Reactionism Watch

Centre de Surveillance de la Droite Internationale

Posts Tagged ‘Ville de Québec’

L’AGÉÉPP-UL se dote d’un mandat de grève

Posted by Hugo Jolly sur 17 octobre, 2007

Une nouvelle association étudiante du l’Université Laval vient voter en faveur d’une grève. L’Association Générale des Étudiantes et Étudiants PrégraduéEs en Philosophie (AGÉÉPP) a décidé, en assemblée générale ce soir au pavillon De-Koninck, de suivre le mouvement de grève selon le plancher national. C’est 176 étudiants de plus qui s’ajoute au nombre des étudiants de Laval ayant voté en faveur de la grève générale illimitée.

Considérant que l’AGEEPP est :

Pour un réinvestissement en éducation pour :

  • la gratuité scolaire à tous les niveaux;
  • l’amélioration des ressources et services en éducation postsecondaire dans une perspective d’éducation de qualité, libre de l’ingérence du privé;
  • l’accessibilité et la flexibilité d’un système de garde public dans les institutions d’éducation postsecondaire dans le but d’assurer une conciliation études-famille;
  • la perspective ou les dépenses d’un étudiant ne se limitent pas aux seuls frais de scolarité : pour une réforme et un réinvestissement de l’aide financière aux études dans le but d’assurer une plus grande accessibilité aux études postsecondaires (ce réinvestissement ne devant en aucun cas être accompagné d’un dégel des frais de scolarité).


Considérant le refus du gouvernement de tenir compte des revendications historiques du mouvement étudiant concernant l’accessibilité financière aux études.

Considérant que la grève générale illimitée est un moyen de pression historiquement éprouvé afin de créer un rapport de force pour la négociation.

Considérant qu’un mouvement de grève générale illimitée s’enclenche présentement à l’échelle nationale.

Que l’AGEEPP se dote d’un mandat de grève général illimité reconductible aux trois jours ouvrables avec un plancher de 7 associations représentant au moins 25 000 étudiants et étudiantes.

Que l’AGEEPP tienne une assemblée générale de déclenchement de grève dans les trois jours ouvrables suivant l’atteinte du plancher.

Que les stages ne soient pas affectés par la grève générale illimitée.

Pour : 29
Contre : 14
Abstentions : 5

Source: http://forums.asse-solidarite.qc.ca/viewtopic.php?t=2082

Posted in Dossier: Mouvement étudiant 2007-2008 | Tagué: , , , , , , , | 30 Comments »

L’AÉÉA-UL en grève générale illimitée

Posted by Hugo Jolly sur 17 octobre, 2007

aeea-en-ggi.jpg

L’Association des Étudiantes et Étudiants en Anthropologie (AÉÉA) de l’Université Laval vient d’annoncer qu’elle entrera en grève générale illimitée ce soir à minuit, soit le jeudi 18 octobre. L’AÉÉA qui tenait son vote de grève ce midi représente 265 membres. Le vote s’est soldé par 43 «Pour», 14 «Contre» et 5 absentions, pour un total de 62 membres présents à l’assemblée générale. Les étudiant-e-s adoptent donc à 68%un mandat de grève.

Considérant

  • Que le dégel des frais de scolarité a un impact direct sur l’accessibilité aux études;
  • Que l’AÉÉA a une position en faveur de la gratuité scolaire;
  • Qu’il faut construire dès maintenant un projet de société portant les valeurs d’éducation accessible et de qualité;
  • Que les mesures financières compensatoires quant à l’AFE et les crédits d’impôts sont minimes par rapport aux augmentations échelonnées et futures;
  • Que l’AÉÉA entre en grève générale illimitée reconductible aux trois jours ouvrables à compter de jeudi le 18 octobre 2007;

Que le colloque de la revue Anthropologie et Sociétés et les activités de formation pratique ne soient pas affectés par la grève;

Que nos revendications soient:

  • Contre toute hausse de frais de scolarité et de frais afférents;
  • Pour un réinvestissement majeur en éducation;
  • Pour une réduction graduelle des frais, laquelle incluerait les étudiants internationaux et hors-Québec;
  • Pour la gratuité scolaire.

Sources:
Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ). «L’AÉÉA-UL adopte un mandat et déclenche la grève générale illimitée le 18 octobre», 17 octobre 2007, http://www.asse-solidarite.qc.ca/spip.php?article857〈=fr, page consultée le 17 octobre 2007.

Comité de Mobilisation pour la Grève à l’Université Laval (CMGUL). «L’AÉÉA en grève générale illimitée», 17 octobre 2007, http://www.mobilisealaval.org/2007/10/17/laeea-ul-en-greve-generale-illimitee/, page consultée le 17 octobre 2007.

MARCOUX-CHABOT, Moïse. «L’AÉÉA entrera en grève générale illimitée», 17 octobre 2007, http://aeea.anthropologue.net/2007/10/17/laeea-entrera-en-greve-generale-illimitee-des-jeudi-le-18-octobre/, page consultée le 17 octobre 2007.

Posted in Dossier: Mouvement étudiant 2007-2008 | Tagué: , , , , , , , , , , | 16 Comments »

Blue by day, white by night…

Posted by Olivia sur 26 septembre, 2007


Eh oui, un autre article sur la police de Québec. D’autres sujets auraient pu être abordés, mais je considère que les injustices liées aux abus commis par les policiers et policières doivent impérativement être dénoncés.

À l’été 2006, le rappeur et père de famille Eddie Racine a été sauvagement battu par quatre boneheads, qui lui ont démoli le visage avec une clé à molette. Ceux-ci n’ont jamais été arrêtés. Manque de preuves ? Malheureusement, la réalité semble toute autre. L’un des agresseurs, un bonehead se tenant au centre-ville de Québec, est toujours en liberté aujourd’hui, plus d’un an après cette attaque raciste. L’objectif ici n’est pas de m’improviser « enquêteur de police ». Mais le fait d’apprendre que les policiers et policières de Québec étaient supposément contents et contentes de cette agression est une preuve de plus.

Un exemple de plus ?

Un jeune homme de race noire a été victime d’intimidation raciste en août dernier, dans le quartier Saint-Sauveur. Il a été interpellé car il fumait un joint en déambulant tranquillement dans la rue. J’ai vu et entendu cette intimidation. J’ai entendu un policier dire au gars de ne pas lâcher les gangs de rue. Qu’est-ce que c’est si ce n’est pas du racisme ?

Le Reactionism Watch gardera un oeil sur les agissements des membres des forces policières de Québec, afin que leurs dérives ne passent pas inaperçues.

Olivia

Posted in Non classé | Tagué: , , | 34 Comments »

Info-Dégel: Le dégel en trois actes

Posted by Hugo Jolly sur 23 septembre, 2007

Le Comité de Mobilisation pour la Grève à l’Université Laval (CMGUL) vient de publier sur son nouveau site Web un document qui explique ce qu’est le dégel et pourquoi il s’y oppose.

I. Le dégel

Peu avant le début de la campagne électorale de ce printemps, le gouvernement libéral annonça son intention de mettre un terme au gel des droits de scolarité qui prévalait depuis 1994. Suite à l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire, celui-ci décida d’aller de l’avant avec la hausse, et ce malgré la ferme opposition manifestée par le mouvement étudiant. Voici à combien s’élèveront les droits de scolarité pour les cinq prochaines années. Le montant annuel est calculé sur une base de deux sessions de 15 crédits :

Année

Montant annuel

Montant par crédit

2006-2007

1668,30$

55,61$

2007-2008

1768,20$

58,94$

2008-2009

1868,10$

62,27$

2009-2010

1968,00$

65,60$

2010-2011

2067,90$

68,93$

2011-2012

2167,80$

72,26$

L’individu qui commence un baccalauréat cette année et le termine dans les délais prévus aura donc payé 600$ de plus. Celui qui en commence un dans deux ans, 1200$. Ce montant annuel ne tient toutefois pas compte des frais dits afférents qui eux sont facturés à la discrétion des universités, faisant ainsi passer la facture réelle moyenne en 2006-2007 à 2292,30$, soit déjà plus que ce qu’on nous annonce pour dans cinq ans…. De 205$ en moyenne qu’ils étaient en 1994-1995, ils ont passé à 624$ en moyenne en 2006-2007. Cette augmentation des frais afférents correspond à une quasi indexation à l’indice des prix à la consommation de la facture totale depuis 1994-1995 (Ratel 2006). Cette tendance semble se poursuivre puisque plusieurs universités ont récemment augmenté leurs frais afférents, comme par exemple le réseau de l’Université du Québec avec une augmentation de l’ordre de 160$. À l’Université Laval, cette augmentation est de 21$, en plus des 100$ en droits de scolarité. Les frais n’ont jamais été « gelés ».

II. Les modifications apportées à l’AFÉ

Le gouvernement y est également allé de l’annonce d’une série de mesures pour se donner bonne conscience. Celles-ci touchent principalement le système d’aide financières aux études. Ces mesures concernent tous les ordres d’enseignement, sauf l’allocation spéciale. Elles ne sont donc pas des mesures compensatoires au dégel des frais de scolarité.

  • Création d’une allocation spéciale servant à compenser l’augmentation des frais de scolarité. Les boursiers verront leur bourse augmenter du même montant que le dégel tandis que ceux qui ne sont bénéficiaire que d’un prêt ou n’ont pas atteint le prêt maximal verront leur endettement augmenter d’autant. Coût de la mesure : 5,1 M$ la première année.

  • Majoration de 2,1% de certaines dépenses reconnues (frais de subsistance, frais pour l’absence de transport en commun etc.) pour l’année 2007-2008. Ces dépenses n’avaient pas été indexées depuis 2003, privant ainsi les étudiants et étudiantes de 71 M$ dans leur système d’aide financière aux études. Coût de la mesure : 11 M$ en 2007-2008.

  • Augmentation de 40$ par trimestre au chapitre du matériel scolaire. Coût de la mesure : 7,5 M$.

  • Augmentation de 10% des exemptions dans le calcul de la contribution parentale ou du conjoint. Coût de la mesure : 7,6 M$.

  • De plus, le gouvernement a décidé de verser une aide sous forme de crédit d’impôt remboursable à ceux qui cotisent au régime enregistré d’épargne-études (REÉÉ). Selon la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, plus de 58 % des parents canadiens gagnant plus de 70 000 $ par année cotisent à un REÉÉ (au niveau fédéral). Seulement 24 % de ceux qui reçoivent 30 000 $ et moins le font. Coût de la mesure pour 2007-2008 : 41 M$.

Qu’en pense le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études ?

Le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études (CCAFE) a récemment produit un avis concernant la hausse des droits de scolarité et les modifications apportées au système d’aide financière. Il s’agit d’un comité relevant du Conseil supérieur de l’éducation, organisme autonome au MELS relevant d’une loi et ayant comme mandat de conseiller la ministre sur les questions relatives à l’éducation.

1- Synthèse des études sur l’accessibilité

Voici une brève synthèse que le CCAFE fait de la recherche concernant l’accessibilité aux études : « Retenons de l’ensemble de ces études que des facteurs économiques, sociaux et culturels ont une influence souvent déterminante sur le destin scolaire des jeunes. L’accessibilité aux études supérieures se joue en grande partie en amont. Retenons également que les obstacles financiers sont bien réels et que les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires, en particulier chez les jeunes des milieux à faibles ou à modestes revenus et chez ceux des familles dont le revenu avoisine le revenu médian qui ne bénéficient pas de l’aide financière aux études. Diverses expériences montrent, par ailleurs, qu’il est possible de contrer ces effets pervers avec des mesures financières compensatoires, pourvu qu’elles soient publicisées et connues des milieux visés. L’effet positif des bourses en fonction des besoins financiers serait également à considérer. »

2- La mesure compensatoire est-elle bien adaptée ?

Dans son avis, le CCAFE émet toutefois de sérieuses réserves quant aux modifications apportées et à l’état actuel du système d’aide financière. Il montre que l’allocation spéciale résultera dans l’augmentation de l’endettement de 25 000 bénéficiaires d’un prêt seulement et rappelle que « la recherche tend à démontrer que les bourses ont un effet positif sur la persévérance scolaire et la réussite des études (Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, 2006b), tandis que l’endettement croissant, s’il ne nuit pas nécessairement à la réussite des études au premier cycle, freine l’accès aux cycles supérieurs chez les étudiants fortement endettés (Dubois, 2006) et rend plus difficile l’insertion socioprofessionnelle lorsque certains découvrent que leur ratio dette d’études-revenu limite leurs possibilités d’action (Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, 2007). » Le CCAFE recommande dans l’avis que cette allocation soit transformée en bourse.

Évidemment, pour ceux qui ne sont pas bénéficiaires de l’AFÉ, cette hausse devra être absorbée entièrement par eux ou leur famille. « Espérons que cela ne se fera pas aux dépens de la réussite de leur projet d’études. » dira l’avis du CCAFE. L’espoir est une bien maigre consolation pour ceux et celles dont leur projet d’études est compromis…

3- Et les parents dans tout ça ?

Le CCAFE semble également avoir une opinion différente de celle de nos élus concernant la contribution parentale : « Le Comité (CCAFE, 2004) a déjà souligné que cette contribution ne correspondait pas à la capacité de payer des parents. […] Le Comité pense toujours que les efforts financiers exigés des parents sont trop grands, particulièrement pour ceux dont le revenu familial est inférieur à 60 000 $. » Encore plus d’espoir sera apparemment nécessaire.

Le CCAFE s’intéresse également aux étudiantEs qui n’ont pas accès à l’AFÉ, les savants calculs de celle-ci faisant peu de cas de la réalité matérielle réelle des individus. Le Comité observe que : « L’effort financier exigé pour financer les études universitaires d’un enfant, calculé en fonction du revenu parental, paraît déjà fort exigeant lorsque ce revenu est de 100 000 $. Il devient vite disproportionné lorsque l’on descend dans l’échelle de revenu. »

4- Y a-t-il des solutions ?

Le CCAFE, bien conscient des nombreuses failles du système actuel, y va d’une proposition originale : que les universités réservent une partie de leurs nouveaux revenus à un fonds dédié à l’aide financière ! Il devient de plus en plus difficile de soutenir que l’augmentation des frais de scolarité n’est pas nuisible à l’accessibilité financière aux études et que ceux-ci permettent de financer plus amplement nos universités. Le CCAFE avait déjà dit à ce sujet « qu’il est peu réaliste de croire que les problèmes de financement des universités seront réglés avec les seuls droits de scolarité, compte tenu du fait qu’une partie importante du produit d’une éventuelle hausse devra servir à soutenir ceux et celles qui n’ont pas les moyens de l’absorber. »

III. Dégel : la mascarade

Cette vaste opération semble toutefois avantageuse pour le gouvernement. Celui-ci laisse croire à une générosité soudaine alors que LA seule mesure compensatoire au dégel entraîne son lot d’externalités négatives. Le dégel progressif des droits de scolarité et dans sa foulée l’annonce d’un train de bonifications à l’AFÉ, bonifications qui étaient depuis longtemps nécessaires, est un écran de fumée servant à distraire la population devant les enjeux réels de cette décision : le désengagement de l’État dans une de ses missions fondamentales par l’instauration d’un principe utilisateur-payeur générateur d’inégalités sociales.

Heureusement, les étudiantEs ne sont pas dupes devant ces misérables manoeuvres politiques ! Obligeons le Québec à respecter ses engagements internationaux alors qu’il contrevient à l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel le Québec a adhéré par un arrêté signé le 21 avril 1976, et qui stipule que « l’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité ».

Réaffirmons le droit collectif à l’enseignement supérieur, voie royale de l’émancipation individuelle et collective ! Refusons vigoureusement l’instrumentalisation de l’éducation dont cette décision fait la promotion !

 

L’argent n’a pas à être le médiateur des aspirations de la jeunesse !

 

Tous ensemble vers la grève générale illimitée !

Sources :

CCAFE, Hausses des droits de scolarité des résidents du Québec, des étudiants canadiens et des étudiants étrangers : modifications au Règlement sur l’aide financière aux études

Budget du Québec 2007-2008

Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire

Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

Jean-Luc Ratel, Qu’en est-il de l’indexation des droits de scolarité

==> Site du CMGUL

Posted in Dossier: Mouvement étudiant 2007-2008 | Tagué: , , , , , | 41 Comments »