proche du peuple et quant à la construction d’une « société d’harmonie ». Le terme même de « société harmonieuse » a pris un sens ironique : « harmoniser » est devenu synonyme de réprimer ou de censurer. On ne dit plus : « on l’a arrêté », mais « on l’a harmonisé » ; « on a censuré mon article » est remplacé par « mon article a été harmonisé »… Ces discussions ébranlent profondément la crédibilité du parti et son autorité. Elles mettent en cause jusqu’à son rôle historique et à sa nature au moment où on s’apprête à en fêter l’anniversaire. Mais le malaise ne s’arrête pas là : il touche aussi l’organisation du PCC.

En octobre 2006, un jeune chercheur de l’Institut politique de la jeunesse (à Pékin), M. Chen Shengluo, a remis un rapport de recherche menée sur le terrain pour observer comment le parti s’organisait au sein des entreprises d’Etat, naguère un de ses bastions. Conclusion : il n’y a pratiquement plus d’organisation à la base ; sur 70 millions de membres, 40 millions seraient inactifs ou « laisseraient glisser ».
Il faut dire que, depuis dix ans, avec les privatisations et les fermetures d’usines, beaucoup de membres du parti ont été licenciés ; d’autres, les paysans membres du parti, ont quitté la campagne et abandonné leur groupe politique initial et sont devenus « communistes immigrants ». En ville, ils ne trouvent pas d’association équivalente dans les entreprises étrangères dont le patronat, venu de Hongkong ou de Taïwan, s’intéresse peu à la présence de communistes dans ses entreprises.

Certains vont jusqu’à dire du PC qu’il s’agit d’un parti clandestin ! En effet, 60 % des entreprises sont privées ou appartiennent à des capitalistes étrangers. Nombre de patrons n’ont donc pas de carte du parti, bien que ce soient eux qui prennent les décisions ; la cellule du parti se borne à soutenir leurs choix. Autrement dit, dans l’entreprise, c’est plutôt les capitalistes qui dirigent le parti que l’inverse ; ils peuvent licencier les salariés, membres ou non du PC.

Dans cette situation peu glorieuse, nombre de communistes n’avouent plus leur appartenance. Ils redoutent les moqueries et, en outre, se faire reconnaître comme communiste compliquerait pour eux la recherche d’un autre emploi. Dans l’entreprise, d’ailleurs, avec des journées de travail de douze ou quatorze heures, il n’y a souvent ni temps ni local réservé pour mener les activités du parti.

Dans l’idéologie officielle, le parti constitue toujours une « avant-garde » de classe ouvrière et de paysans, dirige le pays vers la société communiste. Mais personne ne croit plus à cette fiction dans une Chine où la croissance s’emballe sur les marchés extérieurs. Cette crise n’est pas sans engendrer de graves problèmes, et d’abord sur les motifs d’adhésion.

Pourquoi aujourd’hui adhérer au Parti communiste ? Les motivations glorieuses d’autrefois ont disparu, et il n’y a plus guère d’idéologie depuis la fin des années 1970. Maintenant, l’on adhère par intérêt personnel, pour obtenir une promotion, par arrivisme. Les candidats se recrutent donc souvent dans les milieux affairistes. Les pratiques courantes de corruption les éloignent des gens honnêtes et talentueux, soucieux de garder leurs distances envers le parti. On doit cependant reconnaître que l’organisation se maintient dans plusieurs sphères de la société, et notamment dans l’armée, dans la police et dans l’administration. Mais ailleurs, dans les campagnes ou dans les usines, on peut dire qu’il s’agit pratiquement d’une coquille vide.

Un tel parti, sans organisation de base ni prestige et dont les membres s’attirent le mépris de la population, ne peut plus absorber les élites politiques et les forces vives de la population. Il dirige un pays à la puissance grandissante et de plus en plus complexe. Il lui faut donc inévitablement se poser la question de son avenir et de celui du monde. A 86 ans, il est entré dans une crise aux multiples aspects et symptômes, mais dont on ne voit pas l’issue pour l’instant.

Cai Chongguo, dissident chinois en exil en France, auteur de « Chine, l’envers de la puissance » (Editions Mango)

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Le régime communiste aux U.S.A.

Posted by L'Agitateur sur 1 septembre, 2007

Voici un excellent texte de Léon Trotsky expliquant comment une société industrialisée pourrait générer la révolution, et ainsi organiser une toute nouvelle économie. Bien que ce texte date de 1935, plusieurs points sont encore d’actualités, notamment la croyance droitiste qui dit que ce qui est communiste est ce que la Russie était en 1917 à 1925 dans les régions les plus arriérées au plan culturel et économique.

Si le régime communiste est instauré aux Etats-Unis, comme une conséquence de l’incapacité de votre ordre social capitaliste à résoudre ses difficultés et ses problèmes, vous découvrirez que ce régime bien loin de signifier une tyrannie bureaucratique intolérable et l’enrégimentement des individus, sera à l’origine d’un développement des libertés individuelles et donnera l’abondance pour tous.

A l’heure actuelle, la plupart des Américains ne considèrent le régime communiste que d’après l’expérience de l’Union Soviétique. Ils craignent que ce régime n’engendre en Amérique les mêmes résultats matériels que chez les peuples culturellement arriérés de l’Union Soviétique.

Ils craignent que l’on ne veuille les coucher sur un lit de Procuste, et considèrent, par ailleurs, le conservatisme anglo-saxon comme un obstacle insurmontable même pour des réformes éventuellement souhaitables. Ils soutiennent que la Grande-Bretagne et le Japon interviendraient par la force armée contre les Soviets américains. Ils redoutent de s’entendre dicter quels vêtements ils doivent mettre, quels aliments ils doivent consommer; d’être contraints à se contenter de rations de famine; à ne trouver dans la presse qu’une propagande officielle stéréotypée; à entériner des décisions prises sans leur participation active; à garder leurs pensées pour eux, et à chanter bruyamment en public les louanges de leurs dirigeants soviétiques pour échapper à la prison ou à l’exil.

Ils ont peur d’être la proie de l’inflation monétaire, de la tyrannie bureaucratique, d’une paperasserie intolérable dans toutes les démarches de l’existence quotidienne. Ils craignent d’assister à une standardisation mécanique des arts et des sciences, comme de la vie de tous les jours; à la destruction, par la dictature d’une monstrueuse bureaucratie, de toute spontanéité politique et de la liberté de la presse. Et ils tremblent à l’idée d’être obligés à parler un incompréhensible jargon de dialectique marxiste et à professer une philosophie sociale obligatoire. Ils craignent, en un mot, que l’Amérique soviétique ne devienne la contre-partie de la Russie soviétique telle qu’on la leur a dépeinte.

En réalité, le régime. soviétique américain diffèrera autant du régime soviétique russe que les Etats-Unis du Président Roosevelt différent de l’empire russe du tsar Nicolas II. Cependant, le régime communiste ne peut être instauré en Amérique que par une révolution, comme l’y furent l’indépendance et la démocratie. Le tempérament américain est énergique et violent, et il exigera pas mal de vaisselle cassée avant que le régime communiste ne soit solidement établi. Les Américains sont des enthousiastes et des sportifs avant d’être des spécialistes ou des hommes d’état, et il serait contraire à la tradition américaine d’opérer un changement majeur sans se diviser, tout d’abord, en camps opposés et fendre des crânes.

Néanmoins, si élevé qu’il puisse être, le coût de la révolution communiste aux Etats-Unis sera insignifiant, rapporté à votre richesse nationale et à votre population, en comparaison de celui de la révolution bolcheviste en Russie.

Cela tient à ce que, dans une guerre civile révolutionnaire, ce n’est pas la poignée d’hommes qui se trouve au sommet de l’échelle sociale qui se bat –les 5% ou 10% qui possèdent les neuf dixièmes de la fortune américaine: ils ne peuvent recruter les armées de la contre-révolution que dans les couches inférieures des classes moyennes. Or la révolution pourrait facilement amener ces dernières sous son drapeau en leur démontrant que le soutien des soviets leur ouvrirait seul une perspective de salut.

En dessous de ce groupe social, tout le monde, au point de vue économique, est préparé au communisme. La crise a ravagé votre classe ouvrière, et a porté un coup terrible à vos agriculteurs, déjà atteints par le long déclin agricole de la décade d’après guerre. Il n’y a aucune raison pour que ces groupes opposent une ferme résistance à la révolution; ils n’ont rien à y perdre, en admettant, bien entendu, que les dirigeants de la révolution adoptent une politique modérées et clairvoyante à leur égard.

Quels autres hommes voudront se battre contre le communisme? Vos milliardaires et multimillionnaires? Vos Mellon, Morgan, Ford, Rockefeller? Ils cesseront la lutte dès qu’ils ne pourront plus trouver d’autres gens pour se battre à leur place.

Le gouvernement soviétique américain prendra fermement possession des leviers de commande de votre système économique: les banques, les industries-clés et les moyens de transport et de communication. Il donnera alors aux agriculteurs, aux petits commerçants et négociants, un temps de réflexion suffisamment long pour que ceux-ci aient la possibilité de constater comme le secteur nationalisé de l’industrie fonctionne bien.

C’est ici que les soviets américains pourront faire de véritables miracles. La « technocratie » ne pourra devenir une réalité que sous le régime communiste, une fois votre système industriel affranchi des entraves de la propriété privée et du profit privé. Les plus audacieuses propositions de la commission Hoover sur la standardisation et la nationalisation ne sont que jeux d’enfants auprès des possibilités nouvelles que libérera le régime communiste.

L’industrie nationale sera organisée sur le modèle de la chaîne de montage dans vos usines automatiques modernes à production continue. La planification scientifique pourra sortir du cadre de l’usine individuelle pour être appliquée à votre système économique tout entier. Les résultats seront stupéfiants.

Les coûts de production tomberont à 20%, ou moins, de leur valeur actuelle. De ce fait, le pouvoir d’achat des agriculteurs s’élèverait rapidement.

Bien entendu, les soviets américains institueraient leurs propres entreprises agricoles géantes, en guise d’écoles de collectivisation volontaire. Vos agriculteurs pourraient facilement calculer s’il est de leur intérêt de demeurer des anneaux isolés, ou de se joindre à la chaîne publique.

[…]

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Rappelez-vous de ceci : l’Entreprise d’aujourd’hui est ce que l’Église était autrefois à l’État.

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Compte rendu *complet* sur le sommet Montebello

Posted by L'Agitateur sur 25 août, 2007

La ville de Montebello devint forteresse pendant le sommet du Partenariat pour la Sécurité et Prospérité nord-américaine. Elle accueillit pendant trois journées les chefs d’État des trois pays de l’Amérique du Nord, avec plus de 30 chefs d’entreprises à leurs côtés. Par cette nature anti-démocratique totalement du sommet, il était impossible d’ignorer celui-ci et de ne rien faire : c’est pourquoi nous sommes allés manifester notre opposition et désaccord.L’été a été fortement mis en branle pour mobiliser un maximum de personnes à la cause, bien que la journée et le lieu choisis n’aient pas encouragé les gens à venir : un lundi à Montebello avec une forte présence policière. Reste qu’une forte propagande ai été faite auprès des masses populaires du Québec, du Canada, des États-Unis et du Méxique. Des centaines d’affiches sont apparues un peu partout en Amérique du Nord pour l’appel au rassemblement à Montebello et dénonçer collectivement cette rencontre des trois bandidos.

Quelques semaines avant la manifestation, un campement autogéré anti-capitaliste s’est fait dans la région de l’Outaouais, tout près de la forteresse, et de nombreuses personnes ont participé aux petites manifestations du 19 août. Elles ont aussi dormi sur les lieux, bien que les policiers tentaient de leur mettre des bâtons dans les roues en fouillant leurs équippements à chaque « checkpoints ». Certes, des actions ont été faites à Montréal et Ottawa pendant les quelques journées avant le sommet.

C’était là une journée qui s’annonçait ensoleillée, légèrement nuageux avec une température agréable variant entre 20 et 25 degrés. Plusieurs autobus loués et véhicules partaient des trois pays nord-américains pour s’en venir au Québec, à Montebello. Ils venaient de Sherbrooke, Québec, Montréal, Trois-Rivères, l’Ouest Canadien, des États-Unis et même du Méxique. Bien que les manifestantEs avaient des divergences sur leurs positions politiques (communisme/anarchisme, révolution/réforme), touTEs s’entendaient sur une chose : ce sommet est une aberration dans une société qui se prétend « citoyenne » et « démocratique ».

Suite à quelques retards lors du trajet vers Montebello, les autobus sont finalement arrivés à destination vers 13h00. Les manifestantEs sont sortiEs pour se rassembler en une unité solidaire et se diriger vers le coeur de Montebello en passant par une route de campagne, pour ensuite prendre une voie ferrée de la CN – qui elle est accusée de racisme envers les peuples autochtones. Arrivé sur la 148, nous marchions en direction des manifestantEs d’Ottawa, des États-Unis et du Méxique qui étaient déjà présentEs sur les lieux, très près de l’entrée du périmètre de sécurité du Château Montebello.

CertainEs commerçantEs avaient barricadé leur place, dont le seul et unique bar du coin : le Bar central. Par contre, un code avait été donné entre manifestantEs et commerçantEs : une pancarte verte veut dire « zone verte », soit une alliance avec les protestataires, et ils et elles étaient la bienvenue pour venir acheter les besoins nécessaires ! Pour le reste des commerces, c’était une opposition directe. C’est compréhensible lorsque ce sont de grosses compagnies qui se protègent des « radicaux ».

Bien que les manifestantEs n’aient pas respectéEs ce que les policiers leur ont imposé comme terrain de manifestation, soit deux cages fermés, l’anti-émeute est arrivée, avec bouclier, matraque et masque à gaz, pour bloquer le chemin des manifestantEs et les empêcher de continuer leur chemin vers le château. À ce moment, le tout était visible : les policiers étaient sur trois fronts, armés jusqu’aux dents, avec des camescopes et appareils photos, et toute autre arme contre les manifestantEs au cas où ils se tannent et attaquent.

Les trois fronts étaient occupés par les policiers : le front Nord qui fut celui vers le château, c’était la « zone rouge » avec un grillage très fin comme périmètre de sécurité allant à 10 pieds d’hauteur ; le front Nord-Est qui était occupé par les policiers sur le cimetière à une altitude variant de 10 à 100 centimètres. ; le front Est qui était plutôt vide de policiers, mais assez pour bloquer le chemin. À côté de ce front Est, la station-service Crevier accueillait à bras ouverts les manifestantEs qui avaient besoin d’eau, de nourriture, d’aller aux toilettes ou de se reposer tout simplement. Le commerçant de la place s’est fait une montagne de profits, mais pour une bonne cause. C’était la « zone verte », et il n’y avait pas de danger … pour le moment.

Plusieurs personnes étaient présentes sur les lieux : maoïstes, anarchistes, anarcho-communistes, sympathisants zapatistes, écologistes, syndicats, anticapitalistes et réformistes. Les « radicaux » n’étaient pas plus nombreux qu’une centaine de personnes, et le « Black Block » y était avec un maximum de vingt personnes. Il y avait des personnes de tout âge, passant de neuf à soixante dix ans. Quelques uns avaient leur chien en compagnie. Au grand total, pas plus de 1200 manifestantEs étaient venuEs à l’appel, ce qui est horriblement peu pour un tel sommet.

Les médias étaient présents, à la fois corporatifs ( TVA, RDI, TQS ), indépendants ( Indymedia, Reactionism Watch, Global Aware ) et même internationaux ( Al Jazeera ). Ceux qui ont reçu de très fortes critiques et arrogance de la part des manifestantEs c’était, bien sûr, les médias corporatifs, malgré l’opinion de certains caméramans : ce fut le cas du caméraman de TQS qui dit ironiquement et avec colère : « Bah oui, moi je l’aime Bush ! » Bien que ce soit étonnant, plusieurs caméramans étaient de notre côté en accord avec nous. Mais cela n’empêcha pas ces derniers de diffuser des images sensationnalistes où l’on voyait des manifestantEs en colère qui répondaient aux attaques de lacrymogènes. Sur TVA, il était dit que si les manifestantEs réussissaient à entrer dans le périmètre de sécurité, les autorités n’hésiteraient pas à tirer à balles réelles sur ceux et celles-ci.

Sur toutes les chaines, nulle ne montrait la vérité. Ni dans les journaux, ni à la télévision. Il n’était question que de démagogie, sensationnalisme et de populisme : ce qui a été montré dans les médias corporatifs n’était que 20 minutes d’une manifestation de plus de sept heures.

Malgré le blocage des policiers dès les premières minutes à l’arrivée des manifestantEs, l’ambiance restait vive pendant plusieurs heures : les gens criaient, chantaient, dansaient, discutaient, jouaient de la musique ; les organisateurs s’expliquaient, et donnaient de l’information ; des tracts étaient massivement distribués à propos de plusieurs enjeux politiques, et non seulement du PSP ; même un pique-nique a été fait en avant des policiers, ce qui était superbement bien réussi !

Les gestes pacifiques des manifestantEs contre l’arrogance des policiers se faisaient continuellement : autocollants sur les boucliers de l’anti-émeute ; bannières sur les clôtures nommé « Mur de la Honte » ; dessins à la craie sur le sol ; critiques ouvertes contre l’anti-émeute ; face à face ; un drapeau de l’anarchisme a été mis sur un haut lampadaire, avec un drapeau américain qui ne prennait pas feu (dû aux très fort vents) ; et plus encore. Malheureusement, même si ces gestes restaient pacifiques suite aux agressions de la police, l’anti-émeute ne cessa pas son arrogance envers les manifestantEs, et c’est ce qui les a incité à prendre une alternative au pacifisme étroit.

L’une des premières agressions de la police a débuté vers la première heure de la manifestation, soit proche de 13h00. Les policiers anti-émeutes poussaient les manifestantEs de la « zone rouge » à gauche du front Nord pour les faire reculer, et ces dernièrEs ne voulait pas perdre leur ligne et on fait de même. Pour répliquer, la GRC donnait des coups de boucliers, de matraques sur la tête, de genoux et de pieds. Pour faire peur aux manifestantEs, des tazers ont été utilisés au dessus de leurs têtes pour les faire reculer, au détriment d’une électrocution. Ceux et celles qui s’étaient assisES se sont fait bousculer par la Sûreté du Québec qui, profitant de l’occasion, a arrêté une personne. Ceux et celles qui dansaient proches de la police ont été bousculéEs.

Peu avant l’arrivée des manifestantEs de Montréal, soit avant 14h00, la police utilisa le poivre de cayenne sur les manifestantEs, dont une vieille dame pacifiste âgée dans la soixante dizaine. Pris de panique, les manifestantEs cherchent immédiatement de l’eau pour se rincer les yeux et les voies respiratoires. Cet abus de police n’avait qu’un but : montrer sa supériorité en tant qu’autorité, et maintenir un calme forcé alors que l’effet s’avérait tout à fait le contraire.

14h52, l’anti-émeute de la GRC utilise de nouveau le poivre de cayenne contre plus de 20 manifestantEs, dont des journalistes, photographes et des medecins. Comme plusieurs d’entre eux et elles n’avaient rien pour se protéger les yeux et les voies respiratoires, la durée de leur souffrance varia de quelques minutes à plusieurs heures. CertainEs toute une journée ! Pour se venger, les manifestantEs ont lancé des bouteilles de plastique vides une fois que l’eau ai été vidée sur leur propre visage. Ces mêmes bouteilles visaient aussi les policiers caméramans qui filmaient tout en étant derrière la ligne de front : ce sont les premiers projectiles.

Ensuite, à un certain moment, deux manifestants vêtus de rouge (possiblement communistes) se sont avancés de la ligne de front Nord avec des bâtons 2X4 : la police répliqua aussitôt avec trois gaz lacrymogènes en tirant directement dans foule. Moins de dix minutes plus tard, suite à des bousculades répétées, c’est encore trois gaz lacrymogènes, mais les manifestantEs ne lâchent pas prises et reviennent au front. C’est le calme, soit le « temps mort » car les affrontements sont plutôt calmes pendant environ une heure et demi. Tout semble stable, bien qu’il y ai des accrochages, mais rien de sérieux ou sévère.

Pendant ce temps mort, les discussions reprennent, des sit-in improvisés se font pour discuter du PSP, ou tout autre enjeux politiques reliés à ce dernier. Des familles se prennent en photo, d’autres dansent devant les policiers, certainEs dessinent sur le sol. Vers 16h00, les maoïstes quittent les lieux par manque d’actions. Beaucoup sont partiEs à la station-service Crevier ou à leur automobile se nourrir.

17h05, les affrontements éclatent. Le Reactionism Watch n’est pas en mesure d’expliquer les causes, mais nous avons reçu trois versions de faits différentes. Nous aimerions avoir des confirmations exactes de manifestantEs qui savent ce qui s’est passé.

  • 1) Suite à la désertification des communistes du PCR et anarchistes du Black Block, et autres manifestantEs partiEs manger, l’anti-émeute aurait reçu l’ordre de mettre un terme à la manifestation car elle ne voulait pas rester toute la nuit à surveiller le sommet.
  • 2) Un jeune manifestant aurait entravé le travail de l’anti-émeute de manière sonore avec sa trompette de parade en plastique. En réponse au bruit, une pluie de gaz lacrymogène aurait été ordonnée.
  • 3) Un manifestant aurait pousser un policier, qui lui l’aurait repousser. Par ce geste, le chandail du manifestant se serait coincé dans la matraque du policier, et qu’il aurait été tiré vers l’avant (en direction des manifestantEs). Par ce fait, les grenades lacrymogènes aurait été envoyées en masse, pour ensuite tirer à balles de plastiques.

Si vous connaissez la vraie raison, faites nous en part le plus rapidement possible !Dès les affrontements déclenchés, plus de quatres grenades lacrymogènes ont été envoyés dans un laps de temps de 15 secondes. La majorité des manifestantEs sans aucune protection faciale ont pris la fuite collective en moins de 15 minutes, ou se sont mis dans le côté ouest du front pour ne pas respirer le gaz. Avec leur bâton de drapeau, les manifestantEs tappaient sur les panneaux ou quelconque métal pour faire du bruit. Ceux et celles avec une certaine protection sont restéEs au front, bien qu’affaibliEs.

Ce gaz lacrymogène est catégorie CS, type un puisqu’il ne résiste pas à l’eau. Cette poudre, fortement toxique, entraine la nausée, le vomissement, l’hypersalivation de la gorge, l’irration des yeux et des voies respiratoires. Fabriquée aux États-Unis et vendue au Canada, cette grenade lacrymogène éclate quelques secondes plus tard après avoir été lancée dans les airs pour se vider complètement et répandre la poudre jaunâtre partout dans l’atmosphère. Ces grenades, une fois éclatée, ne peuvent être reprises pour être relancées : elles sont complètement ouvertes et vidées.

L’anti-émeute avance tranquillement, et les tireurs de la GRC ciblent les manifestantEs avec des balles de caoutchouc. Une pluie de gaz lacrymogène s’amorce. Certaines personnes reçoivent la grenade lacrymogène directement sur le corps ; d’autres plus de trois balles de caoutchouc, ainsi que les medecins voulant les aider ; et quelques-unes des coups de matraques (au début des escarmouches). Une vieille dame a reçu une balle de caoutchouc dans le pied, et même qu’un manifestant, par terre, en a reçu plus de quatre.

Fait cocasse : une grenade lacrymogène a été tirée depuis le front Nord vers le front Nord-Est, soit dans le cimetière. Étrangement, il n’y a pas eu un seul bruit pendant cinq secondes jusqu’à l’atterrissage de la grenade dans le cimentière. À ce moment, la foule a félicité cette bavure par des rires, joies et applaudissements !

Pour répondre à cette attaque barbare de l’anti-émeute, des projectiles ont été lancées à l’improviste : bouteilles vides, canettes, galets, tomates, oeufs et pierres. Ces pierres se trouvaient sous un petit pont proche de l’entrée du périmètre de sécuritaire du Château Montebello. Un manifestant (ou agent de police) prennait des pierres de la taille d’une demi-patate à une complète pour les donner à un autre manifestant qui les mettait dans son bouclier (couvercle de poubelle) et en fournissait à certainEs manifestantEs. Il y avait un grillage sur la pile de pierres pour empêcher les manifestantEs d’en prendre, mais l’un d’entre eux a été plus malin. Malheureusement pour les lanceurs et lanceuses, le soleil derrière l’anti-émeute les aveuglaient complètement. Cela n’a pas duré plus de 10 minutes, et seulement un maximum de six personnes suivaient les policiers

Bref, les manifestantEs ont continué à battre en retraite et la police s’amusait à mitrailler la foule avec leurs grenades lacrymogènes. Au total, plus de 60 ont été utilisées. Les tireurs de la GRC en faisant autant avec leurs balles de caoutchouc. La rue principale était remplie de grenades lacrymogènes gaspillées, de caoutchouc, de bouteilles d’eau encore remplies et même d’aliment encore comestible ! Les manifestantEs ont laissé derrière eux et elles ce qu’ils et elles avaient en trop afin de mieux courir et être moins encombréEs.

Le calme revint vers 17h40 lorsqu’un manifestant profita de l’occasion pour faire le signe de la paix avec sa main, seul, au beau milieu de l’intersection des routes 148 (Route du Canton) et 323 (Rang Gustave) entouré au loin par les trois fronts d’anti-émeutes. Ce geste attira l’attention médiatique, ce qui forca les policiers à ne plus tirer ni grenades ni balles. D’autres manifestantEs se sont joints à lui pour rester solidaire et uni. Une multitude de photos a été prise à cet instant : la paix était revenue.

Fait cocasse : Un agent de la Sûreté du Québec aurait cassé une pierre tombale après avoir donné un coup très fort dessus. Peut-être à cause de la colère, nous ne pouvons dire réellement…

Vers 17h50, deux feux ont été vus : l’un était une boite de carton contenant une pile de feuilles, alimentée par d’autres papiers, cartons et pancartes. Le second feu était la planète Terre, fait en maquette, transportée par deux manifestants, pour le brûler. Cela voulait symboliser ce que notre monde deviendrait si ce sommet était un succès et que le PSP avait lieu comme prévu. Les conséquences seraient mondialement catastrophiques !

18h00, le calme, trois manifestants discutent avec les policiers du front Nord qui s’est avancée jusqu’à l’intersection. Kanto, un manifestant aux lunettes sombres, demanda à un policier de l’anti-émeute de s’identifier ; ce dernier ignora complètement la demande. C’en est pareil pour tous les policiers qui étaient présents. Une vidéo a été filmée pour en monter la preuve (voir à la fin du compte rendu). Moins de dix minutes après la demande d’identification, un policier s’est faufilé dans la ligne de front des policiers afin d’arrêter un photographe amateur du Reactionism Watch. Nous ignorons la raison exacte, mais nous pensons que c’est dû à sa vidéo compromettante et ses photos inédites des médias.

Certes, notre camarade a réussi à s’enfuir à temps, mais Kanto, à ses côtés, s’est fait prendre alors qu’il ne faisait que discuter avec le policier qui refusait de s’identifier. Le motif qui a été retenu contre lui est le fait qu’il ait troublé la paix, alors que c’est le policier même qui est venu troubler la paix. Malheureusement, nous n’avons pas pu noter son numéro. Il faut dire que c’était impossible à identifier ces policiers qui, en très grande majorité, étaient masqués. Ils n’avaient pas de badge, mais qu’un simple numéro sur leur épaulette et casque.

Finalement, à la toute fin de la manifestation de lundi le 20 août, deux canons à eau, plus de 200 policiers, des tireurs de la GRC, et des lance-grenadiers étaient prêts à repousser quelconque attaque des manifestantEs : surprise, ils et elles avait quitté les lieux. Par contre, le lendemain matin, une autre légère manifestation a eu lieu et les manifestantEs ont été harcelés par des questions de la police, et cette dernière a tenté de fouiller les véhicules des manifestantEs questionnéEs.

Bilan : plus de 300 manifestantEs incommodéEs par le poivre de cayenne et/ou gaz lacrymogènes, dont une dizaine victime de balles de caoutchouc et une autre vingtaine victime de coups de matraques, boucliers, genoux ou pieds. Moins de 4 policiers incommodés par le gaz lacrymogène. Quatre arrestations, dont deux femmes. Trois agents provocateurs de la Sûreté du Québec, tous faussement arrêtés.

P.S.: Nous ignorons le contexte qu’entourait l’arrêstation des trois premières personnes. Veuillez nous informer !

Pour les photos, vous avez le choix !

==> Photos du Reactionism Watch (Afficher en diaporama)
==> Photos de Canadian Union of Public Employees
==> Photos de Michael Lessard
==> Photos du CMAQ (1)

Voici la video en question dont nous vous avons parlé avec le manifestant qui demande à un policier de s’identifier, alors que ce dernier l’ignore complètement. Assurez-vous de lire la description de la vidéo après avoir ouvert le lien vers celle-ci sur YouTube ! Cette vidéo ne doit pas passer sous silence, bien que l’infraction de la part du policier soit mineur et que l’accusation d’avoir « troublé la paix » ne tiens pas debout.

==> Lien vers la vidéo YouTube
==> Une vidéo résumé du sommet Montebello

==> Plus de détails sur le bilan du sommet Montebello
==> Critique sur la couverture médiatique du sommet

Vous avez un témoignage à faire ? Une correction à apporter ? Un avis à écrire ? Des photos à montrer ? Allez-y, vous êtes libres de le faire, voire encouragé ! Dites-le nous ce que vous en pensez de ce sommet, racontez-nous ce que vous avez vu, car ce compte rendu vous appartient : il peut être modifié si nécessaire pour ajuster des faits (comme celui du déclenchement des affrontements à 17h05)

** VEUILLEZ CIRCULER TRÈS MASSIVEMENT CES INFORMATIONS **

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Après l’Iraq, FOX attaque l’Iran

Posted by L'Agitateur sur 23 août, 2007

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Preuve : agents provocateurs lors du sommet Montebello

Posted by L'Agitateur sur 22 août, 2007

Souvenez-vous des trois agents provocateurs de la police ? Nous avons trouvé une preuve plutôt convainquante qui montre que ces derniers étaient des flics. Regardez bien l’image ci-dessous.Vous ne voyez rien ? Visez particulièrement sous les bottines. Notez bien le petit logo jaune à la fois sous la semelle du policier de gauche, et les deux agents provocateurs « arrêtés » (mais jamais reportés par les autorités, ni les médias).

Si cela est du « photoshop », alors la personne en question est un peu trop doué…

==> Plus d’informations

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l’Irak se déteriore malgré la croisade de Bush

Posted by L'Agitateur sur 9 août, 2007

Les conditions en Irak s’empirent, et deviennent plus morbides qu’elles n’étaient sous le pouvoir de Saddam Hussein, dictateur instauré par la volonté des États-Unis. L’eau, la nourriture, les médicaments et la sécurité manquent beaucoup plus à l’heure actuelle qu’avant. Bien que la Droite s’entête à dire que des « jobs sont crées », leurs conditions de vies sont maccabres et la coalition n’a aucunement les moyens, l’effort, le morale et l’accueil nécessaire pour ramener le pays à la stabilité selon leur visée politique.

Certes, selon un représentant de l’UNICEF, la situation des jeunes générations irakiennes, soit les enfants, s’est fortement aggravée depuis un an. Encore là, les conditions sont bien pires qu’il y a trois ans ! Dans la même optique, le nombre de femmes par foyer a augmenté de façon dramatique dû aux nombreuses pertes humaines (la plupart des hommes) en Irak. Par ce fait même, « beaucoup de ces femmes sont trop effrayées pour amener leurs enfants à l’hôpital ou les envoyer à l’école » puisque le mari, le frère, l’oncle ou tout autre homme de la maison a été victime des violences.

Selon Dan Tool, vice-directeur exécutif du Fonds de l’ONU pour l’enfance, la situation en Irak est préoccupante car l’attention sur celle-ci « se focalise sur la situation politique et sécuritaire, et non sur la vie quotidienne des Irakiens, avec son lot de privations, de manque de nourriture, de manque de biens médicaux. » Il faut aussi ajouter à cela la question économique, où les compagnies privées étrangères pétrolières, de restauration rapide et commerces de détail ont déjà pris le contrôle d’une partie du pays.

Alors que ces dernières prennent petit à petit de la place dans le pays et « fournissent des jobs » (c’est très bon selon la Droite, peu importe les conditions), l’Irak sombre dans une grande crise humanitaire. Cette crise peut être perçue comme pire que l’invasion américaine et le régime de Saddam Hussein, instauré par les États-Unis. Voici quelques chiffres qui, selon nous, sont choquants.

  • 43% des IrakienNEs vivent actuellement dans l’ultra-pauvreté
  • 28% des enfants souffrent de malnutrition, soit 9% de plus qu’au début de la guerre (2003)
  • 70% de la population n’a pas accès à des réserves d’eau adéquates, soit 20% de plus qu’au début de la guerre
  • 80% des habitantEs n’ont pas accès à des installations sanitaires convenables
  • 32% des déplacéEs n’ont pas accès au système public de distribution (SPD) alimentaire, et 51% rapportent en reçevoir parfois.
  • Un exode des cerveaux est en cours : à la fin de 2006, 40% des médecins, enseignantEs, ingérieurs de l’eau et plusieurs autres professions de la fonction publique ont quitté l’Irak pour chercher du travail ailleurs.
Ces chiffres viennent d’un rapport d’OXFAM, en coalition avec 280 organisations non gouvernementales. Ce rapport nous donne une bonne idée de la situation pénible qui est en train de prendre le dessus du pays, et qui l’amène dans l’ombre.

De plus, le gouvernement irakien crée sous les yeux et les règles de jeu des États-Unis se déstabilise tellement au point d’être fragile et possiblement éclater. Sur les 40 ministres du gouvernement mis en place en juin 2006, 17 d’entre eux s’y opposent par boycott ou démission. Le fait même que les sunnites, chiites, laïcs et kurdes n’approuvent pas le gouvernement et refusent d’y donner confiance montre bien un certain refus de l’Élite sunnite avec l’alliance à la coalition, notamment les États-Unis.

Ainsi donc, le chaos règne dans plusieurs régions de l’Irak, et pendant ce temps…

  • La dette extérieure consacrée uniquement à cette guerre de la part des États-Unis dépasse déjà 400$ milliards. Chaque citoyenNEs du pays devra payer une énorme somme en taxes pour des générations futures afin de rembourser ce que l’administration Bush doit. Les responsables ne sont pas les habitantEs des États-Unis, mais bien celle de l’Élite même qui a orchestré et préparé cette attaque contre l’Irak dès 1998.
  • Le nombre de morts américaines en Irak dépasse celui des victimes des tours jumelles du World Trade Center, ce qui semble un peu ironique. Il continue de monter, autant que les morts irakiennes qui se comptent par plusieurs centaines chaque semaine, pour un total de dizaines de milliers depuis 2003. Certaines estimations vont même jusqu’à 300 000 morts irakiennes ! Malgrés ces morts, l’armée américaine continue toujours de grossir en Irak, atteignant cette fois-ci environ 162.000 soldats actifs !
  • Le lien, disaient-ils, avec les attentats du 11 septembre 2001 était dû au fait que l’Irak avait des infrastructures terroristes et qu’Al-Qaïda y abritait. Pourtant, cette organisation semblait quasi-inexistante bien avant les attentats du 11 septembre 2001 revendiqués par ces salafistes. L’Élite tente de nous faire croire qu’elle est omniprésente, très dangereuse et bien organisée. Or, si nous comparons les attaques d’Al-Qaïda contre les États-Unis même, les matériaux, les forces, les victimes et les influences sont très différentes. Un peu comme un empereur qui qualifie le pirate de lui voler ses biens alors qu’il possède toute la planète ! Bien sûr, n’oublions pas que sans empereur, il n’y aurait pirate, tout comme le communisme et le capitalisme.
  • Les alliés de Bush démissionnent et se retournent contre lui, trouvant sa politique complètement déconnectée et très mal organisée. De l’autre côté, il y a les démocrates qui ont pris le contrôle du Sénat et du Congrès tout récemment, et se montrent pour la plupart favorables à un retrait des troupes américaines d’Irak. Le plan de l’administration Bush ne va plus aussi bien qu’avant, et cela risque de changer dramatiquement avec l’élection d’une nouvelle présidence qui ne sera pas à tendance Bushienne et républicaine.
Tout ça, c’est sans compter les mercenaires venus d’un peu partout à travers la région orientale, voire même à travers la planète. Tous au service de certaines multinationales, de la Mossad ou d’un gouvernement quelconque, ils sont payés pour maintenir la peur et le chaos, ainsi qu’assassiner des intellectuelLEs, afin d’obtenir de modiques sommes pour survivre dans un tel enfer. Sinon, c’est pour être bien payé – selon celui qui engage – et protéger les intérêts de la dite Élite (gouvernement, multinaional, services secrets). Bien que cela semble simpliste, certaines ressemblances de l’Irak d’aujourd’hui avec l’Espagne de 1936~39 sont visibles (terrain vaste pour tester les armements et stratégies militaires).

Ce que nous disons, Reactionism Watch, est simple : armées impérialistes, hors d’Irak ! Ni hégémonie, ni assimilation, ni occupation !

Ce qu’il nous reste à savoir, c’est quand que cette guerre finira.

==> Condition des enfants en Irak (2)
==> Crise humanitaire irakienne (2 – PDF) (3)
==> Planification secrète de la colonisation de l’Irak
==> Le gouvernement irakien au bord de l’éclatement
==> La présence impérialiste américaine gonfle
==> Assassinats de scientifiques irakienNEs (2) (3) (4) (5)
==> Antiwar.com – ressource d’informations anti-guerre
==> Mercenaires en Irak (2) (3) (4) (5) (6)

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Harper et le "modèle canadien" en Amérique latine

Posted by Libertad ! sur 17 juillet, 2007

Vous vous rappelez du « modèle canadien » qu’Harper et ses complices faisaient allusion ? Eh bien, maintenant, nous savons quel est son fameux modèle. C’est un modèle remarquable, très différent des autres, voire le plus meilleur du monde ! Vous voulez le connaître vous aussi ? Lisez ce qui suit :

M. Harper a fait valoir que le modèle canadien fait la promotion de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de l’économie de marché.

Il a cependant précisé qu’il se démarque du modèle américain par ses politiques de cohésion sociale, comme le régime universel de soins de santé, la péréquation et d’autres institutions progressistes.

Ce discours a été prononcé lors de sa croisade pour en Amérique Latine devant 500 personnes. Mais qui étaient ces 500 personnes qui ont applaudit suite au discours ? Sans étonnement, des hommes d’affaires et des supporters de la présidente chilienne ! Étonnant tout ça ? Non. De plus, il a affirmé que le choix était difficile entre choisir le capitalisme pur et dur des États-Unis ou l’autoritarisme de gauche de Chavez, et c’est pourquoi une troisième voie est possible : le modèle canadien.

Le pur et dur a pour signification que le modèle américain n’est pas l’idéal à suivre, qu’il manque de « patches » droitistes, d’ultra-libéralisme et d’un système dit « universel » comme la santé ; pour ce qui est de l’autoritarisme de gauche, c’est une façon de qualifier Chavez de dictateur et d’accuser ses politiques – soutenues par des millions de personnes – contre la privatisation d’antidémocratique qui vont à l’encontre des libertés (un grand mot de la Droite).

Certes, cela nous étonne pas. Comme nous le savons, le Canada se doit d’amener des idées capitalistes dans cette cours arrière des États-Unis qu’est l’Amérique latine. Vous savez, ces mêmes mots répétés depuis des siècles comme « démocratie », « liberté » avec tout ces beaux espoirs et concepts dans le but d’éliminer ces dangeureux trafiquants de drogues, ces militaristes corrompus et totalitaires, ainsi que ces petits « Che Guevara » en colère et anti-démocratiques. Bref, dans toute l’affaire, c’est nous les gentils et eux les barbares corrompus, méchants, dictateurs, socialistes… ces sacrés socialistes

En vérité, le Canada n’a strictement aucune leçon à donner aux pays d’Amérique du sud. N’oublions pas que le gouvernement Harper a été élu par moins de 17% de population*, et qu’il continue quand même une guerre injuste en Asie centrale pour enrichir les patrons des compagnies de pétrole – ces mêmes qui parlent de privatisation à journée longue uniquement pour leurs profits et leurs intérêts.

Pendant ce temps là, le modèle bolivarien encouragé par Hugo Chavez prend de l’expansion, et c’est tant mieux ! Nous savons qu’il est une excellente alternative contre le capitalisme à l’américaine, le tout avec plusieurs socialisme et ça fonctionne. Nous pouvons même dire que cela dérange les États-Unis et tous les droitistes puisque leurs intérêts, leur bourgeoisie et leur Élite ne possède plus autant de pouvoir qu’avant. Par contre, pour nous, gauchistes, c’est une victoire contre la dictature du Capital et une défaite du néolibéralisme qui a ravagé la région depuis des décénnies.

Le Premier ministre a également ajouté que, pour jouer un tel rôle en Amérique latine, le Canada a besoin de partenaires et il a assuré ses interlocuteurs, du même souffle, que le Canada n’a ni la tradition ni les capacités de conquérir ou dominer ses partenaires.

Bien que le Canada ne possède pas les capacités nécessaires pour dominer les pays étrangers par la voie impérialiste, cela ne l’empêche pas de tenter le coup par les moyens dont il dispose ! Nous n’avons qu’à regarder le cas d’Haïti ou plus particulièrement celui de l’Afghanistan où la présence canadienne influence considérablement le mode de vie et la politique du pays sous présence impérialiste.

Bref, notre torie préféré tente de surpasser les fameux talents de George W. Bush par ses propres discours à saveur impérialiste ! Vous n’avez qu’à l’écouter parler et l’entendre dire combien le Canada est fort, en santé, en pleine croissance, bien structuré au point d’affirmer que ce sera la prochaine puissance mondiale ! Et, pour commencer, il a choisi l’Amérique Latine !

P.S.: N’oubliez pas qu’Harper, tout en ridiculisant les propos fait à l’encontre du président colombien Alvaro Uribe, l’a qualifié d’allié et de démocrate et lui propose même avec le Pérou un libre-échange. C’est aussi le même qui, un jour, déclara le protocole de Kyoto comme un complot socialiste ; qualifia Chavez de dictateur ; légitima l’invasion barbare d’Israël sur le Liban ; coupa sèchement l’aide financière à la Palestine [occupée]. Tout pour avoir une bonne crédibilité !…

… au sein de la Droite, bien sûr…

*Il n’y a pas plus que 64,7% de gens qui ont voté aux élections fédérales (Je prends exemple sur le Canada). Ce qui veut donc dire 23 054 615 ont voté. Sur ce nombre, 36,3% ont voté pour le Parti Conservateur. Ce qui veut dire donc 5 374 071 ont voté pour ce Parti. Donc, nous sommes menés par un parti politique qui correspond à 5 374 071 de 30 007 094, soit 17,9% de la population canadienne apte à voter. La population totale étant de 32 623 490 personnes, cela représente donc 16,47%. (Source : Élections Canada, Février 2006)

==> Harper propose une troisième voie à l’Amérique du Sud
==> Stephen Harper rabroue Amnistie et compagnie
==> Harper promet 100 000$ de plus en aide
==> Harper courtise l’Amérique Latine

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Comment reconnaître un gauchiste ?

Posted by L'Agitateur sur 17 juillet, 2007


Selon « Juge Anti-Gauchistes », un groupe d’enquêteurs (il est possiblement seul) cherchant à analyser la Gauche et ses adhérants, les gauchistes sont dangereux et représentent une menace pour l’humanité. En effet, ce petit groupe vise à identifier les gauchistes et permettre au public de les repérer dans la rue ou tout autre lieu public quelconque. Ils tentent de connaître et comprendre le fonctionnement du gauchiste et sa psychologie.

Voici quelques exemples qui décrivent parfaitement la mentalité et la composition biologique d’un gauchiste. Veuillez prendre des notes !

  • Le gauchiste est un taliban de la pensée unique.
  • Le gauchiste est incapable de créer.
  • Le gauchiste s’identifie avec un monde de vaincus.
  • Le gauchiste est par nature antidémocratique.
  • Le gauchiste a une mentalité de loser.
  • Le gauchiste n’a aucun respect pour les libertés des citoyenNEs.
  • Le gauchiste est un frustré de naissance.
  • Le gauchiste est persuadé que la société n’existe pas.
  • Le gauchiste croit que la réalité n’existe pas.
  • Le gauchiste possède sa propre réalité (dans sa tête).
  • Le gauchiste crache toujours dans la soupe.
  • Le gauchiste n’a aucun respect pour son pays.
Alors ? Vous avez noté ? Voilà ce que représente un gauchiste, et ce n’est qu’un avant-goût car il y en a des dizaines d’autres plus explicites que ces lignes du haut. Le gauchiste, en gros, représente le Mal, l’Ennemi, le Méchant, le Cruel, le Criminel, l’Assassin, le Grotesque, le Nazi, le Fasciste, et plus encore.

Le gauchiste serait, pour le Juge Anti-Gauchistes, un ennemi de la démocratie et de la liberté. Selon lui, il représente une menace pour le monde entier et il doit être dénoncé. C’est par ces propos que nous disons que ce bouffon fantaisiste hallucinant des théories descriptives sur la Gauche et sa lutte contre l’inégalité, l’injustice et l’Élite n’est en fait qu’un droitiste davidien. Vous savez, ce genre de droitiste qui ne sait que mentir, corrompre et manipuler le public pour avoir son appuie, que ce soit bien ou mal.

Pour faire plaisir à la Droite Québécoise, voici une excellente image qui représente à quoi un « communisto-fasciste antidémocratique et parasite de la société » ressemble :Sacré gauchistes !

==> Juge Anti-Gauchistes
==> Le Blogue du Juge Anti-Gauchistes
==> Le profil gauchiste selon JAG
==> Le Blogue de gauchistes frustrés de naissance.

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Equateur : le référendum porte un coup à l’impérialisme

Posted by L'Agitateur sur 2 juillet, 2007

Un autre texte reçu par courriel, disponible sur le site La Riposte, traite de la victoire de la gauche en Équateur et de la montée anti-impérialiste et anticapitaliste dans toute l’Amérique latine. Voici le texte en question :

En votant massivement en faveur de la convocation d’une Assemblée Constituante, le 15 avril dernier, les paysans et les travailleurs équatoriens ont porté un coup sévère à l’oligarchie du pays. Les résultats du référendum sont sans appel : le « oui » l’emporte avec 5 300 000 voix (81,7 %) contre à peine 824 000 voix pour le « non » (12,4%).

L’ampleur de cette victoire a surpris tout le monde. Le « oui » n’a réuni moins de 80 % des voix que dans 3 des 22 provinces du pays. La campagne qui a précédé ce référendum était extrêmement polarisée. Tous les partis traditionnels du pays militaient contre la proposition du président Rafael Correa, élu en novembre 2006 avec 58 % des voix, de convoquer une Assemblée Constituante. Comme on l’a déjà vu au Venezuela, les médias privés équatoriens ont lancé une campagne très virulente contre Correa, l’accusant d’être « un communiste et un autoritaire », et cherchant à salir sa personne et sa famille en fouillant dans son passé. Mais comme au Venezuela, cette campagne hystérique n’a eu aucun effet sur les masses du pays, qui en votant « oui » ont massivement marqué leur opposition à l’ensemble du système politique « traditionnel ».

Le résultat de ce référendum ne peut être compris qu’à la lumière des mouvements sociaux et révolutionnaires qui, depuis dix ans, secouent l’Equateur. En 1996, Abdalah Buccaram – rapidement surnommé « Abdalah le fou » – a été élu président du pays sur un programme très « populiste », promettant tout à tout le monde. Mais très vite, Buccaram a mis en œuvre le programme économique du FMI, ce qui a provoqué une grève générale, en février 1997. Buccaram a tenté, en vain, de réprimer le mouvement, et a du finalement fuir le pays.

Le président qui a pris la relève, Jamil Mahuad, a suivi la même politique réactionnaire que son prédécesseur. En janvier 2000, sa décision de dollariser l’économie du pays a provoqué un mouvement révolutionnaire qui a culminé dans un soulèvement national et dans l’établissement d’un « Parlement des peuples ». Ce organe a brièvement pris le pouvoir – pendant deux jours – avec l’appui de quelques officiers de rang inférieur.

Bien que ce mouvement ait été détourné dans les canaux du parlementarisme bourgeois, il a permis à l’un des officiers « rebelles », Lucio Gutierrez, d’accéder à la présidence du pays en novembre 2002. Du fait de son implication dans le soulèvement de janvier 2002, Gutierrez est arrivé au pouvoir avec le soutien des organisations des travailleurs et des paysans, qui plaçaient beaucoup d’espoirs en lui. Mais Guiterrez ne tarda pas à doucher ces espoirs. Il s’attaqua directement au mouvement syndical et poursuivit le désastreux programme d’« ajustement structurel » préconisé par le FMI. Une nouvelle fois, les masses équatoriennes se mobilisèrent et réussirent à le destituer, en avril 2005. Un gouvernement provisoire fut constitué, dirigée par Alfredo Palacios, avec Rafael Correa comme ministre des finances. Mais la décision de Palacios de signer l’Accord de Libre Echange (ZLEA) avec les Etats-Unis provoqua d’énormes manifestations, en mars 2006. Pour protester contre la politique économique de son gouvernement, Rafael Correa démissionna, puis fut élu à la présidence de la République, en novembre 2006.

Ainsi, en l’espace d’une décennie, la jeunesse, les travailleurs et les paysans équatoriens ont renversé pas moins de 4 gouvernements ! Cela montre les vastes réserves d’énergie révolutionnaire dont dispose ce peuple en pleine ébullition. Il ne fait aucun doute que l’exemple de la révolution vénézuélienne a joué un rôle de premier plan dans ces mobilisations successives. Elle est une source d’inspiration pour tous les peuples d’Amérique latine.

Le gouvernement Correa

Correa a été élu sur un programme qui comprenait le refus de signer l’Accord de Libre Echange avec les Etats-Unis, l’évacuation de la base militaire américaine, à Manta, et l’organisation d’un referendum sur la convocation d’une Assemblée Constituante – que les masses équatoriennes ont considéré comme un moyen de se débarrasser d’un système politique dominé par les 200 familles qui constituent l’oligarchie équatorienne. Les travailleurs et les paysans équatoriens voient aussi dans l’Assemblée Constituante un moyen de transformer radicalement leurs vies.

Même si le programme de Correa n’est pas un programme socialiste de nationalisation de l’économie et de gestion démocratique de celle-ci par les paysans et les travailleurs, son intention d’introduire des réformes progressistes, appuyées par des mobilisations populaires, constitue une menace directe pour les « capitaines de l’industrie », les grands propriétaires terriens, les banquiers et les gérants des plantations bananières. Si Correa reste fidèle à son programme, il est inévitable que les « 200 familles » organiseront un soulèvement militaire contre lui – comme elles l’ont fait au Venezuela, en avril 2002.

Immédiatement après le résultat du référendum, Correa a annoncé que l’Equateur allait solder sa dette auprès du FMI, puis rompre tous ses liens avec cette institution et expulser du pays les représentants de la Banque Mondiale. Cette décision – que le gouvernement vénézuélien vient de prendre, à son tour – est certes moins radicale qu’un refus pur et simple de payer la dette extérieure. Mais elle a de toute évidence une grande portée symbolique, dans l’esprit des masses – mais aussi dans celui des représentants de l’oligarchie et de l’impérialisme, qui y voient à juste titre un acte de défi à leur encontre.

Tout comme son homologue Hugo Chavez, le président Rafael Correa s’est prononcé en faveur du socialisme. Mais l’expérience vénézuélienne nous montre que, pour mettre en œuvre un changement radical et révolutionnaire de la société, les masses ne peuvent compter que sur leur propre force, leurs organisations et leur mobilisation. L’Assemblée Constituante peut être utilisée par les masses comme un moyen de porter des coups à l’oligarchie. Ainsi, Luis Macas, le dirigeant de la CONAIE, la puissante confédération paysanne indigène, a déclaré : « Nous allons gouverner à travers l’Assemblée Constituante. Nous allons balayer le vieil Etat et mettre un terme aux vieux privilèges d’une poignée de riches. » Cependant, en elle-même, l’Assemblée Constituante ne pourra pas résoudre tous les problèmes. Dans sa lutte passionnée pour améliorer ses conditions de vie, le peuple équatorien a élu et renversé plusieurs gouvernements, au cours des dix dernières années. Mais il n’atteindra son but, au final, que lorsqu’il aura directement pris le contrôle des principaux leviers de l’économie.

La période à venir verra une intensification de la lutte des classes, en Equateur. Les éléments les plus conscients de la classe ouvrière et de la paysannerie doivent tirer toutes les conclusions qui s’imposent de l’expérience de ces dernières années, et offrir une direction claire, reposant sur un programme socialiste, à la magnifique énergie révolutionnaire du peuple équatorien.

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La défaite d’Israël et des collaborateurs du Fatah à Gaza

Posted by L'Agitateur sur 1 juillet, 2007

Ceci est une analyse à lire d’urgence concernant le conflit israélo-palestinien, et particulièrement depuis ces dernières semaines dans la Bande de Gaza. Voici l’analayse en question :

I – Echecs des plans israéliens d’écrasement de la résistance palestinienne

1. La stratégie du chaos

La victoire militaire de la Force Exécutive du Hamas à Gaza face à la Sécurité Préventive du Fatah à la mi-juin 2007 compromet sérieusement les chances de réussite du plan israélien d’élimination des cadres du Hamas et de déstructuration de la résistance palestinienne.

Depuis le début de la Seconde Intifada (2000), Israël a intensifié sa politique d’assassinats ciblés dans l’objectif de priver la résistance palestinienne d’une direction politico-militaire et ainsi de plonger les territoires occupés dans le chaos.

Ainsi furent tués Abou Ali Moustapha en aout 2001 (leader du FPLP), Salah Shéhadé en juillet 2002 (fondateur des Brigades des Martyrs Ezzedine Al Qassam), Ismail Abou Chanab en aout 2003 (dirigeant du Hamas), Cheikh Yassine en mars 2004 (fondateur du Hamas), Mohamed Al Rantissi en avril 2004 (N°1 du Hamas), Arafat en novembre 2005 (fondateur de l’OLP et leader historique du mouvement national palestinien) et bien d’autres martyrs.

Cette stratégie du « chaos organisé », alimentée par le soutien apporté au Fatah contre le Hamas, vise à rendre la domination israélienne plus sure et par là ôter aux Palestiniens toute velléité d’indépendance.

Ce type de stratégie bien qu’avec des modalités différentes, a été mené en Irak par l’allié étatsunien qui a allumé le feu de la discorde entre les communautés chiite et sunnite ou entre les Kurdes et les Arabes.

Cette stratégie de décapitation de la résistance palestinienne a montré ses limites puisqu’elle n’a pas réussi à affaiblir le Hamas qui a gagné les élections législatives de janvier 2006 et a ainsi pu former son premier gouvernement.

2. La stratégie de contre-insurrection après la victoire du Hamas aux élections

Mais aux yeux des dirigeants sionistes, cette stratégie s’est avérée plus urgente encore.

Parce que le Hamas a prouvé par sa victoire qu’il était populaire et le seul vrai représentant du peuple palestinien.

Parce qu’il allait remplacer au pouvoir une élite corrompue et collaboratrice qui a sacrifié la cause palestinienne pour ses intérêts mesquins de bourgeoisie malingre et pour ceux de ses maîtres sionistes.

Parce que le peuple palestinien allait enfin pouvoir souffler et reprendre des forces après la Seconde Intifada et les dures épreuves qu’Israël lui avait fait subir.

Parce qu’enfin le Hamas n’a jamais reconnu officiellement Israël et qu’il est porteur du projet de libération de la Palestine.

Mais le pouvoir sioniste acculé s’entête à maintenir une ligne stratégique improductive.

Détruire l’organisation de la résistance par tous les moyens : assassinats, arrestations et, depuis la formation du gouvernement Hamas, blocus israélien et international, rétention des recettes fiscales palestiniennes.

Israël veut faire payer le prix à la population de son vote Hamas et rendre la situation invivable dans les territoires occupés pour l’obliger à se désolidariser du mouvement islamiste.

C’est une stratégie de contre-insurrection classique qui ressemble au blocus de Cuba par les Etats-Unis et par certains cotés aux razzias menées par la France en Algérie.

La « communauté internationale », c’est-à-dire les Etats-Unis et l’Union Européenne, a apporté son aide à Israël en privant les Palestiniens de ses aides financières. Cette même communauté, prosélyte en matière de principes démocratiques, ne veut pas reconnaître un gouvernement élu le plus démocratiquement possible.

Mieux encore, elle soutient bec et ongles la tendance putschiste du Fatah.

Les dirigeants occidentaux, une espèce qui ne croit pas aux valeurs qu’elle déblatère en boucle, des hypocrites et de fieffés menteurs !

3. Les collaborateurs du Fatah

Dans ce rude contexte d’isolement des Palestiniens, le Fatah a multiplié les provocations, engageant un bras de fer armé avec le Hamas en croyant pouvoir récupérer par la force le pouvoir qu’il avait perdu par les urnes.

En cela il a été aidé par Israël qui lui a fourni des armes et qui a épaulé ses interventions par les bombardements de l’aviation.

En sens inverse, la tendance collaboratrice du Fatah dirigée par Mohamed Dahlan livrait les informations nécessaires pour éliminer certains dirigeants du Hamas.

La facilité avec laquelle le pouvoir sioniste a liquidé de nombreux chefs de la résistance ne laissait que peu de doutes sur l’existence de traîtres à l’intérieur du Fatah d’autant plus que ce parti s’était à maintes reprises fait remarquer par de hauts actes de collaboration : arrestations et tortures de militants du Hamas, livraison des détenus à l’ennemi sioniste (offensive de mars 2002 à Jenine), détournement de fonds publics, etc.

4. Victoire du Hamas, victoire du peuple

La victoire éclair du Hamas à Gaza a été rendue possible par le puissant soutien populaire à l’instar de la victoire du Hezbollah à l’été 2006 face à Israël. La fusion des combattants avec le peuple, l’appui logistique et tactique apporté par la population constituent un atout majeur pour la guérilla.

Mais au-delà des facteurs matériels, les facteurs moraux tiennent une place importante. Car la mobilisation populaire se communique aux résistants sous forme d’énergie combative, la puissance du groupe galvanisant chacun de ses membres.

A cela il faut ajouter la détermination et l’abnégation qui résultent de la foi et de convictions politiques structurées, fortes, justes.

Le camp d’en face, les partisans zélés d’Abbas et Dahlan, n’ont pas brillé par leur acharnement au combat. Au bout de 3 à 4 jours, les cadres de la Sécurité Préventive avaient plié bagages qui pour l’Egypte, qui pour la Cisjordanie, qui pour Israël, laissant derrière eux leurs combattants en déroute.

II – Les causes de la « guerre » inter-palestinienne

Les causes de cet affrontement relèvent à la fois du passé et du présent.

1. Oppositions sociologiques et politiques entre Hamas et Fatah

Le Fatah et le Hamas sont deux partis différents au niveau de leur représentation sociologique et diamétralement opposés par leurs projets politiques. Le Fatah est le parti de la « bourgeoisie palestinienne », des entrepreneurs, des voleurs et d’une clientèle de fonctionnaires. Le Hamas est un parti interclassiste à dominante populaire.

Sur le plan politique, le Fatah contemporain n’est pas une organisation qui lutte pour la libération de la Palestine et le droit à l’autodétermination même si en paroles il maintient l’horizon vaporeux de la Palestine de 67.

Or l’histoire a montré qu’Israël n’a jamais cessé son entreprise coloniale en Palestine, au Liban, en Syrie ou en Egypte. Son économie capitaliste a besoin de toujours plus de territoires, de ressources naturelles, de marchés.

L’émergence d’une économie palestinienne florissante aux portes d’Israël est impensable du point de vue de la concurrence. L’exemple de l’Irak des années 80 est parlant à cet égard.

D’autre part, l’appel des dirigeants sionistes aux juifs du monde entier à venir s’installer en Palestine va à l’encontre de l’idée d’un arrêt de la colonisation. Israël n’est pas prêt à stopper le mouvement colonial, encore moins à céder des territoires, sauf à se nier lui-même.

C’est pourquoi l’idée d’un Etat palestinien dans les frontières de 67 est purement rhétorique et permet d’afficher un semblant d’idéal nationaliste.

Le Fatah contemporain est le produit des Accords d’Oslo, un parti qui a joué la compromission avec Israël, qui accepte l’occupation et la poursuite de la colonisation, qui gère la situation politique au profit d’Israël. Un parti qui espère faire fructifier quelques intérêts bourgeois à l’ombre du pouvoir israélien. En résumé, un parti de supplétifs.

Le Hamas est un parti authentiquement nationaliste, mu par la volonté populaire de libération de la Palestine, qui n’a jamais reconnu officiellement Israël.

Crée en 1987, il est le produit des deux Intifada qui ont secoué la Palestine. La première Intifada a permis son essor, le seconde a assuré sa victoire aux élections puis militairement.

L’organisation du parti a fait preuve de solidité dans les épreuves qu’elle a dû affronter. Malgré le caractère massif des assassinats et des arrestations, le parti a su se maintenir et même gagner du terrain.

Plus Israël cherchait à se débarrasser des organisateurs du Hamas et plus croissait le nombre de militants, de cadres et de leaders à la hauteur de leurs tâches et des événements. Telle est la fécondité des situations révolutionnaires. Elles créent les hommes qui potentiellement peuvent mener à terme cette révolution.

Reste aux hommes à convertir en actes ce qui était contenu en germe. Le Hamas a par ailleurs démontré des qualités de maîtrise de soi, de patience et de maturité. Il a toujours essayé de contenir le conflit avec le Fatah au nom de l’unité de la Nation palestinienne, refusé de répondre aux provocations, fermé les yeux sur les multiples trahisons, emprisonnements et séances de tortures qu’infligeait le parti adverse.

Il a même proposé un gouvernement d’union nationale après sa victoire aux élections que le Fatah a refusé dans un premier temps et que les Accord récents de la Mecque de février 2007 ont réalisé.

La guerre intestine que le Fatah menait au Hamas a gagné en intensité à partir de la victoire de ce dernier aux élections de janvier 2006. Le parti d’Abbas et Dahlan n’a jamais renoncé au pouvoir et à ses subsides.

2. Une guerre pour la survie

La situation est devenue critique à la mi-juin 2007 et s’est soldée par la défaite des collaborateurs. La bataille livrée par le Hamas est un tournant vis-à-vis de sa politique d’apaisement et s’explique par une question de survie.

Avoir contre soi Israël, la « communauté internationale », les gouvernements arabes, faire face au blocus imposé, supporter les agissements du Fatah qui rendait les territoires palestiniens ingouvernables, sans parler des informations selon lesquelles Israël et le Fatah préparaient une opération d’envergure d’élimination des leaders du parti, toute cette situation posait comme seule alternative : la lutte ou la mort.

Résultat : Gaza est le premier territoire palestinien libéré de toute tutelle israélienne.

C’est un point extrêmement positif dans la mesure où c’est le premier recul net d’Israël en territoire palestinien. L’entreprise sioniste, sous les coups de boutoirs de la résistance palestinienne, commence à dépérir.

Un Etat qui s’est donné pour finalité politique l’expansion, qui s’est construit autour de ça, et qui est forcé de se recroqueviller, va à sa perte.

3. Perspectives

Pour l’instant, la stratégie choisie par l’Etat sioniste est d’encercler la bande de Gaza, de l’étouffer et de soutenir la partition avec une Cisjordanie qui serait contrôlée par le Fatah.

C’est ainsi qu’avec la conspiration des Etats arabes, l’Egypte en tête, elle cherche à tuer un mouvement révolutionnaire.

A court ou moyen terme, tout dépendra de l’évolution politique de la Cisjordanie. Si le processus engagé à Gaza se poursuit en Cisjordanie, si le mouvement islamiste finit par contrôler cette région, les impérialistes et leurs acolytes auront bien du souci à se faire.

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