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L’aliénation volontaire

Publié par sylvainguillemette le 26 février, 2011



L’aliénation volontaire, comme elle le précise, est volontaire. Elle est le mélange entre l’opportunisme qui peut exister sous le système capitaliste –Où il est possible par la détention d’un amas de capital (un monopole) d’exploiter le labeur d’autrui, comme quasi divinement, sans argument pour défendre cette idée, ou cette affirmation d’opinion devrais-je dire. Les employés de GM ont semble-il, prit un risque énorme en entrant chez GM. Aussi, ils sont autant méritants, sinon plus, puisque ce sont eux qui créent la richesse, et non leurs employeurs qui n’ont de mérite que la détention du capital préalablement requis, ou celle des moyens de production, qui sont de toute façon un «capital investi».-. -. et  l’aliénation, aidée certes d’une dose d’incitation à l’opportunisme par le biais des médias, sinon même, un conditionnement tel notre mode de vie purement «capitaliste» et ne tenant ainsi pas compte des facteurs humains, ce qui est ironique puisque les capitalistes affirment que ce sont les facteurs humains qui ont tué le communisme en Russie et partout ailleurs dans le monde (Je n’entrerai pas dans les détails, mais rappelons qu’aucun État ne fut aboli par une révolution dans l’histoire et qu’aucun conseil populaire ne les a «remplacé» (Si les États ne furent pas abolis, ils ne peuvent pas avoir été remplacés, indéniablement. En fait, le communisme ne peut tout simplement jamais avoir existé, mais certes, des dictatures SUR le prolétariat ont sévit…, sur notre héritage marxiste également, nous l’observons). Ces deux idées ne sont que les coulées de sang d’une même plaie. Celle du conditionnement capitaliste, celle du totalitarisme capitaliste. Nous le verrons plus loin.

Aliénation, ou conditionnement?

D’abord, l’aliénation, elle est issue d’une propagande, tant soit elle héritée des tuteurs de l’enfant, qu’elle pourrait l’être des diverses informations déversées dans les médias de masse et/ou dans notre propre cheminement infantile, où les conditionnements ne peuvent être ignorés. On suit nos tuteurs, qu’ils soient nos parents ou quelconque autre personne. Nous les suivons. Nous suivons leurs conseils,  nous suivons ensuite leurs règles et nous faisons tout cela contre nos intérêts de classe, s’il y a lieu, car tel est le conditionnement de vie des capitalistes lorsqu’ils naissent dans ces sociétés capitalistes, un conditionnement capitaliste, encourageant les réflexes capitalistes.

Ce faisant, nous infirmons également les faits. Le fait qu’il existe des classes par exemple, et qu’une d’entre elles est inutile, elle nous exploite et cela, sans aucun argument apte à défendre cette exploitation affirmée méritée. Car le mérite n’est pas une qualité que seul le bourgeois possède. Et s’il possède cette qualité, il ne la possède pas plus que les créateurs de richesses tout de même. Même le «risque» qu’il prétend prendre «plus que les autres» n’est pas à la hauteur des dommages que subiront les prolétaires…., qui ont, eux, couru le risque de céder la gestion de leur avenir aux bourgeois, car relativement, si le bourgeois échoue, le prolétaire suivra…, parfois par masses si le bourgeois possède un tel mérite, ne prenons que monsieur Buffet à lui seul.

Donc, comme nous le disions, les enfants reçoivent une éducation, que leurs tuteurs ont reçue avant eux, laquelle sera teintée d’une idéologie, sans surprise, capitaliste, dans le modèle que nous examinons du moins. Ainsi, les bienfaits et les malheurs d’une idéologie se transmettent via la communication entre parents (tuteurs) et enfants, même si celle-ci est erronée, ou qu’elle contrevienne aux intérêts de celui qui la reçoit comme formation, comme conditionnement. Par exemple, vos parents n’ont-ils pas répété maintes fois qu’il fallait gagner sa croûte dans la vie? Ce faisant, ils vous faisaient à l’idée que vous alliez travailler toute votre vie, il s’agissait là d’un conditionnement. Capitaliste? Pas nécessairement, mais il était toutefois teinté de cette idéologie parce que vos tuteurs omettaient de vous préciser qu’une minorité d’êtres humains, issue d’une autre classe, la bourgeoisie, n’allait pas travailler identiquement, n’allait pas bûcher dur pour gagner sa croûte, qu’elle n’avait qu’à récolter le fruit de votre labeur pour profiter sereinement de la vie et gagner celle-ci en «mérite» (En réalité, c’est nous qui gagnons leur vie, mais le conditionnement capitaliste nous enseigne que ce sont eux qui nous nourrissent «Ne mordez pas la main qui vous nourrit».) .

Mais si ce conditionnement vous avait fait part de cette exploitation, vous n’auriez pas vu les choses de la même façon. Depuis votre tendre enfance, vous n’auriez pas regardé la bourgeoisie de la même façon, sachant qu’elle retirait un profit du labeur d’autrui, dont le vôtre, pour s’adonner aux plaisirs de toutes espèces et d’une ignoble indifférence aux misères humaines de la «majorité». Votre respect envers votre employeur, en vieillissant, aurait été tout autre, car sa prétention du mérite ne vous aurait pas trompé, ni les soit disant risques qu’il aurait entrepris, car vous auriez su que le risque était partagé sous ce système et que vous auriez semble t-il, fait votre juste part dans la société, comme lui comme entrepreneur.

Notre modèle capitaliste, teinté d’un conditionnement incomplet quant à l’éducation des masses, ne rapportant pas tous les faits du modèle actuel, comme l’exploitation du labeur d’autrui par exemple, ou le fait que le «mérite» et le «risque» des bourgeois ne sont que fictifs, ne peut être que totalitaire dans ces conditions, parce que les débats de fond, entre autre sur l’exploitation, n’ont pas eu lieu, ni à l’âge adulte, ni à l’âge de la puberté, ni à l’âge de l’enfance, où l’on imprègne dans notre mémoire tous ces concepts de base, comme «gagner sa croûte dans la vie», dire «s’il vous plaît», etc.. Le débat de fond en question, comme désiré dans le système capitaliste –par les capitalistes-, passe sous le tapis afin de repousser les vaines tentatives de repousser les limites de l’ignorance de la masse laborieuse, ce qui permet  la domination de cette dernière par la minorité bourgeoise (Au Québec, il y a environ 180 000 employeurs, nous sommes des millions camarades salariés.).

Autrement dit, oui, nous vous avons modelé. Du moins, quelqu’un l’a fait, non nécessairement consciemment ou intentionnellement, mais ce fut fait. Et par cette modélisation, votre caractère combatif quant à vos droits de travailleur, de créateur de richesses, ne dépassera pas les limites que l’on vous a imposées à votre jeune enfance sauf si… Sauf si vous avez par accident, ou par curiosité, accès à d’autres sources d’informations. Et lorsque vous tombez sur des contradictions, lorsque vous êtes apte à percevoir les classes, à en comprendre les intérêts, vous ne pouvez passer outre le débat idéologique sauf si…, sauf si vous le décidez volontairement. Il ne s’agit donc plus de simple conditionnement, mais d’un choix, qui vous appartient, bien entendu. Et dès lors que vous faites ce choix, vous cessez d’être un simple conditionné, pour devenir un aliéné volontaire. C’est-à-dire que vous ne défendez aucunement vos propres intérêts, en toute connaissance de cause et  que vous choisissez cette voie, qui vous apparait la meilleure; soit par opportunisme, soit par insensibilité, donc par égoïsme d’une certaine façon, ou par individualisme, ce qui revient sensiblement au même finalement.

Individualisme, opportunisme, autonomiste idéaliste.

Le conditionnement dans lequel nous nous développons est sans contredit enclin à nous mener vers l’individualisme, par l’opportunisme, ce que certains québécois, issus d’une branche très idéaliste, nommeront l’autonomisme, ce qui n’est en réalité qu’un travestissement du terme utilisé. Cet individualisme est conditionné par la propagande d’un environnement, ce dernier invitant à fermer les yeux sur les malheurs des autres.

Et qui dit individualisme, ne passe pas à côté de l’opportunisme, mais en dépend. Car les malheurs des uns, sont certainement révélateurs quant au bonheur des autres, tout comme le marathonien n’est pas totalement déçu de voir son adversaire s’effondrer avant la ligne d’arrivée. Même s’il s’agit d’un élément déterminant pour le nouveau vainqueur, il s’agit également d’opportunisme, car en perdant, l’effondré laisse à autrui la chance de gagner. Mais une chose est certaine, toutes et tous ne gagneront pas, et toutes et tous profiteront des erreurs des autres, par opportunisme. Car ils sont conditionnés pour ce, plutôt que d’être conditionnés à soutenir leurs camarades tombés au combat et à les aider à terminer la course.

L’opportunisme se caractérise certes par un moindre, sinon par un grave égoïsme envers les autres. Il divise les humains, conditionnés pour ce sous le régime capitaliste, quitte à les opposer les uns aux autres, à les mener vers une compétition féroce. Ils iront même jusqu’à défendre des idées ne défendant pourtant pas leurs intérêts de classe. Tel est le danger de l’opportunisme, il peut aisément suivre le vent, puis soudainement ne plus servir les intérêts de celui qui frappe la balle au bond, pour ensuite servir ceux, temporairement, de celui qui vient tout juste de lancer la balle frappée au bond, vice-versa.

Celui d’une classe, le prolétaire par exemple (salarié), peut sortir de celle-ci par opportunisme. Gagnant par exemple un lot à la loterie, un prolétaire ayant vendu sa force de travail toute sa vie peut ensuite acheter la force de travail de ses anciens camarades issus également du prolétariat. Ainsi, il passe de l’exploité à l’exploitant, en attrapant la balle au bond, par opportunisme. Mais combien y a-t-il de balles pour le nombre de joueurs, et le sachant, comment faire fi du fait que le système capitaliste concentre inévitablement les richesses chez une très minime minorité bourgeoise (détenant les moyens de production)? Les dés du jeu sont truqués et on s’impose démocratiquement nous-mêmes d’y jouer tout de même.

Sinon, un simple travailleur, épargnant, peut disposer de capitaux suffisants pour débuter son entreprise, pour ensuite passer de l’exploité à l’exploitant, encore par opportunisme, par une chance saisie dans un système qui crée ces «chances». Rappelez-vous, pas de pomme sans pommier. L’infrastructure du système capitaliste, ses lois sur la propriété privée entre d’autres, conditionne et crée les potentialités que l’on connait, dont l’exploitation du labeur d’autrui via des moyens de production privés, acquis sur des conditions données par des conditionnements, eux-mêmes produits d’antécédents processus, cela, possiblement sans fin.

Une chose est certaine, l’opportunisme oblige l’individu l’appliquant, à fermer les yeux sur les conditions de ses anciens camarades de classe, sinon sur ses propres anciennes conditions. Un exploité, s’étant plaint toute sa vie de son exploitation, peut donc, pour ainsi dire, devenir le salaud qu’il dénonçait à ses camarades prolétaires. L’opportunisme peut donc se préciser autant par le type qui achète à pseudo-rabais des pneus d’hiver, que par le type qui profite largement de ses égaux, des humains, via la santé privatisée par exemple. Mais encore, lorsque l’opportuniste saisit sa chance, il oublie de fait, la réalité. Par exemple, que les pneus ne sont pas en spécial, qu’ils sont moins chers pour X raison, mais il saisit sa chance tout de même averti, préférant ne pas s’attarder à ce soucis, qu’il dira de pacotille en contrebalance de son plaisir de dépenser ce qu’il ne possède finalement qu’artificiellement.

Et lorsque l’opportunisme se mêle à l’aliénation, l’aliénation volontaire est une réalité, parce qu’elle comporte une dose d’aliénation, et d’opportunisme, certes volontaire. Et des deux, nous constatons que l’aliénation devient  parfois un choix. Pourquoi? Parce qu’elle sert alors les nouveaux intérêts de l’individu, appartenant désormais à une nouvelle classe, sinon espérant y appartenir. Ainsi, cet individu démontre un individualisme patent vis-à-vis ses semblables et découvre ce qu’appellent les adéquistes, l’autonomisme. Certes, l’autonomisme n’a rien à voir avec le capitalisme, il s’agit là d’une valeur, tout comme les valeurs familiales, ou les valeurs dites de liberté, dont les idéalistes, tels les adéquistes ou toutes ces sauces capitalistes, tentent de s’approprier, frauduleusement, en modifiant la signification dudit terme.

Aliénation volontaire

Mêlant ces deux adjectifs, que sont l’aliénation et l’opportunisme, nous vient l’aliénation volontaire. C’est que, l’individu, l’exploité surtout, en vient à appuyer des projets qui le serviront personnellement, tout en punissant ses semblables de classe, ses camarades prolétaires par exemple. Prenant lui les promesses électorales d’un parti populiste comme positives, visant justement à s’asservir ces aliénés, il met de côté les intérêts de ses camarades de classe créatrice de richesses, sinon ses propres futurs intérêts, en espérant tirer son épingle du jeu. Ce faisant, il se tire plutôt dans le pied, mais surtout, dans ceux de ses camarades de classe, les prolétaires.

L’encouragement des pouvoirs bourgeois n’est au fond que le reflet d’une vache habituée de se faire traire, et en redemandant. Elle n’en est pas moins exploitée pour son lait.

Ainsi, il favorise l’intérêt bourgeois, lequel ne demande qu’à diviser les masses laborieuses qu’il exploite. Car ainsi, divisés, ces travailleurs, ces prolétaires, ne peuvent créer de véritable rapport de force entre les deux classes et sont donc plus faibles pour défendre leurs intérêts de classe exploitée «majoritaire», contre ceux de la minorité parasitaire qui ironiquement, les exploite.

À titre d’exemple, les États-Unis d’Amérique, depuis déjà plusieurs années, amènent des capitaux à Cuba, les distribuant injustement, inéquitablement aux Cubains, défiant ainsi au passage, les règles établies de ce pays socialiste- aux travailleurs défendant le capitalisme surtout (des opportunistes égoïstes vis-à-vis leurs camarades de classe à mon humble avis). Ainsi, ils créent des divisions, des classes, des écarts de richesse, qui favorisent leurs intérêts capitalistes. Et ainsi, ils favorisent l’individualisme, l’égoïsme, ou ce qu’appelleraient les adéquistes, de l’autonomisme. Ils favorisent le capitalisme en créant des conditionnements allant en ce sens. Les «bébelles», les divertissements, sont comme d’antan, toujours efficaces pour abrutir les masses. La politique du pain et des jeux a fait ses preuves par le passé et continue de le faire aujourd’hui.

Mais ce faisant, ils mettent également en péril l’humanité, sinon sa majorité laborieuse, sachant très bien que seule une minorité en tirera réellement profit. L’exploitante, bien sûr! Et ce faisant, ils excusent indirectement, l’ordre établi, c’est-à-dire, la dictature bourgeoise. Et c’est le but.

L’aliénation volontaire ne sert donc aucunement les intérêts de la majorité laborieuse de ce monde, les prolétaires, mais plutôt, sa minorité parasitaire, les bourgeois. Ils n’ont pas fait plus que les autres pour avoir tous ces mérites, le système capitaliste le leur a concédé et les capitalistes ont créé le capitalisme. L’aliéné se plaint parfois qu’il y toujours eu des riches et des pauvres dans ce monde de misère, et que c’est ainsi, mais il ne se plaint jamais du fait qu’il existe un système créant ces deux bassins d’humains, divisés par des lois dogmatiques qui se fichent des facteurs humains, de ces dit systèmes imposés par des minorités.

Conclusion

Je dirais donc, pour ma part, que l’aliénation volontaire est l’un des pires ennemis de la révolution, mais qu’il est l’un des meilleurs alliés de l’ordre établi, soit de la dictature bourgeoise. Car de fait, l’opportuniste sert indirectement, sinon directement, les intérêts de la bourgeoisie minoritaire et parasitaire, en divisant les troupes, en divisant les masses laborieuses, en divisant les prolétaires majoritaires, exploités par cette minorité bourgeoise.

Les arguments balancés par les capitalistes sont toujours les mêmes, et ironiquement, ils proviennent de l’argumentaire capitaliste, défendant ce parasitisme, et prônant l’asservissement le plus total de ceux qui créent ironiquement ce qu’ils quémandent, la richesse.

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Éric Duhaime est-il un agent de la CIA? La question se pose!

Publié par sylvainguillemette le 1 décembre, 2010

Éric Duhaime, cofondateur du Réseau liberté Québec (RLQ), accusait récemment Amir Khadir d’avoir un agenda caché. Un agenda islamiste… Il enjoignait madame David de faire attention à son acolyte. Mais aujourd’hui, je vous demande à mon tour, Éric Duhaime a-t-il lui-même un agenda caché? N’a-t-il pas lui-même, des comptes à rendre aux travailleurs mécontents du régime libéral, qu’il tente de berner avec ses promesses d’un moindre État, lui qui travaille à la conciliation des intérêts de la bourgeoisie tout en prônant le démantèlement des forces laborieuses syndicales unies?

Mais d’abord, présentons le personnage.

En tout premier lieu, Éric Duhaime va se chercher un baccalauréat en science politique et une maîtrise en administration publique. On pourrait ici croire que c’est ce n’est que vertus et qu’il a de bonnes intentions.

Mais rapidement, monsieur le populiste prend du galon et se rend responsable de conseiller différents chefs de partis politiques, dont Stockwell Day, Mario Dumont et étonnamment, Gilles Duceppe, jadis marxiste. Qui aurait cru que monsieur Duceppe puisse avoir besoin de conseils d’un apologiste de Pinochet?

Il travaille ensuite pour l’Institut Économique de Montréal, un tentacule néo-libéral financé, entre autre, par les frères Koch.

Il écrira également ses torchons idéologiques dans des couches pleines dédiées pour ce, les Journaux de Québec de monsieur Péladeau, qui reprendront à leur tour, toutes les thèses libertariennes -sans offrir les antithèses- de ceux qui se clament de la lucidité.

Il ira ensuite se donner de la crédibilité, aux yeux des vautours qu’il sert, en auxiliant, en tant que directeur pour une ONG en Irak, le National Democratic Institute (NDI), faisant elle-même partie de la fameuse National Endowment for Democracy (la NED), créée pour cause et créée surtout, pour coordonner les Coups d’État de la maison blanche, et ses dictatures de par le monde. La NED a fait le tour des pays d’Amérique latine dans le dernier siècle, et elle y a mis en place des écoles de torture bien à elle. D’ailleurs, étonnamment, suite au passage de monsieur Duhaime en Irak, occupée alors par des troupes impérialistes états-uniennes, britanniques et autres, le gouvernement fantoche irakien interdira les travailleurs de l’électricité de s’associer sous des bannières syndicales, ce qui crée une grave violation du droit des travailleurs de se syndiquer, de s’unir, comme le font pourtant les bourgeois autour d’oracles tel que le RLQ au Québec. Mais cela va de pair avec les principes étonnamment contradictoires de monsieur Duhaime, et son apologie par exemple, du régime d’Augusto Pinochet au Chili quant à ses prétentions de «sauver la démocratie en Irak». De toute façon, on ne peut pas sauver la démocratie en travaillant pour la CIA, l’entité terroriste la mieux financée du monde… Et d’autre part, on peut préciser que cela va également de pair avec les principes si chers de monsieur Duhaime, qui ne cesse d’apologiser le régime du défunt Augusto Pinochet, mis en place, lui aussi, par la CIA, le 11 septembre 1973.

Alors refaisons le poids des deux personnages.

Éric Duhaime qui accuse Amir Khadir d’avoir un agenda islamiste, alors qu’Amir est athée, et que sa famille ait du fuir le régime islamiste de Téhéran, suite à la révolution islamique… Ou, Éric Duhaime lui-même, qui participe aux côtés d’outils pour ce, au Coup d’État en Irak, et à la mise en place d’un régime où les travailleurs seront tous dociles au diktat des patrons, et où surtout, ils n’auront plus le droit d’unir leurs forces pour défendre leurs intérêts communs, de classe, comme le font pourtant les bourgeois au Québec, sous les bannières de différents groupuscules, comme le RLQ.

Par ailleurs, précisons que l’Irak, suite à l’invasion des amis impérialistes de monsieur Duhaime, qui y feront des tas de crimes de guerre et d’atrocités contre les civils, donc en parfaite cohérence avec les principes de monsieur Duhaime dont l’apologie du régime de Pinochet est connue de toutes et tous au Québec, a privatisé ses ressources pétrolières et gazières, au grand plaisir et profit des Empires pétroliers et gaziers des «pays occupants», qui comme par hasard –il est partout ce hasard!-, sont également les financiers de la carrière de monsieur Duhaime! Bref, il était tout à fait normal que monsieur Duhaime aille traire ses vaches à lait!

Donc finalement, on ne peut pas dire qu’Amir Khadir ait un agenda caché, rien ne le prouve, et rien ne nous laisse le penser. Mais on peut dire que monsieur Duhaime sert les pétrolières, lesquelles ont financé d’ailleurs, son groupe d’extrême droite économique et morale, le RLQ. On peut également dire qu’il a participé à l’occupation de l’Irak, aux côtés des criminels états-uniens et britanniques, et des pétrolières, qu’il a largement servi. On peut aussi déceler une part de jeu politique en Irak de sa part, puisqu’il est évident qu’il y a manipulé les opinions pour faire interdire les syndicats des travailleurs de l’électricité. On peut donc dire qu’il a œuvré pour le compte du patronat irakien, ou étranger, en Irak, et que bref, lui qui nous demande le démantèlement des syndicats au Québec et partout dans le monde, a concilié pour sa part, le patronat autour d’une cause commune, d’une cause de classe!

Éric Duhaime aurait-il un agenda putchiste caché? Mieux encore! Lui qui joue le jeu des faucons états-uniens en Irak, pour le compte du paravent putchiste «NED», et qui sert donc la cause israélienne, n’aurait-il pas un agenda sioniste? La question se pose également!

Une chose est certaine du moins, il a un agenda «anti-travailleur salarié», pro-patronat, anti-syndicat et un agenda putchiste au passage! Et chose certaine aussi, nous n’aurons pas à mettre madame Marcotte en garde des «agendas connus» d’Éric Duhaime, car ils ont de toute façon les mêmes intérêts!

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Un véhicule d’idées!

Publié par sylvainguillemette le 19 novembre, 2010

Contre le RLQLe RLQ vient de faire son arrivée au Québec, comme de nombreux Tea Party sont arrivés sur la place publique états-unienne, à l’instar des compagnies d’assurance qui arrivent aussitôt le déluge passé par chez vous. Aucune coïncidence (sic!). Mais ces regroupements prétendent nous offrir de nouvelles et bonnes idées. Qu’en est-il véritablement et quel est leur but commun réel derrière toutes ces prétentions?

D’abord, les libertariens ne datent pas d’hier. C’est en fait un vieux courant de pensée, pensé par une classe précise, pour des intérêts  précis, mais servi par un mercenariat sans scrupule, voire avide et cupide, peu soucieux des conditions sociales découlant de leurs «pensées magiques». La conciliation d’individus aux allures douteuses y est de mise, et nous pouvons observer que le prolétariat ne colle pas à leurs idées, et pour cause.

En effet, le prolétariat ne peut coller aux idées du Réseau Liberté Québec, puisque les intérêts qui y sont présentés ne le concernent en rien, sauf en apparence. De belles promesses juteuses, mais pieuses, telle la fin des attentes dans le réseau de la santé, y sont répertoriées, comme la fin des impôts l’est également. On y prêche un moindre État, bref, un État manifestement sensible à leurs intérêts, à rien d’autre. Mais quels intérêts? Et ceux de qui?

Les libertariens n’arrivent pas à convaincre le prolétariat de la «bonne cause», parce que précisément, les intérêts des exploitants de ces premiers sont à la une. Ainsi, en parfaite contradiction, certains aliénés, exploités eux-mêmes, mais très rares, vont endosser le combat des intérêts de ceux qui les exploitent. Et on ne peut finalement qu’en déduire une faiblesse d’esprit critique, voire une aliénation totale.

Le RLQ défend sans retenue les intérêts de la bourgeoisie, mais cela, tentant de faire passer le loup pour un mouton. Effectivement, le RLQ, défendant les intérêts de la bourgeoisie, annonce des jours meilleurs pour les payeurs de taxes et d’impôts, en remettant la responsabilité sur chacun d’eux, d’une destinée, ratée ou réussite. Le RLQ considère de la sorte, que tous les humains naissent égaux, niant ainsi les faits réels, que tous les humains ne naissent pas égaux. Mais tel est leur constat, servant de base à leur argumentaire, déjà promis au totalitarisme, conséquemment.

Faisons le tour des idées des libertariens pour nous en convaincre…, mais d’abord, menons un constat clair, pour éviter les totalitarismes émis par ces libertariens et ne pas tomber dans leur piège, et/ou ne pas répéter leurs erreurs.

Les conditionnements mènent aux conditions, un processus s’explique toujours par un autre, et en explique toujours un autre également.

Il est un fait qu’une pomme tombe d’un pommier, comme il est un fait qu’un héritage, constitue un bon point de départ pour quiconque dans la vie. Ainsi, il est permis de constater la relativité, d’un point à un autre, au fil de l’évolution. On peut donc faire le constat suivant : sans pommier, pas de pomme!

Si donc, les pommiers donnent les pommes, qu’est-ce qui peut expliquer, dans nos sociétés, que des individus, minoritaires, et c’est important pour l’exemple d’en préciser la minorité, puissent amasser plus rapidement que d’autres, majoritaires ceux-là, des sommes considérables, relativisant leur richesse comme supérieure à celles des majoritaires? Une explication s’impose, par l’observation. C’est que certains d’entre nous, possédons des conditionnements, menant à nos conditions de mieux nantis, ou de moins nantis. Et c’est que certains disposent de moyens d’enrichissement «plus rapides» que ceux des autres, par exemple, et celui-ci relativise précisément mes «minoritaires» et mes «majoritaires» cités dans l’exemple ci-haut, certains disposent de moyens de production.

Qu’est-ce que viennent faire les moyens de production là-dedans? C’est bien simple en fait, ils constituent un moyen d’enrichissement personnel, au détriment du labeur d’autrui, celui en l’occurrence, des employés «majoritaires» du possédant de ces moyens de production. En effet, via ces moyens de production, le propriétaire dispose d’un moyen d’exploiter le labeur de ses employés, en achetant leur force de travail à un prix concurrentiel, assez bas pour que des profits en soient dégagés, via ce qu’on appelle une plus-value, dont la valeur est inconnue jusqu’à la mise en marché du produit. Mais bien qu’elle soit inconnue, cette plus-value aura lieu, si l’entreprise, le moyen de production, en vaut la peine et n’est pas déficiente dans ses plans d’affaires.

En gros, on peut déjà affirmer que le prolétariat ne pourra jamais acquérir autant de richesses que ne le pourra la bourgeoisie, sauf encore là, et ce n’est jamais arrivé, par l’entremise d’une loterie, ou d’un héritage, ce qui toutefois, viendrait détruire l’argumentaire «des mérites» de cette classe élitiste, que nous proposent pourtant ces libertariens, inconséquents qu’ils sont, en guise d’argumentaire légitimant l’exploitation des besoins, du labeur et des maladies d’autrui.

Définitivement, la partie possédant ces moyens de production sera toujours avantagée par ses possessions, et ne sera donc jamais égale à la majorité, soit au prolétariat, qu’elle exploite d’ailleurs, pour se hisser au-dessus de celui-ci, et pour expliquer la concentration de la richesse en son sein.

Et les libertariens ne pourront jamais nier certains faits, dont celui qu’un arbre à l’ombre, ne poussera jamais plus vite qu’un arbre au Soleil, bien arrosé de rosée. Ainsi, on peut déjà, d’emblée, affirmer que le possédant de ces moyens de production, sera toujours plus riche que la moyenne de ces majoritaires prolétaires, exploités d’ailleurs, pour la cause.

Et puisque j’affirme qu’il y a exploitation, autant argumenter cette affirmation, que je ne saurais laisser en pâture à mes paresseux intellectuels si chéris, que sont les liberta-bon-à-riens.

L’exploitation existe, n’en déplaise au courant libertarien, conciliant à celle-ci.

En effet, le courant libertarien nie l’existence de l’exploitation, puisqu’il y a entente entre deux parties, soit celles que je cite plus haut. Et puisqu’il y a entente entre les prolétaires et les bourgeois, cela signifie t-il que l’exploitation n’existe pas? En fait, je vous pose ma question autrement. Est-ce que le mouton tondu l’est moins parce qu’il se laisse faire? Est-ce que le fait qu’il ne se débatte pas, peut nous permettre de nier l’existence de cette tonte?

Biens sûr que non! Tout comme l’entente entre deux parties, l’une exploitante, l’autre exploitée, ne peut finalement que se traduire par une entente sur les modalités de l’exploitation en question! Rien de plus logique!

Autrement dit, le système de salariat, le capitalisme, et d’emblée la propriété des moyens de production, signifie également, sans l’ombre d’un doute, un divin droit d’exploiter le labeur d’autrui, voire autant ses besoins et ses maladies.

N’en déplaise donc aux libertariens, l’exploitation est un fait bien réel dans le capitalisme, pour expliquer l’enrichissement d’une minorité, dite parasitaire alors, sur le labeur d’autrui, sur les besoins d’autrui et sur les maladies d’autrui.

Cela signifie donc que les dés du jeu sont pipés, et que le système lui-même conditionne ces inégalités économiques, qui elles, conditionnent à leur tour les inégalités sociales par conséquent, d’autant plus dans un système dont l’État ne joue plus aucun rôle, sauf celui de protéger la dictature du ô kapital, bref, des gens surtout, qui le possèdent.

Il n’y a donc aucune possibilité d’avoir des être humains nés sous la même étoile, et non pas parce que «c’est simplement ainsi et que ça l’a toujours été», mais bien parce que le système capitaliste crée ces conditionnements et légitime l’exploitation des divers besoins d’autrui, via la potentialité d’acquérir des moyens de production, eux-mêmes conditionnant l’enrichissement personnel d’une minorité, sur le labeur, les besoins et les maux de la majorité.

Rien d’étonnant alors, à ce que les prolétaires n’engagent pas le lien avec le RLQ, sauf évidemment, par aliénation, ou par aspiration à exploiter à leur tour, le mauvais sort des autres.

Les idées des libertariens et la réalité

1-Les libertariens prônent l’abolition du système de santé actuel, pour sa privatisation totale.

Pourquoi nous sommes-nous donné le système de santé actuel, universel, donc accessible à toutes et tous? Maintenant que nous avons fait le tour de la question du partage des richesses, et bref, des conditions apportées par les conditionnements précis de chacun, et que nous avons conclu que toutes et tous ne naissaient pas égaux, je crois qu’il est aisé de répondre en affirmant que c’était parce que le mauvais partage des richesses d’antan et d’aujourd’hui, ne permettaient et ne permettent toujours pas à tous d’accéder au système de santé, une fois qu’il est privatisé.

D’autre part, outre le simple accès universel, quelque soient vos moyens d’y accéder, il est surtout important de comprendre qui, d’entre nous, pourra entreprendre «librement» dans de tels systèmes de santé, privatisés. Or, il paraîtra désormais évident au lectorat, que la bourgeoisie minoritaire, chez qui s’est entassée la richesse sur le dos de la majorité prolétarienne, sera la seule potentielle actrice d’une telle initiative.

Bref, en parfaits totalitaires qu’ils sont, les libertariens vous affirmeront que toutes et tous, «désormais libres d’entreprendre», pourraient entreprendre cette initiative. Or, on s’entendra pour dire qu’il faut du capital pour entreprendre, et que les faits nous portent à croire, ou plutôt à observer, que la minorité parasitaire bourgeoise, chez qui s’est entassée la richesse -ce dont ils nient l’évidence-, sera porteuse de cet entreprenariat, elle seule. Et que bref, le prolétariat pour sa part, ne pourra qu’être libre, lui, de se plier au diktat du ô kapital, concentré chez nos «chers bourgeois», lesquels sont les véritables cibles d’intérêts de nos amis libertariens.

La privatisation de la santé n’est donc pas une priorité des prolétaires, exploités par les bourgeois minoritaires aptes à entreprendre en la matière, donc à exploiter d’avantages de besoins de ces prolétaires, mais bel et bien celle des bourgeois, précisément, parce que cela constituera, justement, un nouvel outil d’exploitation pour cette minorité parasitaire qu’est la bourgeoisie, défendue par le RLQ, qui finance d’ailleurs la conciliation des membres de ce groupe sectaire et monolithique.

La privatisation de la santé, d’ailleurs, coûtera plus chère per capita, puisqu’il est déjà admis, qu’une partie, à savoir cette minorité parasitaire qu’est la bourgeoisie, voudra sa cote sur cette pratique parasitaire. Indéniablement. Et cela, sans parler des dépenses qui seront ajoutées pour la simple compétition. Pour un être humain sensé, il s’agit là d’efforts dispensables, alors que le libertarien, lui, voit en la coupe à blanc d’une forêt, une opportunité de faire des profits.

Cette idée n’en vaut donc pas la peine, sauf pour la minorité parasitaire bourgeoise.

2-Les libertariens prônent l’abolition des services publics.

Dans le même genre de constat, nous sommes forcés d’observer, encore une fois, que le capital n’est pas partagé dans ce système, et qu’il est concentré au sein d’une minorité avantagée par ses propres conditionnements, et ce, indéniablement.

Donc, qui dit fin des services publics, dit fin de l’universalité de l’accès à ces services, et bref, cela dit également «fin de la soupape à la grogne populaire» que précipiterait un tel «chacun pour soi».

Autrement dit, ce que prônent les libertariens, c’est ce «chacun pour soi», et tant pis si vous n’avez pas les moyens d’y parvenir. De telle sorte que, les filles et fils de riches, conditionnés par des parents riches, n’auront pas le même souci que les mômes des moins nantis. Et qu’avant même d’avoir «mérité» leurs «droits», selon un argumentaire biaisé, nous l’avons vu, il leur sera octroyés ces divins droits cités, d’accès à tous les services et même d’exploitation, déjà, selon les moyens de papa et maman, qui sont et seront toujours leur conditionnement, jusqu’à maturité, et encore.

Donc, certes, on peut abolir tous les services sociaux, mais non sans admettre que cela perturbera profondément le politique, au point d’hausser les intérêts des prolétaires, à faire la lutte de classe. Cela ne servira donc, que temporairement la cause bourgeoise, et celle des sbires de cette classe minoritaire et parasitaire, soit ces libertariens.

Les prolétaires n’ont donc rien à gagner à suivre un courant politique, s’affichant comme populaire, mais n’étant dans les faits que celui de la minorité parasitaire bourgeoise et de ses valets.

3-Les libertariens prônent l’in-intervention de l’État

Les libertariens voudraient donc que l’État se taise, sous peine d’en accuser son existence, des liens qui lient les membres d’une même classe et des plans machiavéliques qu’ils se mettent en place, afin de concrétiser les conditionnements, qui avantageront leurs intérêts communs, dans le but ultime, de se donner des conditions avantagées, évidemment.

Mais de fait, les libertariens ne désirent pas la disparition de l’État, comme les communistes, mais celle de l’État qui ne se tait pas devant les inégalités sociales, découlant celles-ci des inégalités économiques conditionnées par le système capitaliste lui-même. Bref, les libertariens désirent un État bien à eux, conciliant, voire docile au diktat de ceux qui possèdent le ô kapital.

Qu’est-ce qu’un État conciliant pour les libertariens? Eh bien, c’est un État qui reconnait toujours la propriété privée, dont celle des moyens de production, mais cela, sans jamais ne tenir compte des conditionnements de chacun, apportant à chacun pourtant, des conditions fort différentes. Bref, le «jem’enfoutismedesautres»  s’affiche sans scrupule et prend le dessus. C’est ce que nomment fièrement, les auteurs libertariens, l’individualisme.

On peut donc conclure que le seul bon État pour les libertariens, c’est celui qui sera docile à la minorité parasitaire bourgeoise et que par conséquent, les prolétaires n’ont rien à gagner à suivre ce courant, qui n’a visiblement rien d’un mouvement «populaire».

L’état ne crée pas le corporatisme, les libertariens fabulent.

Les libertariens prétendent que l’État crée le corporatisme. Mais je vous démontrerai à travers ces lignes, que l’État n’est que l’outil que s’est donné cette concertation bourgeoise, mentionnée comme l’élite du système capitaliste, dite corporatiste par les libertariens.

L’État

D’abord, l’État, du terme connu,  vient historiquement des XVe et XVIe siècles et désignait une forme d’organisation du politique qui s’est développée à partir de la Renaissance. Il n’est pas d’hier comme on dit. Il a été précédé par la Polis grecque, la res publica romaine, le Saint Empire romain germanique etc. (Source :Wikipédia)

L’État, c’est l’outil de lance et de relance économique et sociale, mais aussi l’outil de répression par excellence, contre l’opposition à la démocratie par exemple, et parfois, malheureusement, contre la démocratie elle-même. L’État représente une concertation populaire, autour d’une «forme de gouvernement».  L’État naît donc d’abord du besoin des oligarques d’imposer populairement, ou «populistement» plutôt, leur diktat. L’État sert par conséquent, tant à épauler l’imposition d’un  régime démocratique ou non, qu’à donner un semblant de démocratie aux masses populaires, soumises pourtant, aux oligarques qui trônent hiérarchiquement sur eux, si minoritaires soient-ils en comparaison à la majorité populaire, laborieuse celle-ci.

L’État prendra plus tard une forme propre et relative aux «droits». On parlera alors d’État de droits. Mais là encore, cette forme d’État, comme d’autres, ne fait que concilier exploitants et exploités, sous une docilité semblant commune, mais aux nets avantages bourgeois. La propriété privée devient l’emblème privilégiée par les capitalistes, qui possèdent alors les moyens de production, et les capitaux pour s’en approprier, et/ou d’avantage.

L’État de droits, certes, constitue une avancée quant aux droits des travailleurs vendant leur force de travail, mais il leur confère également l’obligation de respecter l’ordre établi par les capitalistes qui d’ores et déjà, mettent à profit les nouvelles règles en vigueur. Car qui dit «droit d’entreprendre», dit droit de tirer profit d’opportunités, tant malsaines que saines. Alors qui dit droit de «profiter d’opportunités», dit  droit de «profiter du labeur d’autrui» entre autre, via cette potentialité que sont les moyens de production détenus par la bourgeoisie. Cela se coordonne via le besoins en général des prolétaires, et via leurs maladies en pratique, lorsque les réseaux de santé sont privatisés, s’il y a tel réseau.

L’État de droits sert donc, oui, la cause des travailleurs en ce qui concerne ses droits communs, comme le droit de vivre et d’être respecté en tant qu’être humain, mais il consent également à permettre aux bourgeois le droit d’exploiter le labeur d’autrui et ce faisant, la concentration de richesse au sein de cette classe devient inévitable. Cet État de droits néglige donc les intérêts d’une classe, pour en avantager une autre. Toutes ententes en perspective, demeure favorable à l’une des deux parties. Et les privilèges des uns, mieux conditionnés par leurs conditions, n’est en rien un argumentaire scientifique pour justifier l’oppression des «autres» et cela, encore moins lorsque les autres sont majoritaires, en comparaison aux «uns».

L’État n’est donc pas l’outil qui mène au corporatisme, mais plutôt, le corporatisme est l’évènement initial qui permet et qui pousse la bourgeoisie à se doter de l’État, ou à user de celui qui existe déjà, sans lequel, elle ne pourrait autrement imposer ses caprices et ses dogmes.

Car qui dit État, dit également répression, et oppression conséquemment. L’État fait respecter les droits qu’il impose, via le bras armé qu’il se donne, que l’on le nomme la «police» ou l’armée. Qu’importe, l’État demeure donc toujours policier, même s’il ne s’affiche pas.

Bref survol, certes, mais en ce qui concerne notre époque contemporaine, nous n’aurons pas besoin de survoler toutes les étapes de la progression de l’État pour donner notre verdict. Le constat final n’en sera point perturbé.

Le capitalisme 101 et le rapport de classes

Le capitalisme est un modèle économique, son nom le dit, carburant aux capitaux. Il met en valeur des dites lois immuables, consistant à donner des valeurs aux produits d’échange, selon leur offre globale, et leur demande globale. Un produit plus rare, grimpera par exemple en valeur, dû sa rareté, comme un autre, dense et facilement accessible aux couches les moins nantis, sera de moindre valeur. Une certaine logique s’applique, tant qu’on peut suivre les véritables statistiques de ces demandes et de ces offres.  Autrement dit, on ne peut pas garantir la parfaite valeur d’un objet, via les outils que nous nous sommes donnés. L’inventaire d’une production par exemple, peut prendre des semaines à se concrétiser en chiffres observés et lorsque ces chiffres sortent, le constat réel n’est déjà plus le même.

La valeur des produits brièvement expliquée, le capitalisme va au-delà des simples constats de valeur. Il permet, entre autre, d’amasser des capitaux, prétextant en cela, des pouvoirs relatifs y convenant, excusés par ce modèle économique et ses lois. Qui possède des capitaux, possède la possibilité d’entreprendre, bonne idée ou non en soutien. Qui possède les capitaux, peut s’approprier des moyens de production, telle une usine par exemple, sans pour autant démontrer quelconque mérite. Via cette usine, le propriétaire de ces moyens de production peut salarier des travailleurs lui offrant forces de travail en échange. Et qu’en disent les capitalistes purs et durs, l’entente entre ces deux parties ne peut que constituer une entente sur les modalités d’une exploitation, s’il y a profit créé par l’entreprise. La valeur de l’objet aura beau n’être connue qu’en temps et lieu de vente, ou d’achat, celle-ci, la valeur, définira néanmoins le taux d’exploitation du prolétaire, vendant lui, sa force de travail aux propriétaires de ces moyens de production pour créer une certaine richesse relative.

D‘autre part, le capitalisme est tellement bien adapté pour favoriser un semblant de partage qu’il s’est donné des loteries, et le droit de léguer des «mérites» et des «sacrifices», permettant ceux-là, dans le système capitaliste, de revendiquer le droit d’en profiter, quitte à ce que ce soit au détriment d’autrui. Cette soupape populaire imposée par l’État n’est pas inutile, elle permet entre autre à la bourgeoisie de profiter allégrement de son titre, sans que le prolétariat ne s’en offusque, car celui-ci espère en la loterie, un véritable repartage des richesses. En effet, la loterie maintient la dictature bourgeoise en place, et elle maintient et fait survivre le système capitaliste par conséquent. La loterie serait donc, selon les prolétaires on ne peut plus aliénés, garante de justice sociale.

Les classes et leurs intérêts

Outre ce simple rapport entre prolétaires et bourgeois, il y a la réalité de leurs intérêts propres à chacun, en tant que classes précisément distinctes.

La bourgeoisie détient les moyens de production, elle y trouve donc intérêt en la matière, en fonction de ce qu’elle peut en retirer économiquement. Par ses moyens de production, la définissant comme bourgeoise, la bourgeoisie se distinct inévitablement du prolétariat qu’elle embauche, devenant ce dernier, redevable à la bourgeoisie qui l’embauche, justement. Sans la bourgeoisie dans le modèle capitaliste, les capitaux sont insuffisants et les prolétaires ne peuvent entreprendre, quand même ils auraient de très, très bonnes idées. Il leur faudrait, par exemple, emprunter aux bourgeois la somme dont ils auraient besoin, et cela, aux modalités imposées par la bourgeoisie, qui ne pourrait qu’y voir une opportunité, là encore, de faire des profits.

Le prolétaire est communément le travailleur salarié. Il vend comme nous le disions, sa force de travail pour subvenir à ses besoins primaires et/ou secondaires.  Il vend cette force aux seuls capables de s’offrir son labeur, donc aux bourgeois en possédant les moyens. Le rapport entre cette classe et la classe bourgeoise n’est donc pas innée en l’humanité, mais relatif aux conditionnements qui menèrent lors de la révolution bourgeoise, à la dictature mondiale de celle-ci –dictature qui s’installa sur plusieurs siècles…- et à l’installation impérialiste, d’États pour ce.

Ces deux classes n’ont donc pas le même intérêt dans leur système capitaliste respectif. L’un emploi l’autre et l’autre lui vend sa force de travail. Le prolétaire retire quelques miettes de la richesse qu’il crée de ses efforts, alors que le bourgeois lui fournissant ses moyens de production pour ce, en retire un véritable profit, profit qui sera nécessaire à la modernisation de ses moyens de production, mais dont il aura tout de même pleinement le contrôle. L’un travaille donc pour que l’autre amasse.

Cette contradiction s’exerce en fait dans toutes les sphères du système capitaliste. Qu’il s’agisse de l’accès aux matières premières qui serviraient à fabriquer des objets de pacotille, ou des voitures de luxe pompeuses d’essence, tous n’ont pas le même accès à celles-ci. Que l’on ne mentionne que des restaurants merdiques où logent les pauvres, et ceux des riches, où les couverts dépassent la paie hebdomadaire moyenne des prolétaires, on y perçoit déjà une garantie d’injustice sociale. Ensuite, les vêtements, les articles ménagers ou les autres appareils qui pourraient légitimement faire l’envie des prolétaires, ne sont pas tous accessibles à ceux-ci, faute de moyens limités, concentrés ceux-là, chez la bourgeoisie minoritaire et parasitaire.

Mais c’est surtout lorsque l’on aborde la question de la santé ou de l’éducation que l’écart de richesse vient perturber le débat. C’est que, sans éducation, il est difficile de se sortir de la pauvreté et que, sans santé, il est difficile de vendre sa force de travail, une fois mal en point. Alors que de l’autre versant, le riche, lui, n’a que faire de ces factures de pacotille, qui ne viendront en rien modifier son budget ou l’étouffer socialement. C’est pourquoi le riche n’espère pas autre chose que la privatisation de ces services, puisqu’il est apte à se les offrir et qu’il en profitera largement. Et que le pauvre de son côté, désire le maintien de la soupape sociale que l’on s’est donné via l’État, c’est-à-dire l’universalité de l’accès à ces services.

D’autre part, on peut également observer l’arrivée d’une autre contradiction concernant la privatisation de la santé. Car certes, la privé en santé rend inévitable les deux vitesses, soit donc que les riches passeront avant les pauvres, parce qu’ils en auront les moyens. Mais il y a un débat tout autre, qu’est celui, précisément, de la capacité d’entreprendre, et de ce faire au détriment d’autrui. L’appropriation donc, des systèmes de santé, nécessite certainement une bonne contribution en capital, ce qui n’est pas d’augure pour tout le monde. Il y a donc une brèche dans la justice sociale, que l’État ne peut éviter que par son propre contrôle de l’universalité des soins, d’où cette révolution lors de la «Révolution Tranquille». Puisque de toute évidence, les moyens de soigner privatisés donneraient aux riches propriétaires de ces moyens, l’opportunité de s’enrichir sur les maladies d’autrui. Il faut noter là, que tous, toutes les classes, n’y trouvent donc pas leur compte.

Les intérêts de classe se heurtent ainsi donc sans cesse. Ils forment les classes, telles qu’elles le sont. Chaque classe et ses intérêts, ne peut se concilier à l’autre classe et ses intérêts, parce qu’il y a contradiction. Parce qu’une classe sur l’autre, y trouve son compte. Parce qu’une classe en particulier, vit apparemment du labeur, des besoins et des maladies de l’autre classe, ce qui n’est rien de moins que de l’oppression, déguisée en conciliation de classes. Une conciliation qui ne sera jamais totale et qui ne pourra jamais l’être.

Les intérêts de classe engendrent le corporatisme

L’État n’est donc pas essentiel pour créer le corporatisme, les intérêts de classe suffisent à concerter les forces de chacune en un front commun. On y décèle par exemple, les syndicats, les outils d’aide aux travailleurs externes tels que les conseillers pour les accidentés du travail. On y trouve également des firmes d’études sans but lucratif comme l’IRIS, qui viennent appuyer demandes et réquisitions des salariés, en apportant celles-ci, des études scientifiques sur la relativité du coût de vie de chaque classe en notre société.

Du côté des employeurs, l’appareil n’est envieux de celui des prolétaires. Conseil du Patronat, pratiquement collé sur le gouvernement… Diverses firmes d’études, financées par la bourgeoisie, appuient leurs demandes et sont même retranscrites dans divers journaux populistes. Le capitalisme en soi, leur lègue des divins droits, tels ceux que nous avons cité plus haut, dont celui d’exploiter les besoins, le labeur et la maladie d’autrui, par simple fait de posséder les moyens de ce faire. Les journaux eux-mêmes, ont un penchant patronat, puisque ces premiers appartiennent ni plus, ni moins, au patronat! Même son de cloche dans les médias télévisés, puisque les plates-formes, mise à part notre société d’État Radio-Canada, sont tous privées, et appartiennent donc à la bourgeoisie. Il serait fort étonnant de voir ces médias s’en prendre à leurs propres intérêts!

Bref, même sans l’État, on peut déceler et y constater des intérêts forts différents d’une part et d’autre des classes qui forment notre société. Avec ou sans l’État, le corporatisme est néanmoins bel et bien présent dans nos sociétés capitalistes, et le seraient d’avantage encore, s’il n’y avait justement pas ces États, pour réguler et donner un semblant de justice sociale. Mais le système capitaliste ne nous donnera jamais justice, puisque même celle-ci s’achète avec des capitaux, que toutes et tous ne possèdent pas en même importance, nous l’avons vu.

Il n’y a donc qu’un seul ingrédient nécessaire pour créer le corporatisme et l’État n’en est pas un. L’État, lui, n’est qu’un outil, créé pour donner au peuple, l’imaginaire émancipation qu’il désirait. Mais rien n’est plus faux. Les intérêts de classe priment et l’État, pour une classe comme pour l’autre, vient parfois embûcher le chemin.

Par ailleurs, certaines soupapes sociales inscrites dans l’historique des États, sont indispensables au maintien du système prévalant. Autrement dit, s’il n’y avait pas eu d’universalisation des soins de santé, ceux-là seraient toujours inaccessibles aux moins nantis, et les cliniques privées profiteraient encore plus aux bourgeois, où déjà, la richesse se concentre étant donné les moyens de production concentrés également chez ceux-là. Qui ici, peut avancer que le prolétariat ne se serait pas rebellé sans cette soupape sociale? Les idiots utiles du capitalisme, qui d’autre!

Conclusion finale

Les libertariens ne sont donc pas les sauveurs qu’ils prétendent être et n’ont rien de bon à apporter aux prolétaires, qui n’ont pas les mêmes intérêts que la classe minoritaire et parasitaire bourgeoise, que défendent ces libertariens.

Bref, le RLQ n’est qu’un ramassis de putes à bourgeois, à qui les travailleurs salariés du Québec ne doivent surtout pas faire confiance!

Certes, ils ont un véhicule plein d’idées, mais d’idées qui ont plus à voir avec les sites d’enfouissement et de compostage qu’autre chose!

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Du Tea Party au Réseau Liberté Québec, 9 novembre 2010, Stéphane Nicolas

Publié par sylvainguillemette le 10 novembre, 2010

Joanne Marcotte, la fondatrice du Réseau Liberté Québec (RLQ), l’affirme à qui veut l’entendre, le « Réseau Liberté Québec » est un « mouvement populaire », « grassroots » composé de citoyens préoccupés par les idéaux de « liberté et de responsabilités individuelles ». Éric Duhaime, un autre fondateur du RLQ, ne se cache pas de vouloir implanter un Tea Party québécois1. Comme nous le verrons, la comparaison est juste à plus d’un titre puisque le RLQ, tout comme le Tea Party, est largement appuyé par les mêmes think tanks et les mêmes bailleurs de fonds issus de grands lobbys privés.

Tea party, think tanks et Koch Industries

Le Tea Party, cet autre « mouvement grassroots », est notamment commandité par le think tank Freedom Works2. Ce groupe de pression est très actif ; il assure avoir « formé » plus de 150 000 personnes à sa doctrine ultralibérale, une copie conforme du discours officiel du RLQ : «Moins d’impôts, moins de gouvernement, plus de liberté».

Freedom Works dispose d’un budget annuel de « 10 millions de dollars », auquel contribuent largement les frères Koch3. Charles et David Koch ont en effet donné, via leurs fondations ou des dons privés, environ 8 millions de dollars au groupe Citizens for a Sound Economy, lequel deviendra Freedom Works.

Il faut dire que le groupe Koch Indutries, un puissant groupe pétrolier du Kansas, a largement les moyens d’investir dans ces mouvements avec 98 milliards de dollars de revenus en 2009, dont 40 milliards pour les seuls frères Koch (180 000 $ par minute)4, on est loin des classes populaires…

Les mêmes frères Koch financent plus d’une trentaine de groupes de pression qui démentent tous en bloc le réchauffement climatique. De 1997 à 2008, leurs généreuses contributions à ces groupes se sont élevées à plus de 48,5 millions de dollars5.

Le but de l’opération est simple : utiliser les influences intellectuelle et médiatique de ces think tanks afin de mettre en scène une « expertise » et convaincre l’opinion publique que le réchauffement climatique n’existe pas, ou que l’Homme n’en est pas responsable ou encore qu’il ne sert à rien d’agir… et surtout éviter d’inclure les coûts environnementaux dans la production du pétrole, ou d’en demander un contrôle démocratique.

Koch au Canada : RLQ, l’Institut Fraser et l’Institut économique de Montréal
Au Canada, l’Institut Fraser a reçu plus de 175 000$ de la famille Koch de 2005 à 20086. Et l’investissement est rentable puisque le think tank assure une bonne diffusion des idées « climato-sceptiques » par la publication d’articles, d’entrevues, de films qui dénoncent « l’alarmisme des environnementalistes »7,et sa participation au « climate-gate ».

C’est ce même Institut Fraser qui appuie le RLQ. Présent par un kiosque à l’entrée de sa conférence publique du 23 octobre dernier. C’est aussi l’Institut Fraser qui jalonne la carrière de Éric Duhaime, co-fondateur du RLQ, depuis son stage de maîtrise à l’Institut jusqu’à ses plus récents écrits8.

Éric Duhaime travaille également pour l’Institut Economique de Montréal (IEDM) fondé par la même personne que l’Institut Fraser : Michaël Walker. Son directeur, Michel Kelly-Gagnon était présent le 23 octobre dernier, tout comme celle de l’institut Fraser (et ex-directrice de l’IEDM), Tasha Keiriddine, une conférencière du RLQ, comme Maxime Bernier, le vice-président de l’IEDM, conférencier du RLQ également, tout comme Adam Daifallah, un autre étudiant boursier de l’Institut fraser 9 et fellow de l’IEDM.

Ezra Levant, un autre invité du RLQ, vient de publier un livre sur les vertus morales des sables bitumineux albertains : « Ethical oil ». Et précisément, Koch Industries est l’une des compagnies pétrolières qui dominent l’exploitation polluante du pétrole albertain. Ezra Levant a d’ailleurs brillamment débuté sa carrière conservatrice en étant Summer Fellow à la Koch Foundation, puis en travaillant pour l’Institut Fraser10.

Si l’argent du groupe Koch, via Americans for Prosperity a contribué à organiser plus de 1 000 Tea Party aux USA11,12… il en a aussi organisé un, le 23 octobre dernier, au Québec, via l’Institut Fraser.

Lorsque le « mouvement populaire » du RLQ assure la promotion du « climato-scepticisme », ce n’est que le discours de ces 2 des think tanks ultra-libéraux et conservateurs13 qu’il reprend, et ce sont bien les intérêts de la famille Koch qui s’expriment à travers eux. Moins d’État pour des sociétés pétrolières comme Koch c’est moins d’impôts, c’est avant tout plus de bénéfices, et un droit de polluer jamais remis en question.

Défier l’establisment médiatique

Le Tea Party a également reçu l’appui du magnat de la presse, Rupert Murdoch, directeur de Fox News14. Glenn Beck, un de ses « journalistes », mormon born-again, conservateur, sioniste radical assumé, y joue un rôle important.

Au Québec, le RLQ entend, lui aussi, tout comme le Tea Party « défier l’establishment médiatique », et son Rupert Murdoch québécois s’appelle Pierre Karl Péladeau, à la tête de son empire médiatique.

Quebecor était présent par un stand lors de la conférence du RLQ, distribuant gratuitement le Journal de Québec. Quant à savoir qui jouera le rôle de Glenn Beck, le choix est large entre ses chroniqueurs et journalistes : Richard Martineau, Joseph Facal, Nathalie Elgaraby (de l’IEDM, ex directrice de l’Institut Fraser), Éric Duhaime, etc.

Notons également que Quebecor imprime la revue « Perspectives » de l’institut Fraser. C’est également l’ex-employeur de Tony Teneycke, le premier invité d’honneur du RLQ, remplacé finalement par Ezra Levant, lui aussi employé du groupe par le biais de SUN TV.

Lorsque le RLQ parle de « défier l’establishment », il faut donc entendre la défense des intérêts de Quebecor et sa volonté de prendre un virage ultra-conservateur. Moins d’État ici, signifie surtout moins de réglementations, plus de revenus, moins de syndicats, moins de CRTC.

« Réformer » le « modèle québécois », développer les gaz de schistes

Et le RLQ, quand il se fait l’avocat d’une coupe à blanc dans le « modèle québécois » tient également le même discours que l’Institut Fraser ou l’IEDM. Il défend également les intérêts de firmes d’assurance privées comme par exemple toutes celles que détient Paul Desmarais, dont la femme, Hélène, préside également le conseil d’administration de l’IEDM.

La famille Desmarais possède aussi des parts importantes dans le gaz naturel via le groupe Suez, et l’IEDM, tout comme l’institut Fraser, prépare leur ruée vers l’Est et le gaz de schiste du Québec.

Il donne la parole au patronat15 de ce secteur pourtant largement déréglementé16 qui plaide pour encore moins de taxe, de contrôle et de permis. C’est d’ailleurs aussi la position de Jacques Brassard et Reynald du Berger, deux autres invités du RLQ.

Loin d’être réformiste, cette droite assumée fait l’apologie d’une véritable révolution dans laquelle les plus riches refusent toute redistribution de la richesse, et la monopolisent, en toute liberté… pour eux !

Une organisation partisane et ses hommes politiques

Alors que le RLQ est enregistré, comme tous les think tanks, comme une « organisation de rencontres politiques (sic) non-partisanes », le réseau semble pourtant largement orienté vers l’ADQ sur la scène provinciale et par le parti conservateur sur la scène fédérale.

Les fondateurs sont tous adéquistes ou conservateurs presque sans la moindre exception. L’attrait d’un électorat mobilisé par les radios de droite de la région17 est grand pour certains hommes politiques.

Qui raflera ce pactole politique et sera la Sarah Palin du RLQ ? Éric Caire, Maxime Bernier18, Gérard Deltell se proposent, on attend avec impatience leur photo en Bikini.

Conclusion

Si le RLQ se décrit comme un mouvement populaire de droite, ce n’est pourtant encore vrai que de façon très embryonnaire. En revanche, son ascension correspond exactement à la convergence de groupes puissants qui font valoir leurs intérêts aussi fort que leurs journaux, leurs think tanks et leur argent le leur permettent.

Les différents thèmes politiques abordés par le RLQ ne sont que la juxtaposition de ces intérêts. Si la droite libérale est maintenant connue pour ses relations affairistes avec la construction, les garderies, la mafia, etc. la droite ultra-libérale et la droite conservatrice portent aux affaires des grands lobbys du pétrole, du gaz, de la presse et des assurances.

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1 Quebec’s’Tea Party’ is born, Andrew Chung, Toronto Sun, 5 septembre 2010. Disponible sur http://www.thestar.com/news/canada/article/856919–quebec-s-tea-party-is-born

2 http://blog.lefigaro.fr/transamÉrica/2010/10/la-face-cachee-des-tea-party.html

3 Le Freedom Works compte 34 collaborateurs et revendique 800 000 membres aux USA. http://crooksandliars.com/taxonomy/term/7833,7762,5883

4 http://network.nationalpost.com/NP/blogs/fullcomment/archive/2010/05/11/tim-mak-the-men-behind-the-money-behind-u-s-conservatism.aspx

5 Selon un rapport public de Greenpeace, la prodigue famille pétrolière finance notamment les groupes conservateurs AmÉricans for Prosperity, le Heritage Foundation, le Mercatus Center et le Cato Institute. : http://www.greenpeace.org/international/en/news/features/dirty-money-climate-30032010/ voir le dossier complet sur http://www.greenpeace.org/usa/en/media-center/reports/koch-industries-secretly-fund/

6 http://www.straight.com/article-300619/vancouver/fraser-institute-among-dozens-climate-denial-groups-funded-oil-company-report-says

7 http://www.fraserinstitute.org/fr/research-news/news/display.aspx?id=12085 ou encore Fraser Institute, “Understanding Climate Change: Lesson Plans for the Classroom,” Holly Lippke Fretwell and Brandon Scarborough, 30 June 2009 http://www.fraserinstitute.org/researchandpublications/publications/6819.aspx

8 “Liberté de choix et transparence s’imposent”, Éric Duhaime Le Devoir 14-15 mars 2009.

9 Il a reçu en novembre 2001 une bourse de 10 000$ de la part de l’institut et a codirigé sa revue étudiante : Canadian Student Review, Octobre/Novembre 2001, p 2.

10 http://en.wikipedia.org/wiki/Ezra_Levant

11 http://thetyee.ca/News/2010/11/01/TeaPartyTies/

12 http://pourquedemainsoit.wordpress.com/2010/09/18/tea-party-un-masochisme-a-l%E2%80%99amÉricaine/

13 Dans la rubrique « l’iedm dans les médias » de son site web, l’institut fait une revue de presse des articles portant sur le RLQ… http://www.iedm.org/main/media_fr.php

14 http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2010/09/03/les-milliardaires-du-tea-party/

15 Voir notamment l’article « En tête à tête avec Robert Bédard », Perspectives, Printemps 2009, volume 2. Robert Bédard est le directeur de Athéna Energies Marketing, il y fait valoir l’importance de ne pas taxer les compagnies minières qui veulent exploiter le gaz de schistes au Québec. Entrevue réalisée par Tacha Keiriddine, directrice régionale de l’Institut Fraser, invitée du RLQ.

16 Ezra Levant a d’ailleurs lui aussi brillamment débuté sa carrière conservatrice en étant Summer Fellow à la Koch Foundation, puis en travaillant pour l’Institut Fraser.

17 Dont CHOI-FM qui semble jouer un rôle prépondérant dans la promotion du RLQ. Une radio qui emploie notamment Éric Duhaime, et propriété de RNC Média dont le directeur est Raynald Brière, l’ancien directeur de TVA, groupe Québécor. http://www.ledevoir.com/culture/62275/raynald-briere-passe-a-radio-nord

18 Maxime Bernier est vice-président de l’IEDM et promet le pactole : l’abolition de l’impôts sur les entreprises.

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Mettre fin au capitalisme, pour mettre fin au corporatisme

Publié par sylvainguillemette le 14 octobre, 2010

Les libertariens, cette sauce historiquement désuète, épaissie par la crasse désormais destinée aux poutines, prétendent que l’État crée le corporatisme. Mais je vous démontrerai à travers ces lignes, que l’État n’est que l’outil que s’est donné cette concertation bourgeoise, mentionnée comme l’élite du système capitaliste, dite corporatiste par les libertariens.

L’État

D’abord, l’État, du terme connu,  vient historiquement des XVe et XVIe siècles et désignait une forme d’organisation du politique qui s’est développée à partir de la Renaissance. Il n’est pas d’hier comme on dit. Il a été précédé par la Polis grecque, la res publica romaine, le Saint Empire romain germanique etc. (Source :Wikipédia)

L’État, c’est l’outil de lance et de relance économique et sociale, mais aussi l’outil de répression par excellence, contre l’opposition à la démocratie par exemple, et parfois, malheureusement, contre la démocratie elle-même. L’État représente une concertation populaire, autour d’une «forme de gouvernement».  L’État naît donc d’abord du besoin des oligarques d’imposer populairement, ou «populistement» plutôt, leur diktat. L’État sert par conséquent, tant à épauler l’imposition d’un  régime démocratique ou non, qu’à donner un semblant de démocratie aux masses populaires, soumises pourtant, aux oligarques qui trônent hiérarchiquement sur eux, si minoritaires soient-ils en comparaison à la majorité populaire, laborieuse celle-ci.

L’État prendra plus tard une forme propre et relative aux «droits». On parlera alors d’État de droits. Mais là encore, cette forme d’État, comme d’autres, ne fait que concilier exploitants et exploités, sous une docilité semblant commune, mais aux nets avantages bourgeois. La propriété privée devient l’emblème privilégiée par les capitalistes, qui possèdent alors les moyens de production, et les capitaux pour s’en approprier, et/ou d’avantage.

L’État de droits, certes, constitue une avancée quant aux droits des travailleurs vendant leur force de travail, mais il leur confère également l’obligation de respecter l’ordre établi par les capitalistes qui d’ores et déjà, mettent à profit les nouvelles règles en vigueur. Car qui dit «droit d’entreprendre», dit droit de tirer profit d’opportunités, tant malsaines que saines. Alors qui dit droit de «profiter d’opportunités», dit  droit de «profiter du labeur d’autrui» entre autre, via cette potentialité que sont les moyens de production détenus par la bourgeoisie. Cela se coordonne via le besoins en général des prolétaires, et via leurs maladies en pratique, lorsque les réseaux de santé sont privatisés, s’il y a tel réseau.

L’État de droits sert donc, oui, la cause des travailleurs en ce qui concerne ses droits communs, comme le droit de vivre et d’être respecté en tant qu’être humain, mais il consent également à permettre aux bourgeois le droit d’exploiter le labeur d’autrui et se faisant, la concentration de richesse au sein de cette classe devient inévitable. Cet État de droits néglige donc les intérêts d’une classe, pour en avantager une autre. Toutes ententes en perspective, demeure favorable à l’une des deux parties. Et les privilèges des uns, mieux conditionnés par leurs conditions, n’est en rien un argumentaire scientifique pour justifier l’oppression des «autres» et cela, encore moins lorsque les autres sont majoritaires, en comparaison aux «uns».

L’État n’est donc pas l’outil qui mène au corporatisme, mais plutôt, le corporatisme est l’évènement initial qui permet et qui pousse la bourgeoisie à se doter de l’État, sans lequel, elle ne peut imposer ses caprices et ses dogmes.

Car qui dit État, dit également répression, et oppression conséquemment. L’État fait respecter les droits qu’il impose, via le bras armé qu’il se donne, que l’on le nomme la «police» ou l’armée. Qu’importe, l’État demeure donc toujours policier, même s’il ne s’affiche pas.

Bref survol, certes, mais en ce qui concerne notre époque contemporaine, nous n’aurons pas besoin de survoler toutes les étapes de la progression de l’État pour donner notre verdict. Le constat final n’en sera point perturbé.

Le capitalisme 101 et le rapport de classes

Le capitalisme est un modèle économique, son nom le dit, carburant aux capitaux. Il met en valeur des dites lois immuables, consistant à donner des valeurs aux produits d’échange, selon leur offre globale, et leur demande globale. Un produit plus rare, grimpera par exemple en valeur, dû sa rareté, comme un autre, dense et facilement accessible aux couches les moins nantis, sera de moindre valeur. Une certaine logique s’applique, tant qu’on peut suivre les véritables statistiques de ces demandes et de ces offres.  Autrement dit, on ne peut pas garantir la parfaite valeur d’un objet, via les outils que nous nous sommes donnés. L’inventaire d’une production par exemple, peut prendre des semaines à se concrétiser en chiffres observés et lorsque ces chiffres sortent, le constat réel n’est déjà plus le même.

La valeur des produits brièvement expliquée, le capitalisme va au-delà des simples constats de valeur. Il permet, entre autre, d’amasser des capitaux, prétextant en cela, des pouvoirs relatifs y convenant, excusés par ce modèle économique et ses lois. Qui possède des capitaux, possède la possibilité d’entreprendre, bonne idée ou non en soutien. Qui possède les capitaux, peut s’approprier des moyens de production, telle une usine par exemple, sans pour autant démontrer quelconque mérite. Via cette usine, le propriétaire de ces moyens de production peut salarier des travailleurs lui offrant forces de travail en échange. Et qu’en disent les capitalistes purs et durs, l’entente entre ces deux parties ne peut que constituer une entente sur les modalités d’une exploitation, s’il y a profit créé par l’entreprise. La valeur de l’objet aura beau n’être connue qu’en temps et lieu de vente, ou d’achat, celle-ci, la valeur, définira néanmoins le taux d’exploitation du prolétaire, vendant lui, sa force de travail aux propriétaires de ces moyens de production pour créer une certaine richesse relative

D‘autre part, le capitalisme est tellement bien adapté pour favoriser un semblant de partage qu’il s’est donné des loteries, et le droit de léguer des «mérites» et des «sacrifices», permettant ceux-là, dans le système capitaliste, de revendiquer le droit d’en profiter, quitte à ce que ce soit au détriment d’autrui. Cette soupape populaire imposée par l’État n’est pas inutile, elle permet entre autre à la bourgeoisie de profiter allègrement de son titre, sans que le prolétariat ne s’en offusque, car celui-ci espère en la loterie, un véritable repartage des richesses. En effet, la loterie maintient la dictature bourgeoise en place, et elle maintient et fait survivre le système capitaliste par conséquent. La loterie serait donc, selon les prolétaires on ne peut plus aliénés, garante de justice sociale.

Les classes et leurs intérêts

Outre ce simple rapport entre prolétaires et bourgeois, il y a la réalité de leurs intérêts propres à chacun, en tant que classes précisément distinctes.

La bourgeoisie détient les moyens de production, elle y trouve donc intérêt en la matière, en fonction de ce qu’elle peut en retirer économiquement. Par ses moyens de production, la définissant comme bourgeoise, la bourgeoisie se distinct inévitablement du prolétariat qu’elle embauche, devenant ce dernier, redevable à la bourgeoisie qui l’embauche, justement. Sans la bourgeoisie dans le modèle capitaliste, les capitaux sont insuffisants et les prolétaires ne peuvent entreprendre, quand même ils auraient de très, très bonnes idées. Il leur faudrait, par exemple, emprunter aux bourgeois la somme dont ils auraient besoin, et cela, aux modalités imposées par la bourgeoisie, qui ne pourrait qu’y voir une opportunité, là encore, de faire des profits.

Le prolétaire est communément le travailleur salarié. Il vend comme nous le disions, sa force de travail pour subvenir à ses besoins primaires et/ou secondaires.  Il vend cette force aux seuls capables de s’offrir son labeur, donc aux bourgeois en possédant les moyens. Le rapport entre cette classe et la classe bourgeoise n’est donc pas innée en l’humanité, mais relatif aux conditionnements qui menèrent lors de la révolution bourgeoise, à la dictature mondiale de celle-ci –dictature qui s’installa sur plusieurs siècles…- et à l’installation impérialiste, d’États pour ce.

Ces deux classes n’ont donc pas le même intérêt dans leur système capitaliste respectif. L’un emploi l’autre et l’autre lui vend sa force de travail. Le prolétaire retire quelques miettes de la richesse qu’il crée de ses efforts, alors que le bourgeois lui fournissant ses moyens de production pour ce, en retire un véritable profit, profit qui sera nécessaire à la modernisation de ses moyens de production, mais dont il aura tout de même pleinement le contrôle. L’un travaille donc pour que l’autre amasse.

Cette contradiction s’exerce en fait dans toutes les sphères du système capitaliste. Qu’il s’agisse de l’accès aux matières premières qui serviraient des objets de pacotille, ou des voitures de luxe pompeuses d’essence, tous n’ont pas le même accès à celles-ci. Que l’on ne mentionne que restaurants merdiques où logent les pauvres, et ceux des riches, où les couverts dépassent la paie hebdomadaire moyenne des prolétaires, on y perçoit déjà une garantie d’injustice sociale. Ensuite, les vêtements, les articles ménagers ou les autres appareils qui pourraient légitimement faire l’envie des prolétaires, ne sont pas tous accessibles à ceux-ci, faute de moyens limités.

Mais c’est surtout lorsque l’on aborde la question de la santé ou de l’éducation que l’écart de richesse vient perturber le débat. C’est que, sans éducation, il est difficile de se sortir de la pauvreté et que, sans santé, il est difficile de vendre sa force de travail, une fois mal en point. Alors que de l’autre versant, le riche, lui, n’a que faire de ces factures de pacotille, qui ne viendront en rien modifier son budget. C’est pourquoi le riche n’espère pas autre chose que la privatisation de ces services, puisqu’il est apte à se les offrir. Et que le pauvre de son côté, désire le maintien de la soupape sociale que l’on s’est donné via l’État, c’est-à-dire l’universalité de l’accès à ces services.

D’autre part, on peut également observer l’arrivée d’une autre contradiction concernant la privatisation de la santé. Car certes, la privé en santé rend inévitable les deux vitesses, soit donc que les riches passeront avant les pauvres, parce qu’ils en auront les moyens. Mais il y a un débat tout autre, qu’est celui, précisément, de la capacité d’entreprendre, et de ce faire au détriment d’autrui. L’appropriation donc, des systèmes de santé, nécessite certainement une bonne contribution en capital, ce qui n’est pas d’augure pour tout le monde. Il y a donc une brèche dans la justice sociale, que l’État ne peut éviter que par son propre contrôle de l’universalité des soins, d’où cette révolution lors de la «Révolution Tranquille». Puisque de toute évidence, les moyens de soigner privatisés donneraient aux riches propriétaires de ces moyens, l’opportunité de s’enrichir sur les maladies d’autrui. Il faut noter là, que tous, tous les classes, n’y trouvent donc pas leur compte.

Les intérêts de classe se heurtent ainsi donc sans cesse. Ils forment les classes, telles qu’elles le sont. Chaque classe et ses intérêts, ne peut se concilier à l’autre classe et ses intérêts, parce qu’il y a contradiction. Parce qu’une classe sur l’autre, y trouve son compte. Parce qu’une classe en particulier, vit apparemment du labeur, des besoins et des maladies de l’autre classe, ce qui n’est rien de moins que de l’oppression , déguisée en conciliation de classes. Une conciliation qui ne sera jamais totale et qui ne pourra jamais l’être.

Les intérêts de classe engendrent le corporatisme

L’État n’est donc pas essentiel pour créer le corporatisme, les intérêts de classe suffisent à concerter les forces de chacune en un front commun. On y décèle par exemple, les syndicats, les outils d’aide aux travailleurs externes tels que les conseillers pour les accidentés du travail. On y trouve également des firmes d’études sans but lucratif comme l’IRIS, qui viennent appuyer demandes et réquisitions des salariés, en apportant celles-ci, des études scientifiques sur la relativité du coût de vie de chaque classe en notre société.

Du côté des employeurs, l’appareil n’est envieux de celui des prolétaires. Conseil du Patronat, pratiquement collé sur le gouvernement… Diverses firmes d’études, financées par la bourgeoisie, appuient leurs demandes et sont même retranscrites dans divers journaux populistes. Le capitalisme en soi, leur lègue des divins droits, tels ceux que nous avons cité plus haut, dont celui d’exploiter les besoins, le labeur et la maladie d’autrui, par simple fait de posséder les moyens de ce faire. Les journaux eux-mêmes, ont un penchant patronat, puisque ces premiers appartiennent ni plus, ni moins, au patronat! Même son de cloche dans les médias télévisés, puisque les plates-formes, mise à part notre société d’État Radio-Canada, sont tous privées, et appartiennent donc à la bourgeoisie. Il serait fort étonnant de voir ces médias s’en prendre à leurs propres intérêts!

Bref, même sans l’État, on peut déceler et y constater des intérêts forts différents d’une part et d’autre des classes qui forment notre société. Avec ou sans l’État, le corporatisme est néanmoins bel et bien présent dans nos sociétés capitalistes, et le seraient d’avantage encore, s’il n’y avait justement pas ces États, pour réguler et donner un semblant de justice sociale. Mais le système capitaliste ne nous donnera jamais justice, puisque même celle-ci s’achète avec des capitaux, que toutes et tous ne possèdent pas en même importance, nous l’avons vu.

Il n’y a donc qu’un seul ingrédient nécessaire pour créer le corporatisme et l’État n’en est pas un. L’État, lui, n’est qu’un outil, créé pour donner au peuple, l’imaginaire émancipation qu’il désirait. Mais rien n’est plus faux. Les intérêts de classe priment et l’État, pour une classe comme pour l’autre, vient parfois embûcher le chemin.

Par ailleurs, certaines soupapes sociales inscrites dans l’historique des États, sont indispensables au maintien du système prévalant. Autrement dit, s’il n’y avait pas eu d’universalisation des soins de santé, ceux-là seraient toujours inaccessibles aux moins nantis, et les cliniques privées profiteraient encore plus aux bourgeois, où déjà, la richesse se concentre étant donné les moyens de production concentrés également chez ceux-là. Qui ici, peut avancer que le prolétariat ne se serait pas rebellé sans cette soupape sociale? Les idiots utiles du capitalisme, qui d’autre!

Conclusion

En effet, même si nous devions nous débarrasser de l’État, servant surtout les intérêts bourgeois, les intérêts de classe ne cesseraient pas d’exister. Les classes non plus d’ailleurs. Et l’exploitation d’une classe par une autre de même. Il est donc absurde et totalitaire de prétendre que la cessation de l’État, cesserait également le corporatisme. La bourgeoisie trouverait ailleurs qu’en l’État, les bras armés pour faire respecter SA loi. La bourgeoisie serait sinon, redevable aux travailleurs, comme elle se doit d’être dans les faits. La bourgeoisie serait donc forcée d’employer des mercenaires pour faire respecter SA propriété privée, ou SON droit d’exploiter «son prochain». Comment peut-on croire en 2010, que l’abolition de l’État pourrait amener une meilleure justice, et comment peut-on nier surtout, que sans l’État, la bourgeoisie aurait quand même des intérêts communs de classe? Comment peut-on imaginer seulement, que le prolétariat exploité de tous côtés, consentirait à d’avantage de docilité et de servilité? Comment peut-on vraiment penser que le prolétariat acquiescerait sans broncher, aux divers et multiples caprices bourgeois, d’exploiter chacun de ses besoins et d’en vivre grassement?

La conclusion est fort simple. Le corporatisme existera toujours, tant qu’il existera des classes entrant en conflit, l’une avec l’autre. Et tant qu’il y aura des socialistes comme moi dans les parages, on pourra certainement relativiser ces contradictions, au fait qu’il existe des classes, des intérêts propres à chacune, et l’impossibilité pour le prolétariat de consentir, docilement et servilement, à sa propre exploitation. Avec ou sans État, ces deux classes ne pourront jamais se concilier. L’histoire nous l’a déjà prouvé.

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