Reactionism Watch

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Posts Tagged ‘Prisonnier politique’

Le cirque commence…

Posted by sylvainguillemette sur 10 août, 2010

Hier, lundi, 9 août 2010, la poursuite de Guantanamo a rejeté les requêtes de l’avocat de l’enfant-soldat Omar Khadr, en ce qui concerne ses avoeux obtenus sous la contrainte et la torture. Aujourd’hui, la poursuite procède déjà à la sélection du jury, qui rappelons-le, sera composé uniquement de membres de la défense nationale, s’assurant ainsi du verdict déjà connu de toutes et tous.

Pourtant, Omar Khadr était un enfants-soldat au moment de sa capture et le crime dont il est accusé est le lancer d’une grenade à ses ennemis, comme pourtant, tous les soldats lancent dès leur entraînement militaire –en imaginant l’attaque d’ennemis-, de quelque pays qu’ils soient. Et de plus, la grenade ayant tué le soldat états-unien était de fabrication états-unienne, ce qui laisse croire à une mort due à un tir ami. En effet, une M-67 serait responsable de la mort du soldat envahisseur.

Mais le plus aberrant dans tout cela, c’est qu’Ottawa, qui a signé la convention sur les enfants-soldats, a le pouvoir de rapatrier le seul prisonnier occidental qui demeure à la prison illégale de Guantanamo, qu’Obama promettait en période d‘élection de fermer. Et rappelons qu’il s’agit du plus jeune prisonnier de cette prison illégale, où la torture et les séquestrations arbitraires et sommaires sont de coutume. Ottawa pourtant, plus tôt, a même participé à la torture du jeune enfant-soldat capturé, via ses agents du SCRS.

Les conservateurs d’Ottawa sont identiques aux conservateurs états-uniens, ils ont les mêmes intérêts et sont prêts à nous imposer les mêmes contradictions pour arriver à leurs fins. Par exemple, s’il fallait tenir compte du crime d’Omar Khadr, et reconnaître ce crime tel qu’un crime, il faudrait alors enfermer une bonne partie soldats états-uniens et canadiens, pour le même crime décidément, et pour bien d’autres conséquemment.

Le procès de Khadr est un cirque, et à l’instar des procès staliniens, il est sommaire et arbitraire. Guantanamo est entrain de juger un prisonnier de guerre, capturé pendant une invasion, une occupation, un Coup d’État et la mise en place d’une dictature pétrolière amie, tout cela, rappelons-le, déclenché sur un argumentaire mensonger selon lequel Ben Laden aurait fait sauter les tours du World Trade Centre.  Or, la CIA n’a pas de nouvelle de ce dernier depuis plus de 9 ans et les troupes de l’OTAN préparaient le terrain en Afghanistan bien avant le 11 septembre 2001, d’après Denis Morisset, ancien membre des JTF2 ayant participé à ces missions de préparation.

Il faut à tout prix diminuer la portée de ce procès et le condamner partout sur Terre. Ce serait un vif et dangereux précédent pour les victimes de l’Empire états-unien.

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Cuba libère les terroristes et putchistes cubains

Posted by sylvainguillemette sur 14 juillet, 2010

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Sur un fond de plus sincères préoccupations

Cuba libère les terroristes et putchistes cubains qu’elle a arrêté en 2003, sans trop en faire de cas, certainement plus concernée par la potentielle guerre qui pourrait se dérouler vers la fin Juillet 2010, en Iran –mais qui déborderait de ces frontières…-.

C’est qu’une armada de grande envergure s’est placée en position de siège aux frontières de l’Iran, formée des armées navales, aériennes et terrestres états-uniennes et israéliennes. Certains de ces navires et sous-marins de guerre sont armés de «missiles à multiples têtes nucléaires», rappelant là la contradiction des propos paranoïaques de cet Axe avec ses gestes. Sans parler des mensonges sur l’Iran, qu’on nous avait répété sous George W. Bush Jr, à propos de l’Irak de Saddam Hussein –l’Axe du mal…-.

Les mensonges médiatisés d’un Empire

Mais pour revenir à Cuba, et je tiens à y revenir, il serait d’emblée opportun pour tout débat clair à ce sujet, sans totalitarisme, de mettre les faits au jour. Les dits «dissidents» n’étaient de fait que des traîtres à la nation drapés dans des linceuls de «révolutionnaires». Foutaise. Ces dits dissidents furent arrêtés avec du matériel subversif –prévoyant nuire à l’État de Cuba ou le renverser-, fourni par un État étranger. Le même crime, si commis aux États-Unis d’Amérique, est passible de la peine de mort, à titre de HAUTE TRAHISON.

De plus, nous connaissons la haine de Washington vis-à-vis le socialisme, elle qui est sous gouverne bourgeoise, de toute évidence. Et encore, tout honnête historien sait très bien par quels massacres –commis chez d’autres nations, contre celles-ci – sont passés les États-Unis d’Amérique pour arriver à leur hégémonie actuelle. Il faudrait donc tout un culot pour nier l’impérialisme des États-Unis d’Amérique, sachant qu’ils ont renversé officiellement plus de 45 États dans le monde en moins d’un siècle, qu’ils ont imposé les pires dictatures après le stalinisme et le nazisme, qu’ils ont massacré des millions d’êtres humains au nom de «leurs valeurs» partout dans le monde, qu’ils tirent les cordes sur plusieurs autres «démocraties» et qu’elle impose ses visions par les armes, tant économiques que par les armes à feu.

Durant des décennies, et plus encore, Washington a fait fi des autres nations avec qui elle partageait la Terre. Durant plusieurs décennies, Washington a bafoués toutes les règles élémentaires de «démocratie des autres nations», Washington a fait tuer ses opposants idéologiques partout sur la Terre. Elle a enlevé des millions d’individus, en a torturé autant et exécuté l’équivalent, sommairement, arbitrairement. Washington est sur tous les théâtres internationaux où il y a lutte de pouvoir. Et précisément lorsque le socialisme était du jour, Washington y était aussi, avec ses sbires, ses assassins, ses comploteurs, ses tortionnaires, ses saboteurs, ses terroristes, bref, ses agents de la CIA. Elle a même assassiné des présidents démocratiquement élus alors qu’ils étaient en fonction (Patrice Lumumba entre autre). Cuba n’y a pas échappé.

Tout au long des années où Cuba semblait s’isoler des autres nations du monde, de fait, ce n’était qu’un faible bassin de pays, apeuré par les menaces états-uniennes, qui faisait écho de ces menaces illégales et antidémocratiques. En réalité, plus de 190 pays de l’ONU condamnent depuis plus de 17 ans le Blocus exercé contre Cuba, et ces pays ont aujourd’hui des ententes sociales et commerciales avec l’île assiégée. Mais la réalité,  c’est que le droit d’exercer un Veto à l’ONU diminue toutes chances d’exercer la démocratie en son sein, et chaque fois qu’une condamnation des États-Unis d’Amérique ou de ses sbires a vu le jour, le droit de Veto était appliqué. Autrement dit, selon l’ONU et ses règles, Washington n’a jamais commis de crime à l’égard des autres nations (comme contre Cuba), ne commettra jamais de crimes à l’égard de ces nations et peut faire la morale aux autres nations, chez lesquelles  «elle ne commet pas de crime selon l’ONU»… Aberrant. Mais pourtant vrai.

Alors aujourd’hui, Washington et l’Union Européenne, toutes deux très en de ça des exemples qu’elles aimeraient que Cuba et les autres soient, font la comédie et manipulent l’information médiatique, au point d’en rendre Cuba coupable d’avoir emprisonné, pourtant, des gens qui auraient risqué la peine de mort aux États-Unis d’Amérique (pour haute trahison), pour le même crime. Et en réalité, ces putes à bourgeois –dont certains étaient bourgeois également-, nostalgiques de l’époque de Batista, où la bourgeoisie régnait en maître sur l’île déjà assiégée à cette époque, sont financées, armées et entraînées par Washington. Quant à l’Union Européenne, je vous renvois au fabuleux travail de monsieur Salim Lamrani, qui en avait long à dire sur les doubles-mesures qu’imposent celle-ci à Cuba.

La dissidence cubaine ne représente pas la volonté d’une nation.

Et si la dissidence cubaine était fabriquée de l’extérieur? Et si la dissidence n’était de fait qu’une poignée de gens financée à très haut niveau par la maison blanche? Eh bien! C’est précisément le cas! La maison blanche a bel et bien financé et organisé ces dissidents, qui ne représentent en rien la volonté de la population de l’île assiégée, assiégée ironiquement par les employeurs de ces dissidents!

En réalité, la population de Cuba, même si elle aimerait détenir plus de matériel et jouir comme d’autres, de ces babioles inutiles qu’on empile et refoule aux sites d’enfouissement ici, n’envie aucunement la liberté individuelle capitaliste, qui n’instaure au fait, que la liberté d’entreprendre à ceux qui en ont les moyens. Et par conséquent, qui dit moyens d’entreprendre, dit moyens d’exploiter. Et je ne crois pas que les Cubains sont envieux de la situation des pays de son calibre économique. Les Cubains n’envient certainement pas le système de santé dominicain, ou celui du Panama ou du Ghana. Et je ne crois pas non plus que les Cubains envient les États-uniens pour le leur, qui laisse en plan une population grosse comme cinq fois celle de Cuba!

En réalité, l’insurrection commandée par Washington n’est jamais venue.  Leur plan a échoué, et aujourd’hui, les Cubains peuvent regarder en arrière, puis en avant sans honte, sans remettre en question le socialisme lui-même. Les États-uniens ne peuvent pas en faire autant, sauf si les massacres ne les dégoûtent pas, et sauf si la démocratie ne leur est que superficielle. À toutes les nations que Washington a fait souffrir, les États-uniens ne s’en sont jamais excusé, tout au contraire! Ils ont récidivé. Et ils menacent aujourd’hui l’Iran, parce qu’elle voudrait faire ce que Washington fait, elle et ses sbires –Israël et les États-Unis d’Amérique possèdent un arsenal nucléaire qu’ils interdisent à l’Iran, défaite de la dictature du Sha. Car sous le Sha, Washington avait tenté de nucléariser l’Iran! Ironie? Non! Hypocrisie! Les armes nucléaires ne dérangent guère Washington, c’est «qui les possède» qui gêne amplement Washington, qui en possède également.-.

En réalité, la dissidence n’était qu’un groupe de mercenaires, à la solde de Washington. Ils ne représentaient pas un courant, ni une volonté populaire. Au contraire, les Cubains continuent après 50 ans de croire que c’était le bon choix, la bonne chose à faire que de nationaliser les moyens de production cubains. Mais c’était surtout leur droit, que n’ont pas respecté Washington et ses sbires. Et pour punir Cuba, Washington lui a imposé un Blocus illégal, d’ailleurs condamné par l’O.N.U.. Ensuite, étant donné que Washington ne s’arrête jamais à la légalité des choses, elle a orchestré des tentatives d’assassinat de Fidel Castro. Comme elle l’a fait pour d’autres dirigeants qui ne lui plaisaient pas ailleurs dans le monde. Ces tentatives vaines, Washington a fait du sabotage, largué des produits chimiques et bactériologiques sur les champs et les élevages cubains. Elle a ensuite financé du terrorisme. Par exemple, la CIA, l’organisation terroriste états-unienne par excellence,  a organisé des groupes de commandos, en vue de débarquer sur l’île cubaine et d’y installer un régime docile et servile –cela se passe en 1961, deux ans après la chute de Batista, le pion de Washington…-. Le débarquement de la Baie des cochons raté, Washington se venge sur les Vietnamiens, qu’elle tuera par millions avec ses épandages de l’Agent Orange et le largage 22 millions de tonnes de bombes –Sous de faux prétextes, aujourd’hui démentis, que la flotte états-unienne était attaquée par le Vietnam!-!

Plus tardivement, Washington paiera des mercenaires tels que Luis Posada Cariles –Elle le payait déjà depuis au moins 1961, où il a participé, lui aussi, au débarquement raté de la Baie des cochons.- pour «terroriser l’État cubain». Celui-ci posera des bombes dans des discothèques et des hôtels cubains. Puis, le 6 octobre 1976, il fait exploser l’avion commercial cubain 445, ce qui a coûté la vie à 73 personnes à la Barbade, incluant toute l’équipe junior d’escrime cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains. Bref, Washington qui interdit aux États de l’Axe du Mal de faire du terrorisme, ose se permettre ces droits qu’elle nie aux autres. -Ce n’est pas sans rappeler que dans les années 90, c’est Washington qui faisait exploser les voitures de Bagdad!-

Finalement, tout ce que l’on peut réitérer, c’est que Cuba vient de relâcher une bande de terroristes sans scrupule, financés à même les impôts des prolétaires états-uniens, pour accomplir ce que ces mêmes prolétaires états-uniens tentent soit disant de combattre dans des pays souverains, en y laissant leur vie. Cuba vient de laisser s’échapper des traîtres qui sans l’ombre d’un doute, récidiveront, au nom du ô capital et des intérêts qu’ils en retirent, manifestement.  C’est que c’est payant d’être un dissident antisocialiste…

Je ne voulais donc que corriger les mensonges honteux de nos médias de masse adorés, dont Radio-Canada, qui parle elle aussi de libération de prisonniers politiques –Assez ironique que Washington n’en dise aucun mot quant à son alliée inconditionnelle la Colombie, qui détient bien plus de prisonniers politiques que quiconque en Amérique latine!-, alors que ces gens n’ont guère été emprisonnés pour des raisons politiques, mais parce qu’elles détenaient du matériel subversif en vue de renverser l’État cubain, et que ce matériel fut fourni par un État étranger, ce qui constitue un acte de haute trahison, qui aux États-Unis d’Amérique, serait passible de la peine de mort. En bref, jamais Washington ne reconnaîtra la légitimité de ce qui se passe à Cuba, tant que celle-ci ne pliera pas au diktat de la bourgeoisie internationale, soit au salariat, donc au capitalisme. Les libertés que Washington prétend défendre, ne sont de fait que celles que les bourgeois obtiennent avec leurs capitaux, et qu’une masse laborieuse ne pourra jamais obtenir, étant donné qu’elle sera éternellement soumise au salariat de ces premiers. Les libertés que défendent donc les sbires de la bourgeoisie internationale ne sont que celles d’une minorité parasitaire, qui viennent brimer celles de la majorité populaire et laborieuse de ne pas se faire exploiter par cette minorité parasitaire qui n’a rien de légitime d’autre que le fait qu’elle possède les capitaux, dans un système économique où ces derniers sont indispensables pour jouer quelconque rôle, de quelconque importance.

Et pour terminer, j’aimerais rappeler qu’aux États-Unis d’Amérique, il existe aussi des prisonniers politiques. Plus de 1000 selon plusieurs sources indépendantes du département d’État! Même des prisonniers d’exception sans droit –GUANTANAMO-! Et les droits de l’homme ne sont pas respectés non plus, selon Amnesty International -Et cela, sans considérer les prisonniers politiques détenus dans des prisons secrètes états-uniennes à l’étranger…-. En fait, Amnesty International a un bien plus gros dossier états-unien que cubain! Et certains des «prisonniers politiques cubains» en étaient de droit commun. Par exemple, Radio-Canada et LaPresse ont parlé d’Orlando Zapata à Cuba, qui était, selon eux, un prisonnier politique. Or, Orlando Zapata était un prisonnier de droit commun, arrêté pour assaut contre son voisin et divers autres méfaits publics –exhibitionnisme par exemple-, dont l’assaut des forces de l’ordre –et les policiers de Toronto seraient très mal placés pour critiquer l’arrestation d’Orlando Zapata!-.

Les médias de masse – Les médias de masse ne vous diront pas que Cuba fut attaquée par 5 780 attentats terroristes, commis par des mercenaires à la solde de Washington, qui auront jusqu’ici coûté la vie à 3 478 personnes depuis 1959.-, même si nationalisés, ne servent que les intérêts de l’État qui les emploie, en l’occurrence ici, un État capitaliste canadien qui ne se retient pas pour féliciter les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par ses amis idéologiques du moment, au nom du ô capital.

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Mensonges et vérités dans la guerre médiatique contre Cuba par Arnold August

Posted by sylvainguillemette sur 10 avril, 2010

(Source: http://www.voltairenet.org/article164842.html)

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Le traitement médiatique récent de la mort d’Orlando Zapata et de la manifestation des Dames en blanc, à Cuba, pose un vrai cas d’école : les imputations des médias dominants sont délibérément fausses. Il ne s’agit pas d’un mensonge véhiculé par un média particulier, mais d’une campagne massive à laquelle presque tous participent. Or aucune grande holding de presse ne trouve d’intérêt direct dans cette manipulation. Il s’agit uniquement d’un système politique qui se protège en dénigrant un modèle qui le conteste.

Manifestation des Dames en blanc à La Havane pour la libération des personnes condamnées pour espionnage au profit des Etats-Unis.

La guerre médiatique qui sévit actuellement contre Cuba — et qui semble destinée à un nouvel épisode — est basée sur quatre mensonges fondamentaux :
a) Les prisonniers cubains faisant l’objet d’une controverse ont été emprisonnés en raison de leurs convictions politiques [1] ;
b) Le prisonnier Orlando Zapata Tamayo, récemment décédé des suites d’une grève de la faim qu’il avait entreprise de son propre chef, était emprisonné pour des raisons politiques [2] ;
c) Tamayo est décédé en raison de négligence ou peut-être même de gestes délibérés de la part des autorités médicales et politiques de Cuba ;
d) Les Damas de Blanco (Dames en blanc) ont été harcelées physiquement par des citoyens, puis brutalement détenus par les autorités cubaines pendant leur manifestation du 18 mars à la Havane [3].
La majorité des médias de masse à la solde de l’oligarchie aux États-Unis, au Québec, au Canada et en Europe et au sein de l’Union européenne s’arrogent le droit de mentir sur Cuba ou sur d’autres pays qui, selon des critères déterminés par les normes de l’hémisphère nord, ne représentent pas des États « convenables » sur le plan politique. Mais pire encore, c’est que les médias issus du monopole ne croient même pas devoir répondre à cette accusation des plus graves.

Voici la transcription partielle d’une entrevue diffusée le 8 mars 2010 sur la chaîne HBO entre Bill Maher et Sean Penn, acteur et producteur hollywoodien (voir vidéo ci-dessous). Cette partie de la transcription aborde le thème des mensonges propagés par les médias. On parle ici d’Hugo Chávez, mais le procédé est le même pour toutes les victimes de campagnes diffamatoires.

— MAHER : Son image médiatique [celle de Chávez] est celle d’un bouffon. Or, toi, tu es déjà allé au Venezuela. Tu le connais, tu lui as parlé. Pour ma part, tout ce que je connais d’Hugo Chávez, c’est ce que j’en lis dans les médias. Un dictateur qui s’est emparé de plusieurs branches du gouvernement et qui voudrait être président à vie. Qu’est-ce que tu connais de lui que je ne connais pas, et qui pourrait attendrir mes sentiments face à cet homme ?
— PENN : Je crois que si vous préférez que 20 % d’une population puisse réaliser ses rêves, avoir une identité et être entendue, si cela vous convient que seuls 20 % y aient accès plutôt que les 80 % à qui Hugo Chávez en a offert la possibilité, alors vous pouvez le critiquer. Vous savez, il y a beaucoup de questions complexes qui dépendent strictement de notre point de vue. Ici, aux États-Unis, nous avons beaucoup de difficulté à concevoir ce qu’a pu être l’histoire du Venezuela, de l’Amérique latine et de bien d’autres endroits. Nous sommes très mono-culturels. De plus, nous sommes aveuglés par les médias. Par exemple, dans le cas d’Hugo Chávez. Selon vous, qui, aux États-Unis, pourrait se targuer d’avoir été élu démocratiquement à la suite de quatorze des élections les plus transparentes au monde, comme l’a été Hugo Chávez ? […] Le projet de collaboration en Haïti [avec Cuba et le Venezuela], lorsque l’on parle d’Hugo Chávez et d’autres personnalités que l’on représente comme des démons […] Parce que tous les jours, ce leader élu se fait appeler « dictateur » ici, et l’on acquiesce comme si de rien n’était ! Et l’on continue d’acquiescer. […]
— MAHER : Je dois me déplacer – vers le panel.
— PENN : Désolé.
— MAHER : Non, car nous allons vous réinviter un jour, que Chávez soit ou non un dictateur.

À l’écoute de cette émission, j’ai pu constater sans peine que Maher était profondément troublé par le commentaire de Penn. Une image vaut parfois mille mots. Ici, ceux-ci en disaient aussi long que les images. Maher a changé le sujet, prétextant qu’il devait passer la parole à un membre du panel. Or, ce n’était pas vrai. Il a simplement contourné le commentaire de Penn tout en échangeant quelques blagues avec lui. Il a affirmé qu’il allait le réinviter à son émission, « que Chávez soit ou non un dictateur ». Néanmoins, ce n’est pas de cela que Penn parlait. En effet, celui-ci a plutôt rejeté les accusations portées contre Chávez en se contentant d’établir les faits selon le critère employé par la frange dirigeante états-unienne elle-même, c’est-à-dire la victoire électorale. La question était et demeure donc la suivante : comment se fait-il que les médias issus du monopole puissent mentir impunément ? Comment peuvent-ils répéter des faussetés et s’en tirer à bon compte, tandis qu’aucune mesure n’est mise en place contre ceux qui pratiquent ce qu’on appelle le journalisme jaune ?

À la lumière de ce droit au mensonge autoproclamé, regardons de plus près les quatre points soulevés plus haut.

D’abord, les prisonniers en question n’ont pas subi leur procès ni été condamnés parce que leurs convictions politiques s’opposent à celles prônées par le système cubain. Cuba, comme la plupart des pays de l’hémisphère Nord, dispose de lois qui interdisent aux individus de collaborer avec une puissance étrangère au détriment de leur propre peuple. Considérons le cas des États-Unis à travers l’exemple suivant : le Bureau de contrôle des capitaux étrangers (Office of Foreign Assets Control, OFAC) est un organisme issu du département du Trésor et tire son autorité, entre autres, du Trading with the Enemy Act (loi sur le commerce avec l’ennemi). Chaque année, le président états-unien signe un mémorandum de prorogation à la Loi sur le commerce avec l’ennemi telle qu’elle s’applique au blocus des États-Unis contre Cuba. Par exemple, Obama l’a fait le 11 septembre 2009. Ainsi, non seulement en termes juridiques mais dans la réalité bien concrète, les États-Unis mènent une guerre non-déclarée contre Cuba afin d’en modifier le système politique. Selon le code pénal états-unien, article 115 intitulé « Trahison, sédition et subversion », la section 2381 stipule que tout citoyen états-unien qui « s’associe à ses ennemis [des États-Unis], en leur fournissant une aide et un soutien aux États-Unis ou ailleurs, est coupable de trahison et passible de peine de mort, ou d’une peine de prison supérieure à cinq ans et d’une amende supérieure à 10 000$. De plus, il lui sera interdit d’occuper une fonction officielle aux États-Unis. » En d’autres termes, un citoyen des États-Unis qui collabore avec un pays contre lequel ces derniers se considèrent en guerre afin d’appuyer cette puissance étrangère peut être condamné à mort.

Cuba, comme bien d’autres pays, dispose d’une législation semblable. En 2003, quelques citoyens cubains ayant subi été soumis à un procès équitable, ont été déclarés coupables et emprisonnés pour avoir travaillé en étroite collaboration avec la Section des intérêts des États-Unis à la Havane, laquelle leur avait fourni des fonds et du matériel afin de renverser les institutions constitutionnelles de l’île. Ces incidents ont été publiés et n’importe qui peut en vérifier l’exactitude.

Deuxièmement, Zapata a bel et bien subi un procès et été reconnu coupable, mais ce n’était aucunement pour des raisons politiques. Les médias de masse ne font que répéter ce dont ils veulent convaincre l’opinion publique. En réalité, depuis 1988, Zapata s’est adonné à toutes sortes d’activités criminelles, mais jamais rien de politique. À plusieurs reprises, il a été arrêté et reconnu coupable d’avoir troublé l’ordre public et par deux fois, d’avoir commis une fraude. Il est également coupable d’exhibitionnisme, de coups et blessures et de possession d’armes autres que des armes à feu. En 2000, il a fracturé le crâne d’un citoyen cubain et maintes fois fait preuve de violence contre les autorités carcérales pendant qu’il était emprisonné. Il a obtenu sa libération conditionnelle en mars 2003, onze jours avant que les soi-disant dissidents politiques ne soient arrêtés et qu’ils ne subissent leur procès. Le 20 mars 2003, il a commis un autre crime et fut à nouveau jeté en prison. Or, bien que ce dernier épisode soit tombé le même mois que le procès des soi-disant dissidents, il n’y est aucunement relié. Ce n’est qu’une coïncidence dont les dissidents et les États-Unis se sont servis pour présenter Zapata après coup comme un prisonnier politique. D’ailleurs, lors des très rares occasions où les médias de masse évoquent, ne serait-ce que vaguement, les déclarations de Cuba en ce qui a trait au véritable dossier criminel de Zapata, ils le font toujours dans des termes qui ridiculisent la crédibilité de la position cubaine, tout en omettant de fournir au public les renseignements cités plus haut, qui pourtant sont tous disponibles dans la presse de Cuba.

Troisièmement, Tamayo n’est pas mort en raison de la négligence ou de gestes délibérés de la part des autorités cubaines, ni médicales ni carcérales. Le 1er mars, un bulletin spécial présenté à la télévision cubaine lors des nouvelles quotidiennes exposait en détails les circonstances ayant conduit à sa mort. Cette vidéo circule toujours sur l’Internet pour les journalistes étrangers qui se soucient de véracité. Dans ce document, l’on peut voir des médecins, nutritionnistes et autres spécialistes cubains témoigner de leurs efforts pour sauver sa vie. Avec une grande rigueur scientifique, on y explique comment on l’a maintenu en vie à l’aide d’injections intraveineuses et autres méthodes. Néanmoins, lorsqu’un individu refuse de digérer sa nourriture, les organes vitaux amorcent un processus de détérioration irréversible qui conduit inévitablement à la mort, peu importe les efforts déployés pour sauver sa vie. Une psychologue a même témoigné de la façon dont elle avait essayé de le convaincre d’abandonner sa grève de la faim et d’adopter d’autres moyens pour faire entendre ses griefs. La vidéo montre également sa mère, qui affirme que son fils avait à ses côtés les meilleurs médecins cubains. Elle les a remerciés pour leur soutien. Enfin, un détail qu’il faut absolument prendre en compte : les déclarations de la mère furent enregistrées lors d’une discussion spontanée, sans qu’elle ne sache qu’elle était filmée. Voilà qui élimine tout soupçon voulant qu’elle ait fait ses déclarations sous la pression des autorités. Bien sûr, par la suite, elle a blâmé les Cubains pour la mort de son fils. Mais ce n’est là qu’un témoignage supplémentaire de la façon dont elle et Zapata furent manipulés par des forces politiques, et non une condamnation du traitement subi par le prisonnier.

Qui croire ? Pourquoi ne pas montrer la vidéo et permettre au public d’en tirer ses propres conclusions plutôt que de réitérer le même mensonge ? Pour ma part, après plusieurs visionnements du bulletin de nouvelles initial et de la vidéo diffusée sur Internet, j’ai constaté que les termes utilisés, les explications et le style des spécialistes cubains n’étaient rien d’autre que le prolongement d’un des attributs les plus remarquables de cette société et de sa culture politique. N’importe quel documentaliste ou journaliste non-Cubain qui travaille sur place et s’intéresse sérieusement à Cuba aura compris que cette nation est profondément humanitaire, et que l’être humain et la vie elle-même y sont tenus en très haute estime. L’humanité y est sacrée, et les valeurs qui s’y rattachent touchent tous les citoyens cubains sans aucune discrimination. Les commentaires et la sincérité démontrée par les spécialistes cubains représentent bien la vie quotidienne au pays. Et pour ceux d’entre nous qui la connaissent, le témoignage présenté à la télévision est tout à fait normal et naturel pour la société cubaine et ce, en toutes circonstances.

Néanmoins, il est important pour les médias de masse à la solde de l’oligarchie de garder cet aspect de la société cubaine à l’abri de l’opinion publique afin de pouvoir manipuler la situation à leur avantage lorsque les circonstances l’exigent. Ainsi, tandis que tous les yeux étaient rivés sur Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier, les médias états-uniens, qui sont restés sur place 24 heures par jour pendant plusieurs semaines, ont réussi à trouver le moyen de cacher au public que des professionnels de la santé et autres spécialistes cubains travaillaient en Haïti depuis plus de onze ans, de la façon la plus désintéressée qui soit. D’ailleurs, à partir du 12 janvier, ces travailleurs ont non seulement continué d’offrir leur soutien mais l’ont même augmenté. Sean Penn a eu le courage d’en parler pendant l’entrevue. On s’imagine donc difficilement comment les journalistes états-uniens, qui disposaient pourtant de moyens à la fine pointe de la haute technologie, sont parvenus à ne jamais rencontrer un seul médecin ou spécialiste de la santé cubaine après tout le temps qu’ils ont passé en Haïti. On ne comprend pas non plus comment ils ont fait pour ne jamais croiser un seul des milliers d’Haïtiens ayant reçu des soins offerts par les missions médicales cubaines au cours des onze dernières années et pendant les semaines après le tremblement de terre. Cette omission est tout à fait délibérée car lorsque l’occasion se présente (comme actuellement dans le cas de la mort de Zapata et des événements qui en ont découlé), elle permet de convaincre plus facilement l’opinion publique du mensonge selon lequel les fonctionnaires médicaux et le système de santé cubains peuvent être impitoyables. Bien sûr, il est indéniable que des situations comme celle qui concerne Zapata n’ont rien à voir avec l’exemple haïtien cité plus haut. Néanmoins, lorsqu’une société tout entière ainsi qu’une profession comme la profession médicale se fondent sur l’humanité des individus et sur la préservation de la vie humaine, le principe s’applique à tous. Aucune exception n’est possible et ce, sous aucune considération.

Cuba est une société qui s’exerce à la patience et à l’éducation depuis plus de cinq décennies afin de tout mettre en œuvre pour réparer quelque tort que ce soit et régler ses problèmes. Que ce soit au niveau des CDR de quartier (Comités de Defensa de la Revolución), dans les assemblées municipales et les délibérations au sein des conseils populaires, dans les organes gouvernementaux les plus directement et intimement liés aux citoyens des quartiers ainsi que dans les centres de production et de services, ou encore pendant les sessions où les élus rendent des comptes à leurs électeurs, lors des discussions et consultations des commissions parlementaires ou dans les commissions de travail permanentes du parlement, au sein des centres de travail, tous les problèmes sociaux sont traités sous le signe de la patience, de la compréhension et de l’éducation, lesquelles constituent une part fondamentale de l’autocritique initiée par le système lui-même. Qu’il s’agisse des problèmes à régler au quotidien, ou même d’une violation mineure de la loi ou encore d’une infraction plus sérieuse, comme des crimes impliquant des individus ou de petits groupes, il est tout à fait remarquable de constater de visu la patience dont les Cubains font preuve, utilisant toujours l’éducation comme principal moyen de changer les comportements qui affectent la société. Dans ce contexte, le contenu de la vidéo cubaine où les professionnels de la santé affirment avoir tout fait pour sauver la vie de Zapata me semble tout à fait normal et plausible. C’est ainsi que se font les choses à Cuba.

Ce n’est pas par hasard si l’administration Bush a brusquement interrompu la plupart des visites éducatives à Cuba. En effet, une majorité écrasante des jeunes et de leurs professeurs cessaient immanquablement d’être dupes des mensonges des médias de masse et constataient à tout le moins cette réalité : Cuba est une société pacifique fondée sur la valeur de l’être humain, ce qui transcende toute autre considération puisque cette réalité demeure la même en toutes circonstances. C’est ainsi que les étudiants rentraient aux États-Unis avec une vision de Cuba située à l’extrême opposé de ce qu’en disent les médias de masse.

Le quatrième mensonge qui circule actuellement concerne les Damas de Blanco. On affirme qu’elles ont été harcelées par les citoyens puis violemment agressées par les autorités cubaines pendant leur manifestation du 18 mars à la Havane. Qui sont donc les Damas de Blanco et quelle est leur importance ? Depuis 1960, le gouvernement états-unien soutien officiellement l’implantation de « groupes d’opposition » à Cuba, lesquels entretiennent des liens étroits avec les États-Unis. Or, dernièrement, dans le document de juillet 2006 intitulé Commission d’assistance à un Cuba libre [4], on réitère que ces groupes nécessitent « des programmes bien financés pour les rendre plus opérants » et on souligne le besoin « d’arriver à un consensus international en faveur de ces groupes » (page 16). Plusieurs personnes et de nombreux groupements sont cités dans ce rapport : l’un d’eux est le Damas de Blanco. L’un des individus ayant très clairement reçu l’aval états-unien il y a près de quatre ans est Guillermo Fariña. À l’époque, selon le document en question, il « avait entrepris une grève de la faim de longue durée » (page 19). Aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, il a entrepris une autre et se fait manipuler de la même façon que Zapata l’a été et l’est encore aujourd’hui.

Lorsque l’on parle de médias de masse, cela inclut You Tube ainsi que les rapports sur les derniers incidents concernant les Damas de Blanco. You Tube reflète la couverture médiatique biaisée et mensongère dont il est question dans cet article. Fabriquée à partir d’un montage d’extraits vidéo, d’images figées dont on ne sait si elles sont reliées avec les événements cités et de descriptions verbales à propos de confrontations, la vidéo fut ensuite montée de manière à donner une impression de violence. Néanmoins, il est possible de visionner la vidéo intégrale et sans montage qui fut présentée à travers le monde à la télévision, tout en ignorant le commentaire audio qui affirme à plusieurs reprises que les partisans pro-Cuba ont fait usage de violence à l’encontre des Damas de Blanco et que la police les a détenus brutalement. En réalité, même si les opposants aux Damas étaient absolument furieux et qu’ils hurlaient leur soutien à la Révolution, en aucun cas ils n’ont fait usage de violence. De la même manière, les policières qui ont fait monter les Damas dans des autobus de la ville pour ensuite les reconduire chez elles n’ont jamais violenté celles qui n’avaient pas été arrêtées. Même si les États-Unis reconnaissent et promeuvent officiellement les Damas de Blanco comme étant un véritable « groupe d’opposition » et que leurs liens avec eux sont d’une évidence irréfutable, jamais les autorités n’ont usé de violence à leur égard. Affirmer le contraire est un mensonge. Et le répéter dans l’espoir qu’on en vienne à le considérer comme une vérité est le genre d’hypocrisie que dénonçait Sean Penn lorsqu’il parlait de l’accusation répétée par les médias de masse à l’endroit d’Hugo Chávez, à l’effet qu’il s’agirait d’un dictateur.

Ceux qui ont été arrêtés et emprisonnés suite à leur procès, en 2003, ainsi que leurs défenseurs – dont les Damas de Blanco – ne sont pas en conflit avec le gouvernement cubain ni avec les gens qui descendent immanquablement dans la rue pour combattre ces petits groupes et défendre la Révolution, à cause des opinions politiques des « dissidents ». Le problème, c’est qu’ils collaborent avec une puissance étrangère (les États-Unis) au détriment de leur propre peuple et de leur propre pays. Actuellement à Cuba, et plus que jamais auparavant, les discussions ainsi que les débats en profondeur et à grande échelle vont bon train, que ce soit dans les médias, les familles, les quartiers, les organisations de masse ou les différents niveaux de pouvoir populaire. On discute ouvertement des opinions contraires concernant les mesures qui devraient être prises afin d’améliorer le système socio-économique cubain. Par exemple, il peut s’agir de mesures pour donner plus pouvoir aux représentants élus ainsi qu’aux fonctionnaires œuvrant dans les organes de l’État et du gouvernement, pour régler les problèmes de corruption (qu’on ne peut aucunement comparer à ceux auxquels sont confrontés les pays capitalistes, que ce soit en termes de l’ampleur ou de la nature des actes reprochés), de production et distribution de nourriture et de marchandises nécessaires à la population. Or, ces délibérations n’ont pas pour but de remplacer le système socialiste actuel par un système capitaliste, ni de faire de Cuba un satellite des États-Unis comme c’était le cas avant la Révolution. Les « groupes d’opposition » se sont volontairement exclus de cet important débat qui n’est pas dirigé contre le système actuel, lequel fut établi de manière constitutionnelle. Au contraire, ces discussions sont même encouragées par le leadership historique révolutionnaire qui désire sincèrement voir le peuple participer de plus en plus étroitement au perfectionnement de son propre système. Par conséquent, la position tout à fait marginale de « l’opposition » ou des soi-disant « dissidents » par rapport à la société cubaine en général n’est pas la faute du système cubain, pas plus qu’elle n’en révèle un vice qui devrait être éliminé. Les « groupes d’opposition » sont les seuls responsables de leur isolement total. Si ce n’était des campagnes médiatiques, des fonds états-uniens et des autres appuis qu’ils reçoivent, les « dissidents » ne mériteraient pas une seule minute d’antenne en ce qu’ils n’affectent aucunement la vie politique cubaine à quelque niveau que ce soit.

Les soi-disant dissidents cubains, qui sont complètement isolés, insignifiants et marginaux dans la société et la vie politique cubaines, sont des traîtres à la nation tout comme leurs homologues de Miami. Et les traîtres sont imprévisibles. Ils n’obéissent qu’à leurs propres intérêts et à leur mentalité opportuniste. Ils peuvent être à la solde de n’importe qui puisque c’est ainsi qu’ils gagnent leur vie. Les traîtres, par nature, sont capables de vendre leur âme. Les peuples d’Europe et des États-Unis, qui n’obtiendraient que des bénéfices d’un meilleur rapport avec Cuba, devraient se demander s’il est possible que Washington, Bruxelles et les médias à leur solde aient créé un monstre qui, en plus de leur échapper, est au service l’extrême-droite. Ces individus gagnent leur vie dans l’unique but de créer des tensions entre Cuba et le tandem Europe/États-Unis. Et ces tensions, par essence, entravent les relations normales qu’entretiennent les nations entre elles. Pour sa part, le président Obama devrait se servir de son intelligence afin de dévoiler les intentions de l’extrême-droite qui cherche à saboter son initiative pour améliorer les relations entre les deux pays. Dans ce contexte, les journalistes sérieux, les parlementaires sincères et ouverts d’esprit, les personnalités politiques, les leaders syndicaux et les intellectuels ne devraient-ils pas être conscients de toute cette duperie ?

Comment se fait-il que Cuba soit actuellement victime d’une autre campagne médiatique et des pressions de Washington et de Bruxelles ? Il y a plusieurs explications. L’une d’entre elles est peut-être le fait que la rencontre des 22 et 23 février 2010, réunissant tous les États de l’hémisphère sauf le Canada et les États-Unis, ait débouché sur un accord pour établir une organisation régionale favorisant l’intégration économique, politique et culturelle. Il s’agit d’un événement historique. Tout le monde sait que dès 1959, Cuba a été l’initiateur et sert encore aujourd’hui de base politique et morale pour la coopération régionale, en dépit de conditions des plus défavorables. Les États-Unis et la vieille Europe n’ont jamais pardonné à Cuba d’avoir pris cette initiative il y a plus de cinquante ans. Ils n’ont jamais admis que Cuba refuse de suivre la voie de la capitulation aux mains des Occidentaux comme l’ont fait l’ex-URSS et l’Europe de l’Est. Défendre Cuba et sa Révolution aujourd’hui signifie défendre toute l’Amérique latine et les Caraïbes dans leur noble initiative d’intégration. La mort de Zapata a eu lieu à un moment des plus opportuns. De plus, sa manipulation par l’Union européenne, ses médias de masse et ceux de l’Amérique du nord sert admirablement la tentative de renverser la nouvelle tendance régionale en attaquant son inspiration première et sa plus prestigieuse : Cuba. Dans le document de 2006 cité plus haut, on peut lire que les États-Unis sont préoccupés par « l’axe » Cuba-Venezuela en ces termes : « Ensemble, ces deux pays encouragent une tendance alternative rétrograde et anti-états-unienne pour l’avenir de l’hémisphère, laquelle trouve une résonance […] dans la région […] » (page 24). Dans ce contexte, les États-Unis affichent clairement leurs visées pour organiser, maintenir et promouvoir leurs propres groupes et initiatives individuelles voués à l’opposition cubaine.

Mais Cuba n’est pas seule. Au contraire, car malgré toutes les tentatives pour l’isoler depuis plus de cinquante ans, le pays n’a jamais occupé une place aussi centrale dans la politique régionale et mondiale. Cette dernière campagne médiatique, qui repose sur des mensonges et sur la distorsion du réel, n’aura d’autres conséquences que d’éveiller la conscience politique des peuples du monde pour leur démontrer comment fonctionnent les médias de masse à la solde de l’oligarchie, c’est-à-dire par le mensonge et la manipulation.

 Arnold August
Auteur, journaliste et conférencier spécialiste de Cuba. Livre Democracy in Cuba and the 1997-98 Elections. Chapitre « Socialism and Elections » du livre Cuban Socialism in a New Century : Adversity, Survival, and Renewal, (University Press of Florida, 2004) édité par les professeurs Max Azicri et Elsie Deal. Prochain volume Cuba : démocratie participative et élections au XXIème siècle (automne 2010 en français, anglais, et espagnol). Membre de la Latin American Studies

Association (LASA).

[1] « Les mercenaires cubains de la Maison-Blanche », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 27 septembre 2009.

[2] « Le suicide d’Orlando Zapata Tamayo », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 1er mars 2010.

[3] « Les « Dames en blanc » de Cuba », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 1er juin 2008.

[4] « Le nouveau plan de Bush pour renverser les institutions cubaines », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 2 août 2006. On pourra télécharger sur cette page le rapport cité.

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