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Vu de Washington, l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli, Gene A. Cretz sera le « gouverneur de la Libye libre »
Alors que les télévisions atlantistes annoncent la chute imminente de Mouammar Kadhafi, Thierry Meyssan —présent à Tripoli— dénonce une intoxication. Selon lui, la guerre est autant psychologique que militaire. Les mensonges de la propagande visent à provoquer l’implosion de l’État libyen, l’objectif final n’étant plus de gouverner le pays, mais au contraire d’y installer le « chaos constructeur » au détriment de la population civile, afin de débuter le « remodelage de l’Afrique du Nord ». On a pu observer au cours des derniers jours un changement tactique important de l’OTAN. En plusieurs zones loyales au gouvernement, l’Alliance a bombardé des checkpoints, créant de la confusion, pour larguer un peu plus loin des armes à des cellules rebelles dormantes, ou à des commandos de Forces spéciales infiltrés. Ces opérations ont échoué, et les armes —derniers modèles— ont été récupérées par l’armée libyenne. Mais à n’en pas douter, l’OTAN perfectionnera sa méthode et parviendra ultérieurement à la mettre en œuvre. Cette innovation tactique montre qu’il ne s’agit plus de favoriser un soulèvement populaire contre « le régime de Kadhafi », mais d’inciter à la guerre civile. Ne croyez pas un mot de ce que vous disent les télévisions satellitaires de la Coalition. À titre d’exemple, au moment où j’écris ces lignes [samedi 20 août après-midi], elles viennent d’annoncer qu’une unité de l’armée s’est mutinée et a pris le contrôle de l’aéroport ; que l’on se bat dans la capitale et que des chars ont été déployés. C’est de la pure invention. Prenez plutôt comme source d’information les télévisions satellitaires d’États ne participant pas au conflit : la chaîne latino-américaine TeleSur ou la chaîne iranienne PressTV qui, depuis le départ de Russia Today, sont les seules sur place à rendre compte objectivement des événements. La propagande atlantiste nous assure, à longueur de journée, que les rebelles progressent, qu’ils ont pris tel ou tel village « stratégique », et que « les jours de Kadhafi sont comptés ». Combien de fois nous ont-ils annoncé que Kadhafi avait fuit au Venezuela ou s’était suicidé ? Dernier avatar de cette guerre psychologique l’annonce faite par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de la nécessité d’évacuer au plus vite 600 000 travailleurs étrangers avant l’inévitable bain de sang ; une déclaration sans fondement, destinée à semer la panique. L’OIM ne ressort pas des agences des Nations Unies. Elle est dirigée par l’ambassadeur US William Lacy Swing, tristement célèbre en Haïti. En réalité, l’OTAN a pris acte de son enlisement et ne vise plus une solution militaire classique. Sa tactique est désormais conçue pour appuyer une action politique souterraine visant à provoquer une dislocation de l’État. L’idée est que les Libyens prêts à soutenir le CNT se comptent en dizaines ou en centaines de milliers, tandis que ceux qui soutiennent le gouvernement se comptent par millions. Dès lors, il est illusoire de penser que les « rebelles » pourront contrôler le pays à court ou moyen terme. Contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas tant les rebelles qui se battent contre l’armée libyenne et ses réservistes, c’est l’OTAN. Le schéma est désormais bien rôdé : des hélicoptères Apache investissent une localité en mitraillant tout ce qui bouge. La population fuit et l’armée se retire. Les « rebelles » investissent alors la bourgade. Ils hissent le drapeau monarchiste devant les caméras de CNN et consorts. Ils se font photographier en faisant le V de la victoire, puis pillent les maisons abandonnées. Lorsque l’OTAN se retire, l’armée libyenne revient et les « rebelles » s’enfuient, laissant derrière eux une ville dévastée. Chaque jour le CNT clame donc avoir pris une localité qu’il perd le lendemain. Au moment où j’écris ces lignes, l’armée libyenne a repris le contrôle de Zwaya et de sa raffinerie, de Brega et de raffinerie, et surtout de presque toute la ville de Misrata. La seule localité importante tenue par les « rebelles » est Benghazi. Ailleurs, ils n’étaient que de passage avec leur cohorte de journalistes embarqués. Avec l’aide de l’OTAN, les rebelles peuvent pénétrer n’importe où, mais sans l’aide de la population, ils parviennent à se maintenir nulle part. Réunis à Washington le 25 juillet au Center for Strategic & International Studies (CSIS), les meilleurs experts états-uniens sont arrivés à la conclusion qu’il n’y a aucun moyen de prendre Tripoli, en tous cas pas avant deux ou trois ans. Il est par contre possible, comme l’anticipe Daniel Serwer dans une note du Council of Foreign Relations (CFR) de provoquer une implosion du régime. Il s’en suivrait que les zones rurales, dont l’organisation sociale est de nature tribale, sombreraient instantanément dans un chaos plus proche de l’exemple somalien que de l’exemple irakien. Certaines zones urbaines, principalement Tripoli qui abrite le quart de la population libyenne, dont l’organisation sociale est plus familiale et individuelle, resteraient à la fois loyales au gouvernement et stables. D’ores et déjà il a été décidé que le pitoyable Conseil national de transition serait maintenu pour la forme, mais dessaisi de ses prérogatives, qu’au demeurant il n’a jamais exercées. L’ambassadeur Gene A. Cretz serait nommé « gouverneur de la Libye libre » (sic), comme le général Jay Gardner l’avait été en Irak. Cretz a constitué son équipe et se tient prêt à tout moment à débarquer. Après avoir tenté un coup d’État en octobre, inventé un alibi humanitaire pour conquérir le pays en février, puis avoir envisagé la partition de la Libye sur le modèle kosovar en juin, et s’être lancé début août dans une campagne pour faire souffrir la population jusqu’à se qu’elle se révolte, l’OTAN glisse insensiblement vers le « chaos constructeur », cher aux Straussiens [1] qui ont précisément voulu cette guerre pour étendre à l’Afrique du Nord le « remodelage » qu’ils ont commencé au Proche-Orient. Dans un tel cas, le maintien de Mouammar Kadhafi à Tripoli serait une aubaine pour créer un conflit régional généralisé entre arabes et « autochtones » (Berbères etc.). En effet, à la différence du Proche-Orient, l’Afrique du Nord ne se prête pas à un conflit sectaire sunnite/chiite. Le chaos libyen serait progressivement étendu à l’ensemble de l’Afrique du Nord (sauf l’Égypte) en installant la terreur d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Il va de soi que le chaos en Libye aurait des conséquences catastrophiques pour tous les pays de la Méditerranée, et en premier chef pour l’Italie et la France qui s’en trouveraient profondément et durablement déstabilisés. L’Europe serait privée d’importantes fournitures de gaz et de pétrole, et devrait simultanément faire face à un afflux massif de réfugiés. Dans cette perspective, le CFR recommande d’envisager une occupation militaire durable, seule apte à stabiliser le pays. Cependant, il est peu probable que l’administration Obama puisse —en pleine campagne électorale— financer un vaste déploiement de troupes au sol, face à une opinion publique intérieure qui exige des économies. Le CFR préconise donc que Washington transfère cette charge sur les Nations Unies et l’Union européenne. Si l’on suit cette logique, Washington et d’autres ne manqueront pas d’invoquer les responsabilités post-conflit déterminées par la Convention de Genève pour imposer ce fardeau au couple franco-britannique qui a pris le leadership médiatique de la guerre. De son côté, l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani a envoyé un émissaire en Tunisie pour tenter une OPA. L’ex-Premier ministre français, désormais employé du Qatar, Maître Dominique de Villepin, était mandaté pour acheter la trahison des Kadhafi. Il n’a pas eu le succès escompté. Contrairement à une idée reçue à Doha et à Paris, certaines personnes ne sont pas à vendre. Quoi qu’il en soit, la suite des événements s’apparentera probablement à un coup tordu : l’émir de Qatar est en train de faire construire à Doha des décors en carton pâte représentant Bab el-Azizia (la place sur laquelle se trouvait l’ancien palais de Mouammar Kadhafi) et la Place verte (la place centrale de Tripoli où le « Guide » prononce ses discours). À n’en pas douter, les prochaines images exclusives d’Al-Jazeera ne manqueront pas de créer une réalité virtuelle qui fera, à sa manière, partie de l’Histoire. [1] Les Straussiens sont les disciples du philosophe Leo Strauss. |
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| Thierry Meyssan est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Thierry Meyssan publiés par Mondialisation.ca | |
Articles Tagués ‘Impérialisme’
Washington planifie une occupation prolongée d’une partie de la Libye
Publié par sylvainguillemette le 24 août, 2011
Publié dans Article | Tagué: Afrique du Nord, Al-Jazeera, al-Qaida, Égypte, États-Unis d'Amérique, Center for Strategic & International Studies, Charles Bouchard, colonialisme, Convention de Genève, Coup d'état, crimes contre l'humanité, crimes de guerre, criminel, Dominique de Villepin, Gene A. Cretz, Impérialisme, Libye, Londres, Misrata, Mouammar Kadhafi, NATO, Occupation, OTAN, Ottawa, Paris, Putsch, rebelle, Russia Today, Stephen Harper, Syrie, Terrorisme, terrorisme d'État, Tripoli, United State of America, uranium appauvri, US, USA, Washington | Laisser un Commentaire »
L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens par Thierry Meyssan
Publié par sylvainguillemette le 14 juillet, 2011
La Coalition des volontaires était venue en Libye pour sauver la population civile de la répression du tyran Kadhafi. Quatre mois plus tard, les foules libyennes ont déserté le territoire libéré de Benghazi et se massent dans de gigantesques manifestations anti-OTAN. Confrontée à une réalité politique inattendue, l’armada de l’Alliance atlantique n’a plus de stratégie. Les Italiens ont amorcé leur retrait, les Français cherchent la sortie.

- Le gouvernement libyen espérait réunir 1 million de personnes, le 1er juillet 2011 à Tripoli, pour manifester contre l’OTAN. À la surprise des autorités tout autant que de l’Alliance atlantique, ils étaient 1,7 million.
111 jours après le début de l’intervention de la Coalition des volontaires en Libye, aucune solution militaire n’est en vue et les experts s’accordent tous à dire que le temps joue en faveur du gouvernement libyen, sauf coup de chance et assassinat de Mouammar el-Kadhafi.
Le 7 juillet, le conseil des ministres italien a réduit de moitié l’engagement du pays à l’effort de guerre et a retiré son porte-hélicoptères. Le président Silvio Berlusconi a déclaré qu’il avait toujours été hostile à ce conflit, mais avait été contraint par son parlement d’y participer.
Le 10 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a évoqué une solution politique qui passerait par un départ de M. Kadhafi « dans une autre aile de son palais et avec un autre titre ». Vu qu’il n’y a plus de palais, la première condition est de pure forme, quand à la seconde, personne n’en comprend le sens, sinon qu’il s’agit d’une échappatoire sémantique.
Les structures sociales et politiques libyennes sont issues de la culture locale et sont manifestement difficiles à comprendre pour nombre d’Occidentaux. Il s’agit d’un système monocaméral de démocratie participative, qui fonctionne remarquablement bien au niveau local, doublé d’un forum tribal qui ne constitue pas une seconde chambre, un sénat, puisqu’il n’a pas de pouvoir législatif, mais intègre les solidarités claniques dans la vie politique. À ce dispositif, s’ajoute la figure du « Guide », qui ne dispose d’aucun pouvoir légal, mais d’une autorité morale. Nul n’est forcé de lui obéir, mais la plupart le font, comme ils agiraient au sein de leur famille vis-à-vis d’un ainé, bien que rien ne les y contraigne. Dans l’ensemble ce système politique est paisible et les gens ne manifestent aucune peur de la police, excepté lors des tentatives de prise de pouvoir ou encore lors de la mutinerie de la prison d’Abou Salim (1996) qui ont été réprimées de manière particulièrement sanglante.
Ces précisions permettent de percevoir le caractère absurde des buts de guerre de la Coalition des volontaires.
Officiellement celle-ci intervient à l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les victimes civiles d’une répression de masse. Mais aujourd’hui, les Libyens sont persuadés que cette répression n’a jamais existé et que l’armée de l’air libyenne n’a jamais bombardé de quartiers de Benghazi ou de Tripoli. La partie de la population libyenne qui a cru ces informations diffusées par les chaînes de télévision internationales s’est ravisée. Les gens, qui ont tous des parents et amis dispersés dans le pays, ont eu le temps de se renseigner sur les dangers encourus par leurs proches et ont conclu qu’ils avaient été intoxiqués.
Sur ce sujet, comme sur bien d’autres, le monde est désormais divisé entre ceux qui croient la version US et ceux qui n’y croient pas. Pour ma part, je réside actuellement à Tripoli dans le quartier réputé hostile à M. Kadhafi qui se serait soulevé contre lui et qui aurait été bombardé par son aviation au début du conflit. Je peux attester qu’il n’y a aucune trace de tels événements, à l’exception d’une voiture brûlée. Les seuls immeubles qui ont été bombardés sont des bâtiments officiels qui ont été tardivement détruits par des missiles de l’OTAN.
Quoi qu’il en soit, les principaux leaders de l’OTAN ont évoqué publiquement un autre but de guerre, que certains membres de la Coalition ne semblent pas partager : la démission de M. Kadhafi, le « changement de régime ». On entre alors dans une confusion inextricable. D’une part, cette exigence n’a aucun fondement juridique au regard des résolutions pertinentes de l’ONU et n’est aucunement liée à l’objectif affiché de protection de populations réprimées. D’autre part, la démission de M. Kadhafi n’a aucun sens puisqu’il ne dispose d’aucune fonction institutionnelle, mais uniquement d’une autorité morale qui ressort des structures sociales et non pas politiques. Enfin, on ne voit pas de quel droit des membres de l’OTAN s’opposent au processus démocratique et décident en lieu et place du peuple libyen qu’il doit écarter un de ses leaders.
Au demeurant, cette confusion confirme que cette guerre répond à des mobiles inavoués qui ne sont pas partagés par tous les membres de la Coalition des volontaires.
Le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie a été acté par le pouvoir US dans la semaine suivant les attentats du 11 septembre 2001. Il a été exposé publiquement la première fois par John Bolton, alors secrétaire d’État adjoint, dans son discours du 6 mai 2002 intitulé « Au-delà de l’Axe du Mal ». Il a été confirmé par le général Wesley Clark, lors d’un célèbre entretien télévisé, le 2 mars 2007. L’ancien commandeur de l’OTAN y a présenté la liste des États qui seraient successivement attaqués par les États-Unis dans les prochaines années.
Les straussiens [1] avaient prévu d’attaquer initialement l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran dans le cadre du « remodelage du Moyen-Orient élargi », puis lors de la seconde phase d’attaquer la Libye, la Syrie et le Liban pour étendre le processus au remodelage du Levant et de l’Afrique du Nord, puis encore dans une troisième phase d’attaquer la Somalie et le Soudan pour remodeler l’Afrique de l’Est.
L’attaque de l’Iran ayant été différée pour des raisons militaires évidentes, nous sommes entrés directement dans la Phase II, sans lien avec les événements réels ou imaginaires de Benghazi. La Coalition des volontaires se trouve embarquée dans un processus qu’elle n’a pas voulu et qui la dépasse.
La stratégie US, mise en œuvre par la France et le Royaume-Uni —associés comme au bon vieux temps de l’expédition de Suez—, était fondée sur une analyse particulièrement fine du système tribal libyen. Sachant que les membres de certaines tribus —principalement les Warfallah— ont été écartés des postes à responsabilité à la suite du putsch manqué de 1993, l’OTAN devait attiser leurs frustrations, les armer et les utiliser comme levier pour renverser le régime et installer un gouvernement pro-occidental. Selon M. Berlusconi, MM. Sarkozy et Cameron auraient indiqué lors d’une réunion des alliés le 19 mars que « la guerre se terminerait quand il y aurait, comme on s’y attend, une révolte de la population de Tripoli contre le régime actuel ».
Cette stratégie a connu son apogée, le 27 avril, avec l’appel de 61 chefs de tribus en faveur du Conseil national de transition. À noter que, dans ce document, il n’est déjà plus question des massacres attribués au « régime » à Benghazi et à Tripoli, mais de son intention supposée de les perpétrer. Les signataires remercient la France et l’Union européenne d’avoir empêché un carnage annoncé et non d’avoir stoppé un carnage en cours.
Depuis cet appel, de manière continue et sans interruption, les tribus de l’opposition se sont ralliées une à une au gouvernement de Tripoli et leurs chefs sont venus faire publiquement allégeance à Mouammar Kadhafi. En réalité ce processus avait commencé bien avant et avait été mis en scène, le 8 mars, lorsque le « Guide » avait reçu l’hommage de chefs de tribu à l’hôtel Rixos, au milieu des journalistes occidentaux transformés en boucliers humains et médusés par cette nouvelle provocation.
Ceci s’explique simplement : l’opposition intérieure à Kadhafi n’avait aucune raison de renverser le régime avant les événements de Benghazi. L’appel du 27 avril se basait sur des informations que les signataires considèrent aujourd’hui comme des intoxications. Dès lors, chacun s’est rallié au gouvernement national pour lutter contre l’agression étrangère. Conformément à la culture musulmane, les rebelles qui ont fait la preuve de leur bonne foi ont été automatiquement pardonnés et incorporés dans les forces nationales.
Peu importe pour notre analyse de savoir si la répression par le régime de Kadhafi est une réalité historique ou une mythe de la propagande occidentale, ce qui compte, c’est de savoir ce que pensent aujourd’hui les Libyens en tant que peuple souverain.
Il faut ici observer le rapport de force politique. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas su se constituer de base sociale. Sa capitale provisoire, Benghazi, était une ville de 800 000 habitants. Des centaines de milliers d’entre eux ont célébré sa création en février. Aujourd’hui la « ville libérée par les rebelles » et « protégée par l’OTAN » est en fait une agglomération morte qui ne compte plus que quelques dizaines de milliers d’habitants, souvent des gens qui n’ont pas les moyens de partir. Les Benghazis n’ont pas fuit les combats, ils ont fuit le nouveau régime.
À l’inverse, le « régime de Kadhafi » a été capable de mobiliser 1,7 million de personnes lors de la manifestation du 1er juillet à Tripoli et il vient de s’engager dans l’organisation de manifestations régionales chaque vendredi. La semaine dernière, ils étaient ainsi plus de 400 000 à Sabha (Sud) et l’on attend une foule identique vendredi à Az Zawiyah (Ouest). Notez bien que ces manifestations sont dirigées contre l’OTAN qui a tué plus d’un millier de leurs compatriotes, détruit les infrastructures non pétrolières du pays et coupé tout approvisionnement par un blocus naval, elles s’articulent autour d’un soutien au « Guide » comme leader anti-colonialiste, mais ne valent pas nécessairement approbation a posteriori de tous les aspects de sa politique.
En définitive, le peuple libyen a parlé. Pour lui, l’OTAN n’est pas venu le protéger, mais conquérir le pays. C’est Kadhafi qui le protège face à l’agression occidentale.
Dans ces conditions l’OTAN n’a plus de stratégie. Pas de « Plan B ». Rien. Les défections côté Conseil national de transition sont si nombreuses que, selon la plupart des experts, les « forces rebelles » ne comprennent plus qu’entre 800 et 1 000 combattants, certes surarmés par l’Alliance, mais incapables de jouer un rôle significatif sans soutien populaire. Il est probable que les commandos des forces spéciales déployés au sol par l’OTAN sont plus nombreux que les combattants libyens qu’ils encadrent.
Le retrait italien et les déclarations du ministre français de la Défense ne sont pas surprenantes. Malgré sa puissance de feu sans équivalent dans l’Histoire, l’armada de l’OTAN a perdu cette guerre. Non pas bien sûr au plan militaire, mais parce qu’elle a oublié que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et qu’elle s’est trompée politiquement. Les hurlements de Washington, qui a réprimandé le ministre français et refuse de perdre la face, n’y changeront rien.
Thierry Meyssan
Publié dans Article | Tagué: ADM, États-Unis d'Amérique, Canada, Charles Bouchard, cnt, Conseil national de transition, conservateur, Coup d'état, France, Greande-Bretagne, Impérialisme, Italie, Kadhafi, Libye, NATO, Occupation, OTAN, Stephen Harper, Syrie, Terrorisme, terrorisme d'État, Tripoli | 4 Commentaires »
Afghanistan, le bilan canadien
Publié par sylvainguillemette le 12 juillet, 2011
Voilà que se termine une mission impérialiste pour en débuter une autre, plus profondément marquée celle-là, par l’idéologie des partis au pouvoir dans nos pays occidentaux, membres de l’O.T.A.N..
Car en effet, au bien triste bilan de la mission afghane pour le Canada et ses alliés, s’ajoutera à l’histoire triste du capitalisme la mission Libyenne, visant à stopper les initiatives économiques de Muammar Kahadfi pour libérer l’Afrique de toute ingérence économique des pays occidentaux. Et si certains soulignent qu’il a usé de la force pour réprimer ceux qui en usèrent avant lui, ils n’en sont pas moins muets lorsqu’on leur demande comment réagiraient les autorités des pays de l’O.T.A.N. si des rebelles armés d’armes lourdes et légères (un AK47, c’est une arme légère…) attaquaient les villes, les policiers et les militaires de leur pays. Ils leur lanceraient les fleurs? Ou le pot?
Mais revenons plutôt à cette mission afghane, qu’on dit terminée.
Quel en est son bilan? Quels sont les gains, non pour les pays de l’O.T.A.N., nous y reviendrons, mais pour les Afghans eux-mêmes? Qu’y ont-ils gagné?
Gain Pour Les Afghans?
Une démocratie? Pas vraiment. Hamid Karzaï ne fut jamais élu, mais fut plutôt installé dans son socle, comme le dictateur du pays, par les pays occupants, membres de l’O.T.A.N..
En effet, rappelez-vous le début du mandat de George Walker Bush Jr, la maison blanche envoie Hamid Karzaï, à titre de consultant pour UNOCAL, une branche de Chevron qui sera dissoute une fois passées les négociations avec ce que nomme à l’époque le gouvernement Bush, le «gouvernement Taliban». Bref, Karzaï tente de convaincre, vainement, les Talibans de laisser passer un oléoduc sur leur territoire. Il ne le dit peut-être pas alors, mais le projet consiste à contrer le marché russe de Gazprom, qui domine alors le marché européen. L’affaire ne fonctionne pas et Karzaï rebrousse chemin. On connait la suite. Il sera installé à titre de président de l’Afghanistan, via des élections truquées qui feront pour l’O.T.A.N., office de démocratie (Ça vous donne une idée des potentialités en Libye…). Or, les boîtes de scrutin n’ont jamais dépassé les quelque points de contrôle de l’armée d’occupation et le dictateur finira par contracter sur internet, le surnom de «maire de Kabul», vu le si faible appui reçu dans les faits apparents.
Ils ont gagné quoi sinon? La sécurité? Pas du tout, même qu’au contraire, les attaques se font de plus en plus fréquentes, et précises surtout. Les rebelles afghans sont toujours aux portes de Kandahar, de Kabul et des autres grandes villes du pays. Ils titillent les forces de l’O.T.A.N., à faibles coûts, en lui lançant de temps à autre des obus sur la tête. Juste pour dire qu’ils y maintiennent un continuel combat, permanent. Sinon, les bombes artisanales, les «Improvised Explosive Device», font énormément de victimes chez les soldats afghans et les troupes de l’OTAN. La sécurité ne peut donc pas servir de base argumentaire à ceux qui sont fiers de cette mission, impérialiste, de toute évidence.
Et que dire du marché de l’opium, ayant explosé depuis la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan? Plus de 90% de l’opium mondial est fourni par l’Afghanistan, où des proches du dictateur Karzaï (Ahmed Wali Karzaï) s’occupent des affaires lucratives, tant pour eux, que pour la CIA. Il faut savoir que l’opium avait pratiquement disparu du marché afghan, sous le règne des Talibans, et qu’on ne peut donc pas leur imputer cet ouvrage.
Et l’eau? Coca-Cola s’occupe déjà de l’affaire, en puisant dans la nappe phréatique, le nécessaire aux agriculteurs et aux éleveurs. Certes, un barrage, des routes et des sentiers furent inaugurés au pays depuis son invasion, mais cela ne limite aucunement la fameuse compagnie de boisson gazeuse à piller la ressource la plus indispensable de l’Afghanistan, son eau raréfiée.
Et ces routes, qu’en est-il? Un camarade à moi, vétéran de cette guerre sale, jadis artilleur des Forces Armées Canadiennes, me décrivait la scène. Des routes, avec aux quelques kilomètres, des «Checkpoints» improvisés, illégaux, où les «valeureuses» forces afghanes pillent les gains contractés par les Afghans sur leur retour du labeur, à la maison… Voilà pour les seules routes empruntables et praticables! Et encore faudra t-il les surveiller pour vrai, après le départ des troupes étrangères…
Sur les bases de l’O.T.A.N., des Afghans y travaillent, dont des enfants, aux côtés des forces afghanes y étant entraînées. Ce même ami à moi, y a été témoin de viol collectif sur des jeunes garçons, ceux-là, payés pour nettoyer la vaisselle. En effet, il a bien vu des soldats afghans violer collectivement un de ces jeunes et après en avoir discuté avec son supérieur immédiat, il s’est fait dire de se mêler de ses affaires. Son envie de vider son chargeur sur les violeurs se cachait mal… Voilà pour le travail offert aux braves Afghans! Voilà pour les valeureuses troupes du dictateur Karzaï!
Et la démocratie? Quelle démocratie?!? Comment peut-on faire part d’une quelconque démocratie dans de telles circonstances? Comment peut-on faire croire aux masses que la liberté d’expression y est respectée, ou qu’il y a eu une réelle participation aux élections législatives? Nous l’avons vu, le «président» vient tout droit des tentacules des pétrolières et s’est muni d’un C.V. de la CIA pour prétendre à la présidence, via des élections truquées. Alors comment peut-on de suite, affirmer que l’Afghanistan, grâce à nos troupes tombées au combat, jouit désormais d’une démocratie? Il faut y croire, simplement, et comme les religieux, faire fi des faits, pour s’en convaincre. C’est bel et bien la dictature que nous y avons installé.
Mais alors, est-il possible que les gains n’aient été que pour les pays de l’O.T.A.N.?
Des Gains Pour l’O.T.A.N.
En contrepartie, les gains pour l’O.T.A.N. furent considérables. Une nouvelle situation géostratégique très forte, près des pays prochains à conquérir. Un sol riche en gaz naturel, en Nickel, et en divers autres métaux, mais surtout, le passage désiré par l’OTAN, d’un oléoduc, destiné à contrecarrer l’autofinancement de la Russie via ses gaz qu’elle vend à toute l’Europe, ainsi qu’à divers pays limitrophes.
Mais encore, on oublie souvent que le marché militaire désire aussi sa part de gâteau, et il aura été gâté depuis le début des hostilités, tard en 2001. Car en effet, les États-Unis d’Amérique surtout, et leurs acolytes, auront essuyé de lourds coûts pour mettre sur pied cette grande armée d’occupation et cela se répercute déjà d’ailleurs, sur les finances de l’Empire, en quasi faillite. Mais qui paie et qui en bénéficie? Le contribuable paie, et le fabricant d’armes encaisse. Des bombes qui s’entassent dans des entrepôts, ça perd de la valeur… Et d’autre part, la bourgeoisie n’a que faire de ces faillites, elle est sans logis, elle ira donc voir ailleurs s’il y a du prolétaire à exploiter.
La guerre d’Afghanistan est non seulement un fiasco social pour les Afghans eux-mêmes, mais un fiasco financier pour les contribuables occidentaux, lesquels sont désormais soumis à des politiques d’austérité forcées et lesquels devront donc faire les frais de la cupidité d’une minorité parasitaire et guerrière. Encore faudrait-il que cette minorité radine fasse elle-même sa guerre, mais elle préfère y envoyer la chair à canon du prolétariat.
Bref, les forces de l’O.T.A.N., au service de cette minorité parasitaire bourgeoise, n’avaient que des potentiels de victoire, étant donné leur dessein préparé depuis belle lurette. Mais qu’y ont gagné les prolétaires Canadiens ou des autres pays membres au juste? Rien du tout! La mort! La dette! Et le regard impuissant de voir fricoter les forces de l’O.T.A.N. avec ces mêmes «Al-qeadiens» à Benghazi, en Libye, où ils sont de mèche dans un nouveau Coup d’État visant à contrecarrer les plans économiques de toute l’Afrique, qu’ils pilleront à son tour.
La guerre en Afghanistan nous aura coûté beaucoup, en vies humaines, en matériel, en fric, en temps et elle n’aura rien donné aux prolétaires Canadiens, ni à leurs enfants, encore moins de la sécurité. La haine ne peut que semer la haine.
C’est donc un échec retentissant et une guerre honteuse, qui n’aura finalement visé que destinées impérialistes.
Les Canadiens peuvent avoir honte de leurs troupes, qui n’ont servi qu’à maintenir une dictature en place, orchestrée celle-ci, par les maîtres incontestés de l’O.T.A.N., les États-Unis d’Amérique.
Honte aux missions impérialistes du Canada! Honte au Canada!
Publié dans Article | Tagué: Afghanistan, Al-Qeada, États-Unis d'Amérique, Benghazi, Canada, Chevron, Coup d'état, crimes contre l'humanité, crimes de guerre, Démocratie, dictateur, Dictature, gazprom, George Walker Bush Jr, Guerre, Hamid Karzaï, IED, Impérialisme, Kadhafi, Kandahar, mission, NATO, Occupation, oléoduc, OTAN, Ottawa, Taliban, union européenne, Washington | 3 Commentaires »
Aux armes camarades de la Grèce!
Publié par sylvainguillemette le 30 juin, 2011
Ce matin, les Grecs se sont levés sous un nouveau jour. Un jour triste. Un jour où ils ont tout perdu. Le Dieu Kapital leur a tout enlevé, au nom des dogmes du capitalisme et des caprices de la dictature bourgeoise internationale.
Papandréou, cet avaleur de couleuvres, ce pseudo socialiste, s’est dit forcé d’agir de la sorte, privatisant d’une seule loi, la totalité des services grecs! Liquidant, de seulement 5 voix (155/300) de plus, les acquis grecs, cumulés par des luttes s’étalant sur plusieurs décennies. Des luttes qui déjà, font figure de pacotille en comparaison à ce qu’ils auront à accomplir cette fois-ci.
Car en effet, même si les Grecs semblent avoir perdu la bataille, il n’en est rien! Au contraire! Il nous apparaît une chance inouïe de faire la révolution, la vraie! Les Grecs ont le champ libre pour renverser ce foutu gouvernement, devenu illégitime, pour lequel ils n’ont pas voté. Car si les Grecs ont choisi ce gouvernement jadis, ils l’ont fait, rappelez-vous, avant la crise, avant qu’il ne veuille dépouiller les Grecs de leurs actifs. Les vœux pieux étaient bien différents lors de la campagne électorale précédente. On ne promettait pas la soumission totale du prolétariat et le règne éternel du dieu Kapital, bien au contraire!
J’invite donc les Grecs à renverser ce gouvernement, devenu dictature. Certes, certains diront que l’aide de l’Union Européenne est indispensable pour sortir la Grèce de son défaut de paiement, mais ces dires ne reflètent que la volonté du dieu Kapital de ressusciter. Il ne faut pas oublier que ce système capitaliste est mort en 2007-2008, et que les banquiers n’ont aucune leçon d’austérité à donner à qui que ce soit! D’ailleurs, après cette crise capitaliste et bourgeoise, rappelez-vous que les banquiers n’ont rien changé de leurs manières! Les bonus, les milliards, ils pleuvent toujours sur eux! Les pyramides, les actifs toxiques, ils sont encore là! Et ce sont encore une fois, les prolétaires qui ont sauvé les banques, leurs oppresseurs, ironiquement!
Et en effet, jamais le capitalisme n’a rempli ses promesses d’une bonne répartition des richesses, d’une bonne répartition des pouvoirs et bref, d’une émancipation des Humains et d’une liberté promise hypocritement. Jamais! Il a au contraire, multiplié les tentatives d’asservir le prolétariat international et désormais, il va jusqu’à dire que les Humains coûtent trop chers d’exister!
La Grèce n’était que le banc d’essai, à savoir si un peuple pouvait être contenu, après lui avoir fait endurer les pires sévices, l’asservissement total. Mais les Grecs doivent maintenant démontrer que cela ne sera pas si facile, voire impossible.
Cela dit, mes camarades Grecs ont de quoi se réjouir! Les révolutions sont à la mode ces temps-ci! Il ne fallait qu’un évènement déclencheur, et le voilà! Qui vous condamnera? Ils sont tous occupés avec leurs Coups d’État En Syrie et en Libye! Si vous prenez les armes contre ce gouvernement, ce sera d’autant plus légitime que la clique minoritaire de Benghazi, qui a prise ses armes, chez l’OTAN et chez la CIA!
Ne vous laissez pas intimider camarades! Si la révolution est bonne pour les pays arabes, elle l’est pour les pays européens, pris dans cette enclave dite «union», qui n’est autre qu’une gigantesque hypocrisie pour asservir toute une Europe d’un seul coup. Prenez les armes camarades! C’est légitime! Nous sommes avec vous, camarades! Les grands bourgeois et leurs médias ne pourront rien dire qui ne sera pas contradictoire vis-à-vis ce qu’ils soutiennent d’autre part! Ils ne pourront pas se dire «pour» les Coups d’État en Libye et en Syrie, mais contre en Grèce! Ils le feront, mais c’est illogique et contradictoire!
Aux armes camarades Grecs! Aux armes! Renversez votre dictature bourgeoise, renvoyez chez lui Papandréou, ce laquais de la bourgeoisie, ce pseudo révolutionnaire! Renvoyez chez eux les observateurs étrangers qui viennent épier votre soumission! Renversez le capitalisme grec, renversez-le!
Solidairement,
vos camarades du Québec
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Gérald Deltell, un défenseur des droits humains sélectif
Publié par sylvainguillemette le 6 avril, 2011

Bertrand Cantat, ayant été condamné pour le meurtre de sa femme, Marie Trintignant, est invité par le Théâtre du Nouveau Monde et par Wajdi Mouawad et cela choque avec raison une bonne part du Québec, voire même du Canada. Et tel l’opportuniste qu’on le connait, Gérard Deltell s’est emparé du flambeau, pour inviter l’Assemblée nationale à barrer le chemin du tueur d’«une seule personne» qu’est l’ex-chanteur de Noir Désir. Et vous comprendrez pourquoi j’use de cette forme.
Non pas que ce ne soit pas un drame que le meurtre de madame Trintignant, au contraire, et c’en est un de plus sur le dos des femmes, mais toujours à l’affut d’une opportunité, le chef de d’une ADQ agonisante aurait mieux fait de se faire conséquent, et de se taire.
En effet, lorsque George Walker Bush Jr s’est présenté sur le sol canadien et québécois, et qu’il y a fait des conférences très onéreuses, nous n’avons pas entendu parler les adéquistes de l’odieux, alors que pourtant, l’ex-président des États-Unis d’Amérique était lui, responsable de plusieurs centaines de milliers de morts, la plupart, des civils, dont certes des femmes et des enfants dans le tas de «viande hachée».
Or, les faits démontrent, sur divers débats, tant de la bloguosphère que sur les sites officiels des soutenants de l’ADQ, dont les membres du Réseau Libârté Québec, qu’une bonne tranche des adéquistes soutenait ardemment les efforts de guerre de George Walker Bush Jr contre les «musulmans» et ses anciens alliés, devenus désuets et lourds à traîner.
Il en a été de même avec Benjamin Netanuyahu, lequel a également foulé le sol, en toute complaisance des conservateurs d’ailleurs, qui appuyaient et appuient toujours très ouvertement le terrorisme d’État d’Israël et de ses crimes perpétrés contre l’humanité. Une bonne part des adéquistes, sous Mario Dumont, soutenait là encore, les crimes d’un État voyou, cette fois, d’Israël. Sharon, Olmert et tous les autres… Même Levni était une poseuse de bombe dans les quartiers de Gaza à ses débuts. Quelle équipe de champions ces capitalistes anti-corporatisme (Ils couchent avec ceux qu’ils accusent, ils sont le cancer de la race humaine.).
Je n’accuserai pas Deltell d’avoir soutenu un tueur de masse, mais plusieurs membres de son parti, eux, l’ont fait, sans entrave de leur ancien chef. Et toujours est-il qu’il ne s’est pas offusqué de la visite de ce monstre lors de sa visite «au pays». Deltell était tout aussi muet que les conservateurs le sont sur la question des crimes de guerre graves et des crimes perpétrés contre l’humanité; et par les forces de l’OTAN, et par Washington en particulier (qui bafoue tout ce qu”il impose aux autres…) et précisément par Israël.
Les opportunistes sont ainsi, ils ont la mémoire courte, ou ils sont sélectifs dans leurs diatribes à l’encontre des «monstres» de la nature. Et Gérard Deltell est bel et bien un opportuniste.
Plutôt que de dévoiler son acerbe sélective envers des drames humains, il aurait mieux fait de lancer quelques espadrilles avec Amir Khadir…
Publié dans Article | Tagué: Israël, Irak, Terrorisme, ADQ, Impérialisme, QS, CIA, Bush, Droite, Québec solidaire, Washington, Occupation, Tel-Aviv, États-Unis d'Amérique, État voyou, Stephen Harper, Ottawa, invasion, conservateur, empire, SCRS, Trou de cul, Amir Khadir, George Walker Bush Jr, tea party, Jean-Luc Proulx, RLQ, réseau liberté québec, Lawrence Canon, tueur de masse, crotté, opportuniste, Bertrand Cantat, Républicain, republican, right, capitalist, président sanguinaire, Mario Dumont, adéquiste | 7 Commentaires »
Le bras canadien
Publié par sylvainguillemette le 19 octobre, 2010
Pendant qu’au Québec le gouvernement Charest se rapproche des positions environnementales du gouvernement Harper tout en faisant fi de la majorité québécoise voulant un moratoire sur les gaz de schiste, et que la ministre de la condition féminine s’affectionne des recruteurs militaires dans nos écoles québécoises, le Canada plonge dans une suite de défaites, qui ne seront pas sans impact sur l’avenir de son gouvernement.
Alors qu’aux Émirats Arabes le Canada se fait mettre à la porte de la seule base militaire de laquelle pouvaient partir ses troupes pour l’occupation de l’Afghanistan et le maintien du régime du dictateur Hamid Karzaï, à l’O.N.U., Ottawa essuie un cuisant revers sur son application au poste non-permanent du Conseil de Sécurité. Incapable de s’acquitter de sa responsabilité ministérielle en ce qui concerne les dossiers internationaux, et le reflet de celle-ci par le vote punitif de la communauté internationale, le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon chemine le péché vers l’opposition. Il accuse celle-ci de diviser le Canada.
Mais ce n’est pas l’opposition qui se dégage de ses responsabilités envers l’enfant-soldat Omar Khadr, détenu dans une prison jugée illégale par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique, où il y est torturé, et dont la notion de droit n’existe pas pour les prisonniers. Steven Blaney affirmait pour sa part, qu’Omar Khadr avait commis un geste grave sur les ondes de Radio-Canada lors du «Match des Élus». Mais quand on s’y attarde, qu’y a-t-il de grave à lancer des grenades à ceux qui nous en lancent également, lors d’une guerre par exemple, et pour préciser, lors de la défense de «sa terre» des forces illégitimement invasives? Et n’est-ce pas l’un des premiers gestes, que de lancer une grenade efficacement, qu’on apprend en cours d’instruction dans les Forces Armées Canadiennes, ou à tout de moins, dans le métier d’infanterie? Encore faut-il que l’histoire racontée par les soldats envahisseurs de l’Afghanistan soit vraie…, ce qui ne semble pas être le cas. Mais qu’importe si elle est vraie ou non, avec une logique pareille, il n’y aurait plus de place dans les prisons! Quel geste de guerre, dans une guerre, n’est pas un geste grave, dites-moi? Dire qu’Ottawa vient de se payer des machines à tuer des civils, sans pilote…, ça promet.
Refusant donc d’en venir à l’évidence de son incompétence à se faire impartial dans plusieurs dossiers, le ministre Lawrence Cannon reflète bien l’irresponsabilité de ce gouvernement, qui se complaît dans une hypocrite extension des politiques impérialistes états-uniennes. D’une part, il appuie tous crimes d’Israël, au nom de la défense, lorsqu’il s’agit pour la plupart du temps, d’attaques.
Au nom de la défense, Ottawa sous les conservateurs, laisse Israël user d’armes de Destruction Massive sur des civils. Au nom de la défense, Ottawa n’est aucunement gêné qu’Israël possède un arsenal nucléaire de plus de cent ogives alors pourtant, qu’Israël déboute les agents de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique hors de ses frontières, tout en refusant de signer le Traité de Non Prolifération nucléaire. Ottawa se réfugie pourtant derrière la «menace nucléaire» inexistante de l’Iran pour s’empresser de la bombarder de sanctions, et de justifier la prochaine guerre de l’impérialiste Yankee. Et pourtant, Téhéran a signé le TNP, puis ne refoule pas les agents de l’AIEA.
Sinon, les attaques, et de 2006 au Liban, et de 2008 à Gaza auront également démontré les vraies couleurs des conservateurs à Ottawa, se complaisant de crimes commis contre l’humanité, n’étant plus très loin de condamner celle-ci de se retrouver en travers du chemin des ADM d’Israël. Qui ne s’en rappelle pas? On dirait bien que certains s’en sont rappelés à l’ONU.
Outre les crimes et les atrocités que le Canada ait pou soutenir sous les conservateurs, il y a bien entendu le dossier de l’environnement, qui n’arrange rien dans le contexte. Alors que des pays sont au bord de se faire avaler par les océans, les conservateurs continuent de braver «Gaïa», comme s’il était normal que les nappes phréatiques des régions touchées par les sables bitumineux soient imbibées de produits chimique et de métaux lourds, et que les communautés autochtones les bouffent et les boivent, au gain de multiples versions cancéreuses.
Le Canada, qui signait jadis des ententes auprès des nations unies sur des engagements clairs et définis quant à l’environnement, passe désormais ses contrats auprès chez Lockheed Martin, plus conciliante, finalement, avec ses nouveaux principes.
Finalement, le Canada n’est-il pas que le bras canadien de l’Empire États-unien?
Publié dans Article | Tagué: ADM, Afghanistan, AIEA, Émirats Arabes, États-Unis d'Amérique, bras canadien, Canada, conservateur, crime contre l'humanité, Crime de guerre, dictateur Hamid Karzaï, empire, Forces Armées Canadiennes, Gaza, Harper, Impérialisme, Israël, jean-luc proux, Liban, Lockheed Martin, O.N.U., Ottawa, Républicains, tea party, Tel-Aviv, Terrorisme, terrorisme d'État, Washington | 1 commentaire »
Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix » par Domenico Losurdo
Publié par sylvainguillemette le 11 octobre, 2010

Faisant fi des instructions laissées par Alfred Nobel, le jury Nobel ne récompense plus le courage au service de la paix, mais l’utilité médiatique au service de l’impérialisme. La liste des lauréats n’est plus qu’une énumération d’alibis pour des politiques coercitives et des guerres. Dernier en date, le prix Nobel de la paix 2010 a été remis à un « dissident » chinois pour justifier le containement de la Chine, observe le philosophe Domenico Losurdo.
Ces dernières semaines a eu lieu en Australie un vif débat. Dans un article publié par Quartely Essay et en partie anticipé par l’Australian, Hugh White a mis en garde contre d’inquiétants processus en cours : à l’ascension de la Chine, Washington répond par la traditionnelle politique de containment, en renforçant de façon menaçante son potentiel et ses alliances militaires ; Pékin, en retour, ne se laisse pas facilement intimider et « contenir » ; tout cela peut provoquer une polarisation en Asie d’alliances opposées et faire émerger « un risque réel et croissant de guerre de vastes proportions et même de guerre nucléaire ». L’auteur de cette mise en garde n’est pas un illustre inconnu : il a derrière lui une longue carrière d’analyste des problèmes de défense et de politique étrangère, et fait partie en quelque sorte de l’establishment intellectuel. Ce n’est pas un hasard si son intervention a provoqué un débat national, auquel a aussi participé le Premier ministre, Julia Gillard, qui a réaffirmé la nécessité du lien privilégié avec les USA. Mais les cercles jusqu’au-boutistes australiens sont allés bien plus loin : il faut s’engager à fond pour une Grande alliance des démocraties contre les despotes de Pékin. Pas de doute : l’idéologie de la guerre contre la Chine s’appuie sur une idéologie de longue date qui justifie et même célèbre les agressions militaires et les guerres de l’Occident au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme ». Et voici qu’à présent le « Prix Nobel de la paix » est conféré au « dissident » chinois Liu Xiaobo : un sens de l’opportunité parfait, d’autant plus parfait si l’on pense à la menace de guerre commerciale contre la Chine brandie cette fois de façon ouverte et solennelle par le Congrès états-unien.
La Chine, l’Iran et la Palestine
Parmi les premiers à se réjouir du choix des Messieurs d’Oslo s’est trouvée Shirin Ebadi, qui a immédiatement surenchéri : « Non seulement la Chine est un pays qui viole les droits de l’homme mais c’est aussi un pays qui appuie et soutient de nombreux autres régimes qui les violent, comme ceux qui sont au pouvoir au Soudan, en Birmanie, en Corée du Nord, en Iran… » ; en outre, c’est un pays qui est responsable de la « grande exploitation des ouvriers ». Donc, il faut boycotter « les produits chinois » et « limiter au maximum les échanges économiques et commerciaux avec la Chine » [1]. Et une fois de plus : la contribution à l’idéologie de la guerre conduite au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme » est claire, et la déclaration de guerre commerciale est ouverte. Mais alors, pourquoi Shirin Ebadi a-t-elle eu en 2003 le « Prix Nobel de la Paix » ? Le prix a été attribué à une femme qui a une vision manichéenne des relations internationales ; dans la liste des violations des droits de l’homme il n’y a pas de place pour Abou Ghraib et Guantanamo, pour les complexes carcéraux dans lesquels Israël enferme en masse les Palestiniens, pour les bombardements et les guerres déclenchées sur la base de prétextes faux et mensongers, pour l’uranium appauvri, pour les embargos à tendance génocidaire mis en acte en défiant l’écrasante majorité des membres de l’ONU et de la communauté internationale… Et pour ce qui concerne la « grande exploitation des ouvriers » en Chine, Shirin Ebadi parle sans nul doute à tort et à travers : dans le grand pays asiatique, des centaines de millions de femmes et d’hommes ont été soustraits à la faim à laquelle ils avaient été condamnés en tout premier lieu par l’agression impérialiste et par l’embargo proclamé par l’Occident ; et ces jours-ci on peut lire dans tous les organes de presse que les salaires des ouvriers sont en train de progresser à un rythme assez rapide. En tous cas, si l’embargo contre Cuba fait rage exclusivement contre les habitants de l’île, un éventuel embargo contre la Chine provoquerait une crise économique planétaire, avec des conséquences dévastatrices même pour les masses populaires occidentales, et bien le bonjour aux droits de l’homme (du moins aux droits économiques et sociaux). Il n’y a pas de doute : en 2003, celle qui a reçu le « Prix Nobel de la Paix » est une idéologue de la guerre, médiocre et provinciale. A-t-on voulu récompenser une activiste qui, si ce n’est sur le plan international, du moins sur le plan intérieur à l’Iran, entend défendre la cause des droits de l’homme ? Si cela avait été l’intention des Messieurs d’Oslo, ils auraient dû récompenser Mohammed Mossadegh qui, au début des années 1950 s’engagea à construire un Iran démocratique mais qui, ayant eu l’audace de nationaliser l’industrie pétrolière, fut renversé par un coup d’Etat organisé par la Grande-Bretagne et les USA, ces pays qui se dressent aujourd’hui en champions de la « démocratie » et des « droits de l’homme ». Ou bien les Messieurs d‘Oslo auraient-ils pu récompenser quelque courageux opposant de la féroce dictature du Shah, soutenu par les habituels, improbables champions de la cause de la « démocratie » et « des droits de l’homme ». Mais alors, pourquoi en 2003 le « Prix Nobel de la Paix » a-t-il été attribué à Shirin Ebadi ? A ce moment-là, tandis que l’interminable martyr du peuple palestinien subissait un nouveau tour de vis, la Croisade contre l’Iran se profilait clairement. Une reconnaissance attribuée à une militante palestinienne aurait été une contribution réelle à la cause de la détente et de la paix au Proche-Orient. Les militants palestiniens « non-violents » manquent-ils ? Il est difficile de qualifier de « non-violent » Obama, le leader d’un pays qui est engagé dans diverses guerres et qui dépense à lui seul en armements autant que tout le reste du monde pris dans son ensemble. En tous cas, les « non-violents » ne manquent pas en Palestine, et non-violents sont en tous cas les militants qui arrivent de tous pays en Palestine pour défendre ses habitants d’une violence déferlante, et qui, parfois, ont été balayés par des tanks ou par des bulldozers de l’armée d’occupation. Sauf que les Messieurs d’Oslo ont préféré récompenser une militante qui depuis lors n’a de cesse d’attiser le feu de la guerre en premier lieu contre l’Iran, mais maintenant contre la Chine aussi.
Après la consécration et la transfiguration de Liu Xiaobo, le président états-unien est tout de suite intervenu : et il a demandé la libération immédiate du « dissident ». Mais pourquoi, en attendant, ne pas libérer les détenus sans procès de Guantanamo ou au moins faire pression pour la libération des innombrables Palestiniens (parfois à peine adolescents) emprisonnés par Israël, comme le reconnaît même la presse occidentale, dans des complexes carcéraux terrifiants ?
Les Messieurs d’Oslo, les USA et la Chine
Avec Obama nous tombons sur un autre « Prix Nobel de la paix » aux caractéristiques assez singulières. Quand il l’a obtenu, l’an dernier, il avait déclaré qu’il avait l’intention de renforcer en Afghanistan la présence militaire des USA et de l’OTAN et de donner une impulsion aux opérations de guerre. Conforté aussi par la prestigieuse reconnaissance qu’il avait reçue à Oslo, il a été fidèle à sa parole : ils sont maintenant bien plus nombreux qu’à l’époque de Bush, ces escadrons de la mort qui du haut du ciel « éliminent » les « terroristes », les « terroristes » potentiels et les suspects de « terrorisme » ; et ces hélicoptères et avions sans pilotes qui font office d’escadrons de la mort font rage aussi au Pakistan (avec les nombreuses victimes « collatérales » qui s’en suivent) ; l’indignation populaire est si forte et répandue que même les gouvernants de Kaboul et d’Islamabad se sentent obligés de protester contre Washington. Mais Obama ne se laisse certes pas impressionner : il peut toujours exhiber son « Prix Nobel de la paix » ! Ces jours derniers, a filtré une nouvelle qui fait froid dans le dos : en Afghanistan, se trouvent des militaires états-uniens qui tuent par divertissement des civils innocents, en conservant ensuite quelque partie du corps des victimes comme souvenir de chasse. L’administration états-unienne s’est empressée de bloquer immédiatement la diffusion des détails ultérieurs et surtout des photos : choquée, l’opinion publique états-unienne et internationale aurait pu ensuite faire pression pour la fin de la guerre en Afghanistan ; pour pouvoir la continuer, cette guerre, et la rendre encore plus âpre, le « Prix Nobel de la paix » a préféré infliger aussi un coup à la liberté de la presse.
Mais on peut faire ici une considération de caractère général. Au 20ème siècle, ce sont les USA qui ont été le pays qui a vu couronner du « Prix Nobel de la paix » le plus grand nombre d’hommes d’Etat : Théodore Roosevelt (pour qui le seul « bon » Indien était celui qui était mort), Kissinger (le protagoniste du coup d’Etat au Chili et de la guerre au Vietnam), Carter (le promoteur du boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de l’interdiction d’exportation de blé à l’URSS, est intervenu en Afghanistan contre les freedom fighters musulmans), Obama (qui intervient maintenant, contre les freedom fighters, entre temps devenus terroristes, a recours à un monstrueux appareil de guerre). Voyons sur le versant opposé de quelle façon les Messieurs d’Oslo se positionnent à l’égard de la Chine. Ce pays, qui représente un quart de l’humanité, ne s’est engagé dans les trois dernières décennies dans aucune guerre et a promu un développement économique qui, en libérant de la misère et de la faim des centaines de millions de femmes et d’hommes, leur permis d’accéder en tous cas aux droits économiques et sociaux. Eh bien, les Messieurs d’Oslo n’ont daigné prendre en considération ce pays que pour attribuer trois prix à trois « dissidents » : en 1989 le « Prix Nobel de la paix » est décerné au XIVème Dalai Lama, qui avait quitté la Chine depuis déjà trois décennies ; en 2000 le Nobel de littérature est attribué à Gao Xingjan, un écrivain qui était désormais citoyen français ; en 2010, le « Prix Nobel de la paix » couronne un autre dissident qui, après avoir vécu aux Etats-Unis et avoir enseigné à Columbia University, retourne en Chine « en vitesse » [2] pour participer à la révolte (tout autre que pacifique) de la Place Tienanmen. De nos jours encore, il parle ainsi de son peuple : « Nous les Chinois, si brutaux » [3]. Ainsi, aux yeux des Messieurs d’Oslo, la cause de la paix est représentée par un pays (les USA) qui se croit souvent investi de la mission divine de guider le monde, qui a installé et continue à installer des bases militaires menaçantes dans tous les coins de la planète ; pour la Chine, (qui ne détient aucune base militaire à l’étranger), pour une civilisation millénaire qui, après le siècle d’humiliations et de misère imposé par l’impérialisme, est en train de revenir à son antique splendeur, ceux qui représentent la cause de la paix (et de la culture) sont seulement trois « dissidents » qui n’ont désormais plus grand-chose à voir avec le peuple chinois et qui voient dans l’Occident le phare exclusif qui illumine le monde. Nous voyons sans aucun doute ré-émerger ici dans la politique des Messieurs d’Oslo l’antique arrogance colonialiste et impérialiste.
Alors qu’en Australie résonnent des voix inquiètes des périls de guerre, à Oslo on redonne du lustre à une idéologie de la guerre de funeste mémoire : les guerres de l’opium ont été célébrées en son temps par J. S. Mill comme une contribution à la cause de la « liberté » de l’ « acquéreur » en plus de celle du vendeur (d’opium), et par Tocqueville comme une contribution à la cause de la lutte contre l’ « immobilisme » chinois. Les mots d’ordre agités aujourd’hui par la presse occidentale ne sont pas très différents ; presse qui ne se lasse pas de dénoncer le despotisme oriental immobile. Il faut en prendre acte : peut-être sont-ils aussi inspirés par de nobles intentions, mais avec leur comportement concret les Messieurs du « Prix Nobel de la paix » ne méritent à l’heure actuelle que le Nobel de la guerre.
Domenico Losurdo
Professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbin (Italie). Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo. Dernier ouvrage traduit en français : Nietzsche philosophe réactionnaire : Pour une biographie politique.
Source: http://www.voltairenet.org/article167219.html (Voltaire)
| 2003 | Shirine Ebadi |
Pour faire monter la pression contre l’Iran |
| 2004 | Wangari Muta Maathai |
Pour faire monter la pression contre le Kenya et les Etats africains qui se rapprochent de la Chine |
| 2005 | AIEA et Mohamed ElBaradei |
Pour avoir neutralisé Hans Blix et avoir permis la guerre contre l’Irak |
| 2006 | Muhammad Yunus et la Grameen Bank |
Pour avoir financiarisé la pauvreté en prêtant aux personnes non solvables à un taux double du marché |
| 2007 | GIEC et Al Gore |
Pour avoir inventé le bogue de l’an 2000 et pour justifier la financiarisation de l’écologie et la Bourse des droits d’émission de CO2 |
| 2008 | Martti Ahtisaari |
Pour avoir fait capoter les négociations avec la Serbie et avoir justifié la guerre du Kosovo |
| 2009 | Barack Obama |
Pour avoir relooké les USA tout en continuant leurs guerres impériales |
| 2010 | Liu Xiaobo |
Pour faire monter la pression contre la Chine |
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Le IVe Reich
Publié par sylvainguillemette le 12 juillet, 2010
Plus jeune, on m’avait parlé de ce que les nazis avaient fait aux juifs. On m’avait informé du fait que le populisme, menait parfois jusque là. Jusqu’à l’extermination d’un peuple, pour ses idées…, pour ses différences. Mon père me disait que pour certains, il fallait des coupables pour expliquer leurs propres ratées, qui qu’ils soient, où qu’ils soient. Adolf Hitler avait compris le truc…
Aujourd’hui, sans tomber dans la généralisation, nous observons que l’État Hébreu, en fait Sioniste, applique les mêmes standards qu’on a imposés à ses fondateurs sous le troisième Reich. Israël applique indéniablement un apartheid à son voisin palestinien, qu’elle occupe illégalement depuis plus de 43 ans. Comme au temps de l’occupation de la Varsovie, les Sionistes israéliens confinent les Palestiniens dans un camp de concentration. Sur leur propre territoire. Comme pour les Varsoviens sous l’occupation allemande-nazie. D’ailleurs, comme ce fut le cas pour les Varsoviens, les Sionistes israéliens nous dépeignent leurs adversaires kamikazes palestiniens comme des terroristes, à l’instar exact de ce que faisaient les Allemands-nazis de cette époque à l’endroit des plus courageux prisonniers juifs de Varsovie, une époque qui ne semble plus si lointaine tout à coup. L’histoire ne se répète pas, mais se ressemble étrangement.
Les Israéliens sont donc passés de la victime au bourreau. Et aujourd’hui, les discours populistes à l’endroit des Islamistes frôlent nettement ceux faits à l’époque par le troisième Reich et son ministre de la propagande, Joseph Geobbel, à l’endroit des Juifs toutefois. Israël traite les Palestiniens comme les Allemands-nazis traitaient les Juifs lors du troisième Reich. Comme de la merde. Comme des sous-humains, comme des moins que rien.
Au-delà des simples apparences, Tel-Aviv va plus loin que celles-ci, en ne respectant pas les droits internationaux par exemple, ou les conventions qu’elle a signé. Elle n’a rien de démocratique qui puisse se comparer à nos sociétés, ce que prétend pourtant notre premier ministre canadien Stephen Harper. Tel-Aviv ne respecte pas les droits internationaux, ni même les engagements qu’elle a pourtant signé de son plein gré. Bref, Israël ressemble plus à une autocratie qu’à une démocratie vis-à-vis la communauté internationale. Après tout, la ligne de conduite d’Israël à l’égard des droits humains n’a guère changé depuis le tout début de son existence. Il y a contestation israélienne, il ne faut pas la nier, mais ce n’est pas elle que l’on retrouve à CNN, ou à Fox News. Même Radio-Canada parlait jusqu’à récemment d’«expulsion des militants pro-palestiniens», et non pas de «libération des otages, enlevés, séquestrés, soumis à des interrogatoires, et semble t-il et possiblement, torturés», cela toujours, sans parler des corps des «assassinés» et des blessés –Par balle, sur leur propre embarcation, dans les eaux internationales.-. On nous prend pour des cons.
Israël en 2006, rappelez-vous, avait massacré plus de 1100 civils au Liban, impunément. Elle avait pour ce, utilisé des armes de destruction massive (Dont le phosphore blanc, le NAPALM et des armes à sous-munitions…) et terrorisé la communauté internationale tout entière en montrant comment elle réglait ses comptes. Elle avait pris pour cibles; les ponts, les habitations à logements, les écoles, les hôpitaux, les centrales électriques, les fuyards, etc.. En 2008, elle récidive et tue plus de 1600 Palestiniens, dont surtout des civils. Elle le fait encore, aux yeux de tous, avec des armes illégales selon toutes les conventions d’armement, dont le phosphore blanc qui, lorsqu’il est utilisé offensivement, devient une arme de destruction massive et une terreur pour ceux qui sont visés. Israël tue impunément ces milliers d’êtres humains, avec le soutien inconditionnel des États-Unis d’Amérique et du Canada qui plaident eux, une «légitime défense» d’Israël. Puisque Washington dispose d’un droit de VÉTO à l’Organisation des Nations Unie, elle bloque toutes tentatives de condamnation des actes terroristes d’Israël. Israël demeure donc limpide d’accusations et de sanctions. Israël semble, plus que jamais, disposer d’un droit d’assassinat. Comme «James Bond». Comme l’oncle Sam aussi…
Mais les actes de guerre menés en eaux internationales par Israël s’inscrivent justement dans un dessein précis. Et cela n’est pas sans rappeler les avancées du troisième Reich sur l’Europe, alors même que les nations hypocrites tentaient vainement de repousser la besogne guerrière à plus tard, toujours à plus tard, en regardant ailleurs… Seulement ici, Israël dispose d’alliés puissants, dont le soit disant berceau de la «liberté», la liberté d’exploiter le labeur d’autrui surtout. De la même sorte qu’Adolf Hitler avait aidé le général Franco à rentrer en Espagne pour imposer sa dictature nationaliste, Washington a aidé Tel-Aviv à massacrer les Libanais et les Palestiniens en lui envoyant des tonnes de munitions…, pendant le massacre.
On pourrait également citer les prisons secrètes états-uniennes, qui sont d’ailleurs célèbres depuis longtemps partout dans le monde. N’ont-elles pas certaines ressemblances avec les camps de concentration nazis? Il en est disparu, du monde, depuis qu’elles existent ces prisons…
Aujourd’hui, après avoir replongé l’Irak dans sa plus désolante servilité, Washington s’apprête à attaquer l’Iran. L’Axe que forment Tel-Aviv et Washington n’est pas isolé. Une bonne moitié de la communauté internationale, au contraire, supporte ceux-là, même malgré les contradictions évidentes du discours alarmiste tenu par cet Axe.
On comprend surtout mal comment Washington peut se permettre de faire la morale à l’Iran, en la menaçant d’armes nucléaires, et en détenant le seul fait historique de l’utilisation d’une telle abomination. Encore plus lorsque l’on sait que Washington réitérait 3 jours plus tard l’odieux sur Nagasaki, une fois de plus sur des civils sans trop de défense…
Et Israël? Ne refuse t-elle pas de signer le Traité de Non-Prolifération (TNP)? De plus, elle ne collabore pas avec les agents de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, les refusant sur sa frontière… Où sont passés les journalistes et leurs questions pertinentes? Israël bafoue systématiquement les lois internationales qu’on voudrait imposer à l’Iran et les droits de l’homme, tout en enlevant des gens dans leur embarcation, dans les eaux internationales.
Cet Axe est sur le point de déclencher une guerre sous de «fausses présomptions», qui seraient pourtant bien fondées si les inspecteurs de l’AIEA devaient fouiller les stocks de Washington et d’Israël… Sinon, notons bien tout le monde que ce qu’imposent Washington et ses sbires à l’Iran, n’est ni plus, ni moins ce que ceux-ci se permettent en contrepartie.
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Éric Duhaime, cofondateur du Réseau liberté Québec (RLQ), accusait récemment Amir Khadir d’avoir un agenda caché. Un agenda islamiste… Il enjoignait madame David de faire attention à son acolyte. Mais aujourd’hui, je vous demande à mon tour, Éric Duhaime a-t-il lui-même un agenda caché? N’a-t-il pas lui-même, des comptes à rendre aux travailleurs mécontents du régime libéral, qu’il tente de berner avec ses promesses d’un moindre État, lui qui travaille à la conciliation des intérêts de la bourgeoisie tout en prônant le démantèlement des forces laborieuses syndicales unies?
Il ira ensuite se donner de la crédibilité, aux yeux des vautours qu’il sert, en auxiliant, en tant que directeur pour une ONG en Irak, le
Donc finalement, on ne peut pas dire qu’Amir Khadir ait un agenda caché, rien ne le prouve, et rien ne nous laisse le penser. Mais on peut dire que monsieur Duhaime sert les pétrolières, lesquelles ont financé d’ailleurs, son groupe d’extrême droite économique et morale, le RLQ. On peut également dire qu’il a participé à l’occupation de l’Irak, aux côtés des criminels états-uniens et britanniques, et des pétrolières, qu’il a largement servi. On peut aussi déceler une part de jeu politique en Irak de sa part, puisqu’il est évident qu’il y a manipulé les opinions pour faire interdire les syndicats des travailleurs de l’électricité. On peut donc dire qu’il a œuvré pour le compte du patronat irakien, ou étranger, en Irak, et que bref, lui qui nous demande le démantèlement des syndicats au Québec et partout dans le monde, a concilié pour sa part, le patronat autour d’une cause commune, d’une cause de classe!
Shirine Ebadi
Wangari Muta Maathai
AIEA et Mohamed ElBaradei
Muhammad Yunus et la Grameen Bank
GIEC et Al Gore
Martti Ahtisaari
Barack Obama
Liu Xiaobo